Seann William Scott reprend son rôle dans Goon - Le dernier des durs à cuire.

Goon 2: humour de vestiaire **1/2

CRITIQUE  / Vous souvenez-vous de Goon? J'avoue que moi, c'était complètement passé sous mon radar. La suite, Goon - Le dernier des durs à cuire, nous donne bien peu de matière à se mettre sous la dent entre les scènes de hockey sanglantes et les conversations de vestiaire à l'humour cru.
Donc, cinq ans après le récit du recrutement de Doug Glatt (Seann William Scott), un videur de bar du Massachusetts, par les Highlanders d'Halifax, nous retrouvons l'équipe qui bataille pour faire les séries éliminatoires («gagner la coupe» étant une option totalement exclue). 
Glatt est maintenant marié avec sa barmaid mordue de hockey (Alison Pill) et ils attendent un bébé. Forcé d'accrocher ses patins après un combat qui le laisse en miettes, le cogneur au coeur tendre se retrouvera à travailler dans un bureau d'assurances, tout en reprenant secrètement l'entraînement avec un vétéran de la ligue des poqués de la puck, où d'anciens hockeyeurs se tapent dessus pour le spectacle.
Le scénario tente à la fois de rire du milieu du hockey bas de gamme, où l'on peut bâtir une carrière sans toucher à la rondelle et où les joueurs ont souvent autant d'éloquence que des patères, et de lui rendre hommage, comme s'il s'agissait du dernier bastion de la chevalerie.
Les quelques scènes qui auraient pu être touchantes et susciter le début d'une réflexion sont toutefois engommées dans un magma peu ragoûtant. Il y a plus de jurons que de verbes dans les dialogues, lors des bagarres, le sang gicle tellement qu'on en grimace de dégoût, la majorité des blagues incluent des fluides corporels ou des réflexions du niveau de «je vais fourrer ta mère»...
Outre les rôles secondaires très typés, voire grotesques, on se surprend à développer un peu d'empathie pour les personnages principaux, dont on effleure malheureusement les motivations. Les auteurs semblent avoir misé sur le fait que leur public avait vu le premier film et n'attendait qu'un rappel.
Si on met de côté les aspects rébarbatifs du projet, il faut admettre que Jay Baruchel s'en est tout de même très bien tiré pour sa première expérience de réalisation. Les scènes de glace sont particulièrement bien tournées. Mais pour la nourriture intellectuelle, on repassera.
Au générique
Cote: **1/2
Titre: Goon - Le dernier des durs à cuire
Genre: comédie sportive
Réalisateur: Jay Baruchel
Acteurs: Seann William Scott, Wyatt Russell, Alison Pill et Marc-André Grondin 
Classement: 13 ans et plus
Durée: 1h41
On aime: la manière de filmer les scènes de glace
On n'aime pas: l'humour très cru, le langage ankylosé par les sacres, la confusion du message, les personnages secondaires très typés