La fougueuse Black Beauty.
La fougueuse Black Beauty.

Black Beauty : Au goût du jour ** 1/2 [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Il fallait une proposition originale pour adapter une sixième fois au cinéma Black Beauty. Ashley Avis a donc décidé d’en changer le lieu et le sexe des protagonistes pour en faire une version au goût du jour. Les aventures du fier cheval sont plus contemporaines, mais le récit, lui, finit par s’effondrer dans la dernière ligne droite de sa course.

Le classique d’Anne Sewell se déroulait dans l’Angleterre du XIXe siècle. L’autobiographie de l’étalon noir servait à dénoncer les mauvais traitements réservés aux animaux. Dans sa transposition, la réalisatrice a situé l’action aux États-Unis et Beauty, devenue une jument, se lie à une ado plutôt qu’un garçon !

Si bien que dans la version originale, on a confié la voix du mustang à… Kate Winslet ! Qui commence par raconter ses deux premières années dans les montagnes du Wyoming. La pouliche y est toutefois capturée et séparée de sa mère.

Mais le pur-sang a la chance d’être racheté par John Manly (Iain Glen, le Jorah Mormont du Trône de fer…). L’homme qui murmure à l’oreille des chevaux, compatissant et patient, la conduit aux Écuries Birtwick, à New York, pour l’entraîner malgré sa peur des humains, sa colère et son indépendance.

John Manly (Iain Glen), l'oncle de Jo qui recueille Beauty.

Au même moment, John recueille Jo Green (Mackenzie Foy, Murph dans Interstellaire), sa nièce de 17 ans, dont les parents viennent de mourir. Le cow-boy doit apprivoiser ces deux créatures blessées, fougueuses et endeuillées.

Jo, fascinée par la jument, va la nommer Beauty. L’apprentissage sera mutuel et une occasion pour le film, à travers le lien indéfectible qui se tresse, d’évoquer les effets bénéfiques de cette zoothérapie vers la guérison, de part et d’autre (une forme d’anthropomorphisme à la Disney pleinement assumée).

Jo, fascinée par la jument, va la nommer Beauty. L’apprentissage sera mutuel.

Un tel bonheur ne peut toutefois durer : un jeune insouciant, les yeux rivés sur son cellulaire, va déclencher un incendie dans les stalles. Une conflagration à laquelle les chevaux vont échapper grâce au courage de Jo. Ce feu marque le début de la fin, tant pour Beauty que le long métrage.

Clin d’œil au roman original, la jument prend donc le chemin du domaine des richissimes Winthorp, d’origine anglaise. Jo y fait la rencontre du beau George (Calam Lynch) et de sa sœur Georgina (Fern Deacon). La petite peste gâtée pourrie va vouloir s’approprier le cheval, qu’elle mettra d’ailleurs en danger.

À partir de ce moment, Beauty et Jo sont séparées par le destin pendant de longues années. Le film s’enfonce alors dans un récit à l’eau de rose et la surcharge de bons sentiments à grands coups de musique sirupeuse, proche du conte. Et renforce le stéréotype du prince charmant — le long métrage a beau être destiné à un auditoire «familial», il vient gâcher ses efforts d’offrir une résonance plus contemporaine.

Il faut toutefois souligner le magnifique travail d’Ashley Avis (Adolescence) et de son directeur photo David Procter sur les images et la lumière, tant en pleine nature qu’en ville (notamment pendant les séquences à Central Park). Les chevaux sont tellement cinématographiques (la production en a utilisé une vingtaine seulement pour Beauty à divers âges)!

On retiendra aussi que cette adaptation n’a pas occulté l’objectif principal du roman : mettre en lumière que dans nos comportements avec les animaux, certains offrent de la beauté, d’autres misent sur la cruauté. Ce qui s’avère un puissant révélateur de la nature humaine.

Black Beauty est présenté sur Disney +

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Black Beauty

Genre : Drame

Réalisatrice : Ashley Avis

Acteurs : Mackenzie Foy, Iain Glen, Calam Lynch

Durée : 1h49