Ryan Reynolds dans Vie. «Il n'y a rien de plus effrayant que quelque chose qui essaie de survivre et en sait un peu plus que vous», a commenté l'acteur lors de la première du film.

Jake Gyllenhaal et Ryan Reynolds s'accrochent à la vie

Huit décennies après que Flash Gordon eut découvert que les extraterrestres n'ont pas forcément à coeur de défendre les intérêts de l'humanité, cette dernière est une nouvelle fois menacée de destruction par des forces venues d'ailleurs dans Vie.
De la saga de 1936 réalisée par Frederick Stephani à celle d'Alien en passant par Le jour de l'indépendance, les héros de plus de 500 films sur des invasions spatiales ont trouvé des manières plus créatives les unes que les autres de mourir.
Dans Vie, grosse production claustrophobe, une équipe sur la Station spatiale internationale joue au chat et à la souris avec des forces à évolution rapide qui menacent la vie sur Terre après avoir exterminé celle sur Mars.
Situé dans un futur proche, ce thriller de science-fiction de Daniel Espinosa, mené par Jake Gyllenhaal et Ryan Reynolds, sort vendredi.
«Le script, par son rythme, était féroce et terrifiant. [...] Je me suis senti anxieux, ce qui était bon signe», a raconté Jake Gyllenhaal, 36 ans, en tournée promotionnelle à New York.
Le film réunit de nouveau Ryan Reynolds avec les scénaristes de Deadpool, Rhett Reese et Paul Wernick, bien que ce film à suspense soit pauvre en humour grinçant comme le film de superhéros décalé sorti l'an dernier, dont Reynolds tenait la vedette.
Réalisme 
«Il n'y a rien de plus effrayant que quelque chose qui essaie de survivre et en sait un peu plus que vous», a commenté Ryan Reynolds lors de la première mondiale du film au festival South by Southwest à Austin, au Texas, la semaine dernière.
Ryan Reynolds et Jake Gyllenhaal à la première de <em>Vie</em> à Austin, au Texas
Les comparaisons avec Alien, le chef-d'oeuvre de science-fiction de Ridley Scott sorti en 1979, dans lequel un extraterrestre meurtrier terrorise l'équipe d'un vaisseau spatial, sont inévitables, d'autant que la sortie du sixième opus de la saga approche.
«Je comprends pourquoi les gens le comparent à Alien, mais la science-fiction vient d'une vieille idée du film noir. Je voulais que mon film s'inscrive dans cette longue tradition américaine», a expliqué Daniel Espinosa.
«Une autre grande différence c'est l'époque à laquelle Alien a été tourné. C'était l'ère post-atomique quand tout le monde voyait l'avenir avec espoir. Les jeunes aujourd'hui vivent dans un monde si chaotique qu'ils ne pensent pas beaucoup à ce qui pourrait se passer dans 10 ans, encore moins 100 ans», ajoute-t-il.
Avec Vie, le cinéaste suédois d'origine chilienne a voulu faire un thriller qui serait entièrement plausible à l'heure actuelle, une expédition d'exploration découvrant un organisme monocellulaire sur Mars et le ramenant dans la Station internationale avant de réaliser qu'il devient puissant et hostile en se développant...
Pour rester dans le plausible, l'équipe de production a été conseillée par un généticien britannique, Adam Rutherford, auteur de livres sur les modifications génétiques.
Décevant
M. Espinosa a travaillé avec lui pour créer un organisme entièrement nouveau de cellules qui puisse réaliser toutes les fonctions du corps, et qui est structurellement supérieur aux humains avec des cellules spécialisées pour le cerveau, les yeux, les poumons, etc.
La créature créée par l'équipe de Vie s'adapte à son environnement et peut imiter tout ce qui entre en contact avec elle, devenant chaque fois plus grosse, forte et dangereuse.
«Nous ne pensons pas qu'une forme de vie survivrait à la surface de Mars. L'atmosphère y est trop mince et elle serait annihilée par les radiations ultraviolettes», a affirmé M. Rutherford, cité dans le dossier de presse.
Mais dans le film, la créature «a hiberné et a été protégée des radiations de la surface de la planète», a-t-il ajouté.
Les critiques sont mitigées, le Hollywood Reporter expliquant notamment que ce film «décevant» pourrait être «étouffé par l'attente qui entoure la sortie d'Alien: Covenant». D'autres ont été plus indulgents, saluant notamment l'équipe de réalisation et d'interprètes multiculturelle avec la Suédoise Rebecca Ferguson, le Japonais Hiroyuki Sanada, le Britannique Ariyon Bakare et la Biélorusse Olga Dihovichnaya.