«Burning» s’attarde au destin de Lee Jong-su (Yoo Ah-in), pris dans un triangle amoureux trouble.

«Burning», une œuvre incandescente ***1/2

CRITIQUE / «Burning» («Beoning») a fait une très grosse impression lors de sa présentation en compétition officielle au dernier Festival de Cannes. Au point où plusieurs ont prédit les plus belles récompenses à l’œuvre incandescente de Lee Chang-Dong. Finalement, son triangle amoureux a été écarté du palmarès. Et je suis plutôt d’accord.

Le film s’attarde au destin de Lee Jong-su, qui rêve de devenir écrivain. En attendant, il fait de petits boulots. Jusqu’au jour où il tombe sur Shin Hae-mi, une voisine lorsqu’ils étaient enfants. Les deux deviennent amants, mais la jeune femme doit partir en voyage et lui demande de nourrir son chat pendant son absence.

Lorsque Jong-su va la chercher à l’aéroport, il constate avec déception que sa belle est avec Ben, un homme mystérieux, manifestement très à l’aise sur le plan financier. Le trio va s’engager dans une relation trouble, où les deux hommes sont clairement en opposition — Burning illustre bien les différences socioéconomiques chez les jeunes entre les riches oisifs et les pauvres désœuvrés.

Lors d’une soirée chez Jong-su, Ben lui fait une étrange confession. Tous les deux mois, il brûle une serre recouverte de plastique qui défigure la campagne. La prochaine, prévient-il, sera proche de la ferme du père de Jong-su. Il en est obsédé jusqu’à ce que survienne la disparition d’Hae-mi...

Le sixième long métrage du réalisateur sud-coréen, après Poetry en 2010, est une adaptation d’une nouvelle de Haruki Murakami, intitulée Les granges brûlées. Et c’est peut-être là que le bât blesse. Sur ce simple canevas, Lee a brodé un film contemplatif de 2h28. C’est beau, mais il ne s’y passe pas grand-chose. Ce n’est pas un mal en soi — encore faut-il que Burning réussisse à susciter l’intérêt.

Oui, le long métrage se construit petit à petit jusqu’à insuffler une bonne tension. Mais son drame à la mise en scène fluide contient trop de trous dans le récit pour qu’il soit assez vraisemblable. En plus, on a compris le pot aux roses une heure avant le personnage principal...

On comprend que plusieurs se soient extasiés, mais j’ai trouvé que le récit ne remplissait pas toutes ses promesses. Un point de vue minoritaire. Après tout, Burning a remporté le prix de la critique internationale à Cannes en mai dernier...

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: ***

• Titre: Burning

• Genre: drame

• Réalisateur: Lee Chang-Dong

• Acteurs: Yoo Ah-in, Steven Yeun, Jeon Jong-seo

• Classement: 13 ans +

• Durée: 2h28

• On aime: l’esthétique du film. La fluidité de la réalisation

• On n’aime pas: les trous dans le scénario