L'actrice sud-africaine Charlize Theron soutient que le sida ne pourra être enrayé seulement en le traitant, mais en misant sur l'éducation et la prévention.

Charlize Theron rêve d'une Afrique sans sida

C'est l'autre rêve de Charlize Theron. Loin des caméras, des tapis rouges et des couvertures de magazines, l'actrice d'origine sud-africaine espère débarrasser son pays du fléau du sida et y favoriser la naissance d'une génération épargnée par le virus.
Fondatrice du Charlize Theron Africa Outreach Project, l'héroïne de Atomic Blonde, son dernier film, finance des programmes de soutien aux communautés frappées par la maladie.
«Nous devons réagir et dire "ça suffit, il faut que ça s'arrête"», déclare l'ex-mannequin lors d'un entretien accordé cette semaine à l'AFP en marge d'une visite à Johannesburg.
«Ce n'est qu'une question de moyens», ajoute-t-elle.
L'Afrique du Sud affiche l'un des plus hauts taux de prévalence du sida de toute la planète, avec 7 millions de personnes de 15 à 49 ans contaminées, soit plus de 19 % de sa population totale, selon les statistiques de l'ONUSIDA. Les jeunes femmes sont particulièrement touchées par la maladie.
Selon le gouvernement de Pretoria, 3,4 millions de malades bénéficient aujourd'hui d'un traitement.
En soutenant avec d'autres ONG ou fondations des projets comme celui des Choma Dream Cafes, un réseau interactif destiné à l'éducation et la formation des adolescentes, Charlize Theron pense pouvoir enrayer puis faire reculer l'épidémie.
«Ma conviction personnelle, c'est que nous n'arrêterons jamais le VIH simplement en le traitant... ce n'est pas possible», dit-elle.
Oscar de la meilleure actrice en 2004 pour son rôle dans Monster, Charlize Theron, 42 ans, se dit «incroyablement fière» des efforts déployés aujourd'hui par l'Afrique du Sud contre la maladie.
Sexisme et pauvreté
Charlize Theron estime que les inégalités entre hommes et femmes et la misère jouent un rôle majeur dans la propagation du virus.
En 2016, elle a suscité la polémique lors de la conférence de l'ONU sur le sida à Durban, dans l'est de l'Afrique du Sud, en lançant lors d'un discours que l'épidémie se nourrissait «du sexisme, de la pauvreté et de l'homophobie».
«Je maintiens ce que j'ai dit l'an dernier», insiste la native de Benoni, près de Johannesburg.
Le Choma Dreams Cafe de Soweto est l'un des quarante centres de prévention répartis dans les deux plus grandes provinces sud-africaines, le Gauteng et le KwaZulu-Natal.