Le koala Buster Moon et la lézarde Miss Crawly en audition

Chantez: déjà vu ***

CRITIQUE / Chantez (Sing), film d'animation avec des animaux, livre exactement ce que le titre implique : un mélange de karaoké nostalgie et d'émission de téléréalité du genre La voix. Heureusement que les protagonistes sont attachants et que le long métrage a le coeur à la bonne place, parce que le scénario hautement prévisible zappe dans tous les sens.
Buster Moon rêve depuis sa jeunesse de diriger un théâtre. Mais la réalité se révèle difficile. Au bord de la faillite, incapable de rénover son noble établissement, le koala organise un grand concours de chant ouvert à tous les animaux, offrant une récompense dont il n'a pas les moyens.
Les auditions se passent bien - un prétexte pour nous présenter de courts extraits colorés de tous les genres, du soul au punk. Mais, évidemment, tout va aller de mal en pis pour le rêveur incompétent qui refuse de regarder la réalité en face, au grand malheur des participants qui ont, eux aussi, des problèmes à régler. 
Johnny le gorille souffre de l'indifférence de son père, Rosita la truie est dépassée par ses tâches familiales (avec 25 porcelets!), Meena l'éléphante est d'une timidité maladive, Ash la porc-épic s'est fait plaquer... Les personnages se résument à ça et les intrigues secondaires les concernant sont simplistes.
Chantez s'avère symptomatique du déficit d'attention des enfants auxquels il est destiné : incapable de se concentrer sur ce qu'il présente à l'écran, il change constamment de point de mire. Comme les chansons, d'ailleurs, qui durent souvent le temps d'un refrain.
De toute façon, le récit est bien secondaire, simple véhicule destiné à transporter sans trop de heurts le spectateur à la destination prévue : le spectacle répété par tout un chacun pendant une bonne partie du film. Il le faut bien puisque notre sympathique koala se raccroche à l'idée que quand on a touché le fond, on peut seulement remonter... 
L'animation est correcte, sans plus. Le message assez simple : quand on veut, on peut, même vaincre ses peurs. On est loin de la sophistication et de la vivacité de films comme Zootopia (Chantez souffre de la comparaison), Moana ou même Trouver Doris. Comme ces derniers, le ton y est fantaisiste. Cette légère distance avec la réalité est un charme sans cesse renouvelé.
De toute évidence, l'équipe de Garth Jennings mise gros sur l'effet nostalgie pour contenter les parents - le spectacle final comprend des interprétations d'I'm Still Standing (Elton John) et de My Way (Frank Sinatra), on entend Under Pressure (Queen avec Bowie) et la chanson-thème du film est une interprétation de Golden Slumbers des Beatles! Heureusement d'ailleurs que la version française conserve les interprétations dans la langue originale.
Je n'ai pas boudé mon plaisir, mais Chantez aurait pu être vraiment meilleur. Mon fils de 9 ans a adoré. «Un trois étoiles et demi», m'a-t-il assuré, même si l'aspect désordonné du récit l'a aussi agacé. La moyenne de nos deux avis : trois étoiles.
Au générique
Cote: ***
Titre: Chantez
Genre: animation
Réalisateur: Garth Jennings
Classement: général
Durée: 1h48
On aime: les numéros chantés, le coeur à la bonne place
On n'aime pas: le scénario ultra prévisible, le zapping de scènes et de chansons, l'aspect nostalgique