Cinéma

«La Forme de l’eau» sacré meilleur film par le Syndicat américain des producteurs

Le film fantastico-romantique «La Forme de l’eau» de Guillermo del Toro a remporté samedi soir le prix du Syndicat américain des producteurs (PGA), prenant du coup la pole position pour les Oscars le 4 mars.

«La Forme de l’eau» s’est imposé pour le prix du meilleur film face à de très nombreux concurrents tels «Dunkerque» de Christopher Nolan, «Call Me by Your Name» de Luca Guadagnino, «Get Out» de Jordan Peele ou encore «Lady Bird» de Greta Gerwig.

Le film, dont l’action se déroule dans les années 1960, raconte l’histoire d’une gardienne de laboratoire muette qui tombe amoureuse d’un homme-triton retenu prisonnier et qui décide de le libérer. Il a déjà valu à Guillermo del Toro le Lion d’Or à Venise, le Golden Globe du meilleur réalisateur ainsi que douze nominations pour les British Academy Film Awards de février.

Guillermo del Toro, 53 ans, n’a pu recevoir son prix en personne car il se trouve au Mexique au chevet de son père malade.

Le PGA a la réputation de consacrer des films qui triomphent quelques semaines plus tard à la cérémonie des Oscars.

Cinéma

«Crocodile Dundee»: Danny McBride en vedette dans le 4e film

LOS ANGELES — Trente ans après le premier «Crocodile Dundee», dans lequel Paul Hogan se battait à mains nues contre des fauves et affrontait des malfaiteurs new-yorkais armé d'un spectaculaire couteau, un quatrième épisode est dans les tuyaux.

Dundee: The Son of A Legend Returns Home (Dundee : le fils d'une légende de retour à la maison), attendu l'été prochain, mettra en scène Danny McBride dans le rôle de Brian Dundee, le fils jusqu'ici inconnu de Mick Dundee.

«Je ne vais pas vous mentir : être un vrai Crocodile Dundee, c'est à 95 % la tenue vestimentaire et 5 % être capable de rester sur ses pieds sans se casser la figure», a commenté l'acteur dans un communiqué rendu public par la maison australienne Rimfire Films, qui avait produit le film original ainsi que son deuxième épisode.

Paul Hogan, coréalisateur du premier film, était devenu une sensation mondiale en 1986 en incarnant Dundee, chasseur de crocodiles de l'arrière-pays australien débarquant à New York coiffé de son inséparable chapeau Akubra et éprouvant quelques difficultés à s'adapter à la vie en ville. Il s'agit du plus grand succès commercial de tous les temps pour le cinéma australien.

«Crocodile Dundee est un film qui a surmonté l'épreuve du temps. Il a constitué un des moments décisifs de ma vie et une des réalisations dont je suis le plus fier», a déclaré Hogan.

Cinéma

Woody Allen, un monument du cinéma fragilisé

NEW YORK — Il a inventé un cinéma, marqué par New York et la culture juive, il reconnu et célébré bien au-delà des États-Unis, mais à 82 ans, Woody Allen est de nouveau rattrapé par le scandale, qui le suit depuis un quart de siècle.

Né dans le Bronx le 1er décembre 1935, élevé à Brooklyn, Allan Stewart Konigsberg, qui a changé de nom en 1952, est un cinéaste profondément new-yorkais, mais qui a toujours eu le regard tourné vers l’Europe.

Ses premiers films sont des ovnis, comédies iconoclastes très écrites dont il est invariablement le personnage principal, qui font entendre une voix unique dans le paysage cinématographique.

En 1978, il décroche deux Oscars pour Annie Hall, qui est aussi un relatif succès au box-office pour ce réalisateur dont les films ont toujours été construits sur de petits budgets, avec des perspectives commerciales limitées.

Apprécié des critiques, suivi, film après film, par un public fidèle, Woody Allen recevra deux autres Oscars et 24 nominations au total, ainsi que des prix pour l’ensemble de sa carrière à Cannes et Venise, deux des festivals les plus prestigieux au monde.

Mais dès 1992, il commence à faire la une pour tout autre chose que du cinéma, lorsqu’il quitte sa compagne de longue date, Mia Farrow, pour l’une des filles adoptives de l’actrice, Soon-Yi Previn, âgée de 21 ans, et de 35 ans sa cadette.

La séparation est mouvementée, d’autant que Dylan, une autre fille adoptive de Mia Farrow, âgée de sept ans à l’époque, accuse le réalisateur de l’avoir agressée sexuellement. Woody Allen dément, et au terme d’enquêtes de deux agences de protection de l’enfance, il n’est pas poursuivi par la justice.

Aujourd’hui âgée de 32 ans, Dylan Farrow n’a jamais varié dans ses déclarations et réitéré ses accusations à plusieurs reprises, jusqu’à cette semaine dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne CBS.

«Malsain»

L’ombre portée par Dylan Farrow, et sa liaison avec Soon-Yi Previn, qui partage toujours sa vie et avec laquelle il a adopté deux filles, poursuivent Woody Allen depuis 25 ans.

Aux États-Unis, où il a longtemps été vu avec sympathie pour son excentricité et son humour, son image a basculé et il est régulièrement qualifié de «malsain» (creepy) par la presse. Son goût supposé pour les jeunes filles a souvent été cité, encore très récemment lorsque la presse a fait état d’une scène de son dernier film A Rainy Day in New York, évoquant la relation entre le personnage joué par Elle Fanning, qui est censée avoir 15 ans (elle en a en réalité 19), et Jude Law, un homme mûr.

Jusqu’ici, ce parfum de scandale n’avait pas empêché le tout Hollywood de se presser pour jouer, pour presque rien, dans ses films, signe d’une aura artistique en décalage avec les recettes de ses films.

Mais la roue tourne. Plusieurs acteurs ont récemment annoncé qu’ils ne travailleraient plus avec lui et plusieurs interprètes de A Rainy Day in New York se sont engagés publiquement à reverser le montant de leur cachet à des associations de soutien aux victimes de harcèlement.

À l’écart des grands studios, incapable un temps de trouver des financements pour ses films aux États-Unis, Woody Allen s’était tourné vers l’Europe, qui a financé la majorité de ses derniers longs métrages depuis une dizaine d’années. Le géant américain Amazon l’a récemment pris sous son aile, mais dans l’ère post-Weinstein, les accusations de harcèlement sexuel ou d’agression sexuelle sont devenues radioactives.

Cinéma

Une ex-collaboratrice de Michael Douglas l'accuse de harcèlement sexuel

LOS ANGELES — Une ancienne collaboratrice de Michael Douglas l'accuse de harcèlement sexuel verbal répété et de s'être masturbé devant elle, ce que réfute l'acteur américain, l'un des plus grands noms d'Hollywood.

«Il pensait qu'il était le roi du monde et qu'il pouvait m'humilier sans répercussions», affirme Susan Braudy dans un entretien à la chaîne NBC.

Elle accuse la star d'avoir eu avec elle fréquemment des conversations sexuellement chargées pendant les trois ans durant lesquels elle a travaillé dans sa maison de production.

Celle qui est ensuite devenue écrivaine et journaliste dit que le comportement de l'acteur a culminé en 1989 lors d'une séance de travail dans son appartement : «il s'est glissé sur le sol, a défait sa ceinture, mis sa main dans son pantalon [...]. Puis il a commencé à se caresser», décrit-elle, ajoutant avoir été «très effrayée».

L'auteure nommée pour un prestigieux prix Pulitzer affirme qu'elle s'est confiée à plusieurs amis, qui l'ont vivement incitée à ne rien dire : «les gens avaient peur pour moi», dit-elle.

Michael Douglas, 73 ans, a gagné un Oscar de meilleur acteur en 1988 pour son célèbre rôle de courtier sans scrupules dans Wall Street. Le fils du légendaire Kirk Douglas a également reçu un Oscar pour avoir produit Vol au-dessus d'un nid de coucou.

Il a répondu aux allégations de Susan Braudy dans la revue spécialisée The Hollywood Reporter, qualifiant ses accusations d'«invention complète».

«Aigrie»?

Dès le mois dernier, l'interprète de Ma vie avec Liberace, qui lui a valu un Golden Globe il y a quatre ans, avait pris les devants face à des allégations qu'il pressentait en déclarant au site Internet Deadline : «je n'arrive pas à croire que quelqu'un causerait à quelqu'un d'autre tant de peine [...]. Elle est peut-être aigrie que sa carrière ne se soit pas déroulée comme elle le souhaitait».

Il assure que Susan Braudy ne s'est jamais plainte pendant leur collaboration, ce qu'elle nie, admettant cependant ne pas avoir été voir la police parce qu'elle ne réalisait pas à l'époque que ce comportement pouvait être considéré comme criminel.

L'actrice Catherine Zeta-Jones, épouse de Michael Douglas depuis 2000, a commenté vendredi les allégations contre son mari, soulignant qu'elles dataient d'«avant Catherine».

«Michael a fait une déclaration préventive. Il a été éloquent, il a parlé avec son coeur, il a été honnête et transparent. Il doit maintenant décider ce qu'il fait à partir de ça. Tout ça s'est passé il y a 30 ans», a-t-elle élaboré dans l'émission The View sur la chaîne ABC.

La comédienne de Ocean's Twelve ou du Masque de Zorro note qu'elle soutient le mouvement Time's Up d'aide aux victimes de harcèlement ou agressions sexuelles, créé par quelque 300 femmes influentes de Hollywood, et celui de #moiaussi sur les réseaux sociaux.

Parallèlement, le syndicat des producteurs d'Hollywood (PGA) a publié vendredi de nouvelles lignes directrices envoyées à ses quelque 8200 membres, pour lutter contre le fléau du harcèlement sexuel.

«Les producteurs possèdent l'autorité sur et en dehors des plateaux de tournage et peuvent donner un exemple clé pour créer et maintenir un environnement de respect mutuel», affirme le PGA dans un communiqué.

Le syndicat détaille notamment différentes formes de harcèlement comme le chantage «faveur sexuelle contre travail» ou «l'environnement de travail hostile», à savoir «les commentaires ou la conduite créant un environnement intimidant, agressif, blessant».

Cinéma

Michael Haneke ou la passion du drame

Stupeur à Cannes 2017: pour la première fois depuis La pianiste (2001), Michael Haneke repart les mains vides. Un habitué, le réalisateur autrichien? Tous ses longs métrages y furent présentés sauf un! Avec Happy End, le double palmé d’or était en compétition pour une septième fois… L’artiste de 75 ans a beau avoir ses détracteurs, il y a peu de cinéastes qui ont autant de chefs-d’œuvre à leur palmarès. Si ce drame caustique n’en est pas un, il n’en est pas moins percutant et délicieusement pervers.

Happy End met en scène une famille dysfonctionnelle dont chaque membre a un secret inavouable, du grand-père jusqu’à la petite-fille. Tout le monde fait comme si de rien n’était, ignorant jusqu’aux migrants qui cognent à leur porte. Évidemment, il ne faut pas prendre le titre au pied de la lettre.

Comme d’habitude chez Haneke, son approche et son humour noir cherchent à nous pousser dans nos derniers retranchements. Sa direction d’acteurs est impeccable, ce qui renforce l’impact du propos. Le Soleil en a profité pour en discuter, en français, avec le maître réalisateur lors de son passage, en septembre, au Festival du film de Toronto (TIFF).

Q Vous faites, dans Happy End, une féroce critique des médias sociaux. Quel est votre rapport à ceux-ci?

R Déjà mon deuxième film, Benny’s Video (1992), s’intéressait au thème des médias. Dans toute mon œuvre, les médias ont une certaine importance. Parce que dans notre vie quotidienne, ils ont cette importance. On ne peut pas décrire notre société [occidentale] sans décrire les médias. Ils nous influencent beaucoup. Notre vie quotidienne, dans une certaine mesure, est déterminée par eux.

Q Au fond, était-ce toute la question de l’incommunicabilité que vous vouliez aborder par l’utilisation des médias sociaux par certains de vos personnages?

R Oui. C’est aussi dans les dialogues du film cette incapacité à communiquer. On parle, on parle, mais on ne communique pas. C’est un des thèmes forts de l’art dramatique.

Q Vous l’illustrez en utilisant des plans fixes, parfois longs. Est-ce une façon de créer une distance ou d’être cohérent avec votre signature stylistique?

R Je ne suis pas un réalisateur qui a des idées d’image avant de mettre en scène. J’écris une situation. Après, je réfléchis comment la filmer d’une manière la plus efficace possible pour la scène. Et ça donne l’esthétique de mes films. 

Cinéma

Festival de Sundance: offre canadienne «phénoménale»

Deux îles, l’une risquant de se faire engloutir par l’océan en raison des changements climatiques, l’autre accueillant les chiens animés du réalisateur Wes Anderson, font partie des sujets abordés par des Canadiens au 34e Festival du film Sundance.

Le Canada présentera 11 films et deux œuvres de réalité virtuelle à Sundance, qui s’est mis en branle jeudi et se poursuivra jusqu’au 28 janvier à Park City, en Utah, tout près de Salt Lake City.

Huit autres films canadiens sont par ailleurs inclus dans la programmation du festival rival Slamdance, qui aura lieu du 19 au 25 janvier.

Lancé par l’acteur et réalisateur Robert Redford pour présenter des films indépendants, Sundance a depuis gagné la réputation d’inscrire à sa grille des films qui connaîtront ensuite du succès aux remises de prix, comme Appelle-moi par ton nom (qui vient de prendre l'affiche chez nous) et Mudbound, pressentis pour les Oscars. Les deux films ont été projetés en première mondiale au festival, l’an dernier.

Le directeur de Sundance, John Cooper, estime que l’offre canadienne du festival est «phénoménale» cette année.

Deux documentaires canadiens y seront en compétition. Le cinéaste montréalais Matthieu Rytz proposera Anote’s Ark, qui se penche sur le destin des Kiribati, une petite nation insulaire du Pacifique menacée par la hausse du niveau de la mer, et sur les gestes désespérés du président Anote Tong pour sauver son peuple. Le documentaire israélo-canadien The Oslo Diaries, réalisé par Mor Loushy et Daniel Sivan, fait la lumière sur les discussions secrètes de 1992 entre des négociateurs israéliens et palestiniens, dans l’espoir d’en arriver à un accord de paix.

Du côté des longs métrages, Un Traductor, tourné par les frères cubains Sebastian et Rodrigo Barriuso, qui résident à Toronto, et scénarisé par Lindsay Gossling, elle aussi de Toronto, sera présenté en compétition dans le volet World Cinema Dramatic. Le film s’inspire de l’histoire vraie du père des deux frères, un professeur de littérature russe à l’Université de La Havane (interprété par l’acteur brésilien Rodrigo Santoro). On lui donne la tâche difficile d’agir à titre de traducteur pour les enfants victimes du désastre nucléaire de Tchernobyl à leur arrivée à La Havane pour des traitements.

Collectif RKSS

Les cinéastes montréalais François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell, qui collaborent au sein du collectif RKSS (Roadkill Superstar), présenteront leur film Summer of ‘84 dans le volet Midnight. Ils affirment que leurs admirateurs seront surpris par le ton de leur nouveau thriller, après le film post-apocalyptique rendant hommage aux années 80 Turbo Kid, qui avait été présenté à Sundance en 2015.

Des Canadiens font aussi leur marque dans l’univers de la réalité virtuelle grâce à deux projets des studios montréalais Félix & Paul, de Félix Lajeunesse et Paul Raphaël. Ces projets seront offerts dans le volet New Frontier.

Félix Lajeunesse explique qu’Isle of Dogs permet aux spectateurs d’entrer directement dans l’univers élaboré par Wes Anderson pour son nouveau film, qui sera présenté en première le mois prochain à Berlin. La distribution canine partage sa vision du film pendant la visite virtuelle du plateau.

Du côté de Slamdance, les spectateurs pourront voir Les faux tatouages de Pascal Plante et M/M de Drew Lint.

Six courts métrages canadiens, tous réalisés ou coréalisés par des femmes, seront présentés en compétition.

Cinéma

Jean-François Caissy à la Berlinale

La 68e Berlinale sourit aux Québécois. Après Luc Picard et Pascal Plante, Jean-François Caissy a obtenu une invitation pour présenter en compétition Premières armes.

Son documentaire sera en compétition dans la section Forum. 

Il s’agit de la troisième présence au célèbre festival pour le cinéaste originaire de la Gaspésie.  Après la vieillesse et l’adolescence, le réalisateur de La marche à suivre (2014) s’attaque au début de l’âge adulte, mais avec un angle singulier: l’intégration dans les Forces armées canadiennes. Premières armes suit en effet l’adaptation d’une cohorte disparate d’hommes et de femmes à un monde régi par ses propres règles et valeurs. 

Le festival de Berlin se déroule du 15 au 25 février.  

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Une troisième allégation d’agression sexuelle contre Kevin Spacey à Londres

La police de Londres enquête au sujet d’une troisième allégation d’agression sexuelle visant l’acteur Kevin Spacey, rapportent des médias britanniques.

La Metropolitan Police a déclaré jeudi avoir reçu une allégation indiquant que «l’homme a agressé sexuellement un homme (victime 3) en 2005, à Westminster».

La police n’a pas identifié l’agresseur présumé, puisque les autorités britanniques ne nomment pas les suspects avant qu’ils ne soient accusés. Elle précise toutefois que le même homme a été accusé d’une agression en 2005 et d’une autre en 2008, les deux dans le district de Lambeth. Le suspect dans ces deux cas a été identifié par les médias britanniques comme étant Kevin Spacey.

L’acteur de 58 ans a été directeur artistique de l’Old Vic Theatre de Londres, dans le district de Lambeth, de 2004 à 2015.

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Menacé de boycottage, Woody Allen doit encore se défendre

NEW YORK - Confronté au boycottage d’un nombre croissant d’acteurs, Woody Allen a démenti jeudi les accusations d’abus sexuels de sa fille adoptive Dylan Farrow, accusant la famille de son «ex» Mia Farrow de profiter du mouvement anti-harcèlement pour relancer des «allégations discréditées».

Le démenti du légendaire réalisateur new-yorkais, qui continue à 82 ans à sortir des films chaque année, est tombé au moment même où la chaîne américaine CBS diffusait la première interview télévisée jamais accordée par Dylan Farrow.

Dans cet entretien enregistré lundi, la jeune femme de 32 ans --mère d’une fille de 16 mois-- a réaffirmé que le réalisateur l’avait agressée sexuellement en août 1992, alors qu’elle avait sept ans, dans le grenier de la maison de Mia Farrow dans le Connecticut.

«A sept ans, j’aurais dit qu’il m’a touché les parties intimes», a-t-elle indiqué. Aujourd’hui, elle peut dire plus précisément qu’»il m’a touché les lèvres et la vulve avec le doigt», a-t-elle ajouté avec émotion, en soulignant que Woody Allen recherchait alors souvent des contacts physiques inappropriés avec elle.

Dans sa déclaration mercredi, le réalisateur, qui n’a jamais été poursuivi et avait déjà publié un long démenti dans le New York Times en 2014, souligne à nouveau que ces accusations avaient à l’époque fait l’objet d’enquêtes approfondies de deux agences de protection de l’enfance, «qui ont conclu, de manière indépendante, qu’il n’y avait jamais eu d’abus».

Mais Dylan Farrow a assuré sur CBS que sa mère ne l’avait jamais poussée à quoi que ce soit, l’encourageant seulement à «dire la vérité».

Les larmes aux yeux en revoyant une interview de Woody Allen démentant les accusations, elle a accusé son père adoptif d’avoir «menti tout du long» et dit regretter que l’affaire ne soit pas allée jusqu’au procès.

Ces affirmations et contre-affirmations étalent une nouvelle fois en public la guerre opposant Woody Allen à plusieurs membres de la famille Farrow, apparue au grand jour lors de la douloureuse séparation du réalisateur de son ex-muse Mia en 1992.

Woody Allen avait alors aussi fait scandale en avouant sa liaison avec une autre fille adoptive de Mia, Soon-Yi Previn, de 35 ans sa cadette. Ils se sont depuis mariés et ont adopté deux filles.

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Marie de l’Incarnation revit aux Ursulines

Par la magie du cinéma, l’âme de Marie de l’Incarnation revit entre les murs du monastère des Ursulines. Avec le début du tournage du «documentaire onirique» Le Sang du pélican, le réalisateur Denis Boivin voit se concrétiser un projet de longue haleine sur la vie et l’œuvre de cette religieuse d’exception.

Mercredi matin, lors du passage du Soleil, le cinéaste et son équipe s’affairaient, dans la chapelle extérieure de l’un des sites patrimoniaux les plus anciens du Québec, à mettre en boîte une scène mettant en vedette l’alter ego de Marie de l’Incarnation (Karen Elkin) et sœur Marguerite Chenard.

Sous les directives de l’aide-réalisateur Jeremy Peter Allen, les deux femmes quittent leur banc d’église pour se diriger vers le maître-autel du Séminaire Saint-Joseph. La religieuse en profite pour décrire les trésors architecturaux des lieux. La scène sera reprise sous plusieurs angles. À son âge avancé, sœur Chenard, 89 ans, appréciera prendre un peu de repos sur la chaise qu’on lui apporte, entre deux prises…