L'interaction entre Sébastien et Belle semble beaucoup plus fluide que dans le premier volet.

Belle et Sébastien, l'aventure continue: sauvetage en forêt ***

CRITIQUE / L'immense succès aux guichets de Belle et Sébastien, 2,8 millions d'entrées en France, a encouragé la production d'une suite, justement intitulée L'aventure continue. C'est Christian Duguay qui a pris les commandes. Le réalisateur québécois a livré un film plus axé sur le volet aventures, qui se veut aussi une ode à la nature. Rien de transcendant, mais un bon petit film familial.
Le premier volet adapté de l'oeuvre de Cécile Aubry et de la télésérie du même nom se déroulait en plein pendant la Seconde Guerre mondiale. Le conflit est maintenant terminé et Sébastien (convainquant Félix Bossuet) attend avec impatience le retour d'Angelina (Margaux Chatelier). Mais la jeune femme disparaît dans un accident d'avion au coeur des forêts transalpines.
Tout le monde a perdu espoir de la retrouver sauf César (Tchéky Karyo, dans un rôle plus secondaire). Le grand-père de Sébastien s'efforce de convaincre Pierre (Thierry Neuvic), un aviateur aventurier qui fait un peu de contrebande, d'effectuer une reconnaissance aérienne. Mais pendant qu'il a le dos tourné, Sébastien et sa magnifique chienne Belle en profitent pour jouer aux passagers clandestins. Une fois sur les lieux de l'accident, le trio doit affronter un ennemi inattendu: un feu de forêt.
Dans cette quête initiatrice, Sébastien se révèle un garçon de 10 ans indépendant et extrêmement débrouillard. Têtu aussi. Il le faut pour affronter le revêche Pierre, qui préférerait être ailleurs et qui a peur des chiens. Mais l'homme va graduellement changer quand il réalise que l'enfant est son fils - il n'a jamais su que sa compagne disparue était enceinte. Son passé va venir le hanter...
Sur la base du scénario de Juliette Sales et de Fabien Suarez, qui avait aussi écrit le premier, Christian Duguay (Jappeloup) a axé son film sur cette filiation tardive et la question identitaire, y introduisant une petite touche de suspense: Pierre va-t-il révéler à Sébastien la vraie nature du lien qui les unit?
Parce que le reste du récit est évidemment assez prévisible même s'il y a quelques rebondissements - un peu tirés par les cheveux - pour maintenir l'intérêt. Et on ne parle pas de la finale invraisemblable qui s'étire en longueur en plus.
Sans beurrer aussi épais que Nicolas Vanier, réalisateur du premier, sur les paysages de cartes postales, Duguay a quand même profité du superbe décor naturel, notamment dans une abondance de vues aériennes. Cette ode à la nature est magnifiquement filmée.
L'interaction entre Sébastien et Belle semble aussi beaucoup plus fluide et contribue au plaisir que procure le film, tout en donnant une image positive du garçon qui fait preuve de courage et de dépassement dans l'adversité.
Bien sûr, Belle et Sébastien, l'aventure continue est basé sur la nostalgie d'un passé révolu et idéalisé. Mais il incarne aussi un courant de cinéma populaire bien fait qu'on ne voit plus beaucoup. Pour autant qu'on veuille y croire, le film de Duguay nous fait passer un bon moment en famille. C'est déjà pas mal.
***
Au générique
Cote: ***
Titre: Belle et Sébastien, l'aventure continue
Genre: aventures
Réalisateur: Christian Duguay
Acteurs: Félix Bossuet, Tchéky Karyo et Thierry Neuvic
Classement: général
Durée: 1h36
On aime: l'aplomb de Félix Bossuet, la réalisation maîtrisée
On n'aime pas: l'aspect prévisible, la minceur du scénario