Fin des projections de presse au Festival de Cannes: inquiétude des journalistes

PARIS — La fin annoncée des projections en avant-première pour la presse des films du festival de Cannes pourrait nuire à «la qualité de la couverture» globale de la manifestation, se sont inquiétées samedi deux organisations de journalistes spécialisés dans le cinéma.

Le délégué général du festival Thierry Frémaux a annoncé vendredi au magazine professionnel Le Film français plusieurs changements pour la prochaine édition (8-19 mai).

Il expliquait notamment que la presse découvrirait les films en sélection officielle en même temps que la première mondiale dans la soirée, alors que les journalistes pouvaient jusqu’à présent voir une partie des films plusieurs heures avant.

«L’annonce de la nouvelle grille nous semble préoccupante. Le travail des journalistes critiques de la presse quotidienne papier, des sites internet, des agences de presse, de la radio et de la télévision en sera impacté», ont déploré dans un communiqué le conseil d’administration du Syndicat français de la critique de cinéma (SFCC) et le Club Média Ciné, qui rassemble des journalistes cinéma.

«Nous entendons bien la volonté de revenir à de véritables premières mondiales, mais dans les conditions annoncées, les conséquences seraient néfastes pour la qualité de la couverture médiatique, donc pour l’image du Festival et pour le Festival lui-même», ont-ils ajouté, suggérant la mise en place de projections sous embargo pour permettre le travail journalistique tout en préservant une véritable première.

Thierry Frémaux a expliqué vouloir «redonner toute leur attractivité et tout leur éclat aux soirées de gala».

Pour le SFCC et le Club Média Ciné, les journalistes risquent de ne pas tous pouvoir assister, faute de places, à la projection du soir, ce qui «entraînera d’évidents et pénalisants retards de parution».

Les nouvelles règles pourraient conduire les rédactions à «revoir à la baisse leur couverture du festival», selon leur communiqué.

Plusieurs critiques internationaux se sont également inquiétés, comme la critique de la revue Screen Fionnuala Halligan: «Pourquoi le Festival ne met pas en place un embargo?» comme le font les studios ou le Festival de Berlin, s’était-elle interrogée vendredi.

Un embargo, «est-ce que c’est si difficile à appliquer?» a également questionné sur Twitter Peter Bradshaw, du Guardian.