Homme d'affaires sans scrupules qui veut faire un coup d'argent, Éric (Paul Doucet) lance dans La chasse au collet une «plateforme pour ceux qui choisissent l'infidélité comme mode de vie».

 La chasse au collet: rentrer bredouille **

CRITIQUE / Steve Kerr avait un sujet en or pour son deuxième film : les conséquences de l'exploitation de l'infidélité par l'entremise des sites de rencontres en ligne. Malheureusement, il n'a pas su l'exploiter dans ce suspense psychologique convenu, prévisible et qui reste à la surface des choses. En courant deux lièvres à la fois, des êtres marqués par leur passé, La chasse au collet rentre bredouille.
Le premier, Éric (Paul Doucet) dirige une boîte de comm qui vivote. Pour faire un coup d'argent, l'homme d'affaires sans scrupules décide de lancer une «plateforme pour ceux qui choisissent l'infidélité comme mode de vie». À commencer par lui, dont la relation platonique avec Nathalie (Anne-Marie Cadieux) le pousse dans les bras d'une collègue plus jeune. Bien qu'elle ait honte, sa femme profite du confort matériel que lui procure sa relation.
La deuxième, Élyse, est une jeune hygiéniste dentaire révulsée par le sexe. Les annonces du site aventuressecrètes.com déclenchent chez elle de sombres pulsions qui vont aller sans cesse croissantes, embrasées par un désir de vengeance et une haine des hommes.
Maigres dialogues
La chasse au collet peut compter sur une solide distribution, mais les acteurs ne peuvent sauver un film faible par la seule force de leur interprétation, surtout avec de maigres dialogues. Non seulement la psychologie des personnages est peu développée, sauf exception (Nathalie), mais le film verse aussi dans la caricature - l'associé d'Éric (Christian Bégin), un amoral vulgaire motivé par l'appât du gain.
La réalisation terne et laborieuse de Steve Kerr (Columbarium) n'aide pas. Filmé sans aucune imagination, abusant du champ / contrechamp, le réalisateur échoue à insuffler une réelle tension à son histoire de revanche dont on voit venir l'acte final dès le départ alors qu'il monte en parallèle le quotidien du nanti et de la gagne-petit.
En fait, le réalisateur-scénariste ne sait pas sur quel pied danser, hésitant entre le suspense, qui manque de fébrilité, et le drame psychologique à peine esquissé.
Alors qu'il est censé explorer les recoins sombres de l'âme humaine, ainsi que ses traumatismes, Kerr en évite les aspects les plus glauques et s'en tient aux clichés d'usage - Éric est hanté par son père, Élyse aussi, etc.
Bref, tout ça est maladroit.
Au générique
Cote:  **
Titre: La chasse au collet
Genre: suspense psychologique
Réalisateur: Steve Kerr
Acteurs: Paul Doucet, Julianne Côté et Anne-Marie Cadieux
Classement: 13 ans et plus
Durée: 1h29
On aime: on cherche encore
On n'aime pas: la faiblesse du scénario, la réalisation terne, l'aspect prévisible