Laurent (Éric Elmosnino, à droite) doit composer du jour au lendemain avec une fulgurante douleur au dos... et devra trouver la force d’affronter les causes à la source de son mal.

Je vais mieux: plein le dos **1/2

CRITIQUE / L’expression consacrée «en avoir plein le dos», Laurent connaît. Le personnage pivot de la comédie «Je vais mieux» doit composer du jour au lendemain avec une fulgurante douleur dans cette partie du corps. La médecine s’avoue vaincue face à son mal. Mais si, par une étrange logique, sa douleur tirait son origine non pas d’une malchance de santé, mais d’une incapacité à dire les choses?

C’est du moins l’hypothèse au cœur de l’excellent roman de David Foenkinos à qui le film éponyme de Jean-Pierre Améris ne parvient toutefois pas à rendre justice. Avec un peu moins de théâtralité et davantage de profondeur dans la description des personnages, cette comédie légère sur l’histoire d’un homme en déroute conjugale et professionnelle aurait pu offrir de quoi passer un moment plutôt agréable. Sauf qu’on doit se contenter de vivre son désarroi à la surface des choses.

Laurent (Éric Elmosnino, vu dans Gainsbourg, vie héroïque) est ce qu’on appelle une bonne pâte. Au bureau, cet architecte de profession a son patron toujours sur le dos, c’est le cas de le dire. Rien pour aider à relaxer ses lombaires.

Or, après avoir passé sa vie professionnelle sans faire de vagues, l’heure de la vengeance a sonné. Un geste radical conduira à son congédiement. C’est le début de la délivrance, mais il lui reste encore beaucoup à faire afin de vivre selon ses profondes convictions.

Jamais Laurent n’aura vu venir la demande de séparation de sa femme (Judith El Zein). Du jour au lendemain, non seulement son mal de dos continuera-t-il à le faire souffrir, mais notre antihéros se retrouvera à squatter le lit d’un couple d’amis et à réfléchir à la suite des choses dans une chambre d’hôtel.

Regaillardi sentimentalement par sa rencontre avec une jeune femme croisée dans un cabinet médical (Alice Pol), il trouvera la force d’affronter les autres causes à la source de son mal. Comme ses parents, incapables d’une parole gentille à son égard, et sa future ex-femme.

Pas beaucoup de traces de l’écriture caustique de Foenkinos dans cette adaptation pour le grand écran. Émeris (Les émotifs anomymes) se contente d’aligner les scènes anecdotiques autour de son malade imaginaire sans chercher à faire vivre l’émotion que commande le sujet, au demeurant fort intéressant. Au final, l’aspect caricatural de l’entreprise l’emporte, dommage.

Le film est néanmoins porteur d’un enseignement à méditer : pour ne pas avoir mal au dos, il est préférable de ne pas garder les choses en soi…

AU GÉNÉRIQUE

• Cote : *** ½

• Titre : Je vais mieux

• Genre : comédie

• Réalisateur : Jean-Pierre Améris

• Acteurs : Eric Elmosnino, Ary Abittan, Judith El Zein, Alice Pol et François Berléand

• Classement : général

• Durée : 1h26

• On aime : le sujet de départ, avoir lu le livre qui est bien meilleur que le film

• On n’aime pas : l’entrée maladroite dans le vif du sujet, l’approche théâtrale, les personnages caricaturaux