Kirk Douglas en 1962

Kirk Douglas en quelques films

PARIS — Kirk Douglas, doyen d'Hollywood et légende de l'âge d'or du cinéma américain, mort mercredi, a joué dans une centaine de films dont les meilleurs, concentrés entre les années 50 à 60, sont devenus des classiques.

Le champion (1949)

C'est l'un de ses premiers rôles qui le fait décoller : celui d'un boxeur à l'ambition dévorante dont on suit l'ascension et la chute.

Dans ce film de Mark Robson, l'acteur joue avec toute la fougue et l'opiniâtreté dont il fit preuve pendant le reste de sa carrière. Il remporte la première de ses trois nominations aux Oscars et un contrat avec la Warner.

«Jusqu'à ce que je fasse Le champion, je ne pensais pas être solide et puis après je suis devenu un gars coriace», affirma-t-il dans la revue The Hollywood reporter.

Vingt mille lieues sous les mers (1954) 

Cette adaptation du roman éponyme de Jules Verne est le premier film de Disney en prises de vues réelles. Tourné en CinemaScope, procédé au rendu extraordinaire pour les scènes sous-marines, le long-métrage remporte deux Oscars des meilleurs effets visuels et de la meilleure direction artistique.

Pour cette première grosse production dirigée par Richard Fleischer, Disney fait appel à des vedettes d'Hollywood parmi lesquelles Kirk Douglas, qui excelle dans le rôle du harponneur canadien Ned Land face aux tourments aristocratiques de James Mason, le redoutable capitaine Nemo.

La vie passionnée de Vincent Van Gogh (1956)

Dans l'une des meilleures adaptations biographiques sur le peintre hollandais, Kirk Douglas rompt - sous la direction de Vincente Minnelli - avec ses rôles de durs-à-cuire et incarne brillamment le génie torturé de Van Gogh. Le rôle lui vaut un Golden Globe.

«J'ai failli me perdre dans le personnage», racontait l'acteur dans ses mémoires Le Fils du chiffonnier (1988). «Parfois, il fallait que je m'empêche de me toucher l'oreille pour vérifier qu'elle était bien là», confessait-il, faisant allusion au fait que le peintre s'était tranché l'oreille. «Ça a été une expérience effrayante proche de la folie».

Les sentiers de la gloire (1957)

Après Vincente Minnelli, la rencontre avec Stanley Kubrick est décisive dans la carrière de Kirk Douglas. Il devient l'un des premiers acteurs hollywoodiens à se lancer dans la production afin d'aider certains films à exister face aux studios prescripteurs.

Avec ce pamphlet antimilitariste en noir et blanc, le jeune Stanley Kubrick fait ses preuves : horreur des tranchées de la Grande Guerre, réquisitoire contre les officiers, procès inéquitables des soldats frondeurs.

Le film - interdit dans de nombreux pays notamment en France pendant vingt ans - ne rapporte rien à Kirk Douglas.

Spartacus (1960)

En 1960, il produit Spartacus réalisé par Stanley Kubrick et embrasse ce grand rôle d'esclave devenu le meneur de tout un peuple contre l'empire romain.

Après un tournage long et difficile, le film remporte un succès mondial et le consacre comme vedette d'Hollywood, mais aussi comme rebelle des grands studios, contribuant à défaire le système qui l'avait fabriqué.

En pleine chasse aux sorcières, il fait notamment apparaître au générique du film un scénariste ostracisé à Hollywood. Son engagement contre le maccarthysme a été une de ses plus grandes fiertés comme il l'expliquait dans son dixième livre, I am Spartacus.

«Il faut s'engager, le plus grand pouvoir américain à l'étranger, c'est Hollywood», clamait l'acteur devenu à cent ans, un farouche opposant au président Trump.

Seuls sont les indomptés (1962) 

Dans Lonely are the Brave de David Miller, film préféré de tout son répertoire, Kirk Douglas interprète un cow-boy rétif au monde moderne, aux côtés de Gena Rowlands qui débute.

«J'aime le propos du film qui consiste à démontrer que si vous essayez d'être quelqu'un, la société va vous réduire en bouillie», écrivait l'acteur qui a tourné dans une quinzaine de westerns.

«Il est difficile d'imaginer qu'un film aussi radical et pessimiste soit réalisé aujourd'hui», expliquait-il dans le New York Times en 2012.