Marie-Josée Croze et Daniel Auteuil tiennent la vedette dans Au nom de ma fille.

Au nom de ma fille: père courage **1/2

CRITIQUE / Au nom de ma fille raconte une histoire tellement scandaleuse qu'on peine à y croire. Et, pourtant, le récit mis en images par Vincent Garenq a eu un grand retentissement en France. Soit celui d'un père courage qui, pendant 27 ans, n'aura de cesse de lutter pour obtenir justice pour sa fille, assassinée à 14 ans. Une reconstitution minutieuse qui manque, toutefois, de zeste.
Le long métrage s'ouvre sur l'arrestation d'André Bamberski (Daniel Auteuil). On l'accuse d'avoir voulu se faire juste lui-même. Lui prétend avoir voulu pallier l'incurie du système judiciaire français. Au nom de ma fille ramène alors le spectateur au Maroc, en 1974.
Bamberski travaille comme un forcené, ce qui lui laisse peu de temps pour sa femme Dany (Marie-Josée Croze) et ses deux enfants. Celle-ci finit par trouver réconfort dans les bras d'un médecin, Dieter Krombach (Sebastian Koch). Le couple se sépare. Six ans plus tard, leur fille Kalinka est retrouvée morte chez son beau-père, en Allemagne. Les circonstances sont troubles et l'autopsie, bâclée, troublante.
Cette longue mise en place cherche à cerner la personnalité des protagonistes. Comment Bamberski devient obsessif, comment Dany se voile la face par amour et comment Krombach est un expert manipulateur. Le père éploré va multiplier les recours juridiques pour faire condamner, puis extrader le bourreau de sa fille alors que tous l'enjoignent de laisser tomber. Il va y sacrifier sa carrière et sa nouvelle vie amoureuse.
Le réalisateur reconstitue très (trop) minutieusement le déroulement de l'affaire, en ordre chronologique. Ce qui aide à la compréhension, mais n'empêche pas le film de s'avérer fastidieux et redondant, à moins qu'on se passionne pour la chronique judiciaire. 
Ce drame social sombre et pesant peine à nous toucher malgré son aspect révoltant. Bamberski fait face à des manoeuvres politiques, en France et en Allemagne, qui lui mettent des bâtons dans les roues. Vincent Garenq (L'enquête) passe trop vite sur cet aspect. C'est un peu dommage. 
Ce qui est plus embêtant, c'est que Bamberski n'est pas très sympathique et s'avère même, parfois, pathétique dans sa quête. Le portrait est probablement juste, sauf que, c'est malheureux à écrire, il ne suscite guère notre empathie. Daniel Auteuil a beau être totalement convaincant, ça n'y change pas grand-chose.
Au rayon des maladresses, on note aussi que son avocat et son traducteur, quand il séjourne en Allemagne, sont à peine esquissés. De même, on n'explore pas assez suffisamment le côté Dr Jekyll et M. Hyde de Dieter Krombach. Quant à Marie-José Croze, elle n'a guère d'espace de jeu avec cette femme peu loquace qui pratique l'aveuglement volontaire. Son jeu physique permet toutefois de bien illustrer son évolution.
En somme, Au nom de ma fille montre la détermination exemplaire d'André Bamberski. Même s'il a droit à notre admiration dans son combat contre la machine, le traitement empesé du film manque de punch. Honnête, mais convenu.
Au générique
Cote : ** 1/2
Titre: Au nom de ma fille
Genre : Drame social
Réalisateur: Vincent Garenq
Acteurs: Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze
Classement : Général
Durée : 1 h 27
On aime : L'intensité de Daniel Auteuil. Le portrait d'un homme courageux.
On n'aime pas : Le manque de zeste. La réalisation empesée.