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Cinéma

«Marriage Story» et Netflix en tête des nominations aux Golden Globes [VIDÉO]

LOS ANGELES — Le film «Marriage Story» est arrivé lundi en tête des nominations aux Golden Globes avec des sélections dans six catégories au total, la plateforme Netflix qui le produit surpassant tous ses concurrents dans cette étape inaugurale de la saison des récompenses cinématographiques à Hollywood.

«Marriage Story» suit le divorce tumultueux entre une comédienne interprétée par Scarlett Johansson et son metteur en scène de mari, joué par Adam Driver, tous deux en lice dans la catégorie meilleur acteur et actrice.

Dans la catégorie du meilleur film dramatique, «Marriage Story» sera aux prises avec des adversaires de poids comme «Les Deux Papes», «Joker», et surtout «The Irishman», thriller historique politico-mafieux du réalisateur Martin Scorsese, également produit par Netflix, qui recueille cinq nominations.

Si Martin Scorsese a été sélectionné, de même qu’Al Pacino et Joe Pesci qui vont s’affronter pour le meilleur second rôle, l’acteur principal du film long de trois heures et demie, Robert De Niro, repart bredouille.

Le dernier Quentin Tarantino, «Once Upon a Time... in Hollywood», obtient lui aussi cinq nominations, notamment dans la catégorie de la meilleure comédie. Il y retrouvera «Rocketman», biopic consacré au chanteur Elton John, «Jojo Rabbit», encore avec Scarlett Johansson, et «Dolemite Is My Name», qui marque le grand retour d’Eddy Murphy - en lice pour le titre de meilleur acteur - et qui est encore produit par Netflix.

Netflix est toujours aux commandes avec «Les Deux Papes», rencontre imaginaire entre Benoît XVI (Anthony Hopkins) et son successeur François (Jonathan Pryce), qui décrochent chacun une nomination, portant à quatre le total des sélections pour ce film réalisé par le Brésilien Fernando Meirelles.

Le géant de la diffusion en continu a beau être confronté à une compétition croissante, parmi les grands studios hollywoodiens il fait figure de grand vainqueur de la cérémonie organisée tôt lundi matin à Beverly Hills: 18 sélections au total, contre seulement 8 pour Sony, en seconde place du classement.

La diffusion en continu à maturité

«Je ne suis pas surpris par cette domination. Je suis surpris de voir à quel point elle est massive», a déclaré à l’AFP Lorenzo Soria, président de l’Association de la presse étrangère d’Hollywood, dont les 87 membres actifs étaient appelés à voter pour ces nominations.

Cette année encore, les jurés se sont abstenus de désigner une femme dans la liste des réalisateurs en lice, une absence remarquée qui déclenché un début de polémique à Hollywood.

«Ils ne nous représentent pas (...) N’attendez aucune justice dans le système des récompenses», a critiqué sur Twitter Alma Har’el, la réalisatrice du film «Honey Boy», qui n’a pas passé les sélections.

«Nous ne votons pas en fonction du genre (du réalisateur, NDLR). Nous votons en fonction des films et de leur mérite», a expliqué M. Soria à Variety.

Les Golden Globes font partie des prix les plus convoités du cinéma américain: ils sont un indicateur majeur des films et acteurs ayant de bonnes chances d’obtenir la célèbre statuette dorée des Oscars.

«Once Upon a Time... in Hollywood» semble avoir de bonnes chances pour la 77e édition des Golden Globes, qui se tiendra le 5 janvier à Los Angeles, avec des nominations pour Quentin Tarantino et les deux principales stars du film: Leonardo DiCaprio et Brad Pitt.

Autre candidat sérieux, le «Joker» (quatre nominations) réalisé par Todd Phillips et incarné par le très remarqué Joaquin Phoenix, qui pourraient tous deux être distingués cette année.

Télé

Preuve de son succès, Netflix a également dominé les nominations pour la télévision, puisque les Golden Globes mettent aussi à l’honneur le petit écran.

«The Crown», série sur la famille royale britannique dans laquelle Olivia Colman interprète la Reine Elizabeth II, défendra ainsi les couleurs de Netflix dans quatre catégories.

Avec «The Morning Show», et le duo d’actrices formé par Jennifer Aniston et Reese Witherspoon, le nouveau service de diffusion en continu d’Apple obtient trois nominations.

Au total, Netflix a arraché 17 nominations pour la télévision, contre 15 à son rival historique HBO.

La France sera représentée aux Golden Globes par l’indéboulonnable compositeur Alexandre Desplat, auteur de la musique du film «Les Filles du Docteur March», le drame historique «Portrait de la jeune fille en feu» par Céline Sciamma, et surtout par «Les Misérables» de Ladj Ly, prix du jury au dernier festival de Cannes. Ces deux derniers longs-métrages sont sélectionné dans la catégorie du meilleur film étranger.

Mais ils trouveront sur leur route un concurrent redoutable, «Parasite» du Coréen Bong Joon-ho, qui a lui remporté la Palme d’Or.

Cinéma

«La Reine des Neiges 2» glace le box-office

LOS ANGELES — «La Reine des Neiges 2» a facilement conforté son trône ce weekend au box-office nord-américain, dont le top 5 n'a pas bougé d'un pouce par rapport à la semaine précédente, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le film d'animation de Disney a empoché 34,7 millions de dollars de vendredi à dimanche aux États-Unis et au Canada, portant l'ensemble de ses recettes mondiales à 920 millions.

Cinéma

La liste des films pour se mettre sur le party

Lendemain de veille (2009), Todd Phillips

Une gueule de bois épique attend quatre amis après une virée d’enterrement de vie de garçon à Las Vegas dont ils ne garderont aucun souvenir. À leur réveil, le marié manque à l’appel et ils trouvent dans leur chambre un bébé, un poulet et un tigre. Ils devront suivre les indices pour retrouver le fil de leur délirante soirée, point de départ d’une franchise de trois films. Geneviève Bouchard

Cinéma

Weinstein pourrait-il fuir?

NEW YORK — Harvey Weinstein pourrait-il vouloir échapper à son procès pour agressions sexuelles début janvier? C’est ce qu’a affirmé vendredi une procureure de Manhattan, en demandant au juge d’augmenter de un à cinq millions de dollars la caution qui lui permet de rester en liberté surveillée.

Le producteur de cinéma, catalyseur du mouvement #MeToo, avait été convoqué au tribunal en raison d’un changement de loi imminent à New York sur les conditions de liberté sous caution, qui nécessite de réexaminer les conditions de tous les accusés.

Depuis sa première inculpation en mai 2018, M. Weinstein, qui risque la prison à perpétuité pour un viol présumé en 2013 et un acte sexuel forcé en 2006, est resté libre moyennant un million de dollars de caution, le port d’un bracelet électronique et la confiscation de son passeport.

Le producteur de 67 ans — qui a paru très affaibli vendredi au tribunal, soutenu parfois par un proche pour se déplacer — peut voyager aux États-Unis, à condition d’informer préalablement la justice de tout déplacement hors de l’État de New York.

Or la procureure Joan Illuzzi-Orbon a énuméré vendredi devant le juge de nombreuses occasions lors desquelles son bracelet électroniques n’avait émis aucun signal.

Deux fois, en septembre et en octobre, M. Weinstein a disparu des radars des heures durant, et elle a été suffisamment inquiète pour alerter ses avocats et envoyer un enquêteur à son domicile, au nord de New York.

Puisqu’il a parfois voyagé en jet privé ces derniers mois pour se rendre à Los Angeles, et qu’il a accès à «des ressources presque illimitées», la procureure a affirmé que le producteur pourrait subitement «partir en jet privé pour un autre pays». Et se soustraire ainsi à son procès, dont l’ouverture est prévu le 6 janvier, et qui s’annonce ultra-médiatisé.

Donna Rotunno, une avocate de M. Weinstein, a cependant affirmé qu’il ne s’agissait que de «petits problèmes techniques», dus aux imperfections du réseau cellulaire.

Une fois en octobre, a-t-elle reconnu, le producteur est parti à Manhattan sans emporter le boîtier qui accompagne le bracelet, mais a lui-même appelé un de ses employés pour le prévenir. «Il n’y a jamais eu de tentative de retirer le bracelet», a-t-elle assuré.

Le juge James Burke n’a pris aucune décision vendredi, fixant au 11 décembre une nouvelle audience sur ces conditions.

Cinéma

Les derniers vilains: ça fait mal, ça fait très mal... *** 1/2

CRITIQUE / Il est tout de même ironique en mesurant le parcours de Maurice «Mad Dog» et Paul «The Butcher» Vachon que les deux Québécois sont l’incarnation même du rêve américain. Partis de rien, les frères lutteurs ont connu un destin exceptionnel. Et c’est encore mieux raconté par la bouche d’un des principaux intéressés dans «Les derniers vilains», l’attachant documentaire de Thomas Rinfret.

La voix éraillée est reconnaissable entre mille, même à 81 ans. D’autant que Paul Vachon n’a rien perdu de sa verve — son corps courbé et sa motricité réduite racontent une tout autre histoire, cependant. Celle des quelque 600 combats livrés pendant toutes ces années aux quatre coins du monde…

Cinéma

Sarah Suco: L’enfance dans une secte

Sarah Suco a mené une enfance comme les autres, dans le sud de la France, avec ses cinq frères et sœurs. Jusqu’à ce que ses parents, normaux et «brillants», fréquentent une communauté catholique. La dérive sectaire subséquente a servi d’inspiration pour son premier long métrage. «Les éblouis» traite en nuances de cet embrigadement, avec des touches d’humour — «Le rire sauve. Sinon, ça aurait été un film d’horreur». Entretien.

Sarah Suco avoue franchement que son séjour au sein de cette communauté charismatique a laissé des marques. «Ce fut plutôt facile d’en sortir, mais difficile d’entrer dans le monde», explique-t-elle au téléphone. En arrière-plan, par sa fenêtre ouverte, on entend les piaillements des enfants qui sortent de l’école, un fort contraste avec la gravité du sujet. Qu’elle refuse de dramatiser, même s’il lui faudra une douzaine d’années avant de trouver sa voie au théâtre et au cinéma.

Cinéma

Le film de la semaine: Waves ****

CRITIQUE / «Waves», croient certains, pourrait répéter l’exploit de l’Oscar du meilleur film du Moonlight de Barry Jenkins en 2017. Qu’il gagne ou pas importe peu. Ce qui compte vraiment, c’est que Trey Edward Shults livre une intense expérience cinématographique et un maelstrom qui aspire une famille dans un tourbillon d’émotions où se côtoient chagrin, douleur, pardon, guérison, à la suite d’une tragédie.

En partie autobiographique, Waves raconte la destinée des Williams, un foyer uni dirigé d’une main ferme par Ronald (Sterling K. Brown), un père bien intentionné, mais autoritaire. La discipline de fer qu’il impose à son aîné Tyler (Kelvin Harrison Jr.) place la barre très haute.

Cinéma

Kim St-Pierre: plongée au fond de soi

«Il est très typique d’un premier long métrage de partir de soi», explique Kim St-Pierre à propos de «Réservoir». La phrase peut faire sourciller quand on sait qu’il s’agit d’un film centré sur deux frères qui décident d’aller répandre les cendres de leur père au chalet. Mais en plongeant sous la surface en compagnie de la réalisatrice, force est de constater qu’on retrouve un peu, beaucoup d’elle dans ce récit initiatique, notamment dans la transposition de la violence qu’elle a vécue jeune.

L’étincelle initiale est inspirée du voyage qu’a effectué son ex-conjoint avec son frère au réservoir Gouin. Kim St-Pierre n’a aucune idée de ce qui s’y est passé. «Ça leur appartient.» Le souvenir s’est toutefois logé dans sa mémoire, d’autant que les touristes peuvent y louer un bateau-maison pour sillonner l’immense plan d’eau créé par le détournement de rivières au nord de La Tuque!

Cinéma

Monos: La guerre est un jeu dangereux *** 1/2

CRITIQUE / «Monos» arrive dans nos cinémas bardé de prix et portant fièrement son titre de représentant de la Colombie aux Oscars pour le meilleur film international. Des honneurs qu’il n’a pas volés. Ce fascinant long métrage se veut une puissante allégorie de la condition humaine, superbement filmé dans des décors naturels à couper le souffle — et un plaidoyer implacable qui dénonce la folie guerrière et l’utilisation d’enfants-soldats.

Alejandro Landes était peu connu avant ce troisième effort, mais les choses risquent de changer avec Monos. Il met en scène huit adolescents qui se retrouvent dans des bâtiments abandonnés sur les contreforts d’une montagne colombienne.

Cinéma

Transidentité : le cinéma peut «éveiller les consciences», selon Benoît Magimel

PARIS — «Éveiller les consciences avec le cinéma, c’est ce qu’on espère parfois», estime Benoît Magimel. Dans «Lola vers la mer», il incarne le père d’une adolescente transgenre, un film en forme de «parcours initiatique» pour «aborder un sujet assez tabou».

Après Une fille facile de Rebecca Zlotowski, dans lequel il interprétait un homme d’affaires viril, Benoît Magimel est à l’affiche de ce deuxième film du réalisateur belge Laurent Micheli, en salles mercredi, l’histoire d’une jeune fille transgenre de 18 ans et de son père.

Lola, qui ne parle plus à son père depuis deux ans, est obligée de le revoir quand sa mère meurt. Ensemble, ils vont jusqu’à la côte belge pour respecter ses dernières volontés. Cette adolescente et ce père plein d’incompréhension, qui l’appelle encore Lionel, vont alors essayer de se comprendre.

Face à Mya Bollaers — elle-même transgenre — qui interprète Lola avec une énergie frontale, Benoît Magimel se glisse dans la peau de ce père en apparence borné, mais brisé par le chagrin, qui va laisser apparaître fragilités et doutes.

«J’ai trouvé que ça posait un regard assez lumineux sur la transidentité. Ça permettait de mettre un peu en lumière un sujet assez tabou, qu’on connaît assez mal», souligne Benoît Magimel dans un entretien avec l’AFP.

Pour lui, ce film est «un acte militant», avec en même temps la volonté de «raconter une histoire assez universelle entre un père et son enfant».

«Contradictions»

«Je me suis beaucoup identifié. J’ai tiré les choses vraiment de manière personnelle, parce que je suis père aussi», explique l’acteur de 45 ans qui a deux filles.

«C’est un parcours initiatique, pas pour le personnage de Lola, mais pour celui de ce père», détaille-t-il. «Il fallait explorer ça.»

Choisi par le réalisateur pour son côté «masculin, hétéro» allié à une grande «sensibilité», l’acteur qui a débuté à 13 ans dans «La Vie est un long fleuve tranquille» d’Étienne Chatiliez interprète tout en nuances ce père d’abord antipathique.

«Ce sont les contradictions qui sont intéressantes […]. Il n’y a pas de force sans fragilité», estime l’acteur, évoquant en filigrane ses propres faiblesses, alors que son parcours a été émaillé ces dernières années par les ennuis judiciaires.

«Ça va. C’est terminé», se contente de dire au sujet d’un chapitre faits divers celui qui avait été condamné en 2017 à trois mois d’emprisonnement avec sursis pour «tentative d’acquisition» de stupéfiants et consommation d’héroïne et de cocaïne.

«Plus à l’aise»

Récompensé par un Prix d’interprétation à Cannes en 2001 (pour La pianiste) et un César en 2016 (pour La Tête haute), il se dit épanoui dans son métier.

«La quarantaine, ça offre une galerie de personnages. Et puis on est un peu plus à l’aise avec soi-même un peu plus sûr. On a de l’expérience, et donc on a peut-être moins de difficultés à envisager certains types de rôles», estime la vedette populaire, à l’agenda bien rempli.

Outre les films de Rebecca Zlotowski, Laurent Micheli et Guillaume Canet (Nous finirons ensemble) sortis cette année, Benoît Magimel a tourné dans le nouveau film de Nicole Garcia Lisa Redler et une adaptation du Horla de Maupassant.

Cet habitué des films d’Emmanuelle Bercot a aussi commencé en octobre le nouveau film de la réalisatrice, De son vivant, dans lequel il incarne un fils condamné par un cancer, aux côtés de Catherine Deneuve et Cécile de France.

Perturbé par l’accident vasculaire dont a été victime Catherine Deneuve début novembre, le tournage a été suspendu la semaine dernière, alors que l’équipe avait fini de tourner les scènes sans la vedette française, dans l’attente de son rétablissement.

«Elle se repose, elle va bien. On se retrouve normalement en début d’année pour terminer ce tournage», indique Benoît Magimel. «On est plutôt sereins», ajoute-t-il. «De toute façon, on ne peut pas imaginer ce film sans elle».

Cinéma

Course poursuite, fusillades et amour au menu du prochain James Bond

LONDRES — Courses poursuites, fusillades et amour: des extraits du prochain James Bond intitulé «No Time To Die» («Pas le temps de mourir») ont été dévoilés mercredi, fidèles à la recette qui fait le succès du célèbre agent secret de Sa Majesté.

Dans la vidéo de 2 minutes 35 postée sur Twitter, 007 sème ses assaillants en trombe, saute en costume cravate d'un viaduc et utilise son Aston Martin comme une mitrailleuse.

Daniel Craig y enfile de nouveau le costume de l'agent secret, tombé éperdument amoureux de la psychologue Madeleine Swann, interprétée par la Française Léa Seydoux, qui avait joué dans «Spectre», le précédent volet de la série sorti en 2015.

Le Dr Swann est la fille de M. White, ennemi de Bond dans «Casino Royale» et «Quantum of Solace». «Pourquoi donc je te trahirais?» demande Léa Seydoux à 007 lors d'une course poursuite endiablée. «Nous avons tous nos secrets», lui répond-il.

Le film va mettre en scène la rivalité entre James Bond et une autre espionne, jouée par la Britannique Lashana Lynch. «Le monde a changé», lance-t-elle à 007, le priant de «rester à sa place».

La scénariste et actrice britannique multi-récompensée aux Emmy Awards, Phoebe Waller-Bridge (Fleabag), a participé au script de ce nouvel opus qui, selon la comédienne, «traite correctement les femmes».

Rami Malek en «méchant»

Le «méchant» de l'histoire est incarné par l'Américain d'origine égyptienne Rami Malek, 38 ans, qui a décroché l'Oscar du meilleur acteur cette année pour son interprétation de Freddie Mercury, chanteur emblématique de Queen.

Dans ce nouvel opus, «Bond a quitté ses activités au sein des services secrets et profite enfin d'une vie tranquille en Jamaïque», mais «sa quiétude est vite interrompue lorsque son vieil ami de la CIA, Felix Leiter, vient lui demander de l'aide», selon un communiqué de Universal Pictures.

L'agent reprend du service pour porter secours à un scientifique retenu en otage, une mission qui «le mènera sur la trace d'un mystérieux méchant, armé d'une dangereuse nouvelle technologie».

La sortie du film est prévue en avril 2020. C'est la cinquième — et a priori la dernière fois que Daniel Craig, 51 ans, interprète 007.

Cinéma

Harvey Keitel: Hollywood «a besoin d’être réformé»

MARRAKECH — Hollywood «a besoin d’être réformé» pour retrouver un souffle créatif, a déclaré l’acteur américain Harvey Keitel à l’AFP, avant l’une des rares projections en salle de «The Irishman» lundi soir au festival du film de Marrakech (Maroc).

«Hollywood est une grande création. Quand j’étais jeune, je pensais qu’il fallait le détruire. Mais je ne pense plus cela, je pense qu’il doit être réformé», a dit l’acteur, au cours d’un entretien avec plusieurs journalistes.

Pour lui, «ce qui a été accompli [par Hollywood] est sensationnel. Mais il y a une perte d’intégrité : il fut un temps où les grands studios portaient l’art et où l’industrie du cinéma essayait de trouver de jeunes nouveaux réalisateurs». «Cela a vite disparu», a ajouté celui qui joue un second rôle dans le dernier film de Martin Scorsese The Irishman.

Cette épopée de près de 3h30 a été présentée pendant une séance spéciale de la 18e édition du festival de Marrakech.

La salle comble a ainsi profité d’une rare occasion de voir ce film réservé aux abonnés de la plateforme Netflix, dont la distribution limitée en salle fait grincer les dents des cinéphiles du monde entier.

Si M. Scorsese implore les spectateurs de ne pas regarder le film sur leur téléphone, Harvey Keitel a rappelé que le réalisateur américain «n’aurait pas pu faire The Irishman sans les bonnes grâces de Netflix : personne n’en voulait».

«Voir les cinémas fermer nous rend tous un peu tristes, mais pour moi, j’ai toujours pensé qu’il faut évoluer avec son temps», a argué Harvey Keitel, qui vient de fêter ses 80 ans.

Il a assuré n’avoir jamais cherché à «travailler avec des réalisateurs très reconnus» : «j’ai toujours cherché l’expérience des mots [...], une expérience de vie qui me donne l’impression d’apprendre quelque chose sur ce que je suis, où je vais et comment y arriver.»

M. Keitel a rappelé avoir accepté le premier rôle dans Reservoir Dogs, le premier film de Quentin Tarantino (1992) qu’il avait soutenu pour trouver des financements. Il a aussi tourné avec l’Australienne Jane Campion (La leçon de piano) et le Français Bertrand Tavernier (Mort en direct).

Son idéal d’authenticité remonte aux années 10 à Broadway, à la grande époque d’Elia Kazan, d’Arthur Miller ou de Tennessee Williams, quand «il y avait des gens habités par la nécessité d’être honnête sur scène».

«Nous voulions être authentiques, c’était le plus important, il ne s’agissait non pas de ne pas être commercial, parce qu’il faut bien vivre, mais de ne pas être commercialisé». C’est cet esprit «qu’il ne faut pas perdre».

À l’heure actuelle, «est-ce que l’authenticité est toujours là? Oui. Est-ce qu’on pourrait en avoir plus? Moi je dis que oui», a-t-il estimé.

Son seul regret? «Ne pas avoir fini ses études et avoir commencé sa vie comme Marine», même si cette «grande expérience» lui a permis de forger son physique et son mental.

«Je viens d’un milieu très modeste [...] j’avais 16 ans, je voulais devenir quelqu’un» et, avec deux amis, «nous avons décidé de rejoindre les Marines pour devenir des héros», a rappelé ce fils d’immigrants roumano-polonais.

Il a ensuite «travaillé dur» et eut «beaucoup de chance, quelque chose d’indispensable qui ne s’achète pas».

Cinéma

Les défis de Marion Cotillard

MARRAKECH — «Suis-je à la hauteur du défi de ce rôle?» : Marion Cotillard s’est posé la question avant d’accepter le rôle d’une chanteuse d’opéra dans «Annette», le nouveau film du cinéaste français Leos Carax, attendu en 2020.

«J’ai lu le scénario, j’ai trouvé l’histoire au-delà de singulière, profonde et palpable : il y a ce génie poétique et cette folie qu’il y a dans les projets de Léos Carax», a expliqué l’actrice française samedi, pendant le festival du film de Marrakech (Maroc).

«Je n’ai pas dit oui tout de suite [...], j’avais des questions à me poser comme “suis-je à la hauteur du défi de ce rôle?” La réponse n’était pas positive, mais je me suis dit que j’irais quand même», a-t-elle confié pendant une rencontre avec le public. Car l’actrice «aime relever les défis», note-t-elle.

Dans cette comédie musicale lyrique, Marion Cotillard joue aux côtés de l’acteur américain Adam Driver (Star Wars, Marriage Story...).

Pour celle qui a notamment tourné avec Christopher Nolan, Ridley Scott, James Gray ou les frères Dardenne, «la chose la plus importante, c’est de travailler avec des gens complètement habités par ce qu’ils font».

«Je me suis longtemps défendu d’avoir le goût du défi [...]. Mais quand je vois ce que je fais, en fait, je dis “non” quand je ne sens pas assez de défi», a poursuivi l’actrice oscarisée pour son incarnation d’Édith Piaf dans La vie en rose.

Aussi, son rôle le plus difficile a été Lady Macbeth dans Macbeth de Justin Kurzel : «Techniquement, cela semblait insurmontable de jouer, en vieil anglais, un Shakespeare non adapté, dit-elle. J’ai toujours su que j’interpréterais ce rôle un jour, mais je pensais que ce serait sur scène et en français [...]. Le faire en anglais, c’était une pression énorme».

Ce film a été diffusé samedi soir sur écran géant sur la très touristique place Jemaa El Fna, où l’actrice a fait une apparition très applaudie avant la projection gratuite.

«Interprète avant tout»

«J’aime le travail de préparation et d’exploration pour enrichir les personnages, faire des choses singulières ou surprenantes sur certaines scènes, cela me fait vibrer», a-t-elle dit lors de la séquence Conversation with, au Palais des congrès, devant une salle bondée.

«Quand j’étais petite et que je rêvais d’être actrice, les acteurs qui me fascinaient étaient des acteurs “caméléon” qui pouvaient passer d’un rôle à l’autre sans qu’on les reconnaisse», s’est souvenue celle qui se définit comme «une interprète avant tout».

«On apporte quelque chose d’artistique, mais je ne sais pas si je me considère comme une artiste, j’interprète la vision de quelqu’un», a-t-elle précisé.

Son film préféré? Inception de Christopher Nolan, où elle joue avec Leonardo DiCaprio. Elle n’a «pas tout compris au scénario», mais le metteur en scène «avait réponse à tout» et, pour elle, travailler avec Leonardo DiCaprio était un «rêve».

La Capitale

Déménagement du Clap à Place Sainte-Foy: un mélange de hâte et de nostalgie

Dimanche marquait la dernière journée du cinéma Le Clap dans ses locaux de la Pyramide du chemin Sainte-Foy. L’équipe quitte «son sous-sol» avec nostalgie, mais a hâte de faire un gros pas en avant.

Il faut dire que les employés ont eu l’occasion de dire un dernier au revoir tout spécial à leurs locaux. À l’occasion de leur party de Noël, ils ont passé la nuit de samedi dans l’une des salles du cinéma.

«On voulait le faire ici, c’est la dernière fois qu’on pouvait avoir un moment tous les employés ensemble dans la Pyramide. On a eu une belle autorisation, on a dormi ensemble dans une salle, c’était un beau party», raconte la gérante du cinéma, Erika Thériault.

Elle a eu l’honneur de fermer les portes du cinéma pour la dernière fois dimanche.

Le dernier film à démarrer, au coup de 17h, était La Reine des neiges 2. Ce sont donc en majorité des enfants qui ont obtenu les derniers billets.

Les derniers clients à sortir étaient ceux venus voir le film sud-coréen Parasite.

Cinéma

«La Reine des Neiges 2» gravit les sommets du box-office

WASHINGTON — Le box-office nord-américain s'est figé devant «La Reine des Neiges 2» qui a empoché 85,2 millions de dollars ce week-end, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

La reine Elsa, sa sœur Anna et le bonhomme de neige Olaf ont même raflé 124,7 millions de dollars sur cinq jours, le jeudi de Thanksgiving étant férié aux États-Unis. Il s'agit d'un record pour ce long week-end, selon le magazine Variety.

Cinéma

Pologne: Polanski annule une rencontre à l’école de cinéma de Lodz

VARSOVIE — Roman Polanski a annulé une visite prévue samedi à la célèbre école de cinéma de Lodz, a annoncé celle-ci, cette rencontre ayant été contestée par un groupe d’étudiants dans le contexte des nouvelles accusations de viol contre le metteur en scène.

«À la demande de Roman Polanski, la rencontre à l’École de cinéma de Lodz, qui devait se tenir samedi 30 novembre, a été annulée», a indiqué l’établissement dans un communiqué de deux phrases.

La veille encore, Polanski est venu au gala du Forum du Cinéma européen Cinergia à Lodz, où il a reçu la statuette de Glan d’Or récompensant les «cinéastes rebelles allant contre le courant des modes et des tendances». Il y a présenté son dernier film «J’accuse».

Le recteur de l’École de cinéma, dont Polanski est un ancien étudiant, Mariusz Grzegorzek, a déclaré lors de ce gala que «99% des étudiants attendaient sa visite».

Auparavant, une pétition lancée sur internet visant l’annulation de cette rencontre et évoquant «au moins cinq accusations» de viol contre lui a été rejetée par la direction de cet établissement comme «inappropriée». L’appel avait été signé jusqu’à jeudi par 116 personnes.

Toujours poursuivi par la justice américaine pour des relations sexuelles illégales avec une fille de 13 ans il y a 40 ans, accusé de viol ou d’agression à quatre reprises par d’autres femmes, Polanski a été récemment mis en cause par une photographe française, Valentine Monnier, qui affirme avoir été «rouée de coups» et violée par le réalisateur en 1975, alors qu’elle avait 18 ans.

Polanski a contesté cette accusation.

Cinéma

John Waters: le cinéaste du trash devenu «respectable»

THESSALONIQUE — John Waters, le «roi du trash» autoproclamé pour ses films au comble du mauvais goût, s’étonne d’être devenu «respectable» à l’âge de 73 ans, mais continue à manier l’humour provocateur avec brio, le seul moyen de «changer l’opinion».

«Soudain, la pire chose qui puisse arriver à un artiste m’est arrivée : je suis accepté.» Ainsi commence le dernier livre du cinéaste qui horrifiait l’Amérique puritaine dans les années 70.

Moustache ultra-fine comme dessinée au crayon, John Waters, invité d’honneur du festival du film de Thessalonique début novembre, s’est félicité devant le public grec d’avoir «rendu le mauvais goût un tout petit peu plus acceptable à travers le monde».

«Je remercie mes parents de m’avoir enseigné le très bon goût. Cela me permet de m’amuser à casser toutes les règles et à célébrer le mauvais goût», sourit le dandy septuagénaire.

Avec son film scatologique Pink Flamingos, son délirant Female Trouble ou son nauséabond Polyes­ter, premier film odorant, le réalisateur sans scrupules s’était attiré les foudres de l’Amérique bien pensante. N’avait-il pas osé ériger en vedette Divine, une énorme et truculente drag-queen? N’avait-il pas été arrêté pour «exhibitionnisme indécent»?

Baltimore, toujours

Dix ans plus tard, l’outrancier personnage était pourtant devenu la coqueluche des studios d’Hollywood avec Hairspray (1988), chronique musicale des sixties, puis Cry Baby (1990) avec Johnny Depp en délinquant sentimental, ou encore Serial Mom (1994) avec Kathleen Turner en tueuse psychopathe.

Avec toujours Baltimore, sa ville natale, dans le cadre de sa caméra. «Baltimore était un personnage à part entière de mes films», raconte le septuagénaire qui a grandi dans une banlieue noire de la métropole «bohème», où il a toujours un appartement.

Tiré à quatre épingles dans son costume strict bariolé d’orange, Waters se souvient de ses débuts, quand sa famille de classe moyenne «était absolument horrifiée par ses films». «Mon père m’a prêté de l’argent et je l’ai remboursé avec intérêt, mais il était choqué de récupérer son argent. C’était le premier investisseur qui aurait souhaité ne jamais être remboursé», se rappelle-t-il, hilare.

«L’humour m’a sauvé» 

Expulsé de l’école, John Waters lisait Variety à 12 ans et avait une maison de l’horreur dans le garage, où il faisait «peur aux enfants du quartier» en échange de 25 cents.

Aujourd’hui, le réalisateur-acteur, photographe et professeur de cinéma, collectionne les livres d’art, mais aussi des livres pornographiques «bizarres» et des ouvrages «déments» comme Extreme ironing (les lieux extrêmes où repasser).

«L’humour m’a sauvé, l’humour a sauvé ma vie», confie-t-il. Pendant que son camarade Glenn Milstead, devenu Divine (son acteur travesti fétiche décédé en 1988), subissait les pires harcèlements au secondaire pour son homosexualité, le jeune John Waters, gai comme lui, était respecté. «J’étais tellement fou que [les autres élèves] me laissaient tranquille [...] Ils pensaient que j’étais pire que gai.»

Peut-on rire de tout? Les réfugiés, le racisme «sont des sujets qui méritent encore plus l’humour», répond-il. «C’est important de faire rire les gens, car ainsi, on peut les faire changer d’opinion. Si tu fais rire quelqu’un, tu le désarmes, mais il t’entend mieux», assure le cinéaste qui «n’a jamais voulu être comme tout le monde».

«Je ne ris que des choses que j’aime vraiment», dit-il encore. «Je ne suis jamais vraiment méchant» ni «vulgaire gratuitement», ajoute l’auteur de 17 films et sept livres. Ce fervent opposant à la peine capitale, visiteur de prison, où il a encore des amis, ne «croit pas qu’il finira en enfer».

Membre du jury à Cannes avec Jeanne Moreau, à laquelle il voue toujours une grande admiration, il évoque avec fierté sa médaille de Chevalier des Arts et des Lettres.

Récemment célébré par le New York Times comme un «trésor national», exposé au MoMa, l’impétueux John Waters a raccroché la caméra. Mais il aimerait que d’autres tournent «une version pornographique d’Hairspray», confie-t-il en riant.

Cinéma

Leonardo DiCaprio blâmé par le président brésilien

SAO PAULO — L’acteur américain Leonardo DiCaprio a réfuté les accusations du président Jair Bolsonaro selon lesquelles il soutiendrait des organisations accusées par la police brésilienne d’avoir suscité des incendies en Amazonie.

«Bien qu’elles méritent certainement d’être soutenues, nous n’avons pas financé les organisations qui sont dénoncées actuellement», a souligné l’acteur de 45 ans, militant de la défense de l’environnement, dans un communiqué publié samedi dans la presse brésilienne.

DiCaprio fait référence à la Brigade des incendies Alter do Chão qui depuis 2018 aide les pompiers à lutter contre le feu dans les forêts du Pará (nord) et qui, selon la police régionale, pourrait avoir ouvert des foyers d’incendies dans le secteur pour obtenir des dons.

Quatre volontaires de cette brigade ont été arrêtés mardi.

Dans son intervention hebdomadaire jeudi dernier, Jair Bolsonaro est allé encore plus loin et a accusé DiCaprio de «collaborer aux incendies en Amazonie».

Selon le président brésilien, l’acteur a donné 500.000 dollars à la brigade, en préservant une partie pour les «personnes qui mettent le feu».

Il a répété ses accusations le lendemain.

DiCaprio a démenti un tel don et ajouté que «l’avenir de ces écosystèmes irremplaçables est en danger et je m’enorgueillis de faire partie des groupes qui les protègent».

Les incendies dans la région de Alter do Chão ont anéanti l’équivalent de 1600 terrains de football et quatre jours ont été nécessaires pour en venir à bout.

Les enquêteurs ont assuré que des volontaires avaient provoqué des foyers d’incendies pour en vendre ensuite des images au Fonds Mondial pour la nature (WWF) qui les aurait utilisées dans des campagnes pour récolter des dons internationaux, parmi lesquels ceux de Leonardo DiCaprio.

WWF-Brésil a démenti ces accusations.

L’ONG Instituto Aquífero Alter do Chão, responsable de la brigade visée, a également assuré que les accusations de Jair Bolsonaro étaient infondées.

Cinéma

La liste: le magasin de jouets comme source d'inspiration

Maman, j’ai encore raté l’avion (1992), Chris Columbus

Un an auparavant, Kevin McCallister avait été oublié à la maison par sa famille partie à Paris pour Noël. Le garçon aux mille mauvais coups avait alors fait passer un sale quart d’heure à deux cambrioleurs. Cette fois, il se trompe d’avion et se retrouve à New York pendant que les siens sont en Floride. Et quand les mêmes vilains menacent de braquer un magasin de jouets dont les profits sont destinés à l’hôpital pour enfants, la débrouillarde petite peste reprendra les armes… Geneviève Bouchard

Cinéma

Thomas Rinfret: le crépuscule des Vachon

Thomas Rinfret connaissait peu la lutte professionnelle avant de commencer «Mad Dog & The Butcher — Les derniers vilains», mais le nom du regretté Maurice Mad Dog Vachon lui était familier. Apprenant que Paul The Butcher Vachon était très malade, le documentariste a empoigné sa caméra pour qu’il se confie sur les décennies où les deux frères se sont bâti une réputation internationale. Quatre ans plus tard, son très réussi film témoigne de leurs exploits, de leur vie de liberté, mais aussi du prix à payer.

À 81 ans, le corps courbé de Paul Vachon et sa motricité réduite attestent de ses années de lutte. Mais le Québécois a conservé toute sa tête. Et il se révèle un puits sans fond d’anecdotes qu’il raconte avec la voix éraillée caractéristique des Vachon. Chaque fois que Paul l’appelle, Thomas répond «j’arrive».

Cinéma

À couteaux tirés: jouissif jeu de pistes *** 1/2

CRITIQUE / Les premières images d’À couteaux tirés (Knives Out) laissaient deviner un pastiche d’Agatha Christie dans un contexte contemporain. Le résultat comble absolument nos attentes. Grâce à un scénario en béton qui propose un suspense pas piqué des vers entretenu par un jouissif jeu de pistes et une distribution impeccable, Rian Johnson livre un divertissement bien au-dessus de la moyenne.

L’action débute une semaine après qu’Harlan Thrombey (Christopher Plummer) se soit suicidé dans sa riche demeure de campagne, la soirée de son 85e anniversaire. La police veut réinterroger tous les membres de la famille, y compris Martha (Ana de Armas), la jeune infirmière avec qui le célèbre auteur de romans policiers (!) s’est lié. 

Le détective Benoît Blanc (Daniel Craig), engagé anonymement, accompagne les responsables de l’enquête. Ceux-ci tirent avantage du fait que Martha est pathologiquement incapable de mentir — elle vomit — pour confirmer que chacun des héritiers avait un mobile pour commettre un meurtre. Le paternel a réglé ses comptes avant de souffler les bougies du gâteau…

Une famille dysfonctionnelle, des querelles de riches, un testament, de la cupidité, de l’hypocrisie, de fausses pistes, une tonne de mensonges, tous les éléments sont réunis pour un whodunit à la Clue — on a l’arme du crime (un couteau, bien sûr) et la pièce. Suffit de trouver le coupable!

Rian Johnson (Star Wars : Les derniers Jedi) épouse le point de vue de Martha, seule bonne âme sensée dans cette maison de fous. Même si le spectateur a une longueur d’avance sur les protagonistes de ce sordide drame écrit avec une efficience redoutable. 

Sa façon de filmer respecte les règles du genre (retours en arrière, ralentis, plans de réaction, musique, etc.). Efficace, mais on repassera pour l’originalité. Johnson réussit d’ailleurs à maintenir un bel équilibre entre le suspense et la comédie.

Élément non négligeable, cet habile scénario glisse en douce quelques messages sociopolitiques pour ceux qui veulent bien les relever. Ce qui illustre le soin de Johnson à bien doser ses effets.

On peut aussi dire la même chose de la distribution cinq étoiles. Des acteurs «sérieux» qui s’amusent à lâcher leur fou au moment venu, sans jamais trop en mettre — mention spéciale à Jamie Lee Curtis, absolument parfaite en femme de tête dont le vernis craque au moment opportun.

Reste que la palme revient à Daniel Craig, en détective suave et un peu pédant, sorte d’Hercule Poirot 2.0. La scène finale se révèle digne des confrontations du chouchou d’Agatha Christie.

Les plus habiles vont peut-être se douter de certaines choses — semées parfois intentionnellement —, mais il ne sert à rien de trop chercher. Le plaisir d’À couteaux tirés réside dans le fait de se laisser conquérir par le récit mis en place.

Car, comme le dit le détective Benoît Blanc, «les preuves racontent parfois des histoires que la raison contredit»...

Cinéma

Trey Edward Shults: un cinéaste hors du commun

Trey Edward Shults a marqué les esprits avec ses deux premiers longs métrages, «Krisha» (2015) et «It Comes at Night» (2017). Et il continue dans la même veine avec son superbe nouvel effort, comparé par certains à «Moonlight» de Barry Jenkins, Oscar du meilleur film en 2017. En partie autobiographique, «Waves» raconte la destinée d’une famille unie qui doit composer avec une terrible perte. Un long métrage bouleversant et profondément humain qui renforce son statut de réalisateur contemporain de premier plan. Rejoint à son domicile d’Orlando, Le Soleil s’est entretenu avec le cinéaste.

Q Est-ce vrai que Waves s’inspire d’expériences personnelles, notamment vos années de lutteur?

Cinéma

Le film de la semaine: Sympathie pour le diable *** 1/2

CRITIQUE / Guillaume de Fontenay frappe en plein dans le mille avec «Sympathie pour le diable». Mélange de drame biographique et de guerre, ce film de longue haleine (14 ans de gestation) raconte le séjour Paul Marchand dans Sarajevo assiégée. Niels Schneider relève avec brio le défi le plus important de sa carrière en incarnant avec une justesse ce journaliste électron libre, mais épris d’une grande soif de justice sociale.

Un peu de contexte : Paul Marchand arrive dans la Yougoslavie à feu et à sang après avoir couvert la guerre civile au Liban. De juillet 1992 à octobre 1993, il est correspondant de plusieurs radios francophones, dont Radio-Canada, dans la ville encerclée (le siège de Sarajevo par les nationalistes serbes a duré de mai 1992 à février 1996).

Cinéma

Queen et Slim: la fuite par en avant ***

CRITIQUE / Quelque part au tiers de «Queen et Slim», un loustic lance aux deux principaux protagonistes qu’ils sont les Bonnie et Clyde noirs. De l’ironie mal placée et maladroite, à l’image de ce road-movie qui transforme un sujet explosif en pétard mouillé.

Melinda Matsoukas avait pourtant tous les atouts en main pour son premier long métrage : un drame dans l’air du temps sur le racisme systémique aux États-Unis (et la discrimination qui vient avec) ainsi que les «bavures» policières, doublé d’une belle histoire d’amour et de solidarité misant une solide paire d’acteurs.

Cinéma

John Blouin: capter l’émerveillement d’un géant

On ne place pas Armand Vaillancourt dans un coin, comme l’a vite constaté John Blouin lorsqu’il a invité l’artiste à participer à une performance. Le réalisateur a ensuite côtoyé le géant pendant huit ans, pour archiver son travail, avant de tourner intensivement pendant trois jours ce qui est devenu le documentaire «Armand Vaillancourt : Regarde si c’est beau».

Tous deux ont grandi près de Thetford Mines et Plessisville, même si Blouin est maintenant davantage à Québec et Vaillancourt, à Montréal. John Blouin voulait tourner un film sur la région de l’Amiante, mais après deux expéditions avec l’artiste à la grande crinière blanche, il a vite compris qu’il y avait un film à faire — voire plusieurs — sur cette figure majeure des arts visuels au Québec.

Cinéma

«Armand Vaillancourt: Regarde si c'est beau»: portrait incomplet ***

CRITIQUE/ En ayant accès au havre de paix d’Armand Vaillancourt, John Blouin réussit à brosser un portrait intimiste de l’artiste imprévisible et plus grand que nature. L’émerveillement devient la pierre d’assise du documentaire avec plusieurs belles trouvailles visuelles et sonores, mais qui met de côté les plus grandes œuvres et les accomplissements du personnage.

Radical, en effet, de penser qu’alors qu’il avait accès à toutes les archives sur Vaillancourt, ainsi qu’à des images qu’il avait lui-même accumulées pendant huit ans, John Blouin ait préféré conserver une unité de temps et de lieu. Ce choix a l’avantage de nous montrer un aspect plus poétique et introspectif d’Armand Vaillancourt, qui a souvent fait les manchettes pour ses coups d’éclat, mais a le désavantage de priver le spectateur de précieuses clés pour comprendre l’importance de l’homme qu’on nous présente.

Cinema

«Le monde selon Amazon: péril en la demeure» ***1/2

Comme Dieu, Amazon est partout. Enfin presque. Non seulement la compagnie de Jeff Bezos est-elle le numéro un mondial du commerce en ligne - 5 milliards de colis expédiés chaque année - mais elle donne aussi dans l’alimentation, la vidéo sur demande, la musique en continu, les assurances, les médicaments... Sans oublier, attention danger, le stockage de données.

Faut-il avoir peur de l’ogre Amazon? Assurément, surtout après avoir vu le documentaire Le monde selon Amazon, qui brosse un inquiétant portrait de cette firme au chiffre d’affaires de 178 milliards$. Petit à petit, la firme étend son empire sur le monde, non sans conséquences.

Cinéma

Controverse autour de la visite de Polanski à Lodz

VARSOVIE — Une pétition lancée sur Internet visant l’annulation d’une visite de Roman Polanski à la célèbre école de cinéma de Lodz, en Pologne, dont il est un ancien étudiant, après les nouvelles accusations de viol contre lui, a été rejetée par la direction de cet établissement comme «inappropriée».

«Nous, les soussignés étudiants, employés et anciens étudiants de l’École de cinéma de Lodz, nous réclamons l’annulation d’une rencontre avec Roman Polanski prévue samedi à l’école», déclare une pétition lancée sur Internet et signée jeudi matin par 116 personnes.

Roman Polanski doit se rendre à Lodz pour le festival Cinergia où il doit présenter son film J’accuse.

«Ce n’est pas à nous de juger si les accusations sont vraies ou non. Nous considérons en même temps que le poids de ces accusations fait que la rencontre avec M. Polanski sur le terrain de l’école serait un manque de respect envers toutes les personnes qui ont été victimes de comportements violents. De telles personnes sont également parmi nous, font partie de la communauté de notre École. Nous exigeons qu’il n’y ait pas d’exception à ces règles», ont écrit les auteurs de cette pétition.

L’AFP n’a pu joindre jeudi matin les auteurs de cette initiative.

«L’école de cinéma, tout comme tout autre établissement d’éducation, devrait être un endroit où les comportements sexuels violents doivent être condamnés. M. Polanski est accusé d’au moins cinq comportements de ce genre», dit encore ce texte.

«Un artiste merveilleux»

Le recteur de l’école de cinéma a réagi sur Facebook aux «signaux (pour l’instant non officiels) au sujet de ces controverses».

Selon le professeur Mariusz Grzegorzek, «la vie humaine est un phénomène complexe et vibrant, qui requiert discernement et respect. Nous, les artistes, devrions le comprendre tout particulièrement. Ce n’est pas à nous de rendre des verdicts dans des affaires aussi ambiguës et complexes que les allégations contre Roman Polanski».

«Je préfère inviter une partie des étudiants et des employés intéressés (je rappelle ici que cette rencontre n’est pas publique) à discuter avec un artiste merveilleux et expérimenté, un homme sage, disposé à une conversation approfondie», a-t-il dit.

Accusé de viol ou d’agression à quatre reprises par des femmes, Polanski a été récemment mis en cause par une photographe française, Valentine Monnier, qui affirme avoir été «rouée de coups» et violée par le réalisateur en 1975, alors qu’elle avait 18 ans.

Polanski a contesté cette accusation.

Cinéma

Un juge autorise l'actrice Annabella Sciorra à témoigner contre Weinstein

NEW YORK — Un juge new-yorkais a décidé que l'actrice de la célèbre série télévisée américaine «Les Soprano» Annabella Sciorra pouvait bien témoigner au procès pour agression sexuelle du magnat déchu du cinéma Harvey Weinstein, selon des documents de justice mercredi.

Dans une décision rendue tard mardi soir, le juge de la Cour suprême de l'État de New York James Burke a également refusé aux avocats de l'ancien producteur que des chefs d'accusation pour agression sexuelle prédatrice contre leur client soient abandonnés.