Les réalisateurs Olivier Poulin et Jean-François Lesage présenteront leurs films aux Percéides, où ils seront accueillis par le directeur général François Cormier.

Cinéma d'auteur et d'audace aux Percéides

Les Percéides, le festival international de cinéma et d'art de Percé, présentera 70 films en provenance de 25 pays du 24 au 28 août. L'événement permet aux Gaspésiens de voir sur grand écran des films tournés un peu partout, mais aussi de stimuler la création en Gaspésie.
Le directeur général des Percéides, François Cormier, promet une huitième édition sous le signe de l'audace. Parmi les fictions et documentaires présentés, plusieurs sont des premières québécoises ou nord-américaines, ou des premières tout court.
Un écran extérieur sera dressé près du quai de Percé, pour une soirée préfestival sous les étoiles, à 21h le 24 août. On y projettera en première nord-américaine le film franco-­belge Saint-Amour, où les personnages incarnés par Gérard Depardieu et Benoit Poelvoorde font «un voyage dans les paysages bucoliques de France. Ça se regarde comme on boit du vin», dit M. Cormier.
Les Percéides se transportent le lendemain dans leur nid principal, la salle de 125 places de la Vieille Usine de L'Anse-à-Beaufils, une ancienne usine de transformation de poisson convertie en centre culturel. Les organisateurs songent à installer un mini tapis rouge au bord du quai pour accueillir la présidente d'honneur, Carole Laure. La comédienne et réalisatrice donnera une classe de cinéma autour de son dernier film, Love Project.
Les festivaliers pourront visionner The Lobster, tourné en Irlande par le réalisateur grec Yorgos Lanthimos, une «fable cruelle et déstabilisante» qui a obtenu le prix du jury à Cannes l'an dernier. Le documentaire néozélandais Tickled, construit sous forme d'enquête sur des adeptes du «chatouillement extrême», a aussi de quoi aiguiser leur curiosité.
La Gaspésie à l'honneur
Le cinéma de la Gaspésie sera à l'honneur. Les Percéides présenteront en primeur le premier documentaire de Maryse Goudreau, tiré d'une expérience insolite. L'artiste d'Escuminac a organisé un «festival du tank» pour dégager le vieil engin trouvé sur son terrain et décider de son sort.
Les Percéides ne se contentent pas de projeter le cinéma gaspésien; elles souhaitent le stimuler et susciter des vocations, affirme M. Cormier. Le festival a d'ailleurs reçu une vingtaine de propositions pour son deuxième concours de courts métrages gaspésiens.
Entre 50 et 60 invités fréquenteront L'Anse-à-Beaufils pendant les Percéides, qu'ils soient réalisateurs, directeurs photo ou acteurs. «Ça devient une exigence, on veut qu'ils soient présents, dit M. Cormier. Pour beaucoup d'entre eux, c'est une première visite en Gaspésie. On veut devenir une plate-forme pour permettre les tournages dans la région.»
Parmi ces invités, le réalisateur Jean-François Lesage viendra présenter Un amour d'été, tourné à Montréal sur le mont Royal. C'est toutefois en Gaspésie qu'il filme son prochain documentaire. «C'est dommage que les gens soient découragés par 10 heures de route, dit-il. Pour avoir le goût de faire des films, ça me prend des éléments d'inconnu, j'ai besoin de découvrir.»
Charles Tesson, le directeur artistique de la Semaine de la critique, section parallèle du Festival de Cannes, fera partie du jury qui attribuera les Météores, les prix remis dans le cadre des Percéides.
L'an dernier, 3000 personnes ont visionné l'un des films du festival, organisé au coût de 180 000 $.
Trois films à voir
Embrace of the Serpent
Fiction/Cirro Guerra
Ce film dramatique et d'aventure a été tourné en noir et blanc dans la forêt amazonienne. «C'est stupéfiant, ne serait-ce que sur le plan de la photographie», dit M. Cormier.
La démolition familiale
Documentaire/Patrick Damien
Le réalisateur, originaire de la région de Bellechasse, suit deux adolescents qui préparent leurs véhicules pour participer à leur première course de démolition, où l'on détruit des voitures usagées. Un prétexte pour montrer les visions, les aspirations et les liens d'une famille.
Chasseur d'aurores
Un court métrage documentaire d'Olivier Poulin, GASPÉSIE
Le cinéaste de Pabos, en Gaspésie, a abandonné son emploi de garde-chasse pour passer au cinéma. Chasseur d'aurores est son premier film. M. Poulin y suit Frédéric Perron, un Gaspésien qui se passionne pour les aurores boréales. Ils partent l'un et l'autre vers Fermont à la poursuite du phénomène, dans un road trip ponctué de beaucoup de musique.
La programmation complète est disponible au perceides.ca