Le réalisateur aime beaucoup le festival Vues dans la tête de... qui s’ouvre jeudi à Rivière-du-Loup. «Ça nous permet de discuter de cinéma en profondeur. Pour moi, ce sera l’opportunité de fermer le téléphone et l’Internet, puis de découvrir ou de redécouvrir des œuvres de mes collègues.»

Kim Nguyen: plongée au cœur du cinéma

MATANE — Le réalisateur Kim Nguyen parraine le septième festival du film de Rivière-du-Loup, Vues dans la tête de..., qui s’ouvre jeudi et qui se poursuivra jusqu’à dimanche. Entrevue avec le réalisateur de Rebelle, qui a obtenu de nombreux prix et qui a été porté jusqu’aux Oscars de 2013.

Q  Pourquoi avoir accepté de parrainer Vues dans la tête de...?

R  Dans les années passées, je n’ai pas eu de temps pour aller dans les régions du Québec pour parler de cinéma. J’ai eu quelques invitations, mais mon horaire m’empêchait de pouvoir me déplacer. Là, comme je suis en développement pour un projet, j’ai dit oui. J’aime beaucoup l’événement de Rivière-du-Loup parce que ça nous permet de discuter de cinéma en profondeur. Pour moi, ce sera l’opportunité de fermer le téléphone et l’Internet, puis de découvrir ou de redécouvrir des œuvres de mes collègues. C’est ça qui m’allume le plus au Festival.

Q  Avez-vous déjà vécu une expérience semblable?

R  Non. Où on me donne carte blanche pour quatre jours consécutifs et où on approfondit les discussions autour de la création cinématographique, c’est la première fois.

Q  Est-ce que vous êtes à l’aise dans le contact direct avec le public, le monde ordinaire?

R  Oui, parce que c’est une rencontre avec le monde extraordinaire. Rivière-du-Loup, Rimouski et Sherbrooke sont, entre autres, des pôles où on gagne à nourrir et à enrichir la production culturelle. 

Q  Est-ce que le fait que cet événement se tienne en région plutôt qu’en milieu urbain prend une saveur ou une couleur différente?

R  Oui. Je veux discuter avec les cinéastes de la place et comprendre leur processus, apprendre de ça, échanger sur le cinéma et raconter des histoires. Je vais aller dans une classe du secondaire. C’est l’un des événements dont je suis le plus content.

Jesse Eisenberg et Alexander Skarsgård dans une scène de «The Hummingbird Project», le nouveau film de Kim Nguyen.

Q  Vous avez des racines gaspésiennes par votre mère qui est native d’Amqui. Croyez-vous que vos origines puissent influencer votre œil de cinéaste et votre élan créateur?

R  Probablement que là d’où je viens influence les films que je fais. Mais je ne pourrais pas dire quoi. Quand on écrit des histoires, c’est important d’accepter le fait qu’on est un filtre nous-mêmes de ce qu’on a vécu et de ce qu’on est. C’est la collision entre ce qu’on veut raconter et qui on est qui fait que nos histoires sont uniques et différentes. 

Q  Parlez-moi de votre septième long-métrage, The Hummingbird Project.

R  Ça parle des transactions à haute vitesse sur le marché boursier, mais surtout de deux cousins qui sont obsédés par l’idée de gagner quelques millisecondes pour faire des millions de dollars.

Q  C’est bien reçu?

R  Je pense que oui. C’est probablement mon film le plus grand public. Le film sortira en salle à la mi-mars aux États-Unis et au Canada. 

Q  Sur quoi travaillez-vous actuellement?

R  Il est tôt pour en parler, mais je travaille sur un autre film qui s’appelle Hellrast. Mais, je n’ai pas encore mon synopsis. 

Q  Quel sentiment éprouvez-vous par rapport au succès de Rachel Mwanza qui, après avoir obtenu dans Rebelle un rôle qui a complètement changé sa vie, a récemment obtenu le premier rôle dans le film Troisièmes noces?

R  Pour moi, ce n’était pas qu’elle trouve un autre rôle qui était le plus important. C’était sa sécurité et la sortir du pétrin dans lequel elle se trouvait. Si elle a réussi à avoir un autre rôle dans un film, c’est juste un bonus! La plus grande victoire pour Rachel, c’est son alphabétisation et son intégration au Québec. Elle mérite tout ce qu’elle a!