Denis Villeneuve et Jeremy Renner sur le plateau de L'arrivée, le premier film de science-fiction du réalisateur québécois.

Golden Globes: deux nominations pour L'arrivée de Villeneuve

Denis Villeneuve a mieux fait que l'an passé aux Golden Globes même si la récolte est mince. L'arrivée a obtenu deux nominations, Bande originale et Meilleure actrice - film dramatique pour Amy Adams, dans une 74e édition dominée par Pour l'amour d'Hollywood (La La Land), sept accolades; Moonlight, six, et Manchester by the Sea, cinq.
La lutte est beaucoup plus cristallisée que les récentes années aux prix remis par la presse étrangère à Hollywood. Les trois longs métrages de tête sont en lice dans toutes les catégories de pointe : Meilleur film, Meilleur scénario et Meilleur réalisateur, soit Damien Chazelle pour La La Land; Barry Jenkins pour Moonlight et Kenneth Lonergan pour Manchester.
Deux couples à l'écran ont obtenu des nominations : Emma Stone et Ryan Gosling (La La Land, le grand favori) ainsi que Joel Edgerton et Ruth Negga, plus vrai que vrai, dans le touchant Loving de Jeff Nichols.
Don Cheadle, Anna Kendrick et Laura Dern (photo) ont dévoilé les nominations aux Gloden Globes lors d'une cérémonie à l'hôtel Beverly Hilton, lundi, à Los Angeles.
Stone et Gosling auront plus de chance qu'aux Oscars puisqu'ils sont en nomination comme meilleurs acteurs dans une comédie. Du côté dramatique, la course est très relevée. Chez les hommes, Casey Affleck part avec 10 longueurs d'avance. Sa vibrante performance dans Manchester lui a déjà valu une demi-douzaine de prix. Alors bonne chance à Edgerton, Denzel Washington (Fences), Andrew Garfield (Hacksaw Ridge) et Viggo Mortensen (très bon dans Une vie fantastique).
Isabelle Huppert et Arthur Mazet, dans «Elle»
Du côté féminin, outre Amy Adams et Ruth Negga, on trouve Natalie Portman (Jackie), Jessica Chastain (Miss Sloane) et, surtout, Isabelle Huppert (Elle). L'actrice française a déjà trois récompenses grâce au drame pervers de Paul Verhoeven.
Sans surprise, Elle est nommé dans la très relevée catégorie du meilleur film en langue étrangère aux côtés de Divines de Houda Benyamina (seulement accessible sur Netflix), Toni Erdmann de Maren Ade, Neruda de Pablo Larrain et Le client d'Asghar Fahadi (primé deux fois à Cannes).
Les Golden Globes nous ont habitués, au fil des ans, à des choix très champ gauche. Pas cette année. Seule véritable surprise : l'excentrique Deadpool, nommé pour le meilleur film - comédie et pour le meilleur acteur - comédie, Ryan Reynolds. Florence Foster Jenkins a aussi fait le plein au rayon comédie avec quatre nominations, dont trois pour les acteurs (Meryl Streep, Hugh Grant et Simon Helberg).
Certains des films en nomination prendront l'affiche dans les prochaines semaines (Lion, Moonlight, Pour l'amour d'Hollywood). On aura donc le temps de se faire une tête avant la remise des prix animée par Jimmy Fallon, le 8 janvier.
Télévision
Contrairement aux autres soirées du genre, les Golden Globes décernent aussi des prix pour le petit écran. Dans la catégorie des séries dramatiques, et pour ses acteurs, il sera intéressant de voir si le chant du cygne du Trône de fer (Game of Thrones) sera récompensé ou si son «remplaçant» sur HBO, Westworld, lui fera la lutte. On note aussi plusieurs nominations pour la louangée de The Crown ainsi que Stranger Things, qui a d'ardents partisans. 
Fait intéressant, les acteurs en nomination pour les téléséries proviennent, sauf exception, du cinéma : Riz Ahmed, John Turturro et Tom Hiddleston feront compétition à Bryan Cranston (Walt dans Breaking Bad) et Courtney B. Vanc. C'est encore plus vrai pour les actrices : Riley Keough, Sarah Paulson, Charlotte Rampling, Felicity Huffman et Kerry Washington. Ces deux dernières ont connu la gloire à la télé, dans Beautés désespérées et Scandale, respectivement, mais ont commencé au grand écran.
Une bonne illustration des mutations en cours et de l'affection de plus en plus grande que portent les artistes aux productions télévisuelles, souvent plus créatives et moins formatées que les films hollywoodiens. D'ailleurs, près des trois quarts des productions nommées proviennent de Netflix, HBO et Amazon. Pas des chaînes traditionnelles...