Dans ce nouveau chapitre, les policiers Laroche père et fils doivent participer à une thérapie de groupe en forêt pour faire craquer un criminel.

De père en flic 2: rester dans sa zone de confort ***

CRITIQUE / Depuis l'été passé, le cinéma québécois mise sur des suites de comédies populaires - avec succès. On compte sur l'effet de reconnaissance et sur un univers dramaturgique existant. Ce qui permet aussi au réalisateur et aux acteurs de rester dans leur zone de confort bien que, pour être honnête, Émile Gaudreault, Michel Côté et Louis-José Houde ont fait des efforts pour cette suite de Père en flic (2009). Phénomène rare : elle est plus réussie que l'original.
On retrouve donc les Laroche père (Côté) et fils (Houde), quelques années après les évènements du premier film. Pas besoin de l'avoir vu : il y a quelques clins d'oeil, sans plus. Sauf qu'on reprend le même canevas : les policiers doivent participer à une thérapie de groupe en forêt pour faire craquer un criminel. 
Même si le duo se tape encore sur les nerfs, il s'agit ici d'une thérapie de couple. Martin Germain (Patrice Robitaille), bras droit du chef de la mafia, doit se rabibocher avec sa conjointe (Julie Le Breton). Comme par hasard, hum, le couple de Marc Laroche avec sa nouvelle flamme Alice (Karine Vanasse) vacille. Les deux flics vont donc tenter de se réconcilier, tout en accomplissant leur mission. Et en tentant de limiter les dégâts de l'égocentrique commandant Jacques Laroche, qui n'en fait qu'à sa tête et refuse d'admettre qu'il est temps d'accrocher son arme.
Il est évident que de Père en flic 2 est un véhicule conçu sur mesure pour Louis-José Houde. Qui nous gratifie de ses mimiques et de son sens de la réplique habituels. Certains dialogues avec Côté, toujours aussi bon, sont savoureux. Sans être un acteur remarquable, l'humoriste a progressé au fil du temps et est capable d'être crédible dans les échanges plus dramatiques.
C'est toutefois l'ajout de Karine Vanasse qui s'avère l'aspect le plus marquant de cette seconde mouture. L'actrice d'expérience est pétillante dans cette première comédie - son charme crève l'écran. Plus encore, son couple avec Houde crépite de cette magie qui confère un charme particulier à des personnages : du charisme. Sa progression des dernières années est remarquable.
Ceci dit, même si on a inversé les rôles - Alice est l'ambitieuse du couple qui bûche pour sa carrière -, Gaudreault et ses scénaristes restent en surface. Même chose avec tous les couples qui participent au bootcamp. Le long métrage use et abuse du stéréotype, voire tombe dans la caricature avec ses deux lesbiennes. La vulgarité du langage et de certaines situations, censées faire rire, deviennent franchement embarrassantes. Ce n'est même pas de l'humour d'ado - ma fille de 12 ans peut en témoigner, même si elle a bien aimé : «meilleur que le premier».
En fait, l'humour physique (le slapstick) fonctionne beaucoup mieux (sauf les scènes de claques sur la gueule, dépassées et dont l'effet d'accumulation ne fonctionne pas). De père en flic 2 n'est pas hilarant, mais divertissant. Notamment dans ses scènes d'action - Houde et, surtout, Vanasse sont d'une crédibilité sans failles. 
Plus d'expérience
Depuis le premier tome, Gaudreault (Le sens de l'humour, 2011, avec Côté et Houde) a pris de l'expérience à la mise en scène, notamment sa direction d'acteurs, plus affirmée. Le réalisateur utilise quelques plans spectaculaires, mais ceux-ci relèvent plus de l'esbroufe que d'une véritable signification cinématographique. Qu'importe : il livre un divertissement grand public bien ficelé, sans véritable temps mort, sauf la finale étirée.
En fait, Gaudreault s'est appuyé sur une recette éprouvée. S'il a changé les accompagnements, le plat principal reste le même : l'antagonisme entre un père incapable d'exprimer ses émotions et un fils qui cherche son approbation. Et il devrait contenter ses spectateurs, qui seront heureux de passer un bon moment au cinéma devant un film québécois.
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Au générique
• Cote : ***
• Titre : De père en flic 2
• Genre : comédie policière
• Réalisateur : Émile Gaudreault
• Acteurs : Michel Côté, Louis-José Houde et Karine Vanasse
• Classement : général
• Durée : 1h56
• On aime : le jeu pétillant de Karine Vanasse, l'humour physique. L'aspect divertissement bien assumé.
• On n'aime pas : la vulgarité gratuite, le manque de profondeur psychologique.