Jurnee Smollet-Bell et Margot Robbie
Jurnee Smollet-Bell et Margot Robbie

Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn ***

CRITIQUE / Les attentes étaient élevées pour Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn, huitième mouture de l’univers DC. Et c’est une véritable pétarade hyperdéjantée de couleurs, d’effets spéciaux, de cascades et de mouvements de caméra vertigineux qu’a concoctée Cathy Yan pour mettre en valeur Margot Robbie dans la peau de la «poupée dure à cuire». Ça botte des culs!

Écrivons-le tout de suite : sur le plan formel, Birds of Prey s’avère une véritable réussite, en totale adéquation avec le personnage excentrique d’Harley Quinn (un jeu de mots avec Arlequin, personnage type de la commedia dell’arte). Mais sur le fond, c’est plutôt superficiel…

Le scénario adapté de Christina Hodson (Bumblebee) reprend exactement après les événements du pitoyable Suicide Squad (2016). Une (trop) longue introduction consacre la rupture de Harley Quinn et du Joker, pavant la voie à son émancipation — thème qu’on a laissé tomber dans le titre français, avec raison.

Reste qu’en raison de cette séparation, Quinn (Margot Robbie) perd aussi sa protection. L’ex-­psychiatre a la moitié de Gotham à ses trousses, en particulier Roman «Black Mask» Sionis (Ewan McGregor). Après l’avoir kidnappée, le psychopathe narcissique accepte un marché : elle trouvera le diamant qu’il recherche en échange de sa liberté.

Le précieux caillou s’est retrouvé entre les mains de Cassandra Cain (Ella Jay Basco). L’ado pickpocket ignore qu’il s’agit de la clé pour entrer en possession d’une fortune. Harley Quinn va la prendre sous son aile, mais elle devra s’allier à une chanteuse, à une policière et à une orpheline vengeresse pour la défendre adéquatement.

Le tout s’avère évidemment prétexte à une multiplication de scènes de batailles à la vidéoclip filmées, souvent, en super-ralenti et avec une trame sonore féminine réinterprétée (Pat Benatar, Heart). Parlant musique, la version de It’s a Man’s Man’s Man’s World (James Brown) par l’actrice Jurnee Smollet-­Bell est à couper le souffle…

Cathy Yan (Dead Pigs) a puisé abondamment dans les trucs du film d’action, mais aussi du western, notamment dans les «duels». C’est toutefois dans sa volonté d’éviter le schéma narratif hollywoodien que réside le principal intérêt de sa mise en scène.

L’utilisation de Quinn comme narratrice (un clin d’œil au film noir), les allers-retours temporels et les regards à la caméra y concourent, tout en étant cohérents avec le caractère fantasque de notre anti-héroïne post-punk.

Aussi impressionnante que soit la réalisation, elle ne masque pas le manque de substance du propos, un succédané de girl power.

Le spectateur retiendra surtout la «fantabuleuse» performance de Margot Robbie. Avec un charisme fou, de l’intensité et un jeu décalé, sa Harley Quinn crève l’écran. Jurnee Smollet-Bell s’avère aussi très impressionnante dans la peau de Dinah Laurel Dance, la chanteuse devenue l’ange gardien de la rebelle et de sa protégée Cassandra Cain.

Un sapré bon divertissement, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable : de la poudre aux yeux!

Au générique

Cote : ***
Titre : Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
Genre : Drame fantastique
Réalisatrice : Cathy Yan
Acteurs : Margot Robbie, Mary Elizabeth Winstead, Ewan McGregor, Jurnee Smollet-Bell
Classement : 13 ans +
Durée : 1h50
On aime : la proposition esthétique. La «fantabuleuse» incarnation de Robbie. Le rythme.
On n’aime pas : le manque de substance. La poudre aux yeux.