Le deuxième volet de Kingsman a nécessité une petite twist pour «ressusciter» Harry (Colin Firth), le mentor d'Eggsy Unwin (Taron Egerton, photo), le héros de cet épisode.

Kingsman - Le cercle d'or: l'union fait la force ***1/2

CRITIQUE / Les Anglos ont une expression savoureuse - «If it ain't broke, don't fix it» - qui va comme un gant à Kingsman - Le cercle d'or (v.f. de The Golden Circle). Matthew Vaughn reprend la même recette que la première mouture, mélange de parodie, d'humour noir décalé, d'action et d'espionnage, avec un peu plus de moutarde pour faire oublier qu'on ne peut jamais recréer le plaisir de la première fois.
Kingsman : Services secrets (2015), l'adaptation de la BD, a connu un succès critique et public inattendu, qui a imposé un deuxième chapitre (et d'autres si les spectateurs sont au rendez-vous). Et une petite twist pour «ressusciter» Harry (Colin Firth), le mentor d'Eggsy Unwin (Taron Egerton), le héros de cet épisode qui se vautre dans la surenchère.
Il faut adhérer à la proposition, qui se nourrit des archétypes de James Bond pour en grossir le trait jusqu'à l'outrance (parfois trop, surtout dans les quelques séquences sanguinolentes et d'autres inutilement crues). On flirte parfois avec Austin Powers.
Le méchant de service est d'ailleurs une femme, mélange de Dr. Evil et de mégère des années 50 qui transforme en steak haché ceux qui la trahissent (ce n'est pas une image). Et qui a kidnappé Elton John (dans une version à peine différente de son personnage de scène) pour se distraire.
Poppy Adams (Julianne Moore) dirige le plus gros cartel de drogue du monde - Le cercle d'or. Ayant soif de reconnaissance, elle introduit un virus dans ses produits qui provoque une peste bleue mortelle.
En échange d'une légalisation de son commerce, la furie s'engage à remettre un antidote. Matthew Vaughn et sa coscénariste en profitent pour décrocher quelques crochets à la guerre contre la drogue et se moquer de la droite de la loi et l'ordre. Plus inoffensif que le premier, qui dénonçait au passage l'absence de lutte politique aux changements climatiques, mais Le cercle d'or n'aspire surtout pas à se prendre au sérieux.
Poppy s'était, au préalable, débarrassé de tous les agents Kingsman, à l'exception d'Eggsy et de Merlin (Mark Strong), l'équivalent de M dans les James Bond. Le duo se rend au Kentucky, États-Unis, pour trouver des alliés dans une agence miroir : les Statesman. Dont les agents portent tous des noms de code d'alcool : Tequila (Channing Tatum), Champagne (savoureux Jeff Bridges) et Whiskey (Pedro Pascal). Leurs forces unies, les agents vont combattre le mal incarné.
Le cercle d'or contient évidemment quelques clins d'oeil appuyés au premier film, mais il n'est pas nécessaire de l'avoir vu pour comprendre le second. Le spectateur y retrouvera aussi les scènes de poursuite, de combat et les cascades d'usage, toutes aussi spectaculaires les unes que les autres.
On voit, toutefois, là où le bât blesse fortement, pour peu qu'on oublie certaines exagérations scénaristiques, comme trop souvent : les femmes sont réduites au rôle de potiches, sauf exception. La production frise la misogynie. 
Sur un mode plus mineur, Vaughn essaie parfois trop de se la jouer cool, surtout dans l'excès d'effets de ralenti, même si sa caméra est très mobile.
Le cercle d'or est un divertissement haut de gamme ou bas de gamme, selon le point de vue. Mais il est indéniable que l'ensemble procure du gros fun noir.
AU GÉNÉRIQUE
Cote: ***1/2
Titre: Kingsman - Le cercle d'or
Genre: comédie d'espionnage
Réalisateur: Matthew Vaughn
Acteurs: Taron Egerton, Colin Firth et Mark Strong
Classement: 13 ans et plus
Durée: 2h20
On aime: la démesure parodique, l'humour noir, que le film ne se prend pas au sérieux
On n'aime pas: le manque de rôles féminins solides