Vonnie (Kristen Stewart) est chargée par son patron - qui est aussi son amant - d'introduire son neveu Bobby (Jesse Eisenberg) à la haute société hollywoodienne.

La haute société: pas snob pour deux cennes ***

CRITIQUE / Avec La haute société (version française de Café Society), Woody Allen a effectué l'ouverture du Festival de Cannes pour la troisième fois, en mai. Ce qui prouve l'affection particulière des Français pour le vénérable réalisateur, mais aussi qu'il s'agit d'un film charmant qui ne fait pas trop de vagues. Porté par une solide distribution de vedettes et son humour typique, Allen nous sert un divertissement pétillant avec une pointe de nostalgie cinématographique.
En exagérant, on pourrait prétendre que l'intrigue de La haute société est secondaire. Le long métrage rend, en effet, hommage à la grande époque du cinéma hollywoodien, une époque dominée, il est vrai, par les grands studios qui avaient droit de vie ou de mort sur les artisans dans les années 30. 
Woody Allen n'a pas fait un film caustique comme le Ave, César! des frères Coen, qui s'attardaient plutôt aux ravages du maccarthysme de l'après-guerre. Non, il évoque le Hollywood de la MGM et de la Paramount, de John Ford et de Billy Wilder comme toile de fond pour mettre en avant-plan un triangle amoureux classique.
Son alter ego est Bobby, un jeune New-Yorkais naïf qui débarque à Los Angeles pour voir s'il y est. À une certaine époque, Allen aurait tenu ce rôle (il s'est gardé la narration dans la version originale). Il est toutefois défendu avec aplomb par Jesse Eisenberg (Le réseau social). Comme d'habitude chez Allen, la famille n'est pas loin. Bobby fuit la sienne, mais il retrouve néanmoins dans la ville des Anges son oncle Phil (Steve Carell), un puissant agent hollywoodien.
Ce dernier charge sa secrétaire Vonnie (Kristen Stewart) de l'introduire à la haute société hollywoodienne. Si la superficialité de la chose indispose Bobby, il est par contre rapidement séduit par l'aspect sans prétention de sa guide. La jeune femme repousse toutefois ses avances en prétendant avoir un petit ami... son patron! Très classique, on vous l'avait dit, avec les quiproquos et rebondissements de circonstances. Après que Phil eût refusé de quitter sa femme, Vonnie va se rapprocher du neveu. Évidemment, les choses vont se compliquer singulièrement pour la suite du récit.
Nous sommes en terrain connu avec cette comédie romantique d'époque nappée de jazz, comme Allen les aime. À l'instar de son excellent Crimes et délits (1989), mais sur un mode plus mineur, il explore les cas de conscience et de moralité quand ils se heurtent à la passion amoureuse. Mais il évite soigneusement de creuser le sujet de la grande différence d'âge entre Phil et Vonnie, ainsi que la relation d'autorité qu'il entretient avec sa subalterne...
Woody Allen a beau avoir 80 ans, il continue à enfiler les longs métrages à la chaîne - il prépare le suivant, dans le New York des années 50 avec Juno Temple, Kate Winslet et Justin Timberlake. S'il continue à filmer comme il l'a fait avec La haute société, tant mieux. Il est dans une forme resplendissante. On n'en dira pas autant du récit, somme toute assez banal et convenu. Mais quel incroyable et unique dialoguiste! Impossible de s'ennuyer.
Au générique
Cote:  ***
Titre: La haute société
Genre: comédie romantique
Réalisateur: Woody Allen
Acteurs: Jesse Eisenberg, Kristen Stewart et Steve Carell
Classement: général
Durée: 1h36
On aime: les dialogues, l'humour typique d'Allen
On n'aime pas: le récit convenu, une certaine superficialité