Une foison de films dystopiques s’apprête à déferler ces prochains mois, dont Mécaniques fatales, produit et écrit par Peter Jackson.

La fin du monde s'en vient... au cinéma

LOS ANGELES — De la Bible à Nostradamus, en passant par le calendrier maya et le bogue du millénaire, la fin du monde fascine depuis la nuit des temps les fatalistes, fans de fantastique et autres fervents religieux. Le cinéma n’est pas en reste.

Les réalisateurs adorent alimenter les peurs les plus enfouies concernant la surpopulation, les épidémies ou l’Armageddon nucléaire. Et le public accourt dans les salles obscures.

Une foison de films dystopiques s’apprête à déferler ces prochains mois sur grand écran et sur les plateformes de vidéos à la demande, dont Mécaniques fatales (Mortal Engines), produit et écrit par Peter Jackson, In-Rang de Kim Jee-woon et Luxembourg de Myroslav Slaboshpytskyi.

Shawn Robbins, expert de Boxoffice.com, décrit ce genre comme la «définition de l’évasion», une forme artistique qui assouvit le désir primaire de revenir à l’essentiel.

«Ces films sont souvent considérés comme des visions pessimistes du futur, ce qui est probablement une interprétation valable, mais ils peuvent aussi être une introspection positive», dit-il à l’AFP.

«Il est aisé de voir les principes fondamentaux du film post-apocalyptique ou dystopique comme une part inévitable de notre destin tragique, mais nous pouvons aussi en tirer des enseignements et l’appréhender comme une parabole parce que, au cœur de toute bonne histoire, la condition humaine est explorée et mise en difficulté», relève-t-il.

Zombies, virus, robots
Des zombies, de gros cailloux venus des confins de l’espace ou des armes de destruction massive fabriquées par les humains eux-mêmes sont souvent à l’origine de l’apocalypse de cinéma, mais pas toujours.

Dans le Sans un bruit (2018) de John Krasinski, ce sont des extraterrestres carnivores qui sévissent, tandis que dans Je suis une légende (2007), Le mystère Andromède (1971), 12 singes (1996) ou La planète des singes, le responsable de la catastrophe est un virus.

Autres vecteurs de désastres apocalyptiques: l’événement géophysique ou climatique, comme dans Soleil vert (1973), Waterworld (1995) et Wall-E (2008), ou encore la technologie, comme dans L’âge de cristal (1976), les Terminator et autres Matrice.

Dans la série des Mad Max, sortis entre 1979 et 2015, la civilisation s’est effondrée à cause de la pénurie de pétrole et les routes sont sillonnées par des gangs.

Gangs également dans le futuriste The Domestics, un film de Mike P. Nelson qui vient de sortir dans quelques salles de cinéma aux États-Unis et sur Internet. «Il y a une légère fascination macabre à l’idée que nous pourrions tous y passer à tout moment, que les gens l’admettent ou non», souligne Nelson. «Je pense que certains de ces films nous donnent cet aperçu et nous permettent d’avoir peur pendant un moment, mais d’être en sécurité.»

Les têtes d’affiche de son long-métrage sont Kate Bosworth et Tyler Hoechlin, qui se retrouvent embarqués dans une traversée du Midwest américain après une catastrophe chimique provoquée par le gouvernement.

Leurs péripéties se passent dans un futur tellement proche que paysages, véhicules et bâtiments sont semblables à ceux du monde bien réel actuel. «J’ai créé ce monde qui n’est pas trop éloigné et où les gens conduisent toujours à droite, mangent au restaurant. Il y a toujours une sorte de force de police», explique-t-il. «Ce sont les gens qui ont mal tourné. C’est ce qui m’a fasciné.»

Et d’ajouter: «Je voulais raconter une histoire sur la façon dont les gens de ce monde deviennent mauvais après que quelque chose de terrible se soit produit.»