Les acteurs Byung Heebong et Ahn Seo-Hyun en compagnie du directeur Bong Joon-Ho sur le tapis rouge de Cannes.

Cafouillage pour Netflix à Cannes

Le début de la présentation de Okja, le premier titre Netflix de la compétition à Cannes, a été chaotique vendredi matin. D'abord accueillie par des sifflets et quelques applaudissements à l'apparition du nom de la plate-forme en ligne, sa projection a dû être interrompue pendant dix minutes en raison de problèmes techniques. Ça ne pouvait pas plus mal tomber pour la fable écologique de Bong Joon-ho.
Il est vite apparu, une fois le tumulte initial passé, que le film était diffusé dans un mauvais ratio d'image. La direction du Festival s'est platement excusé de cet incident «dû aux services techniques».
À la conférence de presse à l'affluence monstre,le réalisateur sud-coréen n'en a pas pris ombrage: «C'est génial, vous avez pu revoir deux fois les premières séquences bourrées d'informations.» Ce genre de problèmes techniques arrivent, a ajouté le réalisateur. 
Okja est, avec The Meyerrowitz Stories de Noah Baumbach, au coeur de la tempête qui oppose Netflix, qui ne veut pas de sortie en salle pour ses deux longs métrages, et le Festival de Cannes. Pedro Almodovar, le président du jury, avait même déclaré qu'il ne se voyait pas remettre une Palme d'or à ceux-ci.
Tilda Swinton, qui coproduit le film, a tenu à relativiser la controverse : «Des milliers de films projetés à Cannes ne sortent jamais sur grand écran.»
Chose certaine, Almodovar peut se rassurer, il n'aura pas à convaincre ses collègues du jury de ne pas accorder la Palme d'or à Okja. La comédie dramatique de Boon est divertissante et amusante, mais beaucoup trop manichéenne, moralisatrice et en surface pour prétendre au palmarès. Swinton, toujours aussi inspirante, n'y a pas le rôle de sa carrière, même si elle est parfaite en gestionnaire névrosée qui souffre d'un complexe d'infériorité.
Elle incarne Lucie Mirando, la directrice narcissique d'une usine d'abattage, qui tente revamper l'image de la compagnie familiale en organisant un concours du plus gros cochon. Mirando a confié 26 animaux génétiquement modifiés à autant de fermiers, dont Okja, à laquelle Mija s'est consacrée sans relâche. Mais celle-ci doit céder son animal de compagnie, sans mauvais jeux de mots, à ses véritables propriétaires, qui le ramènent à New York. La jeune fille va tenter par tous les moyens de sauver son énorme cochon de l'abattoir. 
Sa quête est un prétexte de dénonciation du capitalisme sauvage et de l'empreinte écologique de l'élevage d'animaux pour leur viande, ainsi que de l'appétit vorace des consommateurs pour celles-ci. Et même si ce n'est pas le but voulu, ils pourraient en pousser plusieurs à devenir végétariens...