Ian Gailer et Laura Rohard du Festival de cinéma de la Ville de Québec (à l'arrière), accompagnés des réalisateurs Lou-Pascal Tremblay et Francis Leclerc.

Des primeurs et des «classiques» au FCVQ

On attendait déjà les nouveautés de Francis Leclerc et de Luc Picard, voilà que les noms de Léa Pool, Cédric Klapisch et Marc Séguin sont de ceux qui s'ajoutent au programme du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), dévoilé mardi. 
Entre le 13 et le 23 septembre, les cinéphiles de la capitale auront quelque 200 films à se mettre sous la dent. Parmi les premières québécoises proposées par le FCVQ, la comédie dramatique Retour en Bourgogne du Français Cédric Klapisch (L'auberge espagnole), qui accompagnera son film à Québec. La réalisatrice Léa Pool débarquera également en ville avec Et au pire, on se mariera, dans lequel Sophie Nélisse et Karine Vanasse partagent l'écran. L'artiste multidisciplinaire Marc Séguin sera de la partie pour présenter son documentaire La ferme et son État, tout comme la danseuse Louise Lecavalier, sujet d'un documentaire signé Raymond St-Jean. Une liste d'invités qui devrait s'allonger d'ici au lancement des festivités, se réjouit le directeur général du FCVQ, Ian Gailer. «On est en train de confirmer plein de présences», a-t-il avancé mardi.
La présentation en première mondiale des films Pieds nus dans l'aube de Francis Leclerc et Les rois mongols de Luc Picard avait déjà été annoncée, tout comme celle du premier long métrage du cinéaste de Québec Samuel Matteau, Ailleurs. «Tout le monde l'attend depuis longtemps. C'était important pour nous. Il va être présenté au Palais Montcalm avec tout le gros oumf qui vient avec», note Ian Gailer à propos de cette dernière oeuvre.
Deux jurys décerneront les honneurs parmi les productions en compétition. Marie Gignac, Pascale Faure, John R. Porter, Rafaël Ouellet et Sophie Desmarais trancheront parmi les longs métrages, tandis que Lou-Pascal Tremblay, Niels Putman et Sophie Goyette se chargeront des courts métrages. 
«Ce qui est impressionnant, c'est que de tous les films qu'on a demandés, il n'y en a que trois qu'on n'a pas pu avoir», avance le directeur général, qui se fait une fierté de la personnalité généraliste cultivée par le festival. «On vise très large. On dit souvent qu'on est un festival de cinémas et pas de Cinéma», illustre M. Gailer, rappelant que sur l'affiche bien garnie du FCVQ, les primeurs et les films d'auteur côtoient notamment le volet «plaisirs coupables» présenté en plein air. Place d'Youville accueillera notamment le Spaceballs de Mel Brooks, Rencontres du troisième type, Wayne's World et le «classique» Dirty Dancing. «On les présente dehors, en français traduit, comme on les avait dans le temps, pour le fun», résume le dg.
Parmi les autres activités proposées au FCVQ, notons le retour des CinéConcerts, consacrés à La passion de Jeanne d'Arc - dont la projection sera accompagnée à l'orgue par Karol Mossakowski - et à Birdman, projeté au son de la batterie d'Antonio Sánchez, interprète original de la bande sonore. «Ce sont des trucs hallucinants qui ne sont jamais venus en Amérique», se réjouit Ian Gailer. 
Parcours déambulatoire
Nouveauté cette année, les festivaliers seront invités à chausser leurs souliers de marche pour prendre part au concept venu d'Allemagne A Wall is a Screen, un parcours déambulatoire dans le Vieux-Québec qui utilisera les murs de la ville comme écran. 
Détails et programmation complète au www.fcvq.ca

«Un projet magique de A à Z»

Le cinéaste Francis Leclerc n'a jamais été très porté à parler publiquement de son père Félix. L'étiquette du «fils de», il ne la souhaitait pas. «Quand tu fais ta vie dans le milieu artistique et que tu es comparé tous les jours... Ça m'est arrivé dans les premières années, inévitablement. C'est une pression supplémentaire dont je ne voulais pas», décrit le cinéaste, dont l'adaptation de Pieds nus dans l'aube, premier roman de Félix Leclerc, sera présentée en première mondiale le 20 septembre au Festival de cinéma de la ville de Québec. 
«À l'âge où je suis rendu, je suis prêt à confronter ça, ajoute-t-il. C'est hyper personnel. C'est de se livrer à travers une oeuvre par rapport à ton père. C'est plus délicat que je pensais, mais pas dans la fabrication du film. Je l'ai fait comme j'aurais fait n'importe quel film ou série télé avec mes proches, mes amis, mon équipe la plus personnelle que j'ai depuis 20 ans. C'était important. Ce sont tous des choix de coeur, les acteurs et les techniciens. Ç'a été un projet magique de A à Z.»
Pas de pression
Alors que son film arrivera sous peu sur les écrans - la sortie officielle est prévue pour le 27 octobre - Francis Leclerc, dit ne pas ressentir de pression. «Je suis confiant, je l'aime beaucoup, j'ai fait le film que je voulais. Je n'ai pas le stress de dire : "qu'est-ce que les gens vont penser". Rendu là, je m'en fous. Il faut que je l'abandonne. Je souhaite qu'il fonctionne en salles, c'est comme ça dès qu'on fait un film. Mais je ne suis pas à la recherche du tout de reconnaissance. Je ne cherche rien. Je veux juste le donner au monde. Je l'ai vraiment fait pour les Québécois, je pense. Je vois ça comme un cadeau.»

De comédien à réalisateur... à juré!

Son premier court-métrage de fiction, Exode, qui met en vedette Sophie Nélisse, Lou-Pascal Tremblay l'a fait pratiquement tout seul. «Je me suis dit : "si je le vois sur un écran, n'importe quel, je serai vraiment content".» De Cannes à Trouville en passant par Lévis (au Festival interactif de cinéma le 26 août) et Québec (au Festival de cinéma le 14 septembre), cette première carte de visite lui fait finalement faire pas mal de millage. 
«C'est débile!» se réjouit le jeune homme, qu'on a notamment pu voir dans 1:54 de Yan England et la série Jérémie sur Vrak et qui s'amènera le mois prochain dans la capitale avec un double mandat : celui de réalisateur et de membre du jury de la compétition de courts-métrages. «C'est une très grosse responsabilité, surtout pour un gars de mon âge, évoque-t-il. Je suis très content d'être là. J'ai quand même un bagage pour un gars de 22 ans. J'en ai beaucoup derrière la cravate. Il y a une pression, mais je fonce là-dedans à bras ouverts. Je suis comédien à la base, mais je fais de la réalisation depuis cinq ans. Un nourrit l'autre. Quand je regarde une oeuvre, j'ai un détachement. J'analyse beaucoup le jeu, mais je m'intéresse aussi beaucoup à la technique.»