Denys Arcand renoue avec le grand écran avec «La chute de l’empire américain», en salle le 28 juin.

En rafale: 3 questions à Denys Arcand

Quatre ans après son décevant «Règne de la beauté», le vétéran réalisateur Denys Arcand renoue avec le grand écran pour «La chute de l’empire américain» (en salle le 28 juin), où le thème de l’argent — celui acquis frauduleusement et celui qui fait œuvre utile — est le moteur du scénario. «Le Soleil» l’a rencontré cette semaine à Montréal.

1. Il y a quelques années, vous aviez parlé d’un projet de film autobiographique qui se serait déroulé dans votre région natale de Deschambault. Qu’en est-il ?

R C’est en partie ce qu’est devenu Le règne de la beauté, sauf qu’au lieu de le tourner à Deschambault, je l’ai fait dans Charlevoix. Il y avait beaucoup d’éléments autobiographiques, mais ç’a dévié sur autre chose. Est-ce que je vais revenir un jour là-dedans, je ne sais pas. On ne contrôle jamais l’inspiration. Ce n’est pas pour rien que Platon disait qu’il fallait bannir les poètes de la République parce qu’ils sont victimes de démons qu’ils ne contrôlent pas. Je trouve ça de plus en plus vrai.

2. Voyez-vous beaucoup de films quand le temps vous le permet?

R Comme beaucoup de monde, je suis découragé de la disparition des vidéoclubs. J’en avais un près de chez moi, tenu par des étudiants formidables. Il y avait tous les films québécois. Maintenant, je ne vois pas la moitié de ce qui est produit. C’est important pour moi de savoir qui sont les nouveaux acteurs et les techniciens. Ça prendrait un Netflix québécois. C’est l’avantage d’aller dans les festivals, mais que je ne les fréquente presque plus. Comme cinéphile, on peut découvrir des choses fantastiques. Il se fait tellement de films dans le monde et ils quittent l’affiche à une vitesse incroyable. C’est ainsi qu’il y a deux ans, à Toronto, j’ai découvert le film du Roumain Cristian Mungiu, Baccalauréat. C’est une merveille.

3. Que dites-vous aux animateurs de radio de Québec qui en ont contre les subventions aux artistes?

C’est un discours rétrograde et irréel. J’ai un argument fondamental pour fermer la boîte de tout ce monde-là. Le gouvernement du Québec consacre, pour la culture au grand complet, moins de 1% de son budget. Ça vous coûte moins d’une cenne dans la piastre. Si vous voulez chialer, il y a bien d’autres sujets, comme M. Barrette, l’éducation, le Plan Nord.