Spencer Stone, Anthony Sadler et Alex Skarlatos jouent leur propre rôle dans Le 15h17 pour Paris.

Clint Eastwood fait revivre l’attentat manqué du train Amsterdam-Paris

PARIS — Avec sa reconstitution de l’attentat déjoué du Thalys en 2015, Clint Eastwood salue le courage de «héros ordinaires» à qui il fait jouer leur propre rôle et flatte le patriotisme américain dans son film qui sort vendredi.

Le 15h17 pour Paris raconte comment, le 21 août 2015, trois copains d’enfance américains sont intervenus à mains nues pour désarmer un djihadiste armé d’une kalachnikov et muni de chargeurs pleins, dans le train Thalys reliant Amsterdam à Paris. Un tour de force qui a évité un carnage.

Ce nouveau projet s’inscrit dans la lignée de la production récente d’Eastwood retraçant des histoires réelles de personnages aux expériences hors du commun, après Tireur d’élite américain (2014), film très controversé sur un tireur d’élite en Irak, et Sully (2016), sur l’amerrissage forcé d’un vol commercial sur le fleuve Hudson, avec Tom Hanks.

Sauf qu’à la différence des précédents films, il a fait le pari de faire tourner les trois véritables «héros» du train Thalys: Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler.

«C’était très intéressant de revenir dans le train. [...] Psychologiquement, ce n’était pas traumatisant pour nous, car personne n’a perdu la vie ce jour-là et beaucoup de positif est sorti de tout ça», a confié Anthony Sadler à l’hebdomadaire français Paris Match.

Le réalisateur a aussi engagé du personnel de santé et des pompiers du nord qui ont répondu à l’alerte donnée alors que le Thalys Amsterdam-Paris était dérouté vers la gare d’Arras, dans le nord de la France.

Filmée sans esbroufe, la scène du Thalys arrive tardivement dans le film, qui dure un peu plus d’une heure et demie et permet d’y voir plus clair dans le déroulement des faits.

Parcours des «héros»
En revanche, le réalisateur d’Impitoyable passe la première partie du film à explorer le parcours de ces trois inséparables, élevés dans les environs de Sacramento, en Californie.

Son attention se porte tout particulièrement sur Spencer. Gamin élevé par sa mère, fasciné par les armes, il a collé au mur de sa chambre l’affiche du film d’Eastwood Lettres d’Iwo Jima et rêve de sauver des vies, quitte à ne pas respecter les règles du jeu.

Taiseux au crâne rasé, c’est lui qui foncera le premier sur le djihadiste, au péril de sa vie. Tout au long du film, Eastwood va semer des indices pour annoncer le destin de ce personnage.

Le film va ensuite se concentrer sur le tour d’Europe des trois amis (Venise, Rome, Berlin, Amsterdam et Paris), résumé par des scènes de beuverie, de pole dance en boîte de nuit et d’égoportraits pris à la perche devant des lieux touristiques.

C’est à l’Élysée que cette histoire édifiante se conclut: les trois héros y ont reçu la Légion d’honneur, la plus haute distinction française. Une scène qui mêle images d’archives et reconstitution maladroite avec un faux président français, de dos, auquel personne ne croit.