Junior majeur réunit les principaux ingrédients pour passer un bon moment au cinéma pendant le temps des Fêtes.

Junior majeur: jeu de puissance ***

CRITIQUE / La guerre des tuques (1984) a marqué toute une génération d’enfants québécois. C’est un peu le même phénomène avec Pee-Wee 3D : L’hiver qui a changé ma vie, il y a cinq ans. Avec des recettes de 2 millions $ au box-office (un gros succès) et un trio d’acteurs charismatiques, une deuxième période s’imposait. Junior majeur joue dans un calibre supérieur, en propre comme au figuré, mais la transition ne se fait pas sans heurts. Reste que les amateurs du genre vont adorer.

Les films sur notre sport national sont légion, avec un succès sans cesse renouvelé (Les Boys et Lance et compte, ça vous dit quelque chose?). Autant Pee-Wee visait un public familial, autant Junior majeur cherche à plaire à ceux qui ont atteint le même âge que les protagonistes : 19, 20 ans. Y a de l’alcool (beaucoup), du sexe (pudique) et du rock’n’roll (et de la testostérone).

Ce qui tombe sous le sens puisque Janeau (Antoine Olivier Pilon) et Joey (Rémi Goulet) évoluent au sein du même trio pour les Saguenéens de Chicoutimi. Le succès a monté à la tête du premier, plus arrogant et égocentrique qu’avant. Quant au deuxième, il se bat contre ses démons en les anesthésiant avec des hectolitres de bière. 

La rivalité sur la glace a cédé le pas à celle de la séduction pour les beaux yeux de Julie (Alicia Morel-Michaud), devenue étudiante en journalisme au cégep de Jonquière après avoir remisé son équipement de gardienne.

Un dérapage va toutefois pousser Janeau à trahir l’amitié de son coéquipier, échangé aux Huskies de Rouyn-Noranda. Le spectateur en est témoin, contrairement aux autres personnages qui en vivent les conséquences. 

Pendant que le surdoué du hockey se débat avec ses problèmes de conscience et sa culpabilité, et les conséquences subséquentes, Joey tente de se libérer de l’emprise de son paternel contrôlant (et violent psychologiquement), interprété par Claude Legault. Ce choc père-fils est de loin le centre d’intérêt dramatique de ce drame sportif bien ficelé, mais beaucoup trop long (surtout vers la fin). De même que la conduite de Julie, d’une intégrité sans faille, contrepoint aux comportements irresponsables des garçons.

Ces péripéties servent bien entendu à mettre la table à un affrontement à l’aréna entre les deux équipes en séries, dont les trois périodes sont autant d’illustrations du conflit qui plombe l’amitié de Janeau et Joey. 

Efficace

Éric Tessier, à la tête du premier volet, a encore une fois chorégraphié avec beaucoup de minutie ces séances de hockey, parfois très élaborées. En fin renard, il a appliqué la même recette que le premier (et base du cinéma hollywoodien pour faciliter l’identification) en multipliant les plans de réaction des parents et de Julie à chaque action sur la patinoire. Même chose avec les ralentis pour «dramatiser». Pas très original, mais efficace. Il y a aussi quelques plans magnifiques du Saguenay.

Le cinéaste aurait toutefois dû se concentrer un peu plus sur sa direction d’acteurs. On a déjà vu Antoine Olivier Pilon beaucoup plus convaincant, surtout dans les scènes plus intimes. Même chose pour Normand Daneau, dans le rôle de son père. Ce qui permet, toutefois, à Rémi Goulet, très intense, et à Alicia Morel-Michaud, dans une moindre mesure, de tirer leur épingle du jeu.

Le scénario, prévisible, aurait toutefois grandement gagné à être resserré. Le suspense autour repêchage, par exemple, nuit au déroulement de l’action sans ajouter grand-chose. Sans parler des scènes écrites pour ramener des personnages du premier film. Inutiles.

Mais, bon, il s’agit d’un divertissement grand public qui réunit les principaux ingrédients pour faire passer aux spectateurs un bon moment au cinéma pendant le temps des Fêtes. Sous cet angle, Junior majeur donne son 110 %.  

AU GÉNÉRIQUE

  • Cote: ***
  • Titre: Junior majeur
  • Genre: drame sportif
  • Réalisateur: Éric Tessier
  • Acteurs: Antoine Olivier Pilon, Rémi Goulet, Alice Morel-Michaud
  • Classement: général
  • Durée: 1h55
  • On aime: retrouver les personnages principaux. La relation trouble père-fils
  • On n’aime pas: la recette. Des acteurs parfois peu convaincants. Des longueurs