Cillian Murphy et Michael Smiley dans Hostiles et armés, dont l'ensemble se résume trop souvent à des plans de tireurs avec des plans de réaction de l'impact des balles.

Hostiles et armés: tir à blanc **1/2

CRITIQUE / Ben Wheatley a beaucoup attiré l'attention avec Gratte-ciel (High-Rise), en 2015. Hostiles et armés (Free Fire) était donc attendu avec impatience. Mais son hommage aux films de série B américains des années 70 se révèle plutôt un ersatz du Reservoir Dogs de Tarantino (1992), la mise en scène distancée en moins et la violence sanguinolente du même calibre. Une pétarade de cartouches à blanc.
Pourtant, le scénario de Wheatley et de sa femme Amy Jump avait du potentiel. Il se déroule à Boston, en 1978, alors que deux malfrats sont en route pour rencontrer un duo de l'IRA (l'armée républicaine irlandaise), intéressé à acheter des fusils d'assaut. Stevo (Sam Riley) confie à son pote qu'il a été battu la veille par le cousin d'une femme dont il a abusé. À leur arrivée, ils sont accueillis par Justine (Brie Larson, qui a tourné ce film avant son Oscar de meilleure actrice pour Room, en 2016).
Tout ce beau monde entre dans un entrepôt abandonné où les attendent les vendeurs ainsi qu'un intermédiaire, Ord (Armie Hammer). La tension monte d'un cran lorsque les terroristes de l'IRA se rendent compte que les armes sont des AR 17 plutôt que les M 16 commandés... La vente est néanmoins conclue. Mais dans ce climat volatile, un des hommes de main s'avère être l'assaillant de Stevo et lui tire dessus. Les deux groupes se séparent et règlent leur compte en une fusillade nourrie...
Aucune plus-value
À partir de là, tout ce qui aurait pu donner une plus-value à cette comédie noire d'action est évacué. La présence de membres l'IRA ne sert que de prétexte à une ou deux blagues douteuses. L'agression sexuelle commise par Stevo est vite oubliée. 
Tout au plus, deux tireurs de précision s'invitent à la soirée. Ils seront abattus avant qu'on sache qui les a engagés. Diable, quel suspense!
On se retrouve donc dans un duel sorti d'un (mauvais) western où on se canarde à qui mieux mieux, sans trop d'efficacité... Et sans ligne de démarcation entre les bons ou les méchants, ce qui fait qu'on ne se préoccupe guère du sort des protagonistes. Même si chacun d'eux est au moins touché à un bras ou à une jambe. Comme les éclopés rampent beaucoup, nous avons droit à plusieurs plans à ras du sol. Normal, l'ensemble vole assez bas.
Ça finit par être lassant cet échange incessant de coups de feu ponctués de dialogues anémiques et d'un humour niais. D'autant que Wheatley, qui montre tout de même de belles choses à la réalisation avec des travellings élaborés, ne nous épate pas outre mesure avec sa mise en scène. Il y a bien quelques bons moments de tension, mais l'ensemble se résume trop souvent à des plans de tireurs avec des plans de réaction de l'impact des balles - sur la cible ou, la plupart du temps, à côté de celle-ci.
Dans cette lutte sans merci, l'intérêt réside principalement dans le fait de savoir qui va s'en sortir, et dans quel état. Dans le genre, on a déjà vu beaucoup mieux. Dommage.
Au générique
Cote: **1/2
Titre: Hostiles et armés
Genre: drame 
Réalisateur: Ben Wheatley
Acteurs: Armie Hammer, Cillian Murphy et Brie Larson
Classement: général
Durée: 1h30
On aime: l'hommage au genre
On n'aime pas: un scénario mince, une mise en scène confuse