Madalen Mills dans la peau de Journey, la petite-fille de Jeronicus Jangle (Forest Whitaker).
Madalen Mills dans la peau de Journey, la petite-fille de Jeronicus Jangle (Forest Whitaker).

Jingle Jangle, un Noël enchanté : Retrouver la magie *** [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Salles ouvertes ou pas, les films du temps des Fêtes sont à nos portes. Netflix débute les festivités avec Jingle Jangle, un Noël enchanté, Disney emboitera le pas la semaine prochaine avec un Lego Star Wars. Le géant de la diffusion en ligne se distingue au moins par sa volonté d’offrir un conte original qui cherche à faire revivre la magie de cette période avec un expert en la matière !

David E. Talbert propose son troisième long métrage du genre après Almost Christmas (2016) et El Camino Christmas (2017). Des films qui ont la particularité, comme celui-ci, de miser sur une distribution majoritairement noire. Un gros plus pour la diversité, donc, surtout que son personnage principal est l’inventeur Jeronicus Jangle (Forest Whitaker).

L’action se déroule dans un bled anglais à l’époque victorienne, un clin d’œil appuyé à Charles Dickens — les références sont nombreuses…

La boutique du créateur regorge de jouets et gadgets fantastiques. À la veille de Noël, il s’apprête toutefois à réaliser le rêve de sa vie : l’automate Don Juan Diego (aussi cupide que Scrooge), qui n’aurait pas détonné dans Histoire de jouets.

Mais son apprenti Gustafson (Keegan-Michael Key) lui dérobe, ainsi que son cahier d’inventions. Le voleur et méchant de service devient le roi du jouet pendant que Jeronicus sombre dans la dépression, perd sa femme et voit sa fille Jessica (Anika Noni Rose) quitter le nid familial.

Gustafson (Keegan-Michael Key), le méchant de service.

Bien des années plus tard alors qu’il se trouve sur le bord de la faillite, l’arrivée de sa petite-fille Journey (Madalen Mills) va tout changer. La surdouée va lui redonner la foi dans son talent et l’aider à faire revivre un petit robot «spectaculaire, sensationnel et révolutionnaire» : Buddy 3000 (un croisement entre ET et Hugo Cabret). C’est qu’il a la capacité de faire voler les gens (bonjour, Peter Pan)!

Quand on vous disait que les références se multiplient… On aurait aussi pu évoquer La vie est belle, le classique de Capra.

Cela dit, la production ne lésine pas sur les aspects visuels et sonores. Costumes et décors offrent une débauche de couleurs et les chansons — le film se donne parfois des airs de comédie musicale — permettent l’utilisation de chorégraphies élaborées et énergiques.

À ce chapitre, soulignons la performance vocale Anika Noni Rose et déplorons celle de Forest Whitaker, bon acteur mais piètre chanteur. Et à part quelques morceaux à teneur plus R&B, la pop sucrée avec une tonne d’instrumentation demeure assez générique.

Autrement dit, la production a beurré épais, ce que commande un peu le genre, notamment sur les bons sentiments — cela dit sans passer pour un grincheux.

Mes réserves logent plutôt sur le message maintes fois répété du très simpliste «Quand on veut, on peut». Au lieu de promouvoir la pensée magique, l’équipe aurait dû, tant qu’à surligner, miser sur le pouvoir de l’imaginaire. À ce chapitre, le tournage entièrement en studio diminue le facteur «magie».

Jingle Jangle, un Noël enchanté demeure au-dessus des films du genre et saura plaire autant aux enfants qu’aux adultes, surtout en ce moment.

Jingle Jangle est présenté sur Neflix

Au générique

Cote : ***

Titre : Jingle Jangle, un Noël enchanté

Genre : Conte de Noël

Réalisateur : David E. Talbert

Acteurs : Forest Whitaker, Madalen Mills, Keegan-Michael Key

Durée : 2h02