Dévasté par la mort de sa femme, Lawrence (Anders Danielsen Lie) trouve un certain réconfort auprès de sa belle-soeur Zoé (Judith Chemla) dans Ce sentiment de l'été.

Ce sentiment de l'été: le jeune homme et la mort ***

CRITIQUE / La perte de l'être cher a inspiré quantité de créateurs. Le film de Mikhaël Hers se distingue dans son approche feutrée et délicate dans son exploration des conséquences d'un deuil inattendu et injuste pour un amoureux et sa belle-soeur. Ce qui s'avère sa principale force et sa principale faiblesse: il faut être bien disposé pour recevoir ce long métrage indolent.
Le deuxième long métrage de Mikhaël Hers s'amorce avec une succession de scènes, presque sans dialogues, qui suit Sasha dans son bonheur tranquille. Jusqu'à ce que la femme de 30 ans s'effondre dans un parc de Berlin, laissant son amoureux Lawrence (Anders Danielsen Lie) et sa famille la tête pleine de questions.
Dévasté, le jeune homme trouve un certain réconfort auprès de Zoé (Judith Chemla), sa belle-soeur qu'il connaît peu. Le duo tentera d'apprivoiser la peine et le poids de cette absence. À partir de cette idée toute simple, mais poignante, le cinéaste français a structuré son récit en trois actes sur autant d'années et de villes différentes.
Ce faisant, le cinéaste filme patiemment deux êtres qui sont plongés dans le désarroi après la perte imprévue, puis leur difficile résilience. Hers a décidé de montrer plutôt que décrire, dans une approche naturaliste, sans trop de dialogues révélateurs, qui repose beaucoup sur le non-dit.
Certains seront ravis par cette façon de chercher à montrer la vie qui continue pour ceux qui restent, dans sa banalité autant que dans les moments de désarroi et de vertige. D'autres auront de la difficulté à s'en imprégner, d'autant qu'il y a des passages à vide, surtout dans les apartés peu convaincants avec les personnages secondaires.
De plus, les deux protagonistes sont peu sympathiques, ce qui accroît la difficulté à ressentir de l'empathie pour leur drame. Lawrence est beige et gauche, Zoé est psychologiquement instable. Leur relation ambiguë ne pique pas vraiment notre curiosité.
Ce sentiment de l'été génère des sentiments mitigés. Autant le spectateur peut être séduit par son approche délicate juxtaposée à une saison peu associée à la mort, inhabituelle pour ce genre de malheur perturbant, autant cette mélancolie peut le laisser sur sa faim, incapable de livrer pleinement ses promesses.
Même chez le spectateur plein de bonne volonté, le film finit par distiller un certain ennui alors qu'il devrait nous prendre aux tripes...
Au générique
Cote: ***
Titre: Ce sentiment de l'été
Genre: drame
Réalisateur: Mikhaël Hers
Acteurs: Anders Danielsen Lie, Judith Chemla et Marie Rivière
Classement: général
Durée: 1h47
On aime: l'approche originale
On n'aime pas: les personnages peu attachants, l'intérêt qui s'étiole