Cinéma

Paramount lance la production d’un film sur Elton John

NEW YORK — Le studio américain Paramount Pictures a donné son accord pour financer et distribuer un film tiré de la vie du chanteur britannique Elton John avec, dans le rôle principal, Taron Egerton («Kingsman» et «Eddie The Eagle»).

Le biopic sera réalisé par Dexter Fletcher, qui réalise également le biopic Bohemian Rhapsody sur la vie d’un autre chanteur britannique, Freddie Mercury du groupe Queen.

Le scénario a été écrit par Lee Hall, auteur du scénario de Billy Elliot, a indiqué à l’AFP un porte-parole de Paramount, confirmant une information du site Deadline.

Le début du tournage est prévu cet été, a indiqué Paramount au sujet du long métrage produit par Marv Films et Rocket Pictures, la société de production d’Elton John, qui est associé au projet.

Le chanteur de 71 ans a annoncé fin janvier qu’il effectuerait à partir de septembre sa dernière tournée mondiale, qui doit compter environ 300 dates et devrait s’achever en 2021.

En plus de cinquante années de carrière, Elton John a vendu plus de 250 millions de disques.

Cinéma

Le Mini-Moi d'Austin Powers est mort

LOS ANGELES — Verne Troyer, l'acteur américain de petite taille qui incarnait Mini-Moi, dans la série culte des comédies déjantées d'espionnage «Austin Powers», est mort samedi à 49 ans, apparemment d'un suicide.

«C'est avec une grande tristesse et le coeur incroyablement lourd que nous écrivons que Verne est décédé aujourd'hui», ont publié ses proches sur son compte officiel Instagram, en rendant hommage à un homme «extrêmement bienveillant», qui «voulait faire sourire et rire tout le monde» et «aider de son mieux».

Les raisons de son décès n'ont pas été précisées, mais l'acteur souffrait de dépression, selon ce message, qui précise que Verne Troyer s'était récemment fait baptiser.

«La dépression et le suicide sont des problèmes très graves. On ne sait jamais quelle bataille mène quelqu'un en lui-même. Soyez gentils les uns envers les autres.» «Et sachez toujours qu'il n'est jamais trop tard pour venir en aide à quelqu'un», poursuit la publication.

Troyer avait été hospitalisé récemment pour une raison inconnue. Il y a un an, il avait subi une précédente hospitalisation et évoqué à cette occasion ses problèmes avec l'alcool.

L'acteur nain, qui mesurait 81 cm — il était l'un des hommes les plus petits du monde —, avait acquis une notoriété mondiale en interprétant l'acolyte, «cloné à l'échelle 1/8e», et tout aussi chauve que lui, du méchant Docteur Denfer, opposé à Austin Powers.

Ce personnage de nain bondissant était apparu en 1999 dans Austin Powers 2 : agent 00sexe, puis avait repris du service en 2002 dans Austin Powers contre l'homme au membre d'or. Dans son costume à paillettes argentées, Mini-Moi était capable de livrer d'homériques combats de catch, en multipliant les pirouettes et les gags absurdes qui ont contribué à le rendre culte.

Cinéma

La terreur domestique selon le cinéaste Xavier Legrand

PARIS — À la base, Avant que de tout perdre était le premier court d’une trilogie sur «la violence conjugale et les trois temps de la séparation. Je me suis dit que deux courts ne me permettraient pas de bien parler du sujet.»

Acteur de formation, Xavier Legrand était loin de s’imaginer que son premier court métrage le conduirait aux Oscars en 2014. L’artiste de 39 ans n’a pas gagné, mais Avant que de tout perdre a remporté le César du meilleur court métrage. Ce succès a modifié sa perspective. Le cinéaste a écrit Jusqu’à la garde, un percutant suspense social sur la peur qu’un homme distille dans sa famille qui éclate. Un film épuré d’une tension presque insoutenable qui lui a valu les prix de la mise en scène et du meilleur premier film à Venise. Entretien avec un réalisateur allumé.

Cinéma

Tourner à Québec, l'art de la résistance

Hors de Montréal, point de salut, croit-on en matière de tournages de films. Or, c’est loin d’être le cas. Plusieurs réalisateurs ont choisi de rester dans leur patelin, que ce soit à Québec ou en région, pour vivre leur passion. Rencontre avec quelques-uns de ces irréductibles Gaulois du septième art.

Pour Samuel Matteau, il allait de soi que son premier long-métrage, Ailleurs, devait être tourné... ici, à Québec. D’abord parce que le scénario le commandait, ensuite parce que c’est dans sa ville natale que sa créativité s’exprime le mieux.

Présenté en ouverture du Festival de cinéma de la Ville de Québec, l’automne dernier, et sorti en salle en mars, Ailleurs a été entièrement produit et réalisé à Québec. Le récit de deux adolescents en errance se déroule en divers endroits de la capitale, dont le passage souterrain sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency.

Samuel Matteau fait partie de cette génération de cinéastes qui a décidé de résister à l’appel des sirènes montréalaises afin de s’accomplir professionnellement à l’ombre du Complexe G et du Parlement. «On a beaucoup d’espace ici comme créateur. On est davantage dans un esprit de communauté et d’entraide. On forme une belle gang

Cinéma

L'apparition: crise de foi **1/2

CRITIQUE / Si le distributeur québécois avait pu, nul doute qu’il aurait programmé la sortie de L’apparition la fin de semaine de Pâques. Le film de Xavier Giannoli, sur une jeune femme qui a eu une vision, s’interroge sur la foi, le doute, la rationalité, mais aussi l’exploitation du religieux auprès des crédules par des hommes sans foi ni loi. Un drame solidement porté par Vincent Lindon, exceptionnel dans la peau d’un journaliste de guerre athée et torturé.

Jacques (Lindon) se remet de peine et de misère du traumatisme de la perte de son ami et collègue lors d’un reportage. Muré chez lui, il reçoit une proposition d’enquête sur une affaire très confidentielle provenant… du Vatican !

Eric Moreault

Le film de la semaine: le puissant Tu n'as jamais vraiment été là

BLOGUE/Il aura fallu six longues années avant que Lynne Ramsay ne revienne au long métrage après son dérangeant Il faut qu’on parle de Kevin. Retenue pour Tu n'as jamais vraiment été là (You Were Never Really Here) lors du dernier Festival de Cannes, la réalisatrice écossaise a hérité du pire scénario : clore la compétition. Tous les festivaliers ont les yeux usés. Et pourtant, son puissant suspense, (sur)prenant et audacieux, lui a valu un très mérité Prix du scénario et un Prix d’interprétation pour la performance magistrale de Joaquin Phoenix.

Phoenix, dans un rôle très physique, se glisse dans la peau de Joe, un vétéran qui souffre d’un trauma lié à son enfance, illustré par de brèves visions, et d’un stress post-traumatique — un dangereux cocktail d'autant qu’il s’enfile des pilules à la poignée. On ne sait d’ailleurs trop s’il hallucine ou si sa réalité est distordue…

Il est néanmoins chargé par un sénateur américain, en période électorale, de retrouver sa jeune fille enlevée et retenue par un réseau de prostitution, Nina (Ekaterina Samsonov). Mais tout part en vrille et Joe se retrouve entraîné bien malgré lui dans une spirale de violence...

Rien de bien original, mais tout est dans l'approche très sensorielle adoptée par Ramsay, toujours beaucoup plus dans l’allusion que dans l’action directe. Les voix que Joe entend sont bien réelles, mais diffuses. La violence dans ce mélange de drame de mœurs psychologique et de suspense se retrouve dans le hors champ ou montrée de loin, sauf exception (et ça fesse solide dans ces rares cas).

On pourrait continuer longtemps sur l’originalité de l'approche de la réalisatrice, notamment ses gros plans inusités, sa caméra subjective pour Joe et ses sublimes images sous l’eau. Mais je retiens surtout que la touche féminine, ici, sert à démontrer qu’on peut faire les choses différemment, autrement (malgré les allusions à Hitchcock, notamment celles, très drôles, à Psychose).

You Were Never Really Here bénéficie évidemment grandement de l’incarnation de Phoenix, troublant en vétéran suicidaire sur le point d’exploser à tout moment. Toujours aussi intense, il crève l’écran. L’acteur montre aussi une sensibilité à fleur de peau dans ses interactions avec la petite Nina.

Mais une telle performance ne fait pas un film. Outre le fait que Ramsay m’a rivé à mon siège, le plus impressionnant demeure qu’avec un rythme plus lent que la moyenne pour le genre, You Where Never Really Here passe comme l'éclair. Un signe qui ne trompe pas.

Lynne Ramsay a une voix originale et fait la preuve, encore une fois, que le cinéma contemporain bénéficierait grandement d’une présence féminine plus marquée à la réalisation.

Cinéma

Patrick Demers signe un thriller fantastique avec Origami

Quand la tragédie frappe, combien de personnes aimeraient retourner en arrière pour éviter qu’elle se produise? Retourner en arrière pour changer le cours des événements, Louis Morissette en a fait l’an dernier le cœur de la télésérie «Plan B». Au tour du réalisateur Patrick Demers de s’aventurer sur le terrain spatio-temporel avec le thriller fantastique «Origami».

Un voyage dans le temps? C’est du moins ce que croit le spectateur dans la première portion du film, explique Demers en entrevue téléphonique au Soleil. «Le scénario est conçu au début dans la perspective du personnage de David (François Arnaud). Le spectateur voit les choses et les comprend en même temps que lui. On comprend ce qu’est le sentiment de perdre contact avec la réalité. Et quand on retourne sur terre, comment ça peut être tellement dur qu’on souhaite retourner dans notre tête.»

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Regard sur Juliette: quand Wall-E se fait Roméo ***

CRITIQUE / Auréolé d’une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger pour Rebelle, en 2013, Kim Nguyen a fait de la planète sa source d’inspiration. Pour son sixième long-métrage, «Regard sur Juliette» (v.f. de «Eye on Juliet»), le cinéaste globe-trotter convie à une intrigue techno-sentimentale où le salut d’une jeune Maghrébine tient à l’intervention d’un opérateur de robot de surveillance, posté à 6000 km, dans le Michigan.

La proposition est franchement audacieuse, avouons-le, et doit d’abord sa réussite au jeu inspiré des deux jeunes comédiens, Joe Cole et Lina El Arabi. Le premier, jeune homme dépité par une rupture amoureuse et des rencontres sans lendemain sur des sites de rencontres, se donne comme mission d’aider la seconde, après l’avoir surprise avec son amoureux à proximité des pipelines dont il assure la protection.

Cinéma

Nicolas Paquet au cœur des «cabanes à patates»

Chaque printemps, comme les fleurs, elles renaissent le long des routes, en bordure des villages. Les «cabanes à patates», avec leur menu qui fait fi du Guide alimentaire canadien, font partie du paysage rural québécois depuis des lustres.

Le réalisateur Nicolas Paquet a choisi de faire découvrir le quotidien des gérants et clients de ces établissements dans son documentaire Esprit de cantine, en salle vendredi.

Cinéma

Sept ans après le scandale, Lars von Trier bienvenu à Cannes

CANNES - Sortie de purgatoire pour Lars von Trier. Le sulfureux réalisateur, qui avait fait scandale en 2011 sur la Croisette avec des propos controversés sur Hitler, est de retour à Cannes cette année.

«Pierre Lescure, président du Festival, et son conseil d’administration ont décidé d’accueillir le retour du réalisateur danois Lars von Trier, Palme d’or 2000 («Dancer in the Dark»), en Sélection officielle», a annoncé jeudi le Festival. Son dernier film «The House that Jack Built», sur un serial killer interprété par l’Américain Matt Dillon, sera projeté hors compétition.

«Trier est de nouveau invité à Cannes!», a sobrement réagi la société de production Zentropa, cofondée par von Trier en 1992.

Cette décision est peu surprenante, tant les organisateurs avaient préparé les esprits dès l’annonce de la sélection officielle le 12 avril. Mercredi encore, Thierry Frémaux, délégué général du Festival,  saluait le travail de Pierre Lescure qui oeuvrait à ce retour, sept ans après un des plus gros scandales cannois.

En 2011, Lars von Trier avait exprimé sa «sympathie» pour Hitler lors de la conférence de presse suivant la projection de son film «Melancholia».

Malgré des excuses, il fut déclaré persona non grata sur la Croisette, une sanction sans précédent.

Son film, très apprécié de la critique, resta en compétition et l’Américaine Kirsten Dunst remporta le prix de la meilleure interprétation féminine pour son rôle de mariée dépressive. La Palme d’or revint cette année-là à l’Américain Terrence Malick, avec «Tree of Life».

Sans commenter son invitation à Cannes, le réalisateur danois a dit jeudi ses regrets d’avoir fait ces déclarations.

«Je n’ai jamais été et ne serai jamais nazi», a-t-il affirmé dans un discours en recevant le plus prestigieux prix danois récompensant une personnalité de la culture, le prix Sonning.

«Les conséquences épouvantables de la conférence de presse m’ont coûté des années d’angoisse. Toute cette histoire m’a appris qu’il faut s’exprimer prudemment», a-t-il ajouté, cité par le journal Politiken.

Connu pour les scènes de sexe et de violence de ses films, Lars von Trier, grand habitué de la Croisette où il est venu 10 fois, malgré sa phobie de l’avion, n’avait plus été invité depuis.

Il a récemment refait surface suite à des accusations de harcèlement sexuel proférées par la chanteuse islandaise Bjork, le premier rôle de «Dancer in the Dark». «Ce n’était pas le cas. Mais le fait est que nous n’étions vraiment pas amis», s’était défendu le réalisateur de 61 ans.

Trois nouveaux films en compétition

Sa venue sera dans tous les cas un événement pour le 71e Festival de Cannes, tout comme la projection de «L’homme qui tua Don Quichotte» de l’ancien Monty Python Terry Gilliam. Le film, avec Adam Driver et Jonathan Pryce, sera projeté en clôture le 19 mai et sortira en même temps en France.

Terry Gilliam a passé près de vingt ans sur ce projet, avec un premier tournage avorté en 2000 en raison des problèmes de dos de l’acteur Jean Rochefort, de pluies diluviennes et de vols récurrents d’avions militaires. Ce fiasco a fait l’objet d’un documentaire «Lost in La Mancha» (2002).

Cette année, c’est un conflit avec le producteur Paulo Branco qui a failli confirmer la malédiction entourant le film. «Il fallait la magie du Festival de Cannes pour rompre le sortilège et présenter enfin au monde entier ce film de légende, attendu avec ferveur depuis plus de 20 ans», se sont félicités jeudi les producteur et distributeur du film.

À moins de trois semaines du lever de rideau, trois nouveaux films ont rejoint la compétition, portant à 21 le nombre de films en lice pour la Palme d’or: «Un couteau dans le coeur» du Français Yann Gonzalez, avec Vanessa Paradis, «Ayka» du Kazakh Sergey Dvortsevoy («Tulpan», Prix Un Certain Regard en 2008) et «Le Poirier sauvage» du Turc Nuri Bilge Ceylan, Palme d’or 2014 avec «Winter Sleep».

Dans la section «Un Certain Regard», «Meurs, monstre, meurs» de l’Argentin Alejandro Fadel et «Les Morts et les autres» du Portugais João Salaviza et de la Brésilienne Renée Nader Messora complètent la sélection.

«Donbass» de l’Ukrainien Sergeï Loznitsa, le réalisateur d’«Une femme douce» présenté l’an dernier en compétition, sera montré en ouverture.

Un documentaire sur la chanteuse Whitney Houston et une nouvelle adaptation de «Fahrenheit 451» seront offerts aux couche-tard en séance de minuit.