Le réalisateur Bernard Émond, lors d'une scène tournée à la cathédrale Saint-Jean-Eudes de Baie-Comeau pour son huitième long métrage, Pour vivre ici.

Bernard Émond tourne à Baie-Comeau

Baie-Comeau sera mise en vedette dans le prochain long métrage de Bernard Émond, Pour vivre ici. L'auteur et réalisateur est depuis longtemps un amoureux de la région et son huitième long métrage lui donne l'occasion d'y tourner et de la mettre en valeur. Élise Guilbault, Sophie Desmarais et Dany Gilmore font notamment partie de la distribution.
«C'est très simple, j'aime Baie-Comeau», lance Émond d'entrée de jeu lors de sa rencontre avec les médias mardi. «Je suis venu plusieurs fois à Cinoche [le festival du film] avec mes films, je me suis fait des amis dans l'organisation du festival. Je suis venu et revenu encore, on m'a prêté un chalet où j'ai écrit une histoire qui se passe ici», ajoute-t-il du même souffle.
Pour vivre ici raconte l'histoire de Monique, qui vient de perdre son mari. En deuil, elle quitte Baie-Comeau pour se rendre chez ses enfants à Montréal, mais ces derniers la reçoivent plutôt froidement. Monique poussera sa quête jusqu'au village du nord-est ontarien où elle est née. Sur le chemin du retour, la veuve retrouvera le goût de vivre.
Pour Bernard Émond, la neige omniprésente à Baie-Comeau cette saison est un cadeau du ciel pour son histoire. «C'est une femme en deuil, qui a perdu le mari qu'elle aimait le plus au monde. Elle est comme prisonnière de ces bancs de neige», soutient le réalisateur, qui se dit «toujours émerveillé des bancs de neige énormes devant les maisons». Les résidents de Baie-Comeau pensent probablement autrement...
Quant à Élise Guilbault, à son quatrième film avec Émond, elle abonde dans le même sens. Le lieu où se situe le film a toute son importance. «Pour moi, il y a un premier rôle qui se trouve à être Monique, que j'interprète, mais il y a la nature de la Côte-Nord, qui est le premier premier rôle. Ce n'est pas pour rien qu'on est ici, il y a des bonnes raisons.»
La comédienne Élise Guilbault ne se lasse pas de tourner avec Bernard Émond.
«Quelque chose de signifiant»
La muse du cinéaste ne se lasse pas de tourner avec Émond. «On a l'impression de faire quelque chose de signifiant, qui a possiblement une portée, que ce n'est pas que pour se dilater la rate ou encore passer le temps, mais bien une réflexion et un retour sur soi-même, confie la comédienne. Ça demande de l'intériorité, du dévouement, et on exploite des sujets qui me touchent particulièrement : le sens du devoir, le sens de la reconnaissance, la beauté et le respect de la nature.»
Autant Guilbault qu'Émond sont enchantés de l'accueil reçu à Baie-Comeau. «C'est au-delà de nos espoirs. Les gens de l'équipe n'en reviennent pas de la gentillesse des gens, de leur ouverture», fait valoir le réalisateur, qui venait de tourner dans une église de Baie-Comeau une scène avec 180 figurants, qu'il a tous qualifiés de «formidables».
L'équipe de Pour vivre ici est à Baie-Comeau jusqu'au 18 février. Elle s'arrêtera à Tadoussac, pour quelques scènes sur le traversier, à Montréal et Sturgeon Falls, dans le nord-est ontarien, pour un total de 28 jours de tournage. Émond a souligné au passage que ce n'est pas économique, tourner en région.
«Oui, c'est plus cher, tourner en région. Je ne dirais pas que c'est un choix que j'ai imposé à la production, mais ce n'est pas un choix facile. Ça rajoute je ne sais pas combien de dizaines de milliers de dollars avec le kilométrage, 40 personnes, l'hôtel, le per diem. Mais pas question de tourner cette histoire-là à Montréal, elle est née ici. Oui, ça coûte cher, mais j'ai une productrice [Bernadette Payeur] qui va s'arranger», a conclu Bernard Émond.