Cinéma

En rafale: 3 questions à Denys Arcand

Quatre ans après son décevant «Règne de la beauté», le vétéran réalisateur Denys Arcand renoue avec le grand écran pour «La chute de l’empire américain» (en salle le 28 juin), où le thème de l’argent — celui acquis frauduleusement et celui qui fait œuvre utile — est le moteur du scénario. «Le Soleil» l’a rencontré cette semaine à Montréal.

1. Il y a quelques années, vous aviez parlé d’un projet de film autobiographique qui se serait déroulé dans votre région natale de Deschambault. Qu’en est-il ?

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L'éthique et le fric vus par le cinéaste Denys Arcand

MONTRÉAL — La sortie d’un film de Denys Arcand crée toujours l’événement. Par son titre rappelant son premier grand succès, «La chute de l’empire américain» ne fait pas exception. Dans cette fable à saveur policière, le vétéran réalisateur se penche cette fois sur la place grandissante qu’occupe l’argent dans la société, à travers le destin d’un jeune idéaliste qui met la main sur un magot que le hasard mettra sur son chemin. Une occasion pour Arcand de parler à l’écran d’évasion fiscale, de pauvreté et de partage de la richesse.

En ce mardi après-midi ensoleillé, le foyer Jean-Gascon du théâtre Maisonneuve de la Place des Arts rassemble un Denys Arcand tout sourire et l’équipe de comédiens de La chute de l’empire américain. Quelques heures plus tôt, la presse avait pu découvrir ce nouveau film, fort bien accueilli, qui porte la griffe d’un cinéaste fin observateur de la société québécoise.

Autour de lui, sur l’estrade, la famille élargie d’Arcand, à commencer par ses deux vieux collaborateurs, Rémy Girard et Pierre Curzi, flanqués pour l’occasion d’Alexandre Landry, Maripier Morin, Louis Morissette, Maxim Roy, Vincent Leclerc, Florence Longpré, Eddie King et Patrick-Emmanuel Abellard. Sans oublier la productrice et compagne du réalisateur, Denise Robert, et du producteur français Dominique Besnehard, grand ami du couple.

Après avoir baptisé sa nouvelle offrande Le triomphe de l’argent, Arcand s’est rendu compte que ce titre était «trop réducteur» et risquait de surcroît d’en effrayer plusieurs. «C’est toujours très complexe de trouver un titre, c’est toujours une bataille. Dans ce cas-ci, j’avais un problème grave parce qu’il ne représentait plus ce que le film disait», explique-t-il à l’occasion d’une table ronde avec quelques journalistes.

«Il y avait aussi le danger de rebuter des gens qui ne veulent rien savoir de l’argent. C’est un sentiment très présent au Québec», ajoute-t-il.

Le titre définitif s’est alors imposé dans son esprit. La situation politique aux États-Unis, de plus en plus sombre, l’a conforté dans son choix. «On se fait rappeler chaque jour par Trump que le pays est en pleine décomposition, de plus en plus ingouvernable. Nous sommes voisins d’un empire qui s’écroule. Nous allons finir par en subir les contrecoups.»

Chez les sans-abri

À une époque où l’argent s’impose de plus en plus comme une valeur polarisante, avec d’un côté des privilégiés qui s’en mettent plein les poches grâce aux paradis fiscaux, et de l’autre des pauvres de plus en plus pauvres, le réalisateur adopte le ton dramatico-ironique pour étayer son propos.

Au cœur de son scénario, un diplômé en philosophie (Alexandre Landry), livreur coursier par dépit, qui voit sa vie transformée après avoir subtilisé deux sacs remplis d’argent, dans la foulée d’un hold-up raté auquel il sera le témoin impuissant. Une cagnotte que le jeune idéaliste, en rupture avec les valeurs de son époque, tentera de faire fructifier, pour le bien commun, grâce à l’escorte la plus chère de Montréal (Maripier Morin) et un ex-motard repenti (Rémy Girard).

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Rodin: total manque d’inspiration *

CRITIQUE / Si Jacques Doillon cherche sérieusement pourquoi il tourne de moins en moins, la réponse se retrouve condensée dans son pitoyable Rodin. On se demandait ce que le réalisateur de Ponette (1996) pouvait apporter de plus sur le sujet au Camille Claudel (1988) de Bruno Nuytten. Rien. Autant le premier était survolté, autant le deuxième manque de passion: d’un ennui mortel.

Mais ce n’est pas le comble. Alors qu’il fait le portrait d’un artiste anticonformiste, Doillon propose un film d’un académisme navrant, avec ces petites vignettes qui se terminent avec un fondu au noir et qui utilisent la voix hors champ pour lier les ellipses.

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Le film de la semaine: «Monde jurassique: le royaume déchu» **

CRITIQUE / «Monde jurassique», qui a pris l’affiche en juin 2015, se terminait avec les dinosaures qui avaient repris possession de l’île Nublar. «Le royaume déchu» se déroule trois ans plus tard alors que les créatures sont menacées d’extinction par une éruption volcanique. Le spectateur, lui, risque plutôt de mourir d’ennui devant un tel ramassis de clichés de film de série B.

Le royaume déchu est un film prétentieux et manichéen, avec une musique pompier qui surligne chacune des péripéties des personnages. Qui, évidemment, prennent toujours de mauvaises décisions pour que le récit puisse se sortir des ornières après s’être enlisé. Passe encore que ce soit peu crédible, mais le scénario est plein de trous...

Ce nouvel épisode renoue avec Claire Dearing (Brice Dallas Howard), qui préside maintenant une association pour la protection des dinosaures. Un mécène lui propose de sauver 11 espèces qui se trouvent sur l’île pour les transférer dans un sanctuaire. Elle sollicite l’aide d’Owen Grady (Chris Pratt), l’ex-dresseur de vélociraptors. 

Une fois sur place, le duo va découvrir qu’ils se sont fait berner et que les mercenaires qui les accompagnent n’ont aucunement l’âme de protecteurs d’animaux... Ils sont évidemment à la solde du méchant de service qui, lui, n’a aucun problème moral ni éthique avec les manipulations génétiques. Celui-ci cherche à créer un nouveau dino à utiliser comme arme militaire.

On s’attend un peu à ce que Le royaume déchu soit faible en thèmes, mais à ce point? D’autant qu’il recreuse les mêmes que le précédent, essentiellement que la mégalomanie et la cupidité mènent la race humaine à sa perte. On s’en doute, avec les dinosaures au sud de la frontière...

Le dernier acte consiste presque entièrement en une partie de cache-cache entre le superprédateur et les protagonistes, dans la plus pure veine des films d’horreur. J.A. Bayona utilise d’ailleurs toute la panoplie des trucs du film d’épouvante: suggérer plutôt que montrer, créer de la tension avec le son et des ombres, puis des effets de surprise, accompagnés de plans de réaction — cris ou larmes, parfois les deux. Souvent des cris, en fait. Bryce Dallas Howard passe le premier tiers, sur l’île, à s’époumoner. Dans le dernier tiers, c’est plutôt la jeune fille qui les accompagne.

Le réalisateur espagnol s’est surtout fait remarquer pour sa réalisation très mélodramatique de L’impossible (2012), sur le tsunami catastrophique du 26 décembre 2004 en Asie. Bayona aime beurrer épais. Ce qui convient parfaitement au genre. En fait, sa mise en scène est assez dynamique, malgré quelques baisses de tension.

Mais comme Monde jurassique en 2015, ce cinquième volet adapté de l’œuvre de Michael Crichton souffre de la faiblesse de son scénario abracadabrant. Et totalement prévisible. Il y a trois ans, le réalisateur Colin Trevorrow avait coécrit. Cette fois encore, avec Derek Connolly. La paire a puisé dans les épisodes précédents, surtout Le monde perdu (1997). Pour l’originalité, on repassera.

C’est, encore et toujours, la même recette. Il y en a à qui ça convient parfaitement, comme le prouve le box-office. «Les gens s’en foutent, ils viennent pour avoir du fun», disait ma fille de 13 ans à la sortie. Qui s’est beaucoup amusée, d’ailleurs. 

D’autres, comme moi, espèrent quand même qu’il s’agit d’une franchise en voie d’extinction. Mais avec la fin, très décevante, qui annonce clairement un autre volet, nul doute qu’Universal et Amblin, la compagnie de Steven Spielberg, ont d’autres idées en tête.

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Xavier Dolan jouera dans la suite du film d'horreur «Ça»

TORONTO — Xavier Dolan se joint à la distribution de la suite du film d'horreur «Ça» («It: Chapter Two») dont le tournage se déroule à Toronto.

L'acteur et réalisateur montréalais va incarner un personnage ouvertement gai nommé Adrian Mellon, qui sera l'une des victimes du clown maléfique Pennywise.

Un représentant de Xavier Dolan a confirmé que ce dernier fera partie de la suite du film paru en 2017 et adapté d'un roman de Stephen King.

La distribution inclut l'acteur Bill Skarsgard dans le rôle du clown Pennywise ainsi que Jessica Chastain, James McAvoy, Bill Hader et un autre jeune acteur canadien, Finn Wolfhard, qui s'est fait connaître dans la populaire série Stranger Things.

Le réalisateur Andy Muschietti, qui a tourné le premier volet, sera de retour derrière la caméra pour le deuxième chapitre attendu en septembre 2019.

Xavier Dolan et Jessica Chastain ont déjà travaillé ensemble lors du tournage du premier film coécrit et réalisé en anglais par le Québécois : Ma vie avec John F. Donovan. Le rôle joué par l'actrice a toutefois dû être coupé au montage final pour les besoins de l'histoire. Selon le distributeur du film, Les Films Séville, aucune date de sortie n'a encore été arrêtée.

Rappelons que le plus récent film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde, a remporté le Grand Prix du Festival de Cannes en 2016. Il avait aussi reçu six prix Écrans canadiens.

En tant qu'acteur, on a notamment pu voir Xavier Dolan dans ses propres films J'ai tué ma mère et Les amours imaginaires ainsi que dans La Chanson de l'éléphant du réalisateur Charles Binamé.

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Will Ferrell et Netflix préparent un film inspiré de l’Eurovision

LOS ANGELES — L’acteur américain Will Ferrell va réaliser et jouer dans un film pour Netflix inspiré du concours de l’Eurovision, un événement annuel qui attire des dizaines de millions de téléspectateurs.

La vedette de 50 ans devrait coécrire le scénario avec Andrew Steele, ancien responsable des auteurs de la célèbre émission satirique Saturday Night Live dans laquelle Will Ferrell s’est produit pendant plusieurs années.

Cinéma

Un vrai superhéros aux MTV Movie Awards

LOS ANGELES — Le long métrage «Panthère noire» et la série «Stranger Things» ont été les vedettes des MTV Movie & TV Awards, empochant les récompenses les plus en vue, une cérémonie marquée par l’ovation à un «vrai superhéros» un jeune homme ayant réussi à désarmer un tireur dans le Tennessee.

Le grand succès Panthère noire, premier film sur un superhéros noir, est reparti avec quatre prix, dont celui de «film de l’année». Sa star, Chadwick Boseman, a reçu la récompense de «meilleur acteur dans un film» et de «meilleur héros». Michael B. Jordan a lui gagné celui de «meilleur méchant» pour son rôle dans la superproduction.

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«Les Incroyable 2»: gare aux crises d’épilepsie

TORONTO — Les cinémas Cinéplex qui présentent «Les Incroyable 2» ont diffusé un avertissement de santé aux épileptiques qui voudraient aller voir le film d’animation de Disney.

Certaines scènes avec des lumières clignotantes pourraient causer des crises d’épilepsie, selon la porte-parole Sarah Van Lange.

Cinéma

Sentsov n'est pas un vrai réalisateur, affirme la voix médiatique du Kremlin

MOSCOU — Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis un mois et qui purge une peine de 20 ans dans un camp du Grand Nord russe, n'est pas un véritable réalisateur, a assuré dimanche la principale voix médiatique du Kremlin.

Connu pour être le porte-voix du Kremlin, Dmitri Kisselev a dénoncé le soutien de la communauté internationale envers Oleg Sentsov, alors que plusieurs pays et personnalités ont appelé à sa libération, en pleine Coupe du Monde.

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Démarrage record pour «Les Incroyable 2» au box-office

WASHINGTON — La célèbre famille de super-héros «Les Incroyable» est de retour après 14 ans et le film d'animation des studios Pixar a remporté 180 millions $ dès le week-end de sa sortie aux États-Unis et au Canada, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par le cabinet spécialisé Exhibitor Relations.

M. Incroyable, sa femme et leurs trois enfants disposent chacun de super-pouvoirs — invisibilité, force ou rapidité — et partagent une aversion pour la banalité du quotidien.

Après un premier opus en 2004 plus centré sur le père de famille, c'est désormais son épouse, Elastigirl, qui travaille à sauver le monde dans ce dessin animé ayant réussi le plus gros démarrage jamais enregistré par un film d'animation, loin devant le record établi par Trouver Doris en 2016 (135 millions $).

Sur la deuxième marche du podium, on retrouve Debbie Ocean's 8, reboot féminin de la célèbre saga mettant cette fois en scène Debbie (Sandra Bullock), la soeur de Danny Ocean (George Clooney), ainsi que Cate Blanchett, Anne Hathaway et Rihanna.

Pour son deuxième week-end, ce film de braquage tout en glamour et paillettes remporte 19,6 millions $ de recettes, soit un total de 79,2 millions $ depuis sa sortie.

Une autre nouveauté arrive en troisième position : la comédie Tag qui raconte les pitreries d'un groupe d'amis.

Inspiré d'une histoire vraie, le film a rapporté 14,6 millions $ en trois jours avec les farces de ces cinq hommes qui reprennent chaque année une partie de «tague» commencée lorsqu'ils étaient jeunes.

Le comique est filé autour de ce jeu de cour de récréation, qui consiste à toucher un autre joueur pour le rendre à son tour «tagueur», en le déclinant dans la vie adulte.

Solo : une histoire de Star Wars continue de décevoir et perd deux places au classement pour son quatrième week-end. Le dernier spin-off de la saga spatiale a récolté 9,1 millions $ entre vendredi et dimanche et 192,8 millions $ depuis sa sortie.

Deadpool 2, film de super-héros de la Fox, prend la cinquième place avec 8,8 millions $ et 294,7 millions $ au total en cinq semaines.

Voici la suite du classement :

6 - Hérédité (7 millions $, 27,2 millions $ en 2 semaines)

7 - Superfly (6,3 millions $, première semaine)

8 - Avengers : la guerre de l'infini (5,3 millions $, 664,2 millions $ en 8 semaines)

9 - En pleine tempête (2,1 millions, 26,8 millions en 3 semaines)

10 - Club de lecture (1,85 millions $, 62 millions $ en 5 semaines)