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Cinéma

«Dieu existe, son nom est Petrunya»: Chemin de croix ***

CRITIQUE / Avec un titre comme «Dieu existe, son nom est Petrunya», on se doute bien que le long métrage va jouer (un peu) la carte de la provocation. Satire sociale douce-amère, le film présenté en compétition à Berlin 2019 dénonce avec beaucoup d’à propos le traditionalisme et la misogynie d’une société patriarcale. La réalisatrice a toutefois la main plus lourde dans la deuxième moitié, surtout vers la fin.

La Petrunya (Zorica Nusheva) du titre est tout un numéro. À 32 ans, diplômée en histoire et éternelle chômeuse, elle tente de s’extirper de l’emprise de ses parents — surtout celle de sa mère surprotectrice. Mais il y a peu de place pour des femmes comme elle en Macédoine…

Cinéma

Les Misérables: fierté dans la banlieue parisienne

MONTFERMEIL — «Une revanche! Pour lui et tous les habitants» : dans les allées du marché de Clichy-Montfermeil, banlieue parisienne où a été tourné Les Misérables de Ladj Ly, les habitants disent leur «fierté» de voir ce film sélectionné aux Oscars.

«Maintenant les Américains vont pouvoir nous contacter!» rigole Clément entre les étals chargés de clémentines et de vêtements bon marché. Ce résident de 35 ans fait une brève apparition comme figurant au début du long métrage.

«Ça fait plaisir qu’il aille jusqu’aux Oscars. Ça fait longtemps que Ladj fait ça, il tournait avec son petit téléphone», ajoute-t-il. «C’est une revanche! Pour lui et tous les habitants du 93», numéro du département qui englobe cette banlieue, la Seine-Saint-Denis, lance aussi Rahma, 44 ans.

Sur le marché, beaucoup ont entendu parler du film et connaissent l’histoire de son réalisateur, âgé de 40 ans, qui a grandi et vécu à Montfermeil. Le film, encensé par la critique et déjà primé à Cannes, a franchi lundi une nouvelle étape : il a été sélectionné pour représenter la France aux Oscars.

Tourné en six semaines à Clichy-sous-Bois et Montfermeil, il raconte l’histoire d’une bavure policière dans une cité sensible, à travers le destin d’un policier qui débarque à la brigade anticriminalité.

«J’ai adoré, j’ai été très touché», dit Cyril, 29 ans, éducateur spécialisé dans le quartier. «J’ai reconnu la banlieue telle que je la connais», dit-il. Marqué par la «brutalité» qui s’en dégage, il retient le «constat d’urgence» dressé par le film.

La «rage au ventre»

«La violence, il n’y a pas que ça ici. Mais bien sûr que certains jeunes de banlieue vivent avec la rage au ventre», dit l’éducateur.

Il sait que le président Macron «a promis de faire des choses pour la banlieue» après avoir vu le film. «J’aimerais, j’espère, mais je n’y crois pas vraiment».

L’éducateur évoque le précédent du film La haine, de Mathieu Kassovitz, auquel Les Misérables est souvent comparé. «La haine a cartonné en 1995 et pourtant, il n’y a pas beaucoup de choses qui ont changé depuis.»

Dans ce quartier très enclavé où les émeutes de 2005 qui avaient embrasé les banlieues françaises ont démarré, le tramway vient tout juste d’arriver. Plusieurs tours d’immeuble sont tombées avec la rénovation urbaine. Aujourd’hui, c’est une gare du métro du Grand Paris qui doit bientôt sortir de terre.

«Les transports, la rénovation urbaine, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant», poursuit Clément, évoquant «l’emploi», «le pouvoir d’achat».

Mehdi, 17 ans, vient acheter une pizza turque sur un stand du marché. Lui aussi s’est retrouvé dans le film. «Il y a des gens qui font des classes préparatoires, il y a de tout ici». Mais la violence décrite est «aussi une réalité». «C’est bien que ce soit montré», dit l’adolescent. «C’est difficile d’expliquer à des gens de l’extérieur comment on vit ici».

Djamila, 47 ans, a elle découvert une réalité qu’elle ne soupçonnait pas. Elle habite la zone pavillonnaire de la ville, «ça m’a choqué de voir ces jeunes-là, l’état des cités, mais on se dit que malgré tout, on peut s’en sortir à Clichy-sous-Bois».

Véronique, 50 ans, Clichoise depuis des années, a trouvé le film trop «négatif». Il ne «montre qu’un aspect des choses», regrette-t-elle. «J’aurais aimé qu’il y ait une image positive».

«C’est une réelle fierté pour nous», disent pourtant Fatima et Camélia, 18 ans, stagiaires dans une association de soutien scolaire basée dans la ville. Elles retiennent aussi le parcours de Ladj Ly : «c’est un exemple pour les jeunes, ça montre qu’en partant de rien, on peut avoir tout.»

Cinéma

Cate Blanchett présidera le jury de la 77e Mostra de Venise

ROME — L’Australienne Cate Blanchett présidera le jury de la prochaine Mostra de Venise, festival international du film dont la 77e présentation se tiendra du 2 au 12 septembre, ont annoncé jeudi les organisateurs.

La décision de désigner l’actrice et productrice Cate Blanchett, 50 ans, à la tête du jury a été prise le 10 janvier par le Conseil d’administration de la Biennale de Venise, dont la Mostra est une entité, expliquent les organisateurs dans un communiqué. «Chaque année j’attends la sélection de Venise, et chaque année, elle est surprenante et remarquable», a déclaré Cate Blanchett dans le communiqué. «Venise est l’un des festivals de cinéma les plus attrayants au monde, une célébration de ce moyen provocateur et stimulant qu’est le cinéma sous toutes ses formes».

À la pointe du combat des femmes contre les violences sexuelles dans le cinéma, notamment depuis le scandale Weinstein, Cate Blanchett avait porté la contestation au festival de Cannes en 2018, année où elle présidait aussi le jury. 

Cinéma

Le réalisateur Christophe Ruggia en garde à vue

PARIS — Le réalisateur français Christophe Ruggia, accusé d’«attouchements» par l’actrice Adèle Haenel lorsqu’elle était adolescente, a été placé en garde à vue mardi, a-t-on appris auprès du parquet de Paris, confirmant une information des médias LCI et Mediapart.

M. Ruggia a été placé en garde à vue par les enquêteurs de l’Office central pour la répression des violences aux personnes «dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte le 6 novembre 2019 des chefs d’agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité et harcèlement sexuel», a-t-on indiqué.

Cinéma

«The New Pope» de Sorrentino: le Vatican affronte ses démons extérieurs

PARIS — «La grande question de la place des femmes arrivera aussi au Vatican», présage le réalisateur italien Paolo Sorrentino, qui expose le nouveau pape de sa série à quelques tourments du monde extérieur : le féminisme et le terrorisme.

Dans cette deuxième saison disponible sur HBO, un nouveau pape est élu alors que Pie XIII (Jude Law) est dans le coma.

Ce nouveau pape franciscain veut donner les richesses du Vatican aux pauvres... Il ne tiendra pas longtemps. Il fait alors place au «grandiloquent» Jean-Paul III, joué par John Malkovich, qui prend les commandes pour insuffler son charme et ses doutes au Vatican.

L’actrice Sharon Stone et la rock star Marilyn Manson font aussi une apparition dans cette série (9X52 minutes) à la réalisation baroque, avec des grandes scènes filmées entre cérémonie et vidéoclip, une bande-son très pop, des discours sur l’amour et la foi.

Pour créer Jean-Paul III, Paolo Sorrentino s’est inspiré du cardinal John Henry Newman (1801-1890), le plus célèbre des anglicans ralliés au catholicisme, béatifié fin 2019.

«Il était adepte d’une voie du milieu, dans le sens du compromis», a expliqué le réalisateur de passage à Paris, aux côtés des deux actrices principales de cette série, Cécile de France et Ludivine Sagnier.

Pie XIII va se réveiller pour affronter une menace terroriste qui pèse sur le Vatican, et pour le plus grand bonheur des fans de Jude Law.

«Sourires et clins d’œil» 

Pie XIII et Jean-Paul III ont quelque chose en commun. «Dans leur grande sagesse, ils sont prêts à renoncer à leur ambition individuelle au nom de leurs idées, contrairement à beaucoup d’hommes politiques» lance le réalisateur de La grande bellezza et de Il Divo.

Le cardinal napolitain Voiello (Silvio Orlando) prend là une ampleur qu’il n’avait pas dans la première saison. «Voiello est inspiré de moi, pour les choses les plus stupides, et de certains hommes politiques italiens et catholiques des dernières années, très habiles dans leurs manœuvres», souligne le réalisateur.

Face à Malkovich, Cécile de France avait «l’impression d’être adolescente, de revoir les Liaisons dangereuses», un des grands films de l’acteur américain. Le personnage de l’actrice est aussi «complètement sous le charme» du pape Jean-Paul III, construisant une «relation lumineuse et platonique» avec lui.

L’actrice belge parle de l’œuvre de Sorrentino comme d’un «cinéma d’une grande sensualité». «J’avais l’impression d’être aux premières loges, avec un grand metteur en scène de théâtre, de danse [...] Il s’éloigne complètement du réalisme pour aller vers une dramaturgie, une profondeur psychologique», selon Cécile de France.

Ludivine Sagnier joue une fidèle qui «n’a aucun outil pour sortir de l’oppression masculine, va d’humiliation en humiliation, perd complètement pied avec le réel», explique l’actrice française.

Paolo Sorrentino met ainsi les femmes en avant dans The New Pope avec ces deux actrices, mais aussi avec une grève historique des nonnes.

«L’Église est bien plus sexiste que le reste du monde», souligne Paolo Sorrentino. «Les femmes n’y ont absolument pas les mêmes droits, elles ne peuvent pas dire la messe, elles vivent en fonction des hommes. C’est une situation qui prendra fin.»

Dans quelle mesure s’est-il inspiré de l’actualité? «Paolo est encore en dessous de la réalité», intervient Ludivine Sagnier, évoquant les scandales autour de la pédophilie à l’Église.

Paolo Sorrentino assure que la série n’a pas pu choquer les prêtres, qui «au confessionnal écoutent des péchés toute la journée».

Lors d’une visite au Vatican, «les prêtres me faisaient des sourires et des clins d’œil, comme pour me dire que ça leur avait plu», raconte le réalisateur.

Alors qu’il prépare un film aux États-Unis avec Jennifer Lawrence, le réalisateur assure qu’une troisième saison est «possible» et qu’il a «quelques idées».

Cinéma

La part de marché des films québécois en baisse en 2019

La part de marché des films québécois a encore connu une légère baisse en 2019, comme d’ailleurs celle des films américains, indique l’agence Cinéac, qui compile les recettes aux guichets de tous les cinémas du Québec.

Les recettes aux guichets des cinémas québécois ont par ailleurs augmenté de 2 %, passant de 173 M$ en 2018 à 176,7 M$ en 2019.

La part de marché des films québécois est passée de 8,2 à 7,6 % entre 2018 et 2019; elle était de 11,2 % en 2017, mais on n’avait pas vu de tels chiffres depuis 2009. Le cinéma québécois avait connu une hausse progressive pendant les années 2000, atteignant même 18,2 % de part de marché en 2005. Il poursuit toutefois une tendance à la baisse depuis, avec quelques pics soudains lorsqu’un gros succès québécois attire les foules — comme Bon Cop, Bad Cop ou De père en flic.

La part de marché des films américains aux guichets québécois entre 2018 et 2019 est passée de 80,1 à 77,3 %. Ce sont les films étrangers qui ont comblé les écarts : les films français sont passés de 2,7 à 3,8 % des parts de marché, alors que les films étrangers d’«autres pays» sont passés de 8,7 à 11,2 %.

Les films québécois sortis entre le 28 décembre 2018 et le 26 décembre 2019 et qui ont le mieux cartonné aux guichets sont Menteur (5,8 millions $), Il pleuvait des oiseaux (1,9 M$) et La Femme de mon frère (714 000 $). On retrouve ensuite Matthias et Maxime (462 000 $), Antigone (environ 400 000 $) et Jeune Juliette (env. 300 000 $).

Femmes réalisatrices

Sur les 10 films québécois les plus payants aux guichets en 2019, sept ont été réalisés par des femmes. La Course des tuques a récolté 1,2 M$ en 2019, mais comme il était sorti le 7 décembre 2018, il ne fait pas partie de ce classement.

Menteur, d’Émile Gaudreault, est par ailleurs le seul film québécois à se classer dans le tableau des 20 films les plus populaires aux guichets, toutes origines confondues : la comédie s’est classée cinquième, tout juste derrière Capitaine Marvel. Les films les plus populaires sur les écrans québécois en 2019 ont été les grands succès américains Avengers : phase finale (12 M$), Le Roi lion (10,5 M$) et Joker (7,7 M$).  

Cinéma

Spike Lee président du jury à Cannes [VIDÉO]

Le réalisateur américain Spike Lee sera le président du jury de la 73e édition du Festival de Cannes, une grande fête du cinéma international qui se tiendra du 12 au 23 mai.

Spike Lee, qui est âgé de 62 ans, est présenté par les organisateurs du festival comme étant un réalisateur qui a signé de nombreux films devenus objets de culte et qui a amené au cinéma contemporain les questionnements et les révoltes de l’époque sans oublier de s’adresser au public qu’il a sensibilisé à ses causes. 

En 2018, il a présenté son film BlacKkKlansman: Opération infiltration au Festival de Cannes. Le Délégué général du Festival, Thierry Frémaux, croit que le tempérament provocateur de l’artiste originaire d’Atlanta provoquera de l’émotion au sein de l’élite mondiale du cinéma qui se réunira à Cannes. Il deviendra le premier représentant de la diaspora africaine à présider le prestigieux festival. 

Spike Lee affirme que lorsqu’on l’a appelé pour lui offrir de présider le jury, il était à la fois heureux, surpris et fier. Il ajoute qu’à titre personnel, le Festival de Cannes a eu un impact énorme sur sa carrière de cinéaste. 

À titre de président du jury, Spike Lee succède à Alejandro Inarritu. 

La sélection officielle et la composition du jury de la 73e édition du Festival de Cannes seront dévoilées à la mi-avril. 

Cinéma

Billie Eilish devient la plus jeune interprète d’une chanson titre de James Bond

NEW YORK — La chanteuse américaine Billie Eilish va interpréter le morceau officiel du nouveau volet des aventures de James Bond, «Mourir peut attendre», a annoncé mardi le site de 007.

L’artiste de 18 ans, qui a écrit le texte du morceau avec son frère et complice habituel Finneas, sera la plus jeune interprète de l’histoire des bandes originales de James Bond.

La société EON Productions, qui produit tous les épisodes de James Bond, a toujours attaché une importance particulière à la bande-son de ses films et cherché à recruter des chanteurs en phase avec leur époque.

Madonna, Adele, Sam Smith, Alicia Key ou Jack White ont ainsi prêté leur voix au générique d’un volet, avec des résultats inégaux.

«Live and Let Die» de Paul McCartney and Wings, «Skyfall» d’Adele ou «Goldfinger» de Shirley Bassey (qui a interprété le morceau titre de trois épisodes) restent parmi les plus appréciés.

«Mourir peut attendre», 25e film de la saga, sortira le 2 avril au Royaume-Uni, le 8 en France et le 10 aux États-Unis.

Coulant une paisible retraite en Jamaïque, James Bond y est contacté par un agent de la CIA pour partir à la recherche d’un scientifique victime d’un enlèvement.

Daniel Craig y reprend, pour ce qui devrait être la dernière fois, le rôle de l’agent britannique, tandis que Rami Malek, Oscar 2019 du meilleur acteur pour «Bohemian Rhapsody», se glisse dans la peau d’un mystérieux ennemi.

«C’est dingue»

«C’est dingue de faire partie (de ce film)», a réagi Billie Eilish, citée dans le communiqué, pour qui il s’agit d’un «grand honneur».

«Écrire la chanson principale d’un Bond, nous en rêvons depuis toujours», a-t-elle ajouté. «James Bond est la franchise cinématographique la plus cool de l’histoire. Je suis encore sous le choc.»

Sorti en mars, le premier album de Billie Eilish, «When We All Fall Asleep, Where Do We Go?», a atteint la deuxième place des ventes aux Etats-Unis en 2019, derrière «Hollywood’s Bleeding», du rappeur Post Malone.

La chanteuse californienne a été nommée dans les quatre catégories principales aux Grammy Awards, les récompenses de l’industrie musicale américaine, qui seront décernées le 26 janvier.

Au total, elle est en lice dans six catégories.

Cinéma

Oscars: «Joker», «1917», Tarantino et… «Parasite» au plus fort de la course!

Comme prévu, «Joker» (11 nominations), «1917» (10), «Il était une fois à Hollywood» (10) et «The Irishman» (10) compétitionneront dans les catégories de pointe aux Oscars. Mais surprise, le «Parasite» de Bong Joon-ho se retrouve aussi nommé pour les statuettes des meilleurs film, réalisateur et scénario en plus de celle pour le film international! On repassera toutefois pour la diversité…

La dernière fois, sauf erreur, qu’un long métrage produit à l’extérieur des États-Unis avait obtenu un tel succès auprès des membres de l’Académie : Tigre et dragon d’Ang Lee en 2001, qui était reparti avec quatre Oscars.

Cinéma

La top model Gigi Hadid juré au procès Weinstein?

NEW YORK — La top model Gigi Hadid a fait une apparition lundi, en tant que juré potentiel, au procès pour agressions sexuelles du producteur de cinéma Harvey Weinstein, dernière célébrité en date de ce procès ultra-médiatisé.

La vedette des podiums était au tribunal de Manhattan lundi matin, parmi un nouveau contingent de jurés potentiels qui se succèdent depuis une semaine.

Douze jurés et six suppléants doivent être sélectionnés d’ici la semaine prochaine pour ce procès emblématique du mouvement #MoiAussi. La mannequin de 24 ans a levé la main quand le juge James Burke a demandé si, parmi les quelque 120 jurés potentiels convoqués ce lundi, certains connaissaient M. Weinstein.

«J’ai rencontré l’accusé», a déclaré la mannequin, avant d’indiquer connaître aussi d’autres personnalités dont le nom pourrait être cité pendant le procès, comme Salma Hayek, qui a accusé M. Weinstein de harcèlement sexuel.

Alors que le juge lui demandait si elle pouvait juger l’affaire de façon impartiale malgré tout, Gigi Hadid a répondu par l’affirmative. «Je crois pouvoir quand même garder l’esprit ouvert sur les faits», a-t-elle répondu.

Elle fera donc partie des jurés potentiels appelés à revenir jeudi prochain, pour une sélection plus poussée.

Il semble néanmoins improbable que cette vedette des réseaux sociaux, suivie par plus de 51 millions de personnes sur Instagram, soit retenue parmi les jurés.

Harvey Weinstein, 67 ans, ancien tout-puissant producteur d’Hollywood, a été accusé de harcèlement ou d’agressions sexuelles par plus de 80 femmes, dont des célébrités comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Léa Seydoux.

Mais il ne sera jugé à New York que pour deux cas, un viol et une agression sexuelle, la plupart des faits reprochés étant prescrits.  

Cinéma

Patrick Stewart réinvente son personnage culte du commandant Jean-Luc Picard

PARIS — Le grand retour du commandant Jean-Luc Picard : après une longue éclipse, Patrick Stewart reprend son plus célèbre rôle dans la série inédite «Star Trek : Picard», qui va faire découvrir la saga culte de science-fiction à une nouvelle génération de fans.

Le démarrage le 23 janvier sur CBS et le lendemain sur Amazon Prime Video de cette nouvelle déclinaison de Star Trek est un événement attendu par de nombreux amateurs de science-fiction, et cette production s’annonce comme l’une des plus grosses séries internationales de 2020.

Pour ce projet, l’acteur britannique Patrick Stewart a accepté d’endosser de nouveau le costume du commandant Picard, dont il s’était tenu longtemps éloigné après l’avoir incarné à la télévision dans Star Trek : The Next Generation (1987-1994) puis à quatre reprises au cinéma, pour la dernière fois en 2002 dans Star Trek : Nemesis.

«Cela fait 17 ans que j’ai dit “au revoir” à Jean-Luc. Et j’avais la ferme intention de ne plus retourner dans cet univers, et j’étais en outre persuadé que tout ce qu’il y avait à dire l’avait déjà été», a confié à l’AFP le célèbre acteur, lors d’un déplacement fin 2019 à Paris.

Jusqu’à ce que le créateur de «Star Trek : Picard» Alex Kurtzman, et Michael Chabon, l’un des scénaristes, le séduisent avec leur projet qui ambitionne de renouveler profondément son ancien rôle.

«J’ai trouvé qu’ils avaient des idées inattendues, et qu’ils avaient imaginé un monde différent de celui créé dans Next Generation, dit-il. Il y a un ou deux personnages qu’on retrouve, mais le monde autour d’eux est transformé, ce n’est plus le même». L’action, qui était centrée autour de l’Entreprise dans Next Generation, sera beaucoup plus mouvante et imprévisible, assure-t-il.

Quant à son personnage, «il est dans une situation complètement différente de celle des quatre films et des 178 épisodes» de la série antérieure, décrit-il.

Car l’amiral à la retraite Jean-Luc Picard, symbole d’autorité et de stabilité, a perdu de sa superbe. D’après les rares éléments du scénario qui ont été dévoilés au public, il est déboussolé par le décès de l’androïde Data et n’est plus qu’une relique pour les officiers de Starfleet. Mais une jeune femme en détresse, Dahj, va le pousser à se lancer dans une nouvelle mission...

La série dévoilera des éléments inédits sur les origines de Jean-Luc Picard, et évoquera la culture française (en voie d’extinction dans Star Trek) dont il est imprégné...

«Belle responsabilité»

Des scènes ont été filmées dans un domaine viticole français reconstitué en Californie, «pour que ça ait l’air authentique». «Nous avons essayé de créer un monde aussi français que possible, et je parle même en français pour la première fois», s’amuse Patrick Stewart.

Dans sa nouvelle quête, Picard est secondé par Raffi Musiker, une enquêtrice hors pair, mais troublée par des démons intérieurs, et qui accepte de l’aider malgré leur histoire personnelle «compliquée».

«C’est un personnage qui a eu des difficultés, et qui essaye de s’en sortir comme elle peut... Mais c’est aussi un génie, elle est extrêmement douée. Je crois que son talent l’aide à s’en sortir», explique Michelle Hurd, qui incarne ce personnage tourmenté.

Isa Briones joue Dahj, un autre personnage féminin central, par qui l’action va démarrer. «C’est elle qui débarque et met les choses en mouvement», résume l’actrice, consciente du défi de transmettre à un nouveau public un univers qui inspire des légions de fans.

«C’est une belle responsabilité que nous avons. Il y a tellement de personnes pour qui cette série [Star Trek] a tellement compté, et qu’elle a aidées à sortir de leur coquille, et à trouver des personnes qui pensent comme eux», dit-elle.

La nouvelle série, comme les plus grandes œuvres de la science-­fiction, devrait se faire l’écho de problématiques contemporaines, mais tout en subtilité.

«On raconte des choses qui résonnent avec notre époque, mais on ne s’en rendra compte que tout à la fin», promet Michelle Hurd. Une démarche qui s’inscrit dans la pure tradition de Star Trek : «nous ne donnons pas de leçons, mais on essaye d’apporter un nouvel éclairage sur les tourments de l’humanité».

Cinéma

Pour Steve McQueen, les Bafta négligent les «talents noirs»

LONDRES — Le réalisateur britannique Steve McQueen s’est élevé lundi contre le manque de diversité au sein des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, accusant l’institution de «négliger» les «talents noirs» et l’appelant à évoluer.

La British Academy of Film and Television Arts (Bafta), qui remet ses prix le 2 février, est critiquée pour n’avoir nommé que des acteurs blancs et aucune femme dans la catégorie du meilleur réalisateur. Cela s’était déjà produit en 2015 et 2016.

Cinéma

Ladj Ly souhaite inspirer les jeunes

PARIS — Le réalisateur français Ladj Ly s’est dit lundi «heureux et fier» que son film «Les Misérables» soit nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger, souhaitant que son exemple donne envie aux jeunes «d’aller jusqu’au bout» de leurs rêves.

«C’est exceptionnel. Je suis heureux, fier et content. C’est une incroyable aventure de voir que l’on est le représentant de la France aux Oscars. C’est juste énorme», a déclaré Ladj Ly à l’AFP, en marge d’une soirée à Paris organisée en amont de la cérémonie des Césars, le palmarès du cinéma français, qui se tiendra fin février.

«J’espère que ça va faire réfléchir cette jeunesse, lui donner envie d’aller jusqu’au bout et lui montrer que l’on peut partir de rien, de tout en bas, comme moi, et se retrouver par exemple aux Oscars», a-t-il ajouté, après l’annonce lundi des nominations américaines. «Je n’ai jamais imaginé que cela puisse arriver, a-t-il encore dit. Quand j’ai appris la nouvelle, c’était fou.

Une tribune

«Si je gagne l’Oscar, je me servirai de cette tribune, a promis le cinéaste de 40 ans. Mon film est engagé et politique et concerne tous les pays finalement».

Les Misérables fait partie des cinq films nommés dans la catégorie meilleur film étranger pour les Oscars, qui seront remis le 9 février à Los Angeles, aux côtés notamment de Douleur et gloire de Pedro Almodovar et de Parasite de Bong Joon-ho.

Prix du jury du festival de Cannes, Les Misérables raconte l’histoire d’une bavure policière dans une cité sensible de Seine-Saint-Denis, à travers le destin d’un policier qui débarque en plein été à la brigade anticriminalité.

Parasite, Palme d’or du dernier Festival de Cannes, part favori, mais il a décroché aussi cinq autres nominations, notamment dans la catégorie phare du meilleur film.

Le long métrage sud-coréen a déjà remporté le Golden Globe du meilleur film étranger.

Cinéma

Nomination de «Brotherhood» de la Montréalaise Meryam Joobeur aux Oscars

Meryam Joobeur a obtenu une nomination aux Oscars pour son court métrage «Brotherhood». La cinéaste tunisienne et américaine vit à Montréal depuis maintenant 11 ans.

La jeune femme est en lice dans la catégorie du meilleur court métrage de fiction pour son film portant sur un berger tunisien qui fait face à un dilemme lorsque son fils aîné revient de Syrie en compagnie de sa mystérieuse femme.

Le film est une coproduction de la Tunisie, du Canada, du Qatar et de la Suède.

C’est entourée de son équipe et de sa famille, à Montréal, que Meryam Joobeur a appris la nouvelle de sa nomination, lundi matin. Une nomination, confie-t-elle, qui a été accueillie par des cris, des rires et de la joie.

La nouvelle a suscité d’autant plus de fierté chez la réalisatrice qu’il s’agit d’une première nomination aux Oscars pour la Tunisie.

«C’est très touchant», a-t-elle confié en entrevue avec La Presse canadienne.

«[Sur place], ils sont très contents. Toute l’équipe là-bas, mes amis, ma famille, le pays aussi. C’est un moment historique pour nous, donc ils sont très contents et fiers.»

Le Québec peut toutefois s’approprier une partie de cette fierté.

«Le film, c’est une coproduction entre le Québec et la Tunisie. L’équipe, c’est un mélange. Moi, ça fait 11 ans que j’habite ici, donc le Québec, c’est mon chez-moi. C’est une fierté pour les deux pays», a-t-elle indiqué, ajoutant qu’elle n’aurait pu faire le film sans le soutien des membres québécois de l’équipe.

Avant Brotherhood, Meryam Joobeur avait signé le court métrage documentaire Gods, Weeds and Revolutions en 2012 et le court métrage de fiction Born in the Maelstrom en 2017. Elle espère maintenant que son prochain projet sera un long métrage.

Cinéma

«1917» détrône «Star Wars» en tête du box-office

NEW YORK — Le film de guerre «1917» a pris ce week-end la tête du box-office nord-américain, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations, détrônant le dernier volet de la saga «Star Wars».

Le long métrage de Sam Mendes, meilleur film dramatique aux Golden Globes, a réalisé 36,5 millions $US de recettes aux États-Unis et au Canada pour sa sortie élargie en salles.

Durant ses deux premières semaines d’exploitation, il n’était visible que dans une poignée de salles, avant d’arriver sur plus de 3000 écrans vendredi.

«1917» retrace l’épopée de deux soldats britanniques qui traversent les lignes de front en 1917 pour aller porter un message crucial à 1.600 poilus pour leur éviter de tomber dans un piège.

En trois semaines, le film a rapporté 39,2 millions de dollars au box-office nord-américain et 60,4 dans le monde, selon les chiffres du site spécialisé Box Office Mojo.

Pour sa quatrième semaine d’exploitation, «Star Wars: L’ascension de Skywalker» commence à marquer le pas et se contente de la deuxième position avec 15,1 millions $US de recettes, ce qui porte son total à 478,2 millions depuis sa sortie.

Le neuvième volet de la saga n’est plus qu’à un souffle du milliard de dollars de tickets vendus, avec 989,5 millions à date.

En troisième position arrive «Jumanji: Le prochain niveau», qui continue de séduire avec 14 millions de dollars de recettes de vendredi à dimanche en Amérique du Nord.

En cinq semaines, le troisième épisode de «Jumanji» a glané 257,1 millions $US aux États-Unis et au Canada.

Derrière ce trio se glissent deux nouveautés, à égalité avec chacune 10 millions $US de revenus dans les salles.

«La guerre des Boss», explication musclée entre entrepreneuses des cosmétiques, s’en tire honorablement bien qu’éreinté par la critique.

Il fait jeu égal avec «La voie de la justice», inspiré de l’histoire vraie de l’avocat Bryan Stevenson, qui s’engagea dans l’Alabama au service d’un homme noir injustement condamné.

Sorti dans quelques salles à Noël avant que sa diffusion ne soit très largement renforcée vendredi, le film a porté son total, ce week-end, à 10,4 millions $US en trois semaines.

Voici le reste du top 10

6. «Les Quatre Filles du Docteur March»: 7,6 millions de dollars et 74 en trois semaines

7. «Sous pression»: pour son premier week-end, ce film sur un équipage sous-marin coincé en eaux profondes réalise 7 millions de dollars de recettes

8. «La Reine des Neiges 2»: 5,8 millions (459,3 en huit semaines)

9. «À couteaux tirés»: 5,7 millions (139,6 en 7 semaines)

10. «Espions Incognito»: 5,1 millions (54,6 en 3 semaines)

Cinéma

«Les Bronzés» fêtent le film culte dans les Alpes

VAL D’ISÈRE — Les protagonistes ont pris quelques rides, le film pas une : le froid piquant de Val d’Isère, dans les Alpes françaises, a bien conservé l’humour des Bronzés, réunis samedi dans la station savoyarde pour les 40 ans de l’aventure à ski.

Pour l’occasion, les acteurs Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Gérard Jugnot et Bruno Moynot, le producteur Yves Rousset-Rouard et le réalisateur Patrice Leconte sont revenus sur les lieux du tournage de cette comédie devenu culte pour le cinéma français.

Seul Gérard Jugnot a profité du grand beau temps pour skier un peu et effectuer son petit «pèlerinage». «Ca a changé quand même, enfin la neige n’a pas changé», a-t-il plaisanté. «On a revu des endroits où on avait tourné, ça, c’est rigolo», a ajouté Gérard alias Bernard, pour qui «c’est un truc de fou ce film, on ne pensait pas que 40 ans plus tard on en entendrait parler».

«Il n’y a pas de recette, c’est un mélange, il y a un côté permanent des vacances au ski, les personnages inventés, le rire qui tient le choc, la question est sans réponse», a estimé Marie-Anne Chazel/Gigi.

Les acteurs ont retrouvé leur public en fin d’après-midi sur l’avenue Olympique. Ils ont commenté certaines scènes et répliques mythiques, diffusées devant eux sur grand écran, avant de se voir apporter un gâteau spécialement réalisé par le meilleur ouvrier de France pâtissier, Patrick Chevallot, de Val-d’Isère.

Les acteurs ont également reçu leur poids en cuvée spéciale «40e anniversaire les bronzés font du ski» par le producteur Yves Rousset-Rouard, aujourd’hui vigneron.

Dans la station, des petits panneaux reprenant des répliques ont été installés aux endroits-clés du film, comme le télésiège Bellevarde Express avec «Quand te reverrais-je ? Pays merveilleux !», quand le personnage de Michel Blanc se retrouve coincé, ou au restaurant la Grande Ourse pour «Ils ne tomberont pas plus bas», lorsque le personnage de Bernard fait tomber tous les skis apposés contre le porte-skis.

«On ne pouvait pas imaginer que des enfants qui n’étaient même pas au stade de l’échographie connaîtraient des dialogues par coeur», a résumé Patrice Leconte, encore tout esbaudi de la destinée de ce film.

Cinéma

L’équipe du «Joker» n’a pas voulu aller plus vite que la musique

LOS ANGELES — L’équipe du «Joker» n’a pas voulu aller plus vite que la musique: première compositrice à remporter seule un Golden Globe, l’Islandaise Hildur Gudnadottir avait écrit le thème du film avant le tournage, ce qui a permis à la vedette Joaquin Phoenix de se l’approprier pour en faire un outil au service de son jeu d’acteur.

Le recours à cette technique, relativement rare, a permis au réalisateur américain Todd Phillips et aux acteurs de s’inspirer de ce thème musical, ténébreux et dominé par un violoncelle abrasif (l’instrument de prédilection de la compositrice) «alors même qu’ils étaient en train de tourner», a expliqué Hildur Gudnadottir ce week-end à l’AFP.

«Merci Joaquin pour avoir rendu mon travail si facile avec cette performance spectaculaire et incroyable, c’est hallucinant», a-t-elle lancé dimanche soir à Los Angeles en recevant sa récompense, avant même de savoir que le comédien serait lui-même sacré «meilleur acteur» par les Golden Globes pour son rôle d’antihéros déchiré et violent.

«La musique a ainsi pu avoir une grande influence sur les performances» de Joaquin Phoenix, a déclaré à l’AFP la jeune femme de 37 ans, qui a privilégié des rythmes simples rappelant des pulsations cardiaques.

«Beaucoup de ses mouvements, de ses allées et venues, sont directement tirées de la musique», a-t-elle ajouté, citant notamment une scène durant laquelle le Joker, qui vient de commettre un crime sanglant, trouve refuge dans des toilettes publiques où il se lance dans des pas de danse inattendus et profondément dérangeants.

Improvisée par Joaquin Phoenix, cette scène mémorable était accompagnée par la musique de Mme Gudnadottir, qui était diffusée en direct sur le plateau pendant le tournage.

«Notre dialogue ne passait pas par les mots, nous n’avons jamais eu de conversation à ce sujet. Mais il a vraiment réussi à interagir avec la musique elle-même», a expliqué la musicienne.

«C’est une formidable façon de collaborer. Je pense que c’est vraiment beau et naturel  quand tous les éléments d’un film se développent de concert».

«Méfiance à l’égard des femmes» 

Ce lien particulier entre la musique, la compositrice et la vedette du Joker vont encore ajouter à la légende du film, qui a suscité autant d’enthousiasme que de controverses.

Joaquin Phoenix est à ce stade l’un des favoris pour la course aux Oscars où l’Islandaise, déjà titulaire d’un Emmy Award pour la bande-son de la série «Chernobyl», pourrait encore faire parler d’elle.

Après deux décennies passées à composer des musiques de film, Hildur Gudnadottir veut voir dans son succès un changement dans l’attitude de l’industrie du cinéma vis-à-vis des femmes et de leurs compétences professionnelles.

Jusqu’à présent, la seule compositrice primée par les Golden Globes a été Lisa Gerrard pour la musique de Gladiateur en 2001, mais elle avait partagé sa récompense avec le monstre sacré Hans Zimmer.

«J’avais senti une certaine méfiance à l’égard des femmes au cours de la dernière décennie quand il s’agissait de de grands projets», a dit Mme Gudnadottir dimanche à la presse.

«Mais je crois que j’ai beaucoup bénéficié de tout ce qui a contribué à attirer l’attention sur la place des femmes dans l’industrie depuis deux ans», a-t-elle souligné, estimant que «les gens sont un peu plus disposés à leur faire confiance aujourd’hui».

Cinéma

1917, «un défi technique» pour Sam Mendes

PARIS — «C’était un défi technique.» Avec «1917», drame historique à la réalisation virtuose, tourné comme un unique plan-séquence, le réalisateur Sam Mendes fait le pari de l’immersion, en suivant en temps réel le destin de deux soldats.

Pour le cinéaste britannique de 54 ans, qui a réalisé les deux derniers James Bond, Skyfall et 007 Spectre, ce huitième long métrage (sorti cette semaine dans plusieurs pays), est «incontestablement l’un de ses films les plus personnels».

«Je n’avais jamais écrit le scénario d’un de mes films avant », a-t-il expliqué dans un entretien à l’AFP à Paris, avant que 1917 ne reçoive dimanche deux récompenses phares aux Golden Globes, celles du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Le film «vient directement de moi, même si je n’ai pas l’impression d’avoir jamais fait un film qui n’était pas un tant soit peu personnel d’une manière ou d’une autre», ajoute le réalisateur d’American Beauty et des Noces rebelles.

Pour 1917, Sam Mendes s’est inspiré d’une histoire familiale, celle de son grand-père, choisi pour délivrer des messages sur le front pendant la Première Guerre mondiale.

«Il m’a raconté une histoire particulière, dans laquelle il s’agissait de porter un message à travers le “no man’s land”. C’est devenu la base du film. Ensuite, tout a été inventé ou basé sur des récits réels de la guerre, des témoignages, des lettres et des journaux d’autres personnes ».

Contraintes techniques

1917 raconte l’histoire de deux soldats, Schofield (George MacKay, vu dans Captain Fantastic) et Blake (Dean Charles Chapman, interprète de Tommen Baratheon dans la série Game of Thrones).

Ils se voient confier une mission particulièrement dangereuse : délivrer un message en un temps record pour empêcher une attaque contre les Allemands dans laquelle des centaines de soldats risqueraient de mourir, dont le frère de Blake.

Pour plonger directement le spectateur dans l’enfer de la guerre, au plus près de ces deux soldats, le cinéaste a choisi avec son chef-opérateur Roger Deakins (oscarisé en 2018 pour Blade Runner 2049) de concevoir le film comme un plan-séquence de deux heures. Il s’agit en réalité de plusieurs longues prises montées ensemble pour donner l’impression d’une seule scène.

Ce dispositif a entraîné d’importantes contraintes techniques, chaque prise devant être calée minutieusement à l’avance pour que la caméra puisse suivre tous les déplacements des personnages, sans faire appel à des « champs contre champ » ni à des coupes au montage ou des ellipses temporelles.

«C’était un très long processus, parce que nous avons dû faire chaque partie du parcours avec les acteurs avant de mettre en place le plateau. Nous devions connaître la distance exacte nécessaire pour chaque scène », raconte Sam Mendes.

«Toujours à leurs côtés»

«Nous avons répété pendant des mois et des mois, puis nous avons construit le décor, répété à nouveau, construit», détaille le réalisateur.

«Nous avons dû faire ensuite en sorte que la caméra fasse tout ce qu’on voulait, mais sans effort apparent. Ça voulait dire des câbles, des grues, des voitures et des motos… », dit-il encore, expliquant qu’une nouvelle caméra a aussi été construite pour l’occasion, pour pouvoir « aller dans les trous, les tranchées et de petits espaces».

C’est en tournant la scène d’ouverture de 007 Spectre — un célèbre plan-séquence de plusieurs minutes à travers Mexico pendant la Fête des morts — que Sam Mendes a eu l’idée d’un film entier réalisé de cette façon.

Mais, souligne-t-il, «la raison de tout ce défi technique, c’était que je voulais que le public puisse se connecter émotionnellement aux personnages principaux et rester toujours à leurs côtés, avoir l’impression de passer chaque seconde avec eux, de marcher avec eux».

Pour le cinéaste, également metteur en scène de théâtre, ce travail s’est rapproché de celui de la scène «dans le sens où c’est en temps réel». «Mais d’un autre côté, c’est complètement différent, parce que le paysage, la dynamique de la caméra et les acteurs changent tout le temps».

Cinéma

La liste: cinq films brillants sans nomination aux Oscars

Mean Streets (1973), Martin Scorsese

Le grand cinéaste a toujours entretenu une relation compliquée avec les Oscars — il faudra d’ailleurs attendre 2007 avant qu’il décroche la statuette du meilleur réalisateur... Et ce, dès le début : ce film-culte est passé dans le beurre malgré les accolades et une sélection à Cannes… Éric Moreault

Cinéma

«1917»: À la guerre comme à la guerre ***1/2

CRITIQUE / «1917» prend l’affiche auréolé de son récent prix de meilleur film dramatique aux Golden Globes, ses neuf nominations aux BAFTA britanniques et ses grandes chances de faire bonne figure aux Oscars. Avec raison : le drame immersif de Sam Mendes décrit avec une virtuosité (presque) inégalée la folie belliciste des tranchées pendant la Première Guerre mondiale.

À la guerre comme à la guerre : pour arriver à reproduire l’intensité et le stress des affrontements, Mendes et son directeur de la photographie, le légendaire Roger Deakins, ont conçu le film comme un plan-séquence long de deux heures. Ce n’est pas réellement le cas, mais pas loin.

Cinéma

«Une vie cachée»: Magistral! ****

CRITIQUE / Terrence Malick est capable du meilleur comme du pire. Après sa Palme d’or pour «L’arbre de la vie», en 2011, on se demandait sérieusement si le réalisateur américain avait perdu sa touche magique après quelques essais discutables. Avec le magistral «Une vie cachée», présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, la réponse est clairement non.

Le 7e art existe encore : on en a la preuve avec le drame historique éblouissant de Malick.

Cinéma

Le film de la semaine: Les misérables ****

CRITIQUE / «Les Misérables» se classe dans la catégorie plutôt rare des œuvres cinématographiques aussi percutantes que pertinentes. Le premier long métrage de Ladj Ly a remporté un fort mérité prix du jury au Festival de Cannes 2019. Réalisé avec brio et beaucoup d’acuité, le drame social nous plonge au cœur de la difficile cohabitation entre les laissés pour compte et l’ordre établi dans une banlieue parisienne — qui pourrait bien être à Montréal…

Le film s’ouvre avec des séquences immersives de la foule en liesse sur les Champs-Élysées après la victoire de la France à Coupe du monde de soccer 2018 — un moment de liberté, d’égalité et de fraternité. Et se termine avec un terrible face-à-face, d’une tension presque insoutenable entre un policier et un ado victime d’une bavure, aveuglé par son désir d’en découdre.

Cinéma

«Le chant des noms»: Envoutante mélopée ***

CRITIQUE / François Girard a l’habitude des épopées sur plusieurs années et sa maîtrise des mises en scène à l’opéra le désignait comme un candidat sur mesure pour adapter «Le chant des noms» («The Song of Names») de Norman Lebrecht. Son long métrage le plus accompli depuis «Le violon rouge» (1998), mélopée à la mémoire des victimes de la Shoah, s’avère envoutant, malgré une réalisation plutôt sage.

Le drame historique évoque l’amitié entre Martin, un jeune Britannique, et son frère adoptif Dovidl, un violoniste prodige polonais, dont la famille a été déportée au camp de Treblinka par les nazis. Plus tard, à l’aube d’un succès international, le musicien disparaît mystérieusement... Martin (Tim Roth) n’aura de cesse de le chercher toute sa vie.

Cinéma

Jeremy Irons présidera le jury au Festival de Berlin

BERLIN — L’acteur britannique Jeremy Irons présidera le jury du Festival international du film de Berlin, le mois prochain, ont annoncé les organisateurs jeudi.

Jeremy Irons sera le président du jury de la 70e édition du festival, qui se tiendra du 20 février au 1er mars. Les autres membres du jury n’ont pas encore été nommés.

La carrière de Jeremy Irons à l’écran et sur scène a commencé dans les années 1970. Il a remporté l’Oscar du meilleur acteur en 1991 pour son rôle dans Le mystère Von Bülow et a participé à des films tels que La maîtresse du lieutenant français, La Mission et la minisérie télévisée Brideshead Revisited, en 1981.

Dans un communiqué transmis par les organisateurs du festival, l’acteur a déclaré qu’il prenait son rôle «avec un grand sentiment de plaisir» et avec honneur.

«Avec son style distinct, Jeremy Irons a interprété certains personnages iconiques qui m’ont accompagné pendant ma vie de cinéphile, me rendant conscient de la complexité de l’être humain», a affirmé le directeur artistique du festival, Carlo Chatrian.

L’édition de cette année est la première sous la direction de Carlo Chatrian — qui a déjà été à la tête du Festival du film de Locarno — et de la directrice générale Mariette Rissenbeek. Le duo remplace Dieter Kosslick, qui a été à la tête de l’événement pendant 18 ans.

Cinéma

Festival Cinoche: la moitié consacrée aux films d’ici

BAIE-COMEAU – En janvier à Baie-Comeau, il y a deux choses incontournables : une vague de froid et la tenue du Festival du film international. Ce 32e Cinoche, comme l’appelle les habitués, sera présenté du 16 au 26 janvier sur les quatre écrans du Ciné-Centre.

En 2020, tout près de la moitié de la programmation, soit 14 films sur 29, provient du Québec. Pourquoi autant de productions en provenance de la Belle Province, alors que la moyenne tourne autour de 10? «On n’avait pas le choix d’avoir autant de films québécois parce que c’est vraiment du bon cinéma», a fait valoir la directrice du comité organisateur, Émilie Pedneault, qui en est à une première expérience à ce poste après avoir fait ses débuts comme bénévole au festival l’an dernier.

Dans cette sélection québécoise, on retrouve entre autres Antigone, La femme de mon frère, primé à Cannes, Il pleuvait des oiseaux, dernier long métrage dans lequel a joué Andrée Lachapelle avant son décès, le dernier Dolan, Matthias et Maxime, ainsi qu’un must pour la région, Kuessipan, tourné à Sept-Îles.

Almodovar et lelouch

Outre la vaste gamme de films québécois, la responsable de la programmation, Tania Boudreau, se réjouissait aussi d’avoir pu décrocher les bobines du dernier Almodovar, Douleur et gloire, ainsi que Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch, une suite à Un homme et une femme 53 ans plus tard. N’oublions pas dans cette nomenclature Parasite, Palme d’or au dernier Festival de Cannes.

Le comité organisateur a fait appel à Micheline Lanctôt comme présidente d’honneur, un choix qui va de soi car la réalisatrice, qui présentera Une manière de vivre, est à la fois une grande défenderesse du cinéma québécois et des festivals en région. Mme Lanctôt sera de passage à Baie-Comeau les 16 et 17 janvier, pour le lancement de Cinoche.

La comédienne Alexane Jamieson, qui joue dans Jeune Juliette, et l’Innue Sharon Fontaine-Ishpatao, en vedette dans Kuessipan, seront aussi de passage lors des derniers jours du festival.

Visionnements extérieurs

Autre incontournable de ce festival, Images de glace sera présenté dans le stationnement du Centre des arts de Baie-Comeau le samedi 18 janvier. Pour l’occasion, le comité organisateur célébrera les 60 ans d’Astérix, le célèbre guerrier gaulois, avec Astérix et Cléopâtre. Il s’agit d’un visionnement à l’extérieur avec un mur de neige en guise d’écran.

Bon an mal an, le festival baie-comois attire autour de 7000 amateurs du septième art. Des efforts sont mis occasionnellement pour tenter d’attirer un nouveau public, plus jeune. «On veut être ouvert au plus grand nombre de gens, mais on cherche avant tout à choyer la clientèle qu’on a déjà, nos fidèles cinéphiles», conclut Émilie Pedneault.

Cinéma

La chaîne HBO négocie l’adaptation en mini-série du film «Parasite»

NEW YORK — HBO négocie actuellement l’adaptation en mini-série du film «Parasite» avec le réalisateur du long métrage, Bong Joon-ho, a indiqué jeudi la chaîne américaine.

Selon le site spécialisé Deadline, plusieurs acteurs de la télévision étaient sur les rangs pour acquérir le projet, notamment Netflix, qui avait produit «Okja» (2017), le précédent film de Bong Joon-ho.

Outre le metteur en scène sud-coréen et plusieurs de ses collaborateurs habituels, la production serait assurée par le réalisateur du film «Vice», Adam McKay, qui est aussi producteur et scénariste.

Palme d’or du dernier Festival de Cannes, «Parasite» a connu un succès mondial depuis sa sortie, de la Corée du Sud aux États-Unis, en passant par l’Europe.

Au total, le film a rapporté à ce jour 130 millions de dollars selon le site spécialisé Box Office Mojo, dont 24 aux États-Unis.

«Parasite» a remporté dimanche le prix du meilleur film en langue étrangère (autre que l’anglais) lors de la cérémonie des Golden Globes, les récompenses remises par l’Association de la presse étrangère d’Hollywood.

Le favori pour l’Oscar du meilleur film étranger, il est aussi pressenti pour une nomination dans la catégorie reine du meilleur film.

Les nominations aux Oscars seront annoncées le 22 janvier.

Drame familial, mâtiné de sensations fortes avec une dimension sociale, «Parasite» raconte comment une famille désoeuvrée s’invite dans le quotidien d’une riche famille, début d’un engrenage incontrôlable.

Cinéma

Les avocats de Weinstein demandent la récusation du juge au procès

NEW YORK — Les avocats de Harvey Weinstein ont demandé mercredi la récusation du juge, qui avait la veille menacé d’emprisonner le magnat du cinéma pour avoir envoyé des textos pendant la sélection des jurés au procès pour viol et agression sexuelle.

Dans une lettre au juge James Burke, les avocats de Weinstein soutiennent que ses commentaires mardi soulèvent des questions sur son impartialité. Le juge Burke n’a pas encore statué sur la requête.

Le magistrat avait réprimandé Weinstein alors que la sélection du jury commençait. «Est-ce vraiment ainsi que vous voulez vous retrouver en prison pour le reste de votre vie, en envoyant des textos en violation d’une ordonnance? C’est ça?» lui a-t-il demandé mardi, sur un ton irrité. Le juge n’a pas laissé Weinstein répondre.

Les avocats de Harvey Weinstein soutiennent aussi dans leur lettre que le juge Burke n’a pas respecté le droit de l’accusé à un jury juste et impartial, notamment en rejetant une demande d’interrompre la sélection pour une pause après que les procureurs de Los Angeles ont déposé de nouvelles accusations contre leur client lundi.

En plus de la récusation du juge Burke, les avocats ont réclamé l’arrêt du procès jusqu’à ce que la publicité négative des nouvelles accusations se dissipe. Les avocats de Weinstein veulent également plus de temps pour interroger individuellement les candidats jurés.

Exclure Gloria Allred

Les avocats de la défense ont par ailleurs tenté de faire exclure l’avocate réputée Gloria Allred de la salle d’audience pendant le procès, parce qu’ils songent à la citer comme témoin. Mme Allred représente l’une des plaignantes, Mimi Haleyi, et deux autres femmes qui devraient témoigner au procès, dont l’actrice Annabella Sciorra. Le juge Burke a rejeté cette requête, estimant qu’on ne savait pas encore si l’avocate serait effectivement appelée à la barre.

Harvey Weinstein est accusé à New York d’avoir violé une femme dans une chambre d’hôtel en 2013 et d’avoir agressé sexuellement Mimi Haleyi en 2006. S’il était reconnu coupable, il pourrait être condamné à la prison à vie. À Los Angeles, il est maintenant accusé d’avoir violé une femme et d’avoir agressé sexuellement une autre femme lors de deux nuits consécutives en 2013. Il n’a pas enregistré de plaidoyer dans cette affaire, qui sera jugée plus tard.

L’ancien magnat, âgé de 67 ans, plaide que ses activités sexuelles étaient consensuelles.

Le procès à New York devrait durer environ six semaines, une fois les témoignages commencés.

Cinéma

Les Oscars se passeront encore de maître de cérémonie cette année

LOS ANGELES — La cérémonie de remise des Oscars, soirée la plus suivie par Hollywood, se déroulera le 9 février sans animateur en titre comme pour l’édition précédente, ont indiqué mercredi les organisateurs.

«Avec l’Académie [des Oscars, NDLR], nous avons décidé qu’il n’y aurait pas de maître de cérémonie, ce qui avait bien fonctionné l’an dernier», a déclaré selon le magazine Deadline la patronne de la chaîne ABC, Karey Burke.

Une porte-parole d’ABC, qui diffuse la cérémonie des Oscars, a confirmé ces déclarations à l’AFP.

Après une série de déconvenues et une controverse — le candidat retenu l’an dernier, Kevin Hart, avait jeté l’éponge après la résurgence de vieux tweets jugés homophobes — les organisateurs avaient décidé pour la première fois en trente ans de se passer de «Monsieur Loyal» chargé de débiter des plaisanteries et d’assurer les transitions.

L’idée était de redonner du rythme à un spectacle en perte d’audience et à le maintenir dans une durée acceptable (trois heures) et s’était traduite par un succès, avec une nette hausse des téléspectateurs.

Cinéma

Damien Bonnard: des rivages du Nouveau-Brunswick à celui de Cannes

Damien Bonnard est devenu acteur sur le tard — à l’orée de la trentaine, en 2010. Et ses débuts s’avèrent modestes, jusqu’à «Rester vertical», en compétition au Festival de Cannes 2016. Sa carrière décolle : des rôles dans «Dunkerque» de Nolan et «D’après une histoire vraie» de Polanski, entre autres. La consécration arrive toutefois avec le film-choc «Les Misérables», prix du jury à Cannes l’an dernier. Pas mal pour un ancien pêcheur du Nouveau-Brunswick…

Quand on lui mentionne son parcours atypique en entrevue téléphonique, Bonnard rigole. Passé par les Beaux-Arts, il devient ensuite assistant de la peintre belge Marthe Wéry. De retour en France où il travaille dans un laboratoire du CNRS qui fabrique des diamants artificiels pour la NASA, un ami acadien le convainc de se joindre à lui pour la cueillette des têtes de violon.

Musique

La sélection du jury au procès de Harvey Weinstein va de l’avant

NEW YORK — Le juge au procès de Harvey Weinstein pour viol et agression sexuelle a amorcé le processus de sélection du jury, mardi matin, rejetant une demande de la défense qui souhaitait le reporter.

Les avocats du producteur déchu voulaient en effet suspendre temporairement le processus en raison de la publicité entourant le dépôt de nouvelles accusations à caractère sexuel contre leur client, lundi, à Los Angeles.

«Pour un procureur, c’est comme le matin de Noël — qu’on parle contre lui partout le matin de la sélection du jury», a déclaré l’avocat de la défense Arthur Aidala.

Le juge James Burke a toutefois indiqué qu’il croyait que le jury comprendrait que Harvey Weinstein doit bénéficier de la présomption d’innocence, et les 120 premiers jurés potentiels ont été emmenés dans la salle d’audience pour remplir un questionnaire, première étape d’un processus qui devrait prendre des semaines, compte tenu de la couverture médiatique de l’affaire et de la façon dont l’ex-producteur, autrefois très puissant, est devenu le symbole du mouvement #MoiAussi.

Parmi les questions du formulaire, on demande : «Si vous avez vu, lu ou entendu quelque chose sur l’affaire, ces informations influencent-elles votre capacité à être un juré juste et impartial?»

La journée a commencé avec l’arrivée de Harvey Weinstein, 67 ans, qui est entré au palais de justice avec une marchette en raison d’une récente opération au dos.

Réprimandé par le juge

Le juge a également refusé une demande des procureurs d’annuler la libération sous caution de l’accusé et de l’emprisonner jusqu’à la fin du procès. La procureure Joan Illuzzi a fait valoir que les nouvelles accusations déposées à Los Angeles pourraient inciter encore davantage Harvey Weinstein à fuir.

«Il y a un risque grave que cet accusé se rende compte à un moment donné que les preuves sont accablantes», a-t-elle déclaré.

Tout en refusant cette demande, le juge Burke a réprimandé Harvey Weinstein et l’a menacé de l’emprisonner pour avoir envoyé des textos sur son téléphone portable dans la salle d’audience.

«M. Weinstein, est-ce vraiment ainsi que vous voulez vous retrouver en prison [?] en envoyant des textos et en violant une ordonnance du tribunal? a-t-il dit, coupant l’accusé avant qu’il ne puisse répondre.

Harvey Weinstein est inculpé à New York d’avoir violé une femme dans une chambre d’hôtel de Manhattan en 2013 et d’avoir violemment agressé une autre femme en 2006. Il a déclaré que toute activité sexuelle était consensuelle. Les accusations les plus graves retenues contre lui sont associées à une peine de prison à vie obligatoire.

Lundi, les procureurs de Los Angeles l’ont accusé d’avoir agressé sexuellement deux femmes lors d’incidents distincts survenus sur une période de deux jours à Los Angeles en 2013. Ces accusations pourraient entraîner jusqu’à 28 ans de prison.