Le réalisateur Maxim Rheault s'est chargé du segment intermédiaire du long métrage, qui porte sur Sasha (interprétée par Lysandre Ménard).

 D'encre et de sang: un long métrage à relais

Maxim Rheault était loin de se douter qu'en retournant aux études en cinéma, il toucherait le gros lot. Aidé de finissants de L'inis comme lui, le natif de Sainte-Foy a eu la possibilité de tourner D'encre et de sang, un «long métrage à relais». Le drame, présenté dans quelques festivals, dont celui de Québec, prend l'affiche vendredi. «Une chance incroyable», estime le cinéaste, encore incrédule. Surtout que la route a été tortueuse.
Après deux ans d'études en psychologie à l'Université Laval, Maxim Rheault a cédé à l'appel de sa passion et est parti étudier à Concordia. Après un bac en cinéma, il travaille comme monteur vidéo pendant six ans. Un «job alimentaire» avec du montage de courts métrages et de vidéoclips en parallèle. «J'avais fait le tour et m'étais éloigné du milieu du cinéma.»
Il décide de parfaire sa formation en réalisation à L'Institut national de l'image et du son (L'inis) et «refaire [son] réseau de contacts». Finalement, il trouvera des alliés dans sa cohorte. En collaboration avec Jeanne-Marie Poulain à la production, son collègue Francis Fortin, Alexis Fortier Gauthier, un ex-finissant originaire de Québec, et trois scénaristes, il planche sur le «squelette» D'encre et de sang.
L'idée de trois courts sur le même thème est rapidement abandonnée au profit d'un long qui présente successivement le point de vue de trois protagonistes, filmés par chacun des réalisateurs. Leur projet est retenu par L'inis, qui le soumet au programme de microbudget de Téléfilm Canada. L'organisme fédéral donne ensuite le feu vert à la production. 
D'encre et de sang s'intéresse à un libraire indépendant (Martin Desgagné), auteur à ses heures, qui met la main sur le manuscrit d'un écrivain connu, victime d'un chauffard en face de son commerce. Sa fille Sasha (Lysandre Ménard, la révélation de La passion d'Augustine), avec qui il entretient une relation trouble, est traumatisée par l'accident. Elle cherche réconfort auprès du fils de la victime (Iannicko N'Doua). Sasha découvre ensuite que son père a profité de la situation...
Maxim Rheault s'est chargé du segment intermédiaire, sur Sasha. «Elle vit un dilemme assez fort, une situation perdant-perdant. Ça m'intéressait. On avait chacun nos raisons de travailler sur un personnage en particulier», confie le réalisateur de 40 ans. Ses deux compères n'étaient jamais bien loin, histoire de garder une certaine homogénéité dans le résultat. Mais aussi, petit budget oblige, afin de mettre la main à la pâte... à peu de frais. «On a reversé nos salaires à la production.»
Forces complémentaires
La réalisation à six mains, pour un premier long métrage, leur a souri, croit-il. «C'était plus facile à soutenir.» D'autant que leurs forces étaient complémentaires. Avec une bonne expérience à la réalisation, Alexis Fortier Gauthier a apporté son expertise au scénario. Francis Fortin, un directeur photo de formation, était fort sur le plan technique. Quant à Maxim, son oeil de monteur était parfait pour la «troisième écriture» du film.
Encore aujourd'hui, monter les images demeure «la partie que je préfère» dans tout le processus. Mais ses compétences lui servent dès la lecture du scénario. «Le montage, ça a été une très bonne école. Je vois déjà comment je peux découper mon histoire. Sur le tournage, c'est aussi très pratique, particulièrement pour ce projet où on avait très peu d'argent et de temps, quand il faut couper des plans. J'arrive à visualiser ce que ça va avoir l'air en salle de montage.»
Malgré les contraintes, l'équipe a réussi à trouver un distributeur (K-Films). Maxim Rheault demeure réaliste. «Pour la sortie en salles, on ne s'attend pas à faire beaucoup de semaines», dit celui qui continue à faire du montage pour gagner sa vie. La réalisation télé l'intéresse «beaucoup». «Tant que t'as pas réalisé un long [métrage], t'es pas encore dans la cour des grands. Ça amène une bonne visibilité.»
Reste que le cinéma demeure son moyen favori d'expression. Dans ce contexte, D'encre et de sang s'avère une «belle carte de visite», surtout avec deux longs métrages en développement avec un scénariste et un court avec un autre. Même chose pour ses compères.
En attendant, Maxim Rheault sera présent à la première du film au Clap, vendredi, pour un échange avec le public.