Le film est visuellement spectaculaire.

Aquarela: L’odyssée de l’eau *** 1/2

CRITIQUE / Il faut absolument voir «Aquarela» dans une salle de cinéma. Pour le sujet traité par Viktor Kosskovasky dans son documentaire, bien sûr, mais surtout pour le rendu spectaculaire de cette odyssée de l’eau sur toute la planète. Le cinéaste a utilisé un équipement spécial avec un résultat visuellement hallucinant et hypnotique.

Depuis toujours, ou presque, les films sont tournés à 24 images par seconde. Le réalisateur russe a cette fois opté pour du 96 images par seconde. La résolution, à l’écran, est absolument magnifique.

La beauté iconographique est rehaussée par un environnement sonore qui laisse beaucoup de place aux variations de bruits aquatiques. Ici, le fracas assourdissant des icebergs qui se détachent de la banquise et se désagrègent. Là, le ruissellement de l’eau qui s’écoule d’un glacier dont la fonte est accélérée par la chaleur…

Aquarela ne contient aucune narration, à peine quelques phrases par les rares êtres humains vus dans le film. La progression du propos se veut néanmoins explicite : les changements climatiques ont un impact sur tout le cycle de l’or bleu. Et nous en payons déjà les frais.

Le documentaire débute en Sibérie où est situé le lac Baïkal, le plus vieux et profond lac d’eau douce au monde. Alors que retentissent les craquements inquiétants de la glace d’un dégel précoce, le spectateur est témoin des tragédies qu’il provoque : des conducteurs habitués de l’emprunter voient leur voiture plonger dans le liquide glacial…

La suite prend un ton plus abstrait alors que Kosskovasky et son équipe ont filmé d’abord, sous l’eau et dans les airs, les fascinants ballets aquatiques de ses immenses blocs givrés qui partent à la dérive dans l’océan, sur fond de musique heavy metal apocalyptique. Ils poursuivent avec les flots impétueux et déchaînés de 30 mètres de haut qui secouent un voilier comme une coque de noix, parfois au ralenti, ce qui est encore plus oppressant.

Pour nous présenter dans le dernier acte les conséquences logiques de ces bouleversements climatiques, notamment des images hallucinantes de l’ouragan Irma alors qu’il ravage les rues de Miami…

Aquarela est stupéfiant sur le plan esthétique, mais le réalisateur expérimenté (¡Vivan las antípodas!) aurait dû utiliser quelques points de repère explicatifs pour situer les lieux où se pose sa caméra.

Un moment de cinéma immersif totalement fascinant.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Aquarela

Genre : Documentaire

Réalisateur : Viktor Kosskovasky

Classement : Général

Durée : 1h30

On aime : les images stupéfiantes. La puissante métaphore. La poésie de l’ensemble.

On n’aime pas : le manque de repères géographiques.