Rami Malek

«Bohemian Rhapsody», un défi pour Rami Malek

PARIS - Comment se glisser dans la peau d’une vedette rock? Cours de chant, de piano, coaching de mouvement... Pour «Bohemian Rhapsody», l’acteur Rami Malek a travaillé dur pour incarner le chanteur emblématique de Queen Freddie Mercury, en tentant de ne jamais le «caricaturer».

Réalisé par Bryan Singer («X-Men», remplacé en cours de tournage par Dexter Fletcher), et coproduit notamment par deux membres historiques de Queen - le guitariste Brian May et le batteur Roger Taylor - «Bohemian Rhapsody», biopic déjà en salles en Grande-Bretagne et qui sort la semaine prochaine en France et dans plusieurs pays, retrace le destin du charismatique compositeur et interprète du groupe de rock britannique.

De sa rencontre avec les autres membres au célèbre concert du Live Aid en 1985, le film raconte la vie de ce fils d’immigré en quête d’identité culturelle comme sexuelle, né Farrokh Bulsara en 1946 dans une famille d’origine indienne à Zanzibar, et mort du sida en 1991 à Londres.

De Bohemian Rhapsody à We Will Rock You, il revient aussi sur la genèse des plus célèbres chansons de cette formation qui a vendu le plus de disques au monde.

Si le film, classique, semble hésiter entre plusieurs directions - portrait de Freddie Mercury ou de Queen -, l’acteur américain d’origine égyptienne Rami Malek, révélé par la série «M. Robot» (qui lui a valu un Emmy Award en 2016) prête quant à lui avec talent ses traits au leader du groupe, bête de scène à la voix puissante.

Pour ce rôle - prévu au départ en 2010 pour Sacha Baron Cohen, avant qu’il se retire du projet pour cause de différends avec les membres du groupe -, Rami Malek s’est transformé physiquement, avec plusieurs perruques et fausses moustaches en fonction des époques, un dentier pour reproduire les dents proéminentes du chanteur, une prothèse nasale et du maquillage pour rendre ses yeux moins saillants.

«Comme vous pouvez l’imaginer, c’est une tâche énorme ne serait-ce que de commencer à penser que vous allez jouer Freddie Mercury», a expliqué l’acteur de 37 ans, lors d’une rencontre avec des journalistes à Paris.

50 heures d’essayages

Après avoir été approché par les producteurs, Rami Malek s’est préparé à Londres pour interpréter le chanteur, connu pour son look flamboyant.

«Je me suis payé une chambre d’hôtel, j’ai suivi des cours de chant, de piano et de coaching vocal, parce qu’il avait une voix vraiment unique», explique-t-il. «J’ai pensé un temps que je n’avais pas besoin de chorégraphe, parce que tout ce que faisait Freddie était très spontané», ajoute l’acteur, mais il a finalement travaillé avec une «coach» de mouvement.

Avec elle, il a tenté de s’approprier la façon dont Freddie Mercury parlait ou se déplaçait - déhanchés caractéristiques ou gestes de scène -, à partir d’interviews ou des mouvements du chanteur, en essayant d’éviter la «caricature».

«J’étais vraiment conscient qu’il ne fallait jamais essayer de l’imiter. Il n’y a qu’un seul Freddie Mercury. Je voulais capter autant que je pouvais qui il était, en partant de son intériorité. Pour moi, elle donnait des informations sur son attitude effrontée et audacieuse sur scène», a-t-il expliqué.

L’acteur a également passé une cinquantaine d’heures à faire des essayages de costumes, s’efforçant de répéter avec des chaussures compensées, pantalons en satin moulant ou combinaisons en lycra... «Je me mettais dans une situation qu’il avait dû connaître, celle de passer des heures à essayer des costumes (...), toutes ces petites choses qui m’aidaient à ne pas le caricaturer, mais à me mettre dans sa peau», raconte l’acteur.

Gwilym Lee, qui joue Brian May, a lui aussi tâché de saisir l’essence du guitariste du groupe, qu’il a pu côtoyer longuement, et qui lui a notamment prêté sa célèbre guitare, la Red Special, pour répéter les morceaux de la scène du Live Aid. «Passer du temps avec quelqu’un à parler de la vie permet vraiment de comprendre un peu son âme», souligne l’acteur britannique.