Aquaman met en vedette Amber Heard et Jason Momoa.

Aquaman: 20 000 lieues sous les mers ***

CRITIQUE / Contrairement à Marvel, la moyenne au bâton de DC Comics au cinéma est plutôt anémique (à l’exception notable de Wonder Woman). Aquaman vient rehausser celle-ci. James Wan livre un film sans véritable temps mort, énergique, humoristique, bourré d’actions et, surtout, qui ne se prend pas au sérieux. Avec une métaphore écologique claire en prime!

Le (très) long métrage s’ouvre en 1985, sur les côtes du Maine. Un modeste gardien de phare recueille la reine d’Atlantis (Nicole Kidman). De leur union naîtra un bâtard, Arthur, lien entre la Terre et la Mer.

Devenu grand, notre dude sans pitié (Jason Momoa) ressemble à un motard, le corps entièrement tatoué, les cheveux longs et les bijoux à l’avenant. Il est aussi doté d’une force herculéenne. Oh! on oubliait presque : il peut respirer sous l’eau et nage comme un poisson. D’où son surnom d’Aquaman.

Arthur coule des jours heureux auprès de son père, mais sous l’eau, l’ambitieux Orm (Patrick Wilson), cherche à unir les royaumes pour devenir maître des océans et annihiler ceux qui vivent sur terre. Sa fiancée, Mera (Amber Head), ne voit qu’une façon d’empêcher la guerre : convaincre Arthur, son demi-frère, d’aller à Atlantis pour réclamer le trône et devenir roi à la place du roi mégalo…

Orm a tout de même une motivation claire à ses actions : se venger du monde qui a souillé sa mère et qui, maintenant, déverse sa pollution empoisonnant la vie sous-marine et son peuple. À l’inverse, Arthur ne veut rien savoir d’Atlantis, qui lui a ravi sa mère — il se sent d’ailleurs coupable de sa disparition.

James Wan s’est bâti une solide réputation dans le film de genre avec Saw et La conjuration. Aux commandes de cette superproduction, il s’en tire plutôt bien. Plusieurs plans vertigineux sont de véritables prouesses, tout comme son montage «invisible». Son souci de l’environnement sonore sous l’eau est aussi digne de mention — on s’y croit vraiment…

À condition d’oublier qu’on a encore droit à une orgie d’images assistées par ordinateur (CGI). Avec, parfois, des résultats heureux. Les membres de la production n’avaient aucune limite à leur imagination pour créer de toutes pièces un monde aquatique. Atlantis est absolument magnifique. Il y a toutefois de l’abus dans les créatures aquatiques.

Tics habituels

De même, le dernier droit souffre des tics habituels de ces divertissements tumultueux : on tombe dans la démesure (même si elle est parfois spectaculaire). Sans parler de la musique extrêmement appuyée, véritable source d’agacement. C’est déjà nettement exagéré, pas besoin d’en rajouter. 

Momoa, qui s’est fait un nom dans Le trône de fer, a un physique musculeux taillé au couteau et beaucoup de charisme. Suffisamment pour la jouer cool, genre imbécile heureux, sans coup férir. Aquaman peut aussi compter sur la présence de Willem Dafoe, égal à lui-même.

Aquaman est parsemé de références à la mythologie grecque, mais il ne faut pas chercher plus loin (les dialogues sont pauvres). On mise encore une fois beaucoup trop sur la forme et pas assez sur le fond. Mais pour peu que le spectateur consente à éteindre ses neurones, Aquaman procure du fun en masse. Il y a longtemps qu’on ne s’attend pas à plus du genre : de la poudre aux yeux...

Au générique

  • Cote : ***
  • Titre : Aquaman
  • Genre : Fantastique
  • Réalisateur : James Wan
  • Acteurs : Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe
  • Classement : Général
  • Durée : 2h23
  • On aime : la dérision. Le rythme dément. La fluidité de la réalisation.
  • On n’aime pas : la démesure. La trame sonore tonitruante.