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L'action se déroule dans les paysages montagneux des Cévennes.
L'action se déroule dans les paysages montagneux des Cévennes.

Antoinette dans les Cévennes: sauvez mon âne! *** 1/2 [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / Il suffit parfois de trois fois rien pour réussir un bon film — même avec une recette éprouvée. La réalisatrice Caroline Vignal et son actrice Laure Calamy en font la démonstration éclatante avec Antoinette dans les Cévennes, comédie pétillante qui en révèle aussi beaucoup sur les jeux de l’amour et du désir.

La prémisse de ce long métrage simple mais attachant, empruntant au marivaudage, repose sur pas grand-chose : une institutrice décide sur un coup de tête de suivre son amant parti en vacances… avec femme et enfant ! Ceux-ci marchent dans les Cévennes (sud de la France) sur les pas de Robert Louis Stevenson.

Le périple de l’auteur de l’Île au trésor (1883) avec un âne, après une déconvenue amoureuse, inspire bien des randonneurs — et toute une industrie touristique bohème, qui sert de décor naturel au film, tout autant que les montagnes, et procure au film un lustre documentaire.

Antoinette (Calamy) y débarque en Parisienne — pas du tout préparée à cette marche longue distance en compagnie de l’âne Patrick. L’expression tourner en bourrique prend tout son sens ! Mais au fil de ses confidences sur ses déboires amoureux, notamment sa tendance à nouer des relations toxiques, les deux vont s’apprivoiser.

Le récit se développe autour de deux axes : cette quête initiatique de la jeune femme sur le chemin de l’émancipation et la variation sur le triangle amoureux. À la grande surprise d’Antoinette, Éléonore (Olivia Côte) découvre en un clin d’œil qu’elle entretient une liaison avec son mari Vladimir (Benjamin Lavernhe).

Ce volet devient rapidement secondaire, même s’il est prétexte aux quiproquos habituels. La réalisatrice s’intéresse beaucoup plus à la transformation de son héroïne, sympathique dans ses maladresses et sa candeur.

Il s’agit d’un exercice périlleux qui échouerait lamentablement sans la performance de Laure Calamy (Mademoiselle de Joncquières, Sybil). Sa convaincante interprétation, notamment dans ses interactions — pas toujours évidentes — avec Patrick, nous fait rire autant qu’elle nous touche. Calamy n’a pas volé son récent César de la meilleure actrice!

Antoinette va partager plusieurs moments avec la communauté des randonneurs qui se retrouvent en auberge à la fin de la journée.

Une récompense qui souligne l’inattendu parcours de ce film sans prétention, succès surprise de la rentrée automnale en France avec ses 700 000 entrées (un chiffre énorme en pleine pandémie). Même si sa sélection au Festival de Cannes 2020 nous avait mis la puce à l’oreille.

Antoinette dans les Cévennes épouse la formule éprouvée : «Ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage.» Enfin pas tout à fait. Les tribulations d’Antoinette, majoritairement tournées en lumière naturelle dans des paysages bucoliques, charment et divertissent le spectateur.

Sauf que sa transformation saute aux yeux. La fin ouverte, avec un superbe dernier plan, en témoigne de façon éloquente.

Une bouffée de fraîcheur dans le contexte actuel, certes, mais aussi une agréable comédie avec un propos propice à la réflexion.

Antoinette dans les Cévennes est présenté au cinéma.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Antoinette dans les Cévennes

Genre : Comédie dramatique

Réalisatrice : Caroline Vignal

Acteurs : Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte

Durée : 1h36

Photo AZ Films