Après la tempête met en scène une famille disloquée par le divorce. En grande partie en raison de l'irresponsabilité du père (Hiroshi Abe), qui doit payer la pension alimentaire à la mère (Yoko Maki) de son fils de 11 ans (Taiyo Yoshizawa).

Après la tempête : tourbillon d'émotions ***1/2

CRITIQUE / Depuis une quinzaine d'années, les longs métrages de Hirokazu Kore-eda ont la particularité, sauf exception, d'être présentés au Festival de Cannes et de creuser le sillon de la famille. Après la tempête ne fait pas exception. Et il confirme, encore une fois, la touche rare du réalisateur japonais à conférer un naturalisme à sa fiction qui tend vers la perfection.
Hirokazu Kore-eda a remporté, en 2013, le Prix du jury de Cannes pour Tel père, tel fils, comédie douce-amère qui s'interrogeait sur les liens filiaux et l'amour inconditionnel que portent les parents à leurs enfants. La transmission, sujet de son nouveau long métrage, n'en est guère éloignée, mais le cadre est fort différent.
Son drame délicat, avec la trame sonore à l'avenant, met en scène une famille disloquée par le divorce. En grande partie en raison des errements et de l'irresponsabilité de Ryota (Hiroshi Abe, très fort). Auteur prometteur, l'homme a troqué sa plume pour un emploi de détective privé pour faire de la recherche en vue de son deuxième roman. En réalité pour payer la pension alimentaire à Kyoko (Yoko Maki) et pouvoir voir son fils de 11 ans, Shingo (Taiyo Yoshizawa).
Sauf que le nouveau monoparental dépense ses maigres gains aux courses. Endetté jusqu'au cou, Ryota se réfugie dans les mensonges et les faux-fuyants au lieu d'affronter ses démons et de tourner la page. L'homme cherche un sens à sa vie, bouleversé sans l'admettre par la mort récente de son père.
Un soir où un typhon fait rage, il se réfugie chez sa mère Yoshiko (Kirin Kiki) avec son enfant dans l'espoir que cette réunion familiale va lui permettre de se regagner la confiance des siens, reconquérir sa femme, qui les a rejoints, et établir une véritable relation avec son fils...
La tempête est évidemment une illustration des tourments qui assaillent Ryota ainsi que l'espoir du retour au beau fixe. Dans ce film transformé en huis clos par les éléments, Hirokazu braque sa caméra sur les protagonistes en de larges cadres qui laissent beaucoup de place aux dialogues teintés d'amertume, de reproches et de non-dits, tout en étant attentif aux détails. C'est dans la richesse de ceux-ci que se trouve le naturalisme du long métrage. Celui-ci est tout de même un peu verbeux.
Après la tempête est moins poignant et magistral que d'autres films de Hirokazu Kore-eda, mais on y retrouve la même signature extrêmement épurée. Le même questionnement aussi sur la transmission et l'amour filial. Or, Ryota aime mal son fils, malgré tous son désir et ses efforts en ce sens. Comme son père avant lui.
Rareté
Il est rare que nous ayons la chance de voir du cinéma asiatique, pourtant très vigoureux, sur nos écrans. Bien sûr, Après la tempête se déroule à un rythme plus contemplatif et les émotions y sont moins apparentes. Ce qui n'est pas nécessairement un défaut. Et il permet de voir les tourments du Japon moderne, pas si loin des nôtres, finalement.

Au générique
Cote:  ***1/2
Titre: Après la tempête
Genre: drame
Réalisateur: Hirokazu Kore-eda
Acteurs: Hiroshi Abe, Yoko Maki et Taiyo Yoshizawa
Classement: général
Durée: 1h58
On aime: l'épure de la réalisation, la réflexion sur la transmission, son «héros» imparfait
On n'aime pas: un peu verbeux