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Emma Stone interprète la nouvelle Cruella.
Emma Stone interprète la nouvelle Cruella.

Cruella : Un film qui a du chien *** 1/2 [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / Les antépisodes sont une entreprise tumultueuse — le déplorable Solo s’est avéré un échec retentissant. Avec Cruella, le risque était décuplé par l’empreinte indélébile laissée par Glenn Close dans les deux films de la franchise — vrai qu’ils étaient tellement mauvais que c’était difficile de faire pire… Avec à bord les deux Emma, Stone et Thompson, et Craig Gillespie aux commandes, cette comédie dramatique à l’esprit punk casse la baraque.

Précisons : même s’il s’agit d’un film Disney, Cruella ne vise pas un public enfantin dans son traitement. Les ados vont adorer l’indépendance, l’intelligence et le refus des conventions de l’héroïne (Stone) de ce récit initiatique. Les plus vieux vont aimer haïr la tyrannique et narcissique baronne von Hellman (Thompson).

Le long métrage s’amorce avec un accident tragique qui laisse Estella d’Enfer orpheline et écrasée par un sentiment de culpabilité. Quelques années plus tard à Londres, au début des années 1970, la jeune femme commet des larcins avec les sympathiques Jasper (Joel Fry) et Horace Badun (Paul Water Hauser), mais n’a pas oublié son rêve de faire son nom dans le milieu de la mode.

Une chance se présente lorsqu’elle entre au service de la baronne, une égocentrique autoritaire qui s’approprie sans vergogne le travail de ses créateurs. Quand Estella va comprendre de quoi il en retourne, l’aspirante designer va laisser sa moitié sombre prendre le contrôle. Cruella ne fera pas de quartiers…

Visuellement spectaculaire, plein de rebondissements et rondement mené, Cruella bénéficie de l’aplomb et de l’expérience de Craig Gillespie derrière la caméra. Le réalisateur des Heures de gloire (2016) sait faire preuve de la même créativité que dans Moi, Tonya (2017), notamment dans l’utilisation d’audacieux plans séquence.

Le cinéaste et son équipe exploitent à merveille l’esprit anglais du récit (jusque dans l’accent pour ceux qui préfèrent la version originale).

Paul Walter Hauser, Emma Stone et Joel Fry dans une scène de <em>Cruella</em>.

Les dalmatiens ne sont que trois cette fois et ils se font voler la vedette par Buddy, le chien du trio d’arnaqueurs. Mais les vraies figures de proue demeurent les deux Emma, qui excellent dans leur rôle respectif.

Stone (Pour l’amour d’Hollywood, Birdman), a la chance de pouvoir compter sur un double personnage en Estella / Cruella, mais soulignons son approche plus en retenue dans la composition de cette dernière, sans adoucir pour autant son aspect flamboyant.

On sait Thompson douée — oscarisée deux fois, pour Retour à Howards End (1992) et Raison et sentiments (pour le scénario) —, elle prouve encore une fois l’étendue de son talent en Némésis de Cruella. Juste parfait.

Emma Thompson est juste parfaite dans la peau de la baronne.

Si Cruella est un film punk sur le plan esthétique, l’excellente trame sonore, bien que dans l’esprit, embrasse plus large. Il y a bien Should I Stay or Should I Go des Clash, voire These Boots Are Made for Walking de Nancy Sinatra, mais on n’en dirait pas autant de Five to One des Doors ou Stone Cold Crazy de Queen. N’empêche, ça brasse pas mal.

Le spectateur va aussi comprendre d’où vient l’obsession de Cruella d’Enfer pour les dalmatiens. On ne vous en divulgue pas plus...

Cruella est présenté au cinéma et sur Disney +

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Cruella

Genre : Comédie dramatique

Réalisateur : Craig Gillepsie

Acteurs : Emma Stone, Emma Thompson, Joel Fry, Paul Water Hauser

Durée : 2h14