Grâce à une machine, Callum Lynch (Michael Fassbender) peut revivre les combats de son ancêtre Aguilar dans l'Espagne de l'Inquisition (1492) contre les représentants de l'Ordre des Templiers.

Assassin's Creed: sans âme **

CRITIQUE / Justin Kurzel échoue aussi lamentablement que tous les autres à adapter un jeu vidéo en long métrage. Son Assassin's Creed est un film sans âme qui se prend terriblement au sérieux alors qu'il propose un récit pataud et un scénario plein de trous. C'est d'un ennui mortel (sans mauvais jeu de mots). Le pire, c'est qu'il se paye le luxe de gaspiller le talent de deux des meilleurs acteurs au monde, Michael Fassbender et Marion Cotillard, qui ont d'ailleurs l'air d'être là seulement pour leur chèque de paye.
Fassbender, qui a brillé dans les films de Steve McQueen avant d'incarner Magnéto dans les X-Men, se glisse dans la peau de Callum Lynch. Le meurtrier est un descendant direct d'un des derniers membres de la société secrète des Assassins. Grâce à une machine inventée par la Dre Sophia Rikkin (Cottilard), il peut revivre les combats de son ancêtre Aguilar dans l'Espagne de l'Inquisition (1492) contre les représentants de l'Ordre des Templiers.
Les expériences de la scientifique visent à retrouver l'endroit où est cachée la pomme d'Éden, qui contient les gènes du libre arbitre, dans le but d'éradiquer la violence sur Terre (rien de moins!). Les Templiers contemporains, dont fait partie son père (Jeremy Irons), veulent, eux, s'en servir pour éliminer toute dissidence pour contrôler la Terre (rien de moins!).
Poutine informe
Si on se résume, Assassin's Creed est un film de science-fiction actuel (l'action dans le laboratoire/prison se déroule en 2016) auquel on a greffé un film pseudo-historique. Le tout saupoudré de considérations philosophiques à la noix, de dialogues creux et ridicules ainsi d'une affreuse musique tonitruante.
Dire que pas moins de trois scénaristes ont vaillamment tenté de proposer un univers «songé» basé sur les Templiers - ils auraient peut-être dû lire Le pendule de Foucault d'Umberto Eco pour mettre de l'ordre dans leurs prétentions philosophiques à ce sujet. Ça aurait été moins pénible que cette poutine informe. M'enfin. Les références historiques, à Torquemada par exemple, ajoutent un brin de crédibilité sans toutefois sortir le récit du bourbier dans lequel il s'enfonce.
Bien sûr, ceux qui aiment les interminables scènes de bataille vont peut-être y trouver leur compte - James Bond peut aller se rhabiller pour l'exagération. Même si c'est répétitif. Le tout rappelle aussi les films de kung-fu de Bruce Lee, l'aspect décalé en moins.
Justin Kurzel a, comme son Macbeth (2015) avec Fassbender et Cotillard, mis toutes ses énergies sur le contenant et délaissé le contenu, oubliant même de diriger ses acteurs. Ça peut fonctionner avec Shakespeare, mais pas pour l'adaptation d'un jeu vidéo.
Bien sûr, c'est visuellement spectaculaire, mais il y a clairement un abus d'effets spéciaux numériques (CGI). Assassin's Creed ressemble à un jeu vidéo... Mais peut-être était-ce le but recherché, allez savoir.
La finale laisse évidemment présager une suite. Ce n'est pas nécessaire. Et si les dirigeants d'Ubisoft ont une graine de jugement, ils vont éviter de poursuivre une aventure qui dénature leur jeu. Qui, de l'avis de ceux qui y jouent, lui est largement supérieur.
Au générique
Cote: **
Titre: Assassin's Creed
Genre: aventures
Réalisateur: Justin Kurzel
Acteurs: Michael Fassbender, Marion Cotillard et Jeremy Irons
Classement: général
Durée: 1h56
On aime: on cherche encore
On n'aime pas: à peu près tout