De gauche à droite: Julie Pelletier, Franie-Éléonore Bernier et Joanie Lehoux (en haut); Samuel Matteau, Guillaume Fournier et Yannick Nolin.

À la recherche du français perdu

Lundi, Samuel Matteau et Yannick Nolin entreprendront le même périple que de La Salle et Le Moyne d'Iberville. D'accord, ils auront des caméras plutôt que des pagaies - on est quand même quatre siècles plus tard. Mais ils iront traquer l'héritage français, celui de la langue. Pour ramener des films, mais aussi établir des contacts avec des cinéastes qui pourront en retour venir tourner à Québec cet été, en plein pendant la 50e édition du Festival d'été!
Les deux gars à la pilosité d'explorateur seront accompagnés de Guillaume Fournier (qui a scénarisé le premier long métrage de Matteau, en postproduction) et de Jean-Pierre Vézina, qui a eu l'idée de ce périple de deux semaines à La Nouvelle-Orléans.
Une autre équipe de Québec, entièrement féminine celle-là, suivra plutôt les traces de Varennes et de La Vérendrye au Manitoba: Julie Pelletier, Franie-Éléonore Bernier et l'actrice Joanie Lehoux. 
Cette dernière, ainsi que Guillaume Fournier, tiendront un carnet de voyage tout au long de l'aventure (http://projetorigines.blogspot.ca/). Origine(s) - À la recherche de nos racines francophones ressemble au voyage que Matteau, Nolin, Fournier et deux autres réalisateurs avaient effectué en Algérie, en 2014. Leurs cinq films avaient été regroupés sous le titre El Djazaïr, mon amour.
«C'est une belle mission. Il y a beaucoup de gens qui ignorent l'existence de francophones hors Québec en Amérique», souligne Samuel Matteau. Son compère et lui travaillent depuis trois mois à ce projet. «Apolitique», précise-t-il. «On veut tisser des liens avec les communautés francophones, se regarder dans l'Autre.» «Vivre des moments, rencontrer des gens», ajoute Yannick Nolin.
Bref, constater comment le français se porte hors Québec par l'entremise de ceux qui le parlent. Les courts métrages qui en découleront seront projetés, si tout va bien, en ouverture de la 19e édition du Kinomada, du 8 au 18 juillet. Lors de cet événement, des cinéastes de partout auront quelques jours pour scénariser, tourner et monter un court métrage!
«On a un bon réseau [de participants] à travers le monde, mais on voulait aller sur le terrain» pour en recruter d'autres, explique Yannick Nolin, qui est aussi pdg de Kinomada. Il espère attirer une trentaine de réalisateurs «internationaux» et une cinquantaine de cinéastes d'ici. Mais avant, il partira, dès son retour des États-Unis, pour Haïti où il concrétisera un «mini-Kino» avec 15 habitants de la perle des Antilles.
Le 19e Kinomada est présenté par la Ville de Québec dans le cadre du Rendez-vous du Réseau des villes francophones et francophiles d'Amérique, qui se déroulera dans la capitale du 17 au 19 juillet.