Alors que Robert Langdon (Tom Hanks), en partie amnésique, se fait tirer dessus à l'hôpital, Sienna Brooks, son médecin traitant (Felicity Jones), l'aide à se sauver.

Inferno: l'enfer, c'est les autres **

CRITIQUE / Inferno est le troisième volet des aventures de Robert Langdon, et les choses ne s'améliorent pas. On applique une recette éprouvée, celle du suspense mené à vive allure. Même à ce rythme, impossible de ne pas remarquer à quel point le scénario oscille entre le peu vraisemblable et le ridicule consommé, surtout dans sa dernière partie. Même la forte distribution ne réussit pas à sauver ce récit basé sur L'enfer de Dante (la première partie de La divine comédie).
La chose est d'autant plus dommage que cette troisième adaptation des romans de Dan Brown, après Da Vinci Code (2006) et Anges et démons (2009), aussi réalisés par Ron Howard, s'annonçait fort prometteuse sur le plan cinématographique.
Langdon (Tom Hanks) se retrouve à l'hôpital, victime d'une commotion cérébrale et n'a aucun souvenir des 36 dernières heures. Le spécialiste des symboles occultes est toutefois hanté par des visions... dantesques, c'est le cas de le dire. Ces images apocalyptiques sont bien insérées dans la trame grâce à un montage ultra-nerveux et contribuent à l'étrangeté du récit.
Ça ne dure pas. Alors que l'universitaire se fait tirer dessus à l'hôpital, Sienna Brooks, son médecin traitant (Felicity Jones), l'aide à se sauver. Avec sa mémoire vacillante, Langdon s'adonne à un jeu de pistes tiré par les cheveux qui doit lui permettre d'empêcher une pandémie qui va éliminer la moitié de la population mondiale. Tout en étant poursuivi par les émissaires de l'Organisation mondiale de la santé, interprétés par Omar Sy et Sidse Babett Knudsen, et une agente d'une mystérieuse organisation (Ana Ularu).
À partir de là, la réalisation d'Howard, bien qu'efficace, devient très routinière. La course-poursuite se déroule (presque) en temps réel, ce qui ajoute à l'urgence. Quoiqu'on sache très bien comment ça va finir. Mais dans ce genre de divertissement, ce qui compte, c'est de savoir si le voyage tient la route.
À moins d'être particulièrement crédule, difficile de gober ces invraisemblables rebondissements qui ne masquent pas, d'ailleurs, le fait que les dialogues sont anecdotiques dès qu'ils ne font plus référence à Dante. Il y avait pourtant une matière riche : le pire fléau écologique qui menace la Terre est causé par la surpopulation. Et le seul moyen de l'enrayer avant la sixième extinction de masse des espèces est d'éradiquer la moitié de l'humanité. Du moins si on en croit le milliardaire psychopathe qui veut libérer une nouvelle peste noire...
Cette piètre adaptation de David Koepp, pourtant un scénariste aguerri (Le parc jurassiquePanic RoomHommes en noir 3), prend des libertés avec le roman de Brown. Ce qui est tout à fait normal. Sauf que la dernière ligne droite verse dans le grand guignol et finit de couler un film qui s'enfonçait de plus en plus.
Ce ne serait pas une mauvaise idée qu'on tire sur la prise des aventures de Langdon. Réunir autant de talent autour de films bancals est un terrible gaspillage.
Au générique
Cote : **
Titre : Inferno
Genre : suspense
Réalisateur : Ron Howard
Acteurs : Tom Hanks, Felicity Jones et Omar Sy
Classement : 13 ans et plus
Durée : 2h02
On aime : la distribution, le début prometteur...
On n'aime pas : ... le gâchis subséquent, le scénario plein de trous, la fin rocambolesque