«Burn Out»: pour public averti **

CRITIQUE / Le moins qu’on puisse dire, c’est que Michel Jetté n’a pas peur de briser les carcans et de jouer avec les codes narratifs du cinéma pour son cinquième long-métrage, «Burn Out ou la servitude volontaire». Un étrange ovni pour public averti.

Ouverture stylisée et glauque à souhait, parfois des phylactères pour faire s’exprimer les personnages, rires en «canne» ici et là, aphorismes de La Boétie, un interlude même, le scénario s’éclate dans toutes les directions pour raconter l’histoire, parfois plus terre-à-terre, d’un couple sur le bord de la crise de nerfs.

Au boulot, rien ne va plus. Il faut en faire toujours plus, toujours plus vite. Le stress est installé à demeure. Le soir venu, l’homme et la femme soupent sur fond d’opéra, chacun dans sa bulle. Et vogue la galère… Jusqu’à ce que la belle-sœur débarque pour faire une proposition susceptible de changer leur vie, mais encore faut-il que madame carriériste soit capable de se brancher. Elle en veut ou pas, de sa nouvelle promotion?

Chapeau à Jetté pour son audace à traiter, avec peu de moyens, d’un mal de société grandissant, mais force est d’admettre que son film s’étire inutilement. Il y a bien, çà et là, quelques scènes qui portent à réflexion, mais l’ensemble baigne dans une ambiance déconcertante à souhait. Les trucs bizarroïdes abondent, offrant de multiples ruptures de ton qui empêchent le film de prendre son erre d’aller, malgré la bonne idée de départ. Dommage. Normand Provencher

AU GÉNÉRIQUE

Cote: **

• Titre: Burn Out ou la servitude volontaire

• Genre: drame

• Réalisateur: Michel Jetté

• Acteurs: Jézabel Drolet, Emmanuel Auger, Paul Dion, Myrianne Brûlé, Jean Chevalier

• Classement: 13 ans+

• Durée: 1h54

• On aime: la réflexion sur un mal de société, quelques scènes amusantes

• On n’aime pas: le jeu douteux de certains comédiens, la facture trop échevelée, les ruptures de ton, les nombreux passages à vide