Même s’il a rapporté près de 400millions$ dans le monde, «Solo: une histoire de Star Wars», dont le budget est estimé entre 250 et 275 millions $, a été une déception.

Disney veut ralentir le rythme des sorties de «Star Wars»

NEW YORK — Marqué par la récente déception de «Solo», Disney veut ralentir le rythme des sorties des films siglés «Star Wars», après avoir voulu en faire «trop» et «trop vite».

De six films en 38 ans, le rythme est passé à quatre en deux ans et demi, entre L’éveil de la force, en décembre 2015, et Solo: une histoire de Star Wars, en mai 2018.

Le géant du divertissement entendait visiblement appliquer à sa franchise Star Wars la même recette que son autre vache à lait, Marvel, et ses 20 films en 10 ans.

«J’ai pris la décision de la cadence, et en y repensant, je pense que l’erreur que j’ai faite — c’est ma responsabilité — a été un peu trop, trop vite», a reconnu Bob Iger, pdg de The Walt Disney Company, dans un entretien au site spécialisé The Hollywood Reporter publié jeudi.

Même s’il a rapporté près de 400 millions$ dans le monde, d’après le site spécialisé Box Office Mojo, Solo, dont le budget est estimé, selon plusieurs médias américains, à entre 250 et 275 millions$, a été une déception.

Les recettes du film se situent sensiblement derrière les huit volets officiels de la saga, mais sont aussi largement devancées par Rogue One: une histoire de Star Wars (1,05 milliard$) qui, tout comme Solo, est lié à l’univers Star Wars, mais ne s’inscrit pas directement dans la série.

Par comparaison avec les chiffres faramineux des Derniers Jedi, le huitième volet de la série officielle, sorti en décembre dernier et qui a raflé 1,33 milliard de dollars aux guichets, le parcours de Solo est un coup d’arrêt.

«Plus prudents» 

Le réalisateur J.J. Abrams, qui avait déjà mis en scène Le réveil de la force, travaille actuellement à l’épisode 9 de la saga, dont la sortie est prévue en 2019.

Disney a déjà annoncé, en novembre 2017, qu’une nouvelle trilogie suivrait la troisième.

En février, le groupe a également révélé que de nouveaux longs métrages de l’univers Star Wars seraient réalisés par les créateurs de la série à succès Le trône de fer.

L’intrigue sera à la fois séparée des aventures de Luke Skywalker et des dynasties de Jedi, au coeur de l’actuelle trilogie et de la prochaine. «Nous sommes à un stade où nous allons devoir prendre des décisions sur ce qui suivra (le film de) J.J.», a expliqué Bob Iger. «Mais je pense que nous allons être un peu plus prudents sur le volume et la cadence».

Pour Matthew Ball, ancien responsable de la stratégie d’Amazon Studios, l’échec relatif de Solo ne témoigne pas d’une «lassitude» du public vis-à-vis de Star Wars, mais plutôt de «calendriers de production inutilement serrés», a-t-il tweeté jeudi.

Cette urgence nouvelle pourrait expliquer, selon lui, les remaniements opérés sur Rogue One et Solo, ce dernier ayant même changé de réalisateur en cours de route, affectant, au final, la cohérence de l’ensemble et la qualité du résultat.

Beaucoup déconseillent néanmoins de tirer des conclusions hâtives du sort de Solo, qui a pâti d’une sortie sans doute trop rapprochée de celle de Black Panther (mi-février) et surtout d’Avengers: la guerre de l'infini (fin avril), deux mastodontes qui ont vendu pour 2,38 milliards$ de billets dans le monde.

Contrairement aux autres films Star Wars, Solo a par ailleurs souffert, dans une certaine mesure, de mauvaises critiques, mais aussi d’une campagne de promotion très courte.

Si Disney «est au niveau sur le plan de la qualité et du marketing», estimait l’analyste de Cowen, Doug Creutz, dans une note publiée en juin, l’épisode 9 «fera un bon parcours au box-office, dépassant probablement Les derniers Jedi».

«Attention, la franchise va revenir et, espérons-le pour tout le monde, elle sera à des années-lumière des dernières livraisons», abonde Jeff Bock, analyste du cabinet spécialisé Exhibitor Relations. «D’ailleurs il y a tellement de potentiel pour la partie télévision de Star Wars», a-t-il dit à l’AFP, «que les films peuvent passer au second plan pour quelque temps, si besoin.»