Cinéma

Film de la semaine: Avengers - Phase finale *** 1/2

CRITIQUE / La présentation d’Avengers, Phase finale (Endgame) en salle, un véritable happening mondial, vient conclure une série de 22 films de l’univers cinématographique Marvel, amorcée il y a plus de dix ans. Et puis? Une excitante finale en feux d’artifice avec de l’action, du drame et, surtout, de l’émotion — une grosse surprise.

Phase finale reprend là se terminait La guerre de l’infini (2018) alors que Thanos (Josh Brolin), le Titan fou, a éliminé la moitié des êtres vivants de l’univers pour rétablir l’équilibre cosmique, après avoir recueilli les six Pierres de l’Infini : l’espace, la réalité, le pouvoir, l’esprit, le temps et l’âme. 

Les superhéros survivants doivent se regrouper autour de Capitaine Marvel (Brie Larson), mais cinq années finissent par passer. Chacun réagit différemment au deuil : déni, stress post-traumatique, dépression… Un évènement totalement imprévu va leur donner l’impulsion pour tenter de se reconstruire.

Inutile d’en dire plus pour ne pas gâcher le plaisir des spectateurs.

Anthony et Joe Russo devaient réaliser un exercice délicat : boucler la boucle qui allait permettre de tisser tous les liens des longs métrages précédents, sans négliger la progression dramatique de Phase finale. 

Les frères ont maintenu un délicat équilibre pendant les deux premières heures de leur récit, tant il est parsemé de plusieurs moments qui prennent aux tripes et de surprenants rebondissements. Ce qui fait mieux passer les quelques incohérences scénaristiques et le ton parfois grandiloquent. Et l’humour premier degré de circonstances.

Cette émotion qui était d’ailleurs singulièrement absente de La guerre de l’infini. 

Les réalisateurs sont grandement aidés par de très fortes performances d’acteurs, à fleur de peau, qui donnent l’essence à ce que doit être un film. Robert Downey Jr. (Iron Man), Mark Ruffalo (en Hulk 2.0), Chris Hemsworth (en Thor plus humain qu’immortel), même Brolin en Thanos, sous son maquillage.

Bien sûr, l’ensemble baigne dans la nostalgie. Mais il véhicule aussi des valeurs fortes de courage, détermination, solidarité, d’amitié et, surtout, de sacrifice où le bien commun passe avant l’individu — plusieurs devraient prendre des notes.

La dernière heure, toutefois, retombe dans les tics de Marvel : une extravaganza interminable d’explosions, de combats, d’effets spéciaux, de montage frénétique… Qui mène à une finale qui n’est pas aussi cathartique qu’on aurait pu s’y attendre.

Inutile de dire que Phase finale s’adresse aux aficionados. Ceux qui n’ont pas vu la plupart des longs métrages précédents seront complètement largués dans cet univers autoréférentiel. Et même les plus mordus vont reconnaître qu’à trois heures au compteur, on aurait pu élaguer...

Depuis presque trois semaines, ma cadette et mon dernier exprimaient presque quotidiennement leur hâte de voir ce dernier chapitre — ils sont ressortis comblés et émus. Jeudi soir, au cinéma, ils n’étaient pas les seuls — il y avait une effervescence électrique digne de la tension qui précède un show rock.

C’est d’ailleurs ça, Marvel : un gros show son et lumière. Et comme les vedettes qui reviennent après leur tournée d’adieu, Disney ne laissera pas le rideau tomber sur tous les superhéros de cette saga...

Cinéma

Mort de Ken Kercheval, le Cliff Barnes de Dallas

LOS ANGELES — L’acteur Ken Kercheval, qui durant des années a incarné Cliff Barnes, ennemi juré de J.R. Ewing dans la sérié télévisée Dallas, est mort à l’âge de 83 ans.

Le comédien, éternel souffre-douleur de J.R au cours des 14 saisons de la série, s’est éteint dimanche à Clinton, petite ville de l’Indiana (centre-est des États-Unis) où il avait grandi, selon des médias américains.

Ses obsèques se dérouleront dans l’intimité, a déclaré à l’AFP une responsable du funérarium de Clinton, sans en révéler la date.

Né en 1935 dans l’Indiana, le comédien avait débuté à Broadway dans les années 1960 et a également occupé des rôles secondaires dans de nombreuses séries et films de cinéma avant de connaître le succès dans Dallas.

Alcoolique durant 20 ans, Ken Kercheval était également un très gros fumeur et avait contracté un cancer du poumon, dont une partie lui avait été retirée en 1994.

Ken Kercheval et Larry Hagman, qui jouait le machiavélique J.R., sont les deux seules vedettes de la série à avoir figuré dans chacune des saisons de Dallas, entre 1978 et 1991. Larry Hagman est mort en 2012... à Dallas.

Cinema

«Everything Outside»: l’autre, cet étranger ***

CRITIQUE / Dans le chalet d’une amie où elle vient se reposer chaque année, sur le bord d’un lac, une artiste peintre (Louise Portal) voit débarquer subrepticement un jeune acteur torontois (Ahmed Muslimani), croyant se retrouver seul pour répéter un rôle dans un film. Au fil de cette étrange cohabitation de deux personnages séparés par 40 ans d’âge, se noue alors une sorte de valse-hésitation où les sentiments seront mis à rude épreuve par la découverte de l’autre.

Pour son premier long-métrage, Everything Outside, présenté en premier en primeur au dernier Festival de cinéma de la Ville de Québec, le jeune réalisateur et scénariste David Findlay fait preuve d’un beau talent dans l’art de filmer au plus près cette histoire d’amitié improbable, porteuse d’une belle leçon dans la façon de composer avec l’étranger, cet inconnu si craint à notre époque de méfiance ambiante.

Arts et spectacles

Le rêve devenu réalité de David Findlay

Adolescent, David Findlay rêvait de participer aux Jeux olympiques et aux X Games en snowboard. Il aimait filmer ses exploits et ceux de ses amis, dont Alex Beaulieu-Marchand, médaillé de bronze en ski acrobatique, à Pyeongchang, l’an dernier. Une grave blessure au genou, à 15 ans, l’a forcé à revoir ses plans. Aussi a-t-il bifurqué vers des études en cinéma, à l’autre bout du pays, en route vers son premier long-métrage, «Everything Outside», tourné dans la région de Québec.

Pour ce baptême, le jeune trentenaire a rallié à sa cause la chevronnée comédienne Louise Portal qui, pour la première fois, endosse un rôle en anglais, face au comédien torontois d’origine libanaise, Ahmed Muslimani. Ils incarnent respectivement une artiste-peintre solitaire et un comédien débarqué à l’improviste dans la résidence que celle-ci habite temporairement. Au fil des jours, la méfiance laissera place à une complicité équivoque entre les deux personnages.

Arts et spectacles

Le vieil âge et l’espérance: vieillir en sagesse ***

CRITIQUE / Il ne faudrait pas avoir peur de vieillir, dit-on, car c’est encore la seule façon de rester en vie. La réflexion fait sourire, et comme tous ceux qui arrivent au crépuscule de l’existence, Fernand Dansereau essaie de la mettre en pratique, même si ce n’est pas toujours chose facile au regard de l’inéluctable déclin physique et mental associé au grand âge.

À 91 ans, plutôt que de se laisser envahir par de sombres pensées sur la maladie et la souffrance, le réalisateur, poussé par une belle curiosité, a choisi de faire œuvre utile et de fournir à ses contemporains quelques piste de réflexion afin de mieux aborder cette ultime période de remise en question.

Cinéma

Rami Malek et Léa Seydoux dans le prochain James Bond [PHOTOS]

LONDRES — L’Américain Rami Malek jouera le «méchant» et la Française Léa Seydoux la «James Bond girl» dans le 25e opus de 007 — au titre toujours inconnu — aux côtés de Daniel Craig qui se glisse pour la cinquième fois dans le costume de l’espion britannique.

La distribution a été révélée jeudi par l’Américain Cary Fukunaga, lors d’un événement retransmis en ligne depuis la villa en Jamaïque du romancier britannique Ian Fleming, où 007 a vu le jour.

Léa Seydoux, qui avait joué dans Spectre, le dernier volet de la série sorti en 2015, revient dans le rôle de la psychologue Madeleine Swann, fille de M. White, ennemi de Bond dans Casino Royale et 007 Quantum. «Je suis très contente d’être de retour et impatiente de commencer», a-t-elle déclaré.

De son côté, l’Américain d’origine égyptienne Rami Malek, qui a reçu cette année l’Oscar du meilleur acteur pour sa performance dans Bohemian Rhapsody, a laissé entendre qu’il jouerait le méchant, promettant «de faire en sorte que Mr Bond n’ait pas la tâche facile pour sa 25e mission».

Outre Léa Seydoux, reviennent aussi dans ce Bond la Britannique Naomie Harris qui incarne Miss Moneypenny, la fidèle assistante de M, le patron de 007, joué par Ralph Fiennes. Ben Whishaw fait aussi son retour dans le rôle de Q, un geek qui dirige le laboratoire du MI6.

Le mystère demeure en revanche quant au titre de ce nouvel opus. 

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Cinéma

Oscars: pas de nouvelles barrières posées à Netflix

NEW YORK — Les Oscars ont modifié quelques-unes de leurs règles, mais aucune ne limite l’admissibilité des films de Netflix aux Oscars.

Le conseil d’administration de l’Académie qui remet les Oscars a annoncé mercredi une poignée de modifications adoptées lors de sa récente réunion annuelle sur les règles. Mais la plus grande nouvelle, c’est ce que le conseil d’administration composé de 54 membres a choisi de ne pas modifier : la sortie en salle d’une semaine requise pour une nomination aux Oscars.

Plusieurs personnes à Hollywood, y compris certains membres du conseil d’administration de l’académie, ont fait valoir qu’une sortie en salle plus substantielle serait nécessaire. La règle actuelle stipule qu’un film doit être projeté pendant au moins sept jours, au moins trois fois par jour, dans une salle du comté de Los Angeles.

Netflix présente la plupart de ses films directement sur sa plateforme de diffusion en continu, mais avait fait une exception l’an dernier pour une poignée de titres, notamment Roma d’Alfonso Cuaron. Le film a été nommé pour 10 prix et en a remporté trois. De grandes chaînes de théâtres avaient refusé de projeter des films qui ne respectent pas la période traditionnelle de projection de 90 jours.

Dans un communiqué, le président de l’académie, John Bailey, a déclaré que la question avait «pesé lourdement» dans les discussions du conseil. Mais pour le moment, une brève sortie en salle demeure le critère d’admissibilité.

«Nous soutenons l’expérience théâtrale en tant que partie intégrante de l’art du cinéma, et cela a pesé lourd dans nos discussions», a affirmé M. Bailey. «Nos règles exigent actuellement une sortie en salles et permettent également à une large sélection de films d’être soumis aux Oscars. Nous prévoyons étudier plus en profondeur les profonds changements survenus dans notre secteur et poursuivre les discussions avec nos membres sur ces questions.»

Steven Spielberg, qui avait précédemment déclaré que les films sur les plateformes numériques devraient gagner des prix Emmy et non des Oscars, faisait partie des personnes apparemment intéressées par une réforme des règles d’admissibilité de l’Académie. Mais Steven Spielberg a également dit que son opinion initiale avait été mal interprétée dans les médias. Dans un article publié mardi dans le New York Times, le cinéaste a soutenu qu’il plaidait pour la survie de l’expérience théâtrale, mais estimait que, sur grand écran ou sur petit écran, «tout le monde devrait avoir accès à de bonnes histoires».

Le film international

Le conseil a choisi de renommer le prix du meilleur film en langue étrangère «prix du meilleur long métrage international». Larry Karaszewski et Diane Weyermann, coprésidents du comité de la catégorie, ont déclaré que le terme «étranger» était «dépassé dans la communauté cinématographique mondiale». La courte liste de la catégorie passera également de neuf à dix.

Cinéma

Décès de l'acteur français Jean-Pierre Marielle à 87 ans

PARIS — Le comédien français Jean-Pierre Marielle, inoubliable interprète de Monsieur de Sainte-Colombe dans «Tous les matins du monde» (1991) et grande figure du cinéma et du théâtre français, est décédé mercredi à 87 ans, a annoncé sa famille à l'AFP.

«Jean-Pierre Marielle s'est éteint le 24 avril (...) à Saint-Cloud (dans la banlieue ouest de Paris, ndlr) des suites d'une longue maladie», a annoncé sa femme dans un communiqué.

Cinéma

Lepage au Soleil — À l’origine de Kanata: L’envers du décor ***

CRITIQUE / Hélène Choquette ne pouvait pas se douter en commençant son documentaire, en août 2016, de la controverse qui allait éclater deux ans plus tard autour de Kanata. Aurait-elle fait un autre film si elle avait su? Peu importe. Ce qui compte, c’est que Lepage au Soleil — À l’origine de Kanata témoigne sans a priori de tout le processus de création de Robert Lepage et du Théâtre du Soleil. Loin du bruit médiatique, il permet aussi de mieux cerner le contexte de production d’une pièce qui n’aura jamais vu le jour dans sa forme initiale.

Un petit rappel : au printemps 2016, le célèbre dramaturge est invité à diriger la troupe de la légendaire Ariane Mnouchkine — une première en 54 ans d’existence. Une troupe qui comprend 36 comédiens sur scène, d’environ 25 nationalités différentes. Comme dit Maurice, l’un des acteurs, le Théâtre du Soleil est une espèce de concentré du monde.