Baby le chauffeur, avec notamment Ansel Elgort, Jamie Foxx, Eiza González et Jon Hamm, est un mélange de suspense-film d'action policier-western, avec des éléments de drame sentimental et d'horreur. Et ça tient la route!

Baby le chauffeur: l'as du volant ***1/2

CRITIQUE / Ne vous fiez pas au titre d'un kitsch à hurler de Baby le chauffeur (Baby The Driver). Pas plus qu'à une bande-annonce qui laisse croire à un film de chars gonflé aux stéroïdes - même s'il y a des courses-poursuites le pied dans le tapis qui laissent baba. Le long métrage d'Edgar Wright propose une spectaculaire partie de plaisir à l'état pur, bâtie sur un scénario qui nous tient en haleine, des acteurs solides, une réalisation qui en met plein la vue et une trame sonore d'enfer.
Le Baby en question, joué par Ansel Elgort (Nos étoiles contraires), est un jeune taciturne, victime d'un grave accident lorsqu'il était enfant qui l'a laissé orphelin et avec des acouphènes - il écoute constamment de la musique pour couvrir le bruit. Et il est aussi un as du volant qui met son talent de casse-cou au service de Doc (Kevin Spacey), un génie du crime impitoyable.
Le téméraire chauffeur est incapable de se libérer de son emprise, mais sa rencontre avec la belle et innocente Debora (Lily James, vue dans Downton Abbey) lui offre l'opportunité de refaire sa vie en s'enfuyant vers l'Ouest (le classique Go west, young man). 
Encore faut-il que Baby réussisse à tromper la vigilance de Doc, qui planifie un coup fumant avec Buddy (Jon Hamm, le fameux Don Draper de Mad Men), Darling (Eiza González) et Bats (Jamie Foxx). Trois beaux spécimens de psychopathes, en fait, joués avec beaucoup d'aplomb par les interprètes.
Edgar Wright (Scott Pilgrim contre le monde, 2010) va s'amuser à faire monter la tension avec beaucoup de maîtrise. Le cinéaste alterne l'adrénaline des scènes de vols de banques rythmés par la musique écoutée par l'éclectique Baby, de Jon Spencer Blues Explosion à The Damned en passant par Focus, avec celles au tempo plus lent. Notamment les scènes qui déploient le jeu de séduction entre Baby et Debora, qui font des étincelles : Lily James est craquante et Elgort joue bien le timide énamouré. 
Le mélange de suspense-film d'action policier-western, avec des éléments de drame sentimental et d'horreur, réussit, contre toute logique, à tenir la route. Cet amalgame se veut aussi un hommage au cinéma des années 70.
D'ailleurs Wright multiplie les citations musicales et cinématographiques, dont certaines plus actuelles, de Monstres inc. à David Lynch, sans absolument rien enlever au plaisir pur du film à ceux qui vont les manquer. Et il démontre aussi sa propre maîtrise visuelle, que ce soit sa caméra très mobile, ses plans-séquences virtuoses extrêmement bien chorégraphiés ou l'intensité des scènes de vroum vroum.
Plein la vue et les oreilles
Violence il y a, parfois un peu trop explicite à la fin, mais sans que Wright en éclabousse l'écran. Certains rebondissements sont un peu trop arrangés avec le gars des vues, mais comme l'ensemble se tient, notre indulgence est facilement acquise (on n'est quand même pas dans le rocambolesque à la Blues Brothers de John Landis).
Justement, la grande force de Baby le chauffeur réside dans le fait qu'il s'agit d'une fiction légèrement décalée - les méchants ont un aspect cartoonesque. En fait, c'est le genre de film qui en met tellement plein la vue et les oreilles (les Commodores, Blur, Queen, Beck, Dave Brubeck, name it), qu'à peine sorti de la salle, on se dit qu'on va avoir autant de plaisir à la revoir que la première fois.
Avec un peu de chance, Baby le chauffeur sera le film-surprise de l'été, prouvant qu'il y a encore de la place pour des productions cinématographiques audacieuses et des spectateurs qui ne demandent que ça.
Au générique
Cote: ***1/2
Titre: Baby le chauffeur
Genre: suspense
Réalisateur: Edgar Wright
Acteurs: Ansel Elgort, Lily James, Jon Hamm et Kevin Spacey
Classement: 13 ans +
Durée: 1h43
On aime: le ton, la trame sonore explosive, la réalisation spectaculaire, les acteurs solides
On n'aime pas: -