Cinéma

Le chemin de croix de Denis Langlois

En 2009, Denis Langlois et son coscénariste Bernard Lachance se sont arrêtés chez la tante de ce dernier, qui vit avec ses deux enfants aux prises avec une déficience intellectuelle. Sur le chemin du retour, ils se sont demandé : que va-t-il se passer après sa mort? Le duo avait son idée de départ pour Y’est où le paradis? Sans savoir que s’amorçait un long chemin de croix parsemé d’embûches.

Le cinéaste l’avoue sans détour: il a passé proche de confier la réalisation de cet amalgame de conte et de road movie dans le Nord québécois à un autre réalisateur. «Je me demandais si ça valait la peine de me rembarquer là-dedans», dit celui qui n’avait pas tourné depuis Amnésie, l’énigme James Brighton en 2005.

À savoir dans le maigre financement d’un film indépendant où la débrouillardise et l’huile de bras servent de moteur créatif. Surtout pour un tournage hivernal. Mais très attaché à l’histoire et à ses personnages, «je me suis dit que personne d’autre ne va la comprendre plus que moi».

Il a donc décidé de mettre en images la quête de Samuel et Émilie à la recherche du Matchi-Manitou, le «paradis» où leur mère décédée s’en est allée, croient-ils. L’aîné (Maxime Dumontier) est un peu plus autonome que sa sœur adolescente (Marine Johnson, qui a interprété ensuite le rôle-titre de La petite fille qui aimait trop les allumettes de Simon Lavoie). Mais le périple va mettre à rude épreuve leur relation déjà fragile…

Denis Langlois a pensé un temps embaucher de vrais déficients pour les rôles principaux. Mais les contraintes de tournage — la patience n’est pas une de leurs forces — l’en ont dissuadé. «C’est devenu un choix artistique qu’on a assumé. Mais on a voulu ensuite avoir des acteurs [pour des rôles de soutien] qui vivent avec une déficience.» Comme Geneviève Morin-Dupont, qui a une vaste expérience, tant au grand écran (Gabrielle) qu’au petit (Unité 9).

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La ligue des justiciers: trop c'est comme pas assez **

CRITIQUE / Il aura vraiment fallu de longues années avant que La ligue des justiciers (Justice League) se retrouve sur grand écran. Et l’attente ne valait pas vraiment la peine. Une intrigue convenue et mince comme une feuille de papier, des personnages qui manquent de relief, de l’humour de potache et une réalisation sans tonus composent une courtepointe hétéroclite dont les coutures apparentes cèdent de partout.

Le cinquième long métrage de l’univers cinématographique DC reprend après le décès de Superman dans Batman vs Superman : l’aube de la justice (2016), sur une version pop affreuse d’Everybody Knows de Cohen. 

La population mondiale sombre dans la dépression. Elle doit en plus faire face à une nouvelle menace extraterrestre. Batman et Wonder Woman décident d’unir leurs forces au sein d’une équipe de justiciers qui comprend Aquaman, Cyborg et Flash (des métahumains). Une longue mise en place de saynètes successives va nous présenter chacun des personnages… Trop, c’est comme pas assez.

Ensuite, l’équipe du Bien pourra s’atteler à sa tâche, soit sauver le monde d’une fin apocalyptique que veut provoquer Steppenwolf et sa troupe de paradémons monstrueux (des créatures ailées), l’équipe du Mal. Très original… Surtout que, comme d’habitude, tout le film ne sert qu’à préparer le terrain à la dernière demi-heure d’affrontements titanesques. Plutôt bien réussis pour les amateurs du genre, néanmoins routiniers. Même le Deus ex machina est prévisible.

Ce n’est habituellement pas un bon signe quand certaines séquences additionnelles doivent être tournées longtemps après la fin de la production. Zack Snyder (Batman vs Superman), qui avait embauché Josh Whedon (les deux Avengers) pour écrire ces scènes supplémentaires, lui a d’ailleurs cédé son siège de réalisateur après le décès de sa fille.

Le résultat est plus que mitigé : ce film sans âme manque clairement d’une direction claire, comme si le(s) réalisateur(s) ne savait pas sur quel pied danser. En résulte un hybride pompeux pas très convaincant, qui part dans tous les sens (on a même droit au petit segment mièvre)…

Bien sûr, Chris Terrio, qui avait écrit le démagogique Argo (2012) de Ben Affleck, applique le même genre de formule dans La ligue des justiciers. En essayant de tracer des parallèles maladroits et grossiers avec notre monde actuel, une recette éprouvée, mais pas très inspirée ici.

Avec des dialogues insipides à se mettre en bouche, les acteurs ont souvent l’air de se demander où se mettre. Gal Gadot, en Wonder Woman, est toujours aussi superbe, mais est-ce bien nécessaire d’habiller Diana Prince (son alter ego civil) de décolletés vertigineux? Poser la question… 

Ben Affleck (Batman) donne le minimum syndical. Ezra Miller a l’air ridicule en Flash dans les séquences en hyper-ralenti, mais, au moins, il a l’air de s’amuser le reste du temps. Comme Jason Momoa, dans le rôle du mauvais garçon de service en Aquaman. Malheureusement, Amy Adams (Lois Lane) et Jeremy Irons (Alfred) sont carrément sous-utilisés.

Honnêtement, on se demande où va cette franchise. On nous promettait un univers moins sombre — en effet la fin (d’un kitsch à hurler) est plus lumineuse. Mais il faudra insuffler une dose d’originalité, de plaisir et de panache aux prochains longs métrages si on veut éviter à l’univers de s’effondrer sur lui-même. Avec la moyenne au bâton de DC, ce serait peut-être une bonne affaire…

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Merveilleux: voir avec le cœur ***

CRITIQUE / C’est le Petit Prince qui disait : «On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.» Mais ça aurait très bien pu être August «Auggie» Pullman, le héros défiguré de Merveilleux (Wonder). Un film bouleversant sur la différence et le regard des autres destiné à émouvoir et qui ne s’en cache pas. Honnêtement, on s’attendait à bien pire du côté de l’émotion mercenaire.

Auggie (Jacob Tremblay) est né avec une malformation faciale que 27 opérations n’ont pas entièrement corrigée. Il vit à New York avec Isabel (Julia Roberts), une mère dévouée qui a mis de côté ses ambitions pour l’éduquer; Nate (Owen Wilson), un père compatissant, et Olivia (Izabela Vidovic), sa grande sœur devenue presque invisible pour ses parents.

Le garçon de 10 ans doit toutefois quitter le cocon familial pour aller à l’école, en cinquième année. Affronter le regard des autres, donc, leurs préjugés et leur méchanceté — de l’intimidation aussi, sujet malheureusement bien d’actualité. Mais aussi découvrir le pouvoir de l’amitié.

Bref, tout pour titiller les glandes lacrymales. Mais de l’humour bien placé et un centre d’intérêt qui se déplace aussi vers ceux qui l’entourent permettent de balancer les choses et d’offrir un récit prenant (malgré son aspect très prévisible).

Stephen Chbosky est un auteur et scénariste (Rent, 2005). Outre un long métrage à 23 ans, il est revenu derrière la caméra en adaptant son livre The Perks of Being a Wallflower, pour un très bon film éponyme (2012) qui, lui aussi, abordait la différence. Sans être un grand cinéaste, reconnaissons-lui assez de talent pour offrir une réalisation efficace dans cette adaptation du roman du même nom de R.J. Palacio.

À hauteur d’enfant

Sa caméra est presque toujours à hauteur d’enfants et épouse souvent le point de vue d’Auggie (jusque dans la caméra subjective quand il fait son entrée à l’école). Il ne cherche pas absolument à jouer avec les émotions du spectateur, mais certaines scènes sont un peu appuyées, surtout avec une trame sonore sirupeuse. Mais, bon, il y a aussi des chansons de Jack White et de Bruce Springsteen, on lui pardonne… 

Par contre, un peu moins d’avoir étiré la sauce, notamment avec la partie, vers la fin, de la sortie à la base de plein air, totalement inutile. On peut aussi lui reprocher de livrer un récit qui reste bien en surface.

Ironiquement, ce film qui propose un éloge de la différence et à aller au-delà des apparences reste dans le très conventionnel avec cette famille BCBG bien ordonnée. Même l’école (privée) et ses professeurs sont loin d’être hors-norme, bien au contraire.

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Y'est où le paradis?: quête de sens ***

CRITIQUE / La prémisse de Y’est où le paradis? est remplie de promesses : comment des déficients intellectuels perçoivent-ils la mort? Peuvent-ils appréhender l’idée que la personne qui était n’est plus? Denis Langlois livre un film qui mélange habilement le conte et le road movie, mais dont le récit manque de tonus et, parfois, de vraisemblance.

Y’est où le paradis? met en scène un frère et une sœur, tous deux handicapés. Samuel (Maxime Dumontier), l’aîné, vit en famille d’accueil. Chaque fin de semaine, il va rejoindre sa sœur Émilie (Marine Johnson). Mais une journée, sa mère ne vient pas le chercher… C’est plutôt sa cadette qui débarque.

Le duo a beaucoup de difficultés avec le concept du décès. «Y’est où le paradis?» demande à voix haute Émilie en pleine église, lors des funérailles. La perte n’améliore pas leur relation marquée par la rivalité et la jalousie, sans qu’on sache trop pourquoi (un bon point). Ils partent néanmoins en pleine nuit pour la maison familiale qu’ils atteignent grâce à deux jeunes serviables. Une vidéo de leur mère disparue convainc la plus jeune que sa mère est partie pour un «paradis», le Matchi-Manitou. S’amorce alors une quête dans la forêt boréale, véritable chemin de croix parsemé d’embûches…

C’est le point fort du drame de Langlois — la lutte du frère et de la sœur contre les éléments, dans des paysages enneigés, magnifiés par la direction photo de Philippe Roy (Diego Star). Le réalisateur et lui ont épousé le point de vue candide du duo, sans occulter les difficultés qu’ils rencontrent dans leur processus de deuil, fortement marqué par le déni. Leur débrouillardise, avec des capacités supposément limitées, est aussi une ode à leur détermination et un hommage au regard qu’ils posent sur la vie, qui rappelle l’innocence de l’enfance.

Le cinéaste de L’escorte (1996) a décidé de faire appel à des acteurs professionnels pour mener à bien son récit. Ce qui aurait pu être discutable s’il n’avait pris soin d’embaucher aussi des acteurs avec une déficience (Geneviève Morin-Dupont et Marc Barakat), ce qui renforce la crédibilité de l’expérience, jusque dans les interactions de tout ce beau monde.

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Crise R.H.: harcèlement professionnel ***

CRITIQUE / Il y a plusieurs façons de pousser un employé à démissionner plutôt que de le congédier. Émilie Tesson-Hansen, jeune cadre dynamique, a justement été engagée pour ça. Mais son excès de zèle poussera un de ses subordonnés à se défenestrer dans la cour intérieure de l’entreprise. À qui la faute? Qui doit légalement payer? Sous le couvert de la fiction, Crise R.H. s’attaque avec beaucoup d’aplomb à la problématique du harcèlement psychologique en milieu de travail.

Le drame psychologique mâtiné de suspense de Nicolas Silhol donne froid dans le dos. Esen, qui a recruté Émilie (Céline Sallette), est une multinationale sans âme comme il en existe tant. Avec des objectifs de rendement à rencontrer…

Le réalisateur a campé l’action au cœur des ressources humaines, département où règnent les phrases creuses et le jargon administratif. Émilie, croit-elle, ne fait qu’exécuter froidement les directives contenues dans le plan du directeur Stéphane Froncart (Lambert Wilson, avec le look col roulé et petites lunettes d’acier à la Steve Jobs). 

«J’ai fait mon travail», répète-t-elle constamment comme un soldat qui se défend en disant avoir suivi les ordres de la chaîne de commandement. Sauf que la sans-cœur va commencer à perdre pied lorsqu’elle sera confrontée à l’empathique Marie Borrel (Violaine Fumeau), une inspectrice du travail qui représente sa conscience… 

Émilie, dont le réalisateur a privilégié le point de vue, se retrouve coincée entre celle-ci et la direction prête à la sacrifier pour ne pas entacher la réputation de l’entreprise en révélant ses méthodes coercitives. 

Silhol explore des questions éthiques délicates, avec un angle humaniste qui rappelle le parti-pris de Stéphane Brizé dans le très solide La loi du marché, qui était en compétition à Cannes en 2015, sans la même maîtrise épurée, toutefois.

Jusqu’où est-on prêt à vendre son âme pour un salaire dans les six chiffres? Jusqu’où peut-on accepter de piler sur ses convictions morales avant d’être prêt à tout perdre pour dénoncer les injustices?

Fait intéressant, c’est tout de même une femme qui manie la hache du bourreau, usant d’intimidation et de harcèlement pour atteindre son but. Mais sous son masque, il y a une femme prête à emprunter la route de la rédemption…

Puisqu’il s’agit d’un premier film, on peut être indulgent sur la réalisation bancale, parfois hésitante, qui abuse du champ/contrechamp. Un peu moins, toutefois, sur les raccourcis scénaristiques et le manque d’information à propos de cette grosse compagnie. Qu’on ait voulu la garder la plus anonyme possible pour en faire un archétype, soit, mais elle n’est pas assez incarnée.

Céline Sallette (De rouille et d’os) se débrouille bien, même si son rôle aurait gagné à être plus consistant, notamment dans les interactions avec son mari, lui-même mal esquissé. Son patron égocentrique et manipulateur est à la limite de la caricature. 

À la décharge de Nicolas Silhol, sa courbe dramatique, bien que prévisible, est tout de même très efficace. Il décrit assez bien comment une employée, envahie par le désespoir et la paranoïa, peut devenir un paria aux yeux de ses collègues lorsqu’elle devient un bouc émissaire.

En fait, c’est surtout le message qui compte dans ce film à thèse, qui traite de la déshumanisation des lieux de travail et de la pression constante que subissent les employés au nom du rendement. Nul doute qu’on peut transposer le propos au Québec. Ce qui en fait toute sa pertinence.  

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James Franco retrace l'histoire du film le plus raté d’Hollywood

LOS ANGELES — En 2003, l’excentrique Tommy Wiseau essuyait un camouflet avec The Room, un mélodrame si caricatural et inclassable qu’il devint rapidement culte et continue d’être entouré de nombreux mystères que raconte la star d’Hollywood James Franco dans son nouveau film The Disaster Artist.

L’idée de cette comédie, dans laquelle le réalisateur et son frère Dave tiennent les rôles principaux de Tommy Wiseau et de son ami Greg Sestero, est venue à James Franco à la lecture de mémoires coécrites par M. Sestero.

«Cela ne ressemblait à aucune des histoires hollywodiennes que j’avais entendues ou lues auparavant», a expliqué James Franco.

«J’ai lu le livre en me disant que ce serait juste quelque chose de totalement inhabituel et bizarre, mais dans le fond, c’est une superbe histoire qui parle de rêveurs essayant d’atteindre leur but, qui parle d’amitié», a-t-il détaillé lors d’une projection du film au festival de l’American Film Institute (AFI) dimanche dernier.

The Room combine dialogues surjoués, mauvaise qualité de la photographie et script alambiqué, ce qui lui vaut d’être aujourd’hui considéré comme l’un des plus mauvais films jamais tournés. C’est aussi ce qui crée l’engouement autour du phénomène Tommy Wiseau.

Personne ne voulant faire travailler ce cinéphile atypique à Hollywood, qui a donc décidé de produire lui-même le film qu’il avait envie de faire, aux côtés de Greg Sestero, rencontré lors de cours de comédie à San Francisco.

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Sylvain Archambault s'excuse et veut une deuxième chance

Le réalisateur Sylvain Archambault, qui a fait l'objet d'allégations d'inconduite sexuelle dans les médias, affirme que «certains témoignages rapportés ont un fondement de vrai», tout en disant n'avoir «jamais posé un geste désobligeant à caractère sexuel».

Dans un communiqué publié dimanche, Sylvain Archambault dit vouloir dire à ceux et celles «qui ont pu se sentir humiliés par mes propos ou blessés par des gestes déplacés, que je n'ai jamais, au grand jamais, eu l'intention de le faire». Et si c'est le cas, ajoute-t-il, il s'en excuse «profondément».

Un article publié dans le quotidien La Presse, mercredi dernier, citait de nombreux témoignages d'acteurs, actrices et artisans qui dénoncent les méthodes hostiles du réalisateur, ses allusions à caractère sexuel et même des attouchements - des comportements qui seraient exacerbés par sa consommation d'alcool sur les plateaux de tournage.

Également par communiqué, le jour même, Sylvain Archambault avait nié catégoriquement les propos — selon les termes employés par le réalisateur — qu'«auraient tenus, sous le couvert de l'anonymat, des personnes l'ayant côtoyé». Il avait même déclaré que l'anonymat permettait «de dire n'importe quoi, même des faussetés».

Radio-Canada avait affirmé mercredi que les allégations publiées dans l'article devaient être prises au sérieux et a dit comprendre «la réaction des personnes qui en ont témoigné».

La télévision publique a indiqué entendre offrir à ses téléspectateurs Les pays d'en haut et Cheval-Serpent — deux émissions réalisées par Sylvain Archambault — comme prévu à l'hiver 2018. Radio-Canada a indiqué que «les retirer équivaudrait à pénaliser nos auditoires et des dizaines d'artistes et artisans».

«On a fait grand état au cours des derniers jours d'allégations me concernant. Bien que plusieurs de celles-ci doivent être nuancées, certains témoignages rapportés ont un fondement de vrai», a affirmé Sylvain Archambault, dimanche.

«Il est vrai que j'ai fait usage dans toute ma carrière d'un langage ou poser des gestes qui appartiennent à une autre époque. Aucun cependant ne peut justifier de me qualifier d'agresseur ou de harceleur sexuel. Je reconnais que nous sommes dans une ère nouvelle et que j'aurais dû changer mes façons de faire en conséquence. Toutefois, ces comportements étaient sans malice, ni mauvaises intentions», a aussi soutenu le réalisateur.

Sylvain Archambault a affirmé avoir simplement voulu en tout temps «obtenir le meilleur» des membres de son équipe.

«Oui, j'ai provoqué! Oui, j'ai forcé des émotions! Oui, j'ai poussé des comédiens et comédiennes à puiser au plus profond d'eux-mêmes. Jamais, je n'aurais cru que mes stratégies, utilisées pour le seul et unique bien du projet sur lequel je travaillais, pourraient blesser certaines personnes de mon entourage (comédiens, techniciens, figurants, etc.). Bien que la plupart aient saisi ma bonne intention, je constate avec beaucoup d'amertume que ce ne fut pas le cas de tous et, je le regrette», a-t-il ajouté.

Il a dit souhaiter terminer ses projets en cours dont le tournage de la série Mensonges 4, pour ensuite se «retirer pour faire le point». «Je vous remercie à l'avance, de la seconde chance que vous me donnerez», conclut-il.

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Hollywood se réjouit des dénonciations d'abus sexuels

Les grands noms du cinéma hollywoodien, réunis samedi soir aux Governors Awards, étaient unanimes pour, malgré tout, qualifier de «positives» les révélations sur les scandales sexuels qui s'accumulent, et espéraient qu'elles mettront fin à des décennies d'abus sexuel.

Plusieurs réalisateurs ont expliqué à l'AFP qu'ils souhaitaient que des accusations portées contre Harvey Weinstein, Kevin Spacey et les autres, naissent de profonds changements de mentalité qui permettront de protéger les jeunes stars en devenir.

James Gunn, qui a réalisé les deux volets des Gardiens de la Galaxie, a qualifié ces révélations de «chose vraiment positive pour l'industrie». «C'est quelque chose qui existe depuis longtemps. Ca a mis fin à des processus de travail, nui à la créativité ou empêché de faire de l'argent, ce n'est pas bon pour nous», a-t-il déclaré à l'AFP.

«Beaucoup de personnes à Hollywood sont des gens horribles, et la lumière est faite», s'est-il félicité.

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Effacer Kevin Spacey d’un film, un défi sans précédent

LOS ANGELES — Expurger Kevin Spacey du dernier film de Ridley Scott à six semaines de sa sortie est un défi sans précédent à Hollywood et un pari audacieux face aux scandales d’abus sexuel qui s’accumulent.

Spacey, deux fois oscarisé, est accusé d’avoir agressé sexuellement plusieurs hommes dont des mineurs et sa présence dans le film minait ses perspectives au box-office et aux Oscars.

Effacer de Tout l’argent du monde la star tombée en disgrâce à la suite de l’affaire Harvey Weinstein est donc apparu comme la seule solution pour sauver du désastre le film au budget estimé à 40 millions de dollars.

Le studio Sony, distributeur du film, «établit de nouvelles normes à Hollywood», et «c’est inspirant», estime Jeetendr Sehdev, expert en marques de célébrités, et un auteur d’un best-seller.

Spacey, 58 ans, va être remplacé au pied levé par Christopher Plummer, de presque trente ans son aîné, pour le rôle du magnat américain J. Paul Getty dans ce récit de l’enlèvement en 1973 du petit-fils adolescent du milliardaire, John Paul Getty III.

Un choix risqué et coûteux, qui devrait se chiffrer à 2,5 millions de dollars rien que pour les 8 jours de plateau avec Plummer, sans compter les nouvelles bandes-annonces et affiches.

Connu notamment pour avoir interprété en 1965 le Capitaine Von Trapp dans La mélodie du bonheur, le comédien de 87 ans aurait été d’après certains articles de presse le premier choix de Scott avant qu’il ne cède aux pressions pour choisir une vedette jugée plus «payante».

Jusqu’à ce que l’acteur Anthony Rapp accuse Spacey d’avoir tenté d’avoir un rapport sexuel avec lui lorsqu’il n’avait que 14 ans, et qu’un autre comédien anonyme affirme qu’il a tenté de le violer lorsqu’il n’avait que 15 ans.

Cette semaine, une ex-journaliste de télévision a aussi affirmé que l’interprète de Beauté américaine avait agressé sexuellement son fils de 18 ans l’an dernier.

Course contre la montre

Netflix a aussitôt limogé la star de sa série phare House of Cards, annulant aussi la diffusion d’un film dont il était la vedette.

L’équipe s’est à présent lancée dans une course contre la montre pour retourner avec Christopher Plummer et les autres acteurs nécessaires dans ces scènes, remonter le film, avant la date de sortie en salles du 22 décembre.

«Beaucoup de célébrités ont un comportement erratique mais le public a du mal à pardonner des allégations de pédophilie. Je doute qu’on assiste à un retour de Spacey», estime Jeetendr Sehdev.

«Les marques sont jugées à leur rapidité de réaction. Si on tient à sa réputation, on doit se distancer de Spacey immédiatement», ajoute-t-il, interrogé par l’AFP.

D’après le magazine spécialisé Variety, Sony et la maison de production Imperative Entertainment ont d’abord envisagé de repousser la sortie de Tout l’argent du monde à 2018. Ils risquaient cependant d’être doublés par Trust, une série mise en scène par le cinéaste Danny Boyle qui chronique aussi l’enlèvement de Getty, et programmée début janvier sur la chaîne FX.

Pour avoir une chance de concourir aux Oscars, le film devait aussi obligatoirement sortie en salles d’ici la fin de l’année.

Ce n’est pas la première fois que Ridley Scott se retrouve face à un défi majeur : il avait été confronté au décès soudain de l’acteur britannique légendaire Oliver Reed trois semaines avant la fin du tournage du Gladiateur (2000) — couronné par 5 Oscars.

Pour finir le film, le réalisateur de Blade Runner et Alien avait fait appel à des technologies de pointe, utilisant une doublure sur qui le visage de Reed avait été superposé numériquement.

Une quinzaine d’années plus tôt, Robert Zemeckis avait remplacé Eric Stoltz par Michael J. Fox après cinq semaines de tournage de Retour vers le futur, jugeant qu’il avait choisi la mauvaise tête d’affiche.

Woody Allen et Stanley Kubrick ont connu des difficultés similaires et dû remettre en boîte de grosses portions de Septembre (1987) et Les yeux grand fermés (1999).

Les effets spéciaux numériques pourraient permettre à Plummer de faire une grande partie de son interprétation devant un écran vert pour être ensuite inséré numériquement aux images existantes mais Ridley Scott semble avoir opté pour une méthode à l’ancienne: rappeler sur le plateau de Mark Wahlberg et Michelle Williams, les autres stars du film, pour retourner toutes les scènes de Spacey avec Plummer.

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L’acteur Bud Spencer statufié à Budapest

BUDAPEST — Les fans de l’acteur de western-spaghetti Bud Spencer, mort en 2016, ont inauguré samedi une statue à son effigie érigée non pas en Italie, son pays d’origine, ni au Far West américain, où il assommait les méchants de ses films, mais en Hongrie où il est l’objet d’un véritable culte.

La statue en bronze, de plus de deux mètres de haut, qui représente l’acteur italien en cow-boy à large carrure, selle jetée sur l’épaule, a été dévoilée dans une rue piétonne de Budapest en présence des deux filles de Bud Spencer, né Carlo Pedersoli en 1929.

Après la mort de Bud Spencer en juin 2016, à l’âge de 86 ans, l’hommage proposé à la mairie de la ville par la sculptrice Szandra Tasnadi avait reçu un assentiment enthousiaste des autorités. Budapest compte déjà un parc baptisé du nom de l’acteur.