Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Dans le film <em>Belle-fille</em>, Miou-Miou (à gauche, en compagnie de Jonathan Zaccaï) se révèle parfaite en vieille douce dingue.
Dans le film <em>Belle-fille</em>, Miou-Miou (à gauche, en compagnie de Jonathan Zaccaï) se révèle parfaite en vieille douce dingue.

Belle-fille: vaudeville en Corse *** [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
CRITIQUE / Il n’aurait pas fallu grand-chose pour que Belle-fille sombre dans le ridicule. La première demi-heure fait d’ailleurs craindre le pire. Heureusement, les choses s’améliorent lorsqu’Alexandra Lamy et Miou-Miou se retrouvent pour un face à face dépareillé, proposant un thème d’émancipation féminine plus que bienvenu. Et la Corse nous en met plein la vue!

La cinéaste Méliane Marcaggi, qui est originaire de l’Île de beauté, ne pouvait évidemment pas se douter que son film sortirait en pleine pandémie et après une période de confinement qui a sérieusement entravé notre horizon. Reste que ce dépaysement contribue au charme de cette comédie.

D’autant que l’aspect insulaire joue ici un rôle primordial, abordant d’une façon originale la question du deuil, et aussi un rôle accessoire, celui de la destination qu’a choisie le mari infidèle de Louise (Alexandra Lamy) pour un séjour romantique avec sa maîtresse.

La quadragénaire, qui a renoncé à sa carrière d’artiste-peintre pour sa famille, décide de prendre une douce revanche en piquant les billets d’avion. Une fois sur place, elle s’envoie en l’air avec un bel inconnu (Thomas Dutronc, qui signe également la musique). Au réveil, elle constate le décès de Florent.

Comble de malheur, Anto (Jonathan Zaccaï), le frère du trépassé, est inspecteur et cherche à découvrir ce qui a causé la mort de Florent. Mais son enquête a de l’eau dans le gaz lorsque débarque Andréa (Miou-Miou). Sa mère croit en effet que Louise est la belle-fille que son fils ne lui a jamais présentée en cinq ans. Elle la prend sous son aile. Et ne désire plus la lâcher d’une semelle.

Pétillant tandem

Tout ça tient du vaudeville, mais pour peu qu’on veuille bien faire preuve d’indulgence, les occasions de s’amuser de la situation sont nombreuses. D’autant que les deux actrices forment un pétillant tandem (Miou-Miou, qui en a vu d’autres dans sa longue carrière, est juste parfaite en vieille douce dingue).

Mais c’est surtout que, l’air de rien, la réalisatrice propose aussi une réflexion intéressante sur le deuil. Pour Andréa, qui ne voit plus son fils mythomane, cette belle-fille idéale représente une façon de s’accrocher à son souvenir, afin, ensuite, de passer à autre chose (malgré son trop-plein de bonnes volontés, la matriarche se révèle moins dupe qu’elle n’en a l’air).

À son contact, les certitudes de Louise vont voler en éclats. La femme « soumise » au carcan social patriarcal se voit, par ce concours de circonstances, offrir la chance de mettre le compteur à zéro et de repartir sur de nouvelles bases — notamment avec sa fille. Le film se transforme en récit d’émancipation.

Tout ça n’en reste pas moins tiré par les cheveux — le scénario prend des raccourcis. La mise en scène de Méliane Marcaggi s’avère correcte, sans plus. Elle a au moins le mérite de laisser de la corde à ses deux actrices, qui s’en donnent à cœur joie. Nous aussi.

Belle-fille est présenté en vidéo sur demande à compter du 25 décembre.

Au générique

Cote : ***
Titre : Belle-fille
Genre : Comédie
Réalisatrice: Méliane Marcaggi
Acteurs : Alexandra Lamy, Miou-Miou, Jonathan Zaccaï, Thomas Dutronc
Durée : 1h36