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Cinéma

Coronavirus: le tournage de Mission: Impossible suspendu

NEW YORK — Paramount Pictures a interrompu lundi la production du septième film de la franchise Mission: Impossible pour cause de coronavirus, alors qu’Hollywood commence à s’adapter plus sérieusement à l’épidémie.

Le tournage de Mission : Impossible 7 devait se dérouler pendant trois semaines à Venise. Or, plus de 280 personnes sont porteuses du coronavirus en Italie — soit le plus grand nombre à l’extérieur de l’Asie. Alors que la plupart de ces cas se trouvent dans la région voisine de la Lombardie, les autorités ont signalé trois cas à Venise.

Dans un communiqué, Paramount a cité le décret des autorités vénitiennes qui suspend les grands rassemblements publics — comme le célèbre carnaval. Les studios américains annulent donc le tournage «par grande prudence» pour la sécurité et le bien-être des acteurs et de l’équipe.

Paramount a également reporté lundi la sortie chinoise de Sonic le hérisson, qui avait été fixée à vendredi. Les cinémas en Chine sont fermés en raison de l’épidémie, ce qui paralyse le deuxième plus grand marché au monde.

La semaine dernière, les producteurs du plus récent James Bond ont annulé la première du film à Pékin et la tournée de promotion en Chine. Le film doit sortir au Royaume-Uni le 2 avril et en Amérique du Nord le 10 avril.  

Cinéma

Avec Pinocchio, Matteo Garrone signe un conte noir pour enfants

BERLIN — Finis les mafieux pour Matteo Garrone : le réalisateur de Gomorra a imaginé un univers féérique pour porter à l’écran Pinocchio, présenté dimanche à la Berlinale (hors compétition), avant d’autres adaptations du classique de la littérature enfantine attendues prochainement. Le film, déjà sorti en Italie où il connaît un grand succès, sera sur les écrans français le 18 mars.

Dans le rôle de Gepetto, le père de la «marionnette en bois» qui rêve d’être un vrai petit garçon, Garrone a enrôlé le trublion Roberto Benigni, qui avait lui aussi porté le classique de Carlo Collodi à l’écran en 2002. Présent devant et derrière la caméra, il s’était alors donné le rôle de Pinocchio.

«Je suis peut-être le seul acteur qui a réussi à faire Pinocchio ET Gepetto», s’est targué l’acteur à Berlin, absent des écrans depuis 2012 et plutôt sobre pour son retour.

«Enchanter» les enfants

Plus sérieux, le réalisateur a expliqué sa démarche : faire un film capable d’«enchanter» les enfants.

«Notre parcours a été de redécouvrir le texte et les dessins du premier illustrateur. Nous avons ensuite pris un peu de liberté pour créer des dynamiques comiques», avec des éléments de commedia dell’arte.

«Pinocchio, c’est une fable qui parle de l’être humain, de ses conflits, de ses tentations», a ajouté celui qui a fait du classique de la littérature enfantine un conte noir, avec des jeux d’ombre et de lumière ainsi qu’une palette désaturée pour dépeindre une Italie pauvre.

Son film est peuplé d’animaux et de personnages féériques, comme le grillon et la fée incarnée par la Française Marine Vacth, ainsi qu’une femme-escargot, un juge-singe et des malfrats-chats. Nulle critique sociale en revanche dans le film. Garrone, deux fois Grand Prix à Cannes, pour Gomorra mais aussi Reality, a préféré se concentrer sur «la grande histoire d’amour entre un père et un fils». «Je ne serai pas forcément le dernier à adapter cette histoire intemporelle», glisse-t-il.

À juste titre puisque le Mexicain Guillermo del Toro, primé aux Oscars avec La forme de l’eau, prépare une adaptation pour la plateforme de diffusion en ligne Netflix. Il s’agira d’un film d’animation en animation, qui se déroulera dans l’Italie des années 30.

Multipliant les nouvelles versions de ses classiques, Disney travaille aussi de son côté sur un nouveau Pinocchio, après celui de 1940, avec Robert Zemeckis (Retour vers le futur) à la réalisation.

Cinéma

Sonic talonné par L’Appel de la forêt en tête du box-office 

WASHINGTON — Le porc-épic bleu ultra-rapide héros de Sonic le hérisson est resté de justesse en tête du box-office nord-américain ce week-end, talonné par L’Appel de la forêt, nouvelle adaptation du célèbre roman de Jack London, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Sorti le week-end dernier, le long-métrage dédié à la boule bleue du groupe japonais Sega, l’un des personnages de jeux vidéo les plus célèbres au monde, a engrangé 26,3 millions $US de recettes de vendredi à dimanche aux États-Unis et au Canada. Ses recettes cumulées atteignent 106,6 millions $US.

Malgré des critiques globalement négatives, la version Walt Disney de L’Appel de la Forêt, avec Harrison Ford et Omar Sy, arrive en deuxième position pour sa sortie. Le film pour enfants alliant effets spéciaux et paysages grandioses, qui raconte les aventures du chien Buck pendant la ruée vers l’or au Canada et en Alaska, a engrangé 24,8 millions de $US pendant le week-end.

Il prend la place de Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn, film inspiré de l’univers DC Comics avec Margot Robbie en tête d’affiche, qui recule en troisième position. Ce spin-off de Suicide Squad (2016) a rapporté 7 millions $US (72,5 millions $US depuis sa sortie il y a trois semaines).

Une autre sortie, le film d’horreurBrahms: Le garçon II, avec Katy Holmes, arrive en quatrième position avec 5,90 millions $US.

Pour sa sixième semaine sur les écrans, Mauvais garçons pour la vie, troisième opus de la célèbre saga policière teintée d’humour avec Will Smith, s’est maintenu en cinquième position, avec 5,86 millions $US engrangés (191,2 millions depuis sa sortie).

Voici le reste du top 10

6- 1917 (4,4 millions $US pendant le week-end, 152 au total)

7- L'île fantastique (4,2 millions $US en trois jours, 20,2 millions depuis sa sortie.

8- Parasite (3,1 millions en trois jours, 48,9 millions au total)

9- Jumanji: Le prochain niveau (3 millions sur le week-end, 310,9 millions au total)

10- The Photograph (2,8 millions en trois jours, 17,6 depuis sa sortie)

Cinéma

Le réalisateur russe Serebrennikov va adapter un livre d'Olivier Guez

MOSCOU — Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov, remarqué au festival de Cannes pour son dernier long métrage, Leto, va adapter sur grand écran La Disparition de Josef Mengele de l'écrivain français Olivier Guez.

Elizaveta Tchalenko, productrice pour la société russe Hype Films, qui a collaboré avec Kirill Serebrennikov sur plusieurs de ses films, a confirmé jeudi à l'AFP une information de l'agence de presse publique TASS.

«Nous sommes très contents d'avoir eu la possibilité d'adapter à l'écran le livre fascinant d'Olivier Guez», a déclaré à TASS Ilia Stuart, cofondateur de Hype Films: «Kirill a lui-même écrit le scénario et a selon moi trouvé la bonne clé à cette histoire».

Kirill Serebrennikov, 50 ans, est une figure incontournable de la culture contemporaine russe, mais il a été mis en cause par la justice, qui l'accuse d'avoir détourné entre 2011 et 2014 environ 130 millions de roubles (1,8 million d'euros) de subventions publiques destinées au théâtre moscovite qu'il dirige.

Arrêté en août 2017, il est resté assigné à résidence jusqu'en avril 2019, sans pour autant avoir le droit de quitter Moscou. En septembre 2019, la justice russe a finalement levé «toutes les mesures préventives» contre lui et trois de ses collaborateurs et renvoyé le dossier au Parquet, l'estimant incomplet. L'affaire n'est pas close pour autant.

Kirill Serebrennikov a toujours nié les charges qui pèsent contre lui, ses partisans estimant qu'il paie la montée en puissance des valeurs conservatrices en Russie, où les artistes sont confrontés à une pression croissante.

Salués par les critique et succès public, La disparition de Josef Mengele d'Olivier Guez est un récit des dernières années du médecin tortionnaire d'Auschwitz, en exil en Amérique du Sud. Le livre a reçu le prix Renaudot en 2017.

Cinéma

Berlinale: Oleg Sentsov, réalisateur «libre dans sa tête» 

BERLIN — C'est un film réalisé alors qu'il était «au goulag» en pleine grève de la faim. Emprisonné cinq ans dans un camp russe, le réalisateur Oleg Sentsov a réussi l'exploit de diriger à distance son deuxième long-métrage, Numbers, présenté à la Berlinale.

«C'est toujours mieux de s'occuper que de ne rien faire, vous avez beaucoup de moments à ne rien faire en prison», répond, presque goguenard, l'ancien prisonnier politique, à quelques journalistes.

L'idée de diriger un film «du goulag», comme mis en avant sur l'affiche, vient de ses proches.

«J'avais lu la pièce (de Sentsov, dont le film s'inspire, ndlr), je lui ai envoyé un message pour faire le film. Il m'a répondu par lettre. Puis, il y en a eu des centaines pour peaufiner les détails de ce projet. Voila tout!», résumait le coréalisateur Akhtem Seitablaiev lors d'une projection à Berlin.

C'est par ces lettres que Sentsov a donné des indications sur la distribution, les costumes ou encore les choix de mise en scène.

Son avocat lui apportait les réponses et des photos du projet, derrière la vitre du parloir. Les gardiens de prison leur fichaient une paix royale, affirme-t-il.

Détermination 

Retranscrites dans les notes d'intention du film, certaines de ces lettres laissent apparaître la détermination de Sentsov, qui n'a logiquement pas participé au tournage, et a découvert le film dans son intégralité... cette semaine à Berlin.

«C'est comme un enfant qu'on confie à l'adoption. On lui a donné la vie mais on ne l'a pas élevé».

Avant d'être un symbole de la résistance à la répression russe, l'Ukrainien était un cinéaste connu pour Gamer, tourné avec un budget de 20 000 dollars et montré dans de nombreux festivals européens, dont Rotterdam où il a été récompensé en 2012.

Alors qu'il préparait son deuxième long-métrage, sa vie a basculé avec le soulèvement pro-européen du Maïdan à Kiev à l'hiver 2014, puis l'annexion de la Crimée quelques semaines plus tard par Moscou.

Reconnu coupable par la justice russe de «terrorisme» en 2015 dans sa Crimée natale, à l'issue d'un procès dénoncé comme «stalinien» par Amnesty International, Oleg Sentsov a été condamné à vingt ans de prison.

En mai 2018, il entame une grève de la faim pour exiger la libération de tous les «prisonniers politiques» ukrainiens détenus en Russie.

Une campagne de soutien internationale est lancée, le visage amaigri d'Oleg Sentsov fait le tour du monde, et il reçoit le prix Sakharov en 2018, qu'il viendra chercher... après sa libération en septembre 2019.

«Le cinéma c'est ce qui vient de l'intérieur, ce qui me nourrit, mais je ne peux ignorer que mon pays est en guerre», souligne celui qui tient à distinguer ses activités de cinéaste et d'activiste.

Pas un mot de changé

Peu avant sa grève de la faim, il était retombé sur un vieux scénario, inspiré d'une pièce écrite en 2011. Le sujet: le totalitarisme. Il promet n'avoir pas changé une ligne entre-temps.

Présenté comme une dystopie, Numbers est une tragédie en cinq actes, dans une communauté où évoluent 10 personnes, représentées chacune par un chiffre.

Les hommes sont des chiffres impairs, les femmes des chiffres pairs, ils forment des couples et leur vie est régie par des règles précises, comme la séparation hommes-femmes la nuit venue.

Ils évoluent dans un dispositif théâtral, surveillés par deux hommes armés, avec au-dessus de leur tête la présence du «grand zéro», révélé par le chiffre 1, chargé de l'application des règles.

Cet univers va basculer avec l'arrivée d'un enfant, baptisé 11, et les velléités plus ou moins intéressés, de certains, de renverser 1.

Numbers apporte un message simple mais percutant. Le réalisateur annonce la couleur, en avant-propos, face à la caméra: «il ne s'agit pas seulement d'un film, c'est aussi un manifeste».

Cinéma

Version en noir et blanc de Parasite pour une expérience «différente»

SÉOUL — Une version en noir et blanc du film Parasite, qui a triomphé aux derniers Oscars, va sortir cette semaine en Corée du Sud et offrira aux spectateurs une expérience «différente», a déclaré le réalisateur Bong Joon-ho.

Le cinéaste a expliqué avoir toujours été un adepte des films monochromes qui, selon lui, apportent aux spectateurs une expérience visuelle plus intime.

«Avec la disparition des couleurs, vous pouvez vous concentrer davantage sur les expressions des acteurs et sur leurs yeux» ainsi que sur les détails, a expliqué M. Bong lors d’une conférence de presse à Séoul.

Premier long-métrage en langue étrangère à obtenir l’Oscar du «meilleur film», récompense phare d’Hollywood, Parasite a aussi raflé la statuette du meilleur scénario original, tandis que Bong Joon-ho a été sacré «meilleur réalisateur».

M. Bong a dit espérer que son film resterait dans les annales autant pour sa teneur que pour ses multiples récompenses.

Ce film, qui est à la fois un thriller et une satire corrosive sur les inégalités sociales, raconte comment une famille pauvre parvient à s’introduire dans le quotidien d’une famille riche.

Le réalisateur a travaillé à cette version noir et blanc en collaboration avec le cinéaste Hong Kyung-pyo. Elle sortira la semaine prochaine dans les salles de cinéma sud-coréennes.

Il s’agit de la seconde version en noir et blanc d’un film du réalisateur après celle de son thriller Mother sorti en 2009.

M. Bong a raconté que lors de la projection de cette nouvelle version le mois dernier dans un festival international du cinéma, un spectateur lui avait dit que le noir et blanc rendait le film plus réel.

«J’ai toujours admiré les films classiques», a expliqué le réalisateur, s’est dit «curieux de savoir à quoi aurait ressemblé le film si j’avais vécu dans les années 1930».

M. Bong a raconté que les distributeurs avaient organisé une intense campagne avant la cérémonie des Oscars, avec au moins 600 interviews accordées à des médias et une centaines de séances de questions-réponses.

Cinéma

Fahim: Le (jeune) roi des échecs ***

Il y a des récits où la réalité dépasse la fiction. Fahim en est un. Imaginez : un garçon du Bangladesh qui demande l’asile politique en France avec son père, vit dans la rue et gagne néanmoins le championnat d’échecs national des moins de 12 ans ! En résulte un feel good movie assumé, avec une empathie marquée pour le sort des migrants.

Pierre-François Martin-Laval a adapté Un roi clandestin, le récit autobiographique de Fahim Mohammad, en prenant quelques libertés (notamment en condensant les évènements pour des raisons dramatiques).

Cinéma

La populaire Pat’Patrouille au grand écran en août 2021

TORONTO — La série animée La Pat’Patrouille, hautement populaire auprès des enfants d’âge préscolaire, se dirige vers le grand écran.

L’entreprise Spin Master a annoncé qu’un film d’animation sera dérivé de sa franchise. Une sortie en salle est prévue en août 2021.

La série peut être visionnée sur Netflix, sur plusieurs chaînes de télévision provinciales au Canada et sur Nickelodeon à travers le monde entier.

La Pat’Patrouille suit les aventures d’un garçon féru de technologie et sa bande de chiots de sauvetage, chacun doté d’habiletés et de véhicules spéciaux.

L’émission a également donné naissance à une importante gamme de marchandises et de vêtements dérivés.

Spin Master Corp indique que le long métrage sera réalisé par Cal Brunker, qui a déjà signé d’autres films pour enfants tels que Opération noisettes 2 et Fuyons la planète Terre.

La division de divertissement de la société torontoise produira le film avec Nickelodeon Movies, tandis que Paramount Pictures en assurera la distribution.

Spin Master précise qu’il s’agit du premier «d’un certain nombre de longs métrages» en préparation. Ses autres lignes de jouets incluent Bakugan, Air Hogs et Hatchimals.

Cinéma

Procès Weinstein: le jury encore divisé, le juge les renvoie délibérer

NEW YORK — Le jury du procès d’Harvey Weinstein a laissé entendre vendredi qu’il s’était accordé sur trois des cinq chefs d’accusation, mais restait divisé sur les deux restants, et le juge leur a demandé de poursuivre leurs délibérations.

En début d’après-midi, les jurés du tribunal pénal de Manhattan ont envoyé au magistrat James Burke une question écrite, demandant s’ils pouvaient s’accorder sur une partie seulement des chefs d’accusation.

Les chefs mentionnés sur lesquels il y aurait accord sont ceux concernant l’agression sexuelle présumée sur l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi et le viol que dit avoir subi l’aspirante actrice Jessica Mann.

Les deux chefs restants constituent chacun une circonstance aggravante de comportement «prédateur». Ce sont les plus sérieux, de nature à entraîner la condamnation d’Harvey Weinstein à la perpétuité.

Le juge Burke a consulté l’accusation et la défense pour connaître leur position.

La défense d’Harvey Weinstein s’est dite favorable à un verdict partiel, mais la procureure Joan Illuzzi-Orbon a répondu que l’accusation n’était «pas (prête) à accepter» cette décision «à ce stade».

Le juge a alors rappelé le jury. «Je vais vous demander de poursuivre vos délibérations», leur a-t-il dit, après leur avoir relu le texte officiel qui explique qu’il est normal pour un jury d’avoir parfois l’impression de se retrouver dans une impasse.

Le magistrat n’a pas répondu directement à la question des jurés et ne leur a donc pas dit s’il était possible de parvenir à un verdict partiel, ce qui est pourtant une possibilité.

La question du jury est intervenue au quatrième jour des délibérations, quelques minutes avant l’heure prévue pour une suspension jusqu’à lundi.

Tout au long de la semaine, les jurés ont demandé que leur soient relus plusieurs témoignages, principalement ceux de Mimi Haleyi et de l’actrice Annabella Sciorra, qui assure avoir été violée par Harvey Weinstein durant l’hiver 1993.

Le témoignage d’Annabella Sciorra est crucial, car les chefs d’accusation de «prédateur» incluent ses allégations, pour montrer que le producteur avait un comportement récurrent.

Les jurés n’ont, en revanche, posé aucune question ou demandé aucun élément concernant Jessica Mann, qui est liée à trois chefs d’accusation et dont le témoignage, à l’audience, a été largement affaibli par la défense.

Harvey Weinstein a toujours démenti toute agression sexuelle, affirmant qu’il s’agissait de relations consensuelles.

Cinéma

Marie-Josée Croze: Sans filtre et à cœur ouvert

Nous avions, en théorie, 15 minutes pour discuter avec Marie-Josée Croze en direct de son domicile parisien. Mais comme Le Soleil se trouvait le dernier sur la liste, le généreux entretien aura duré une heure. Où l’actrice révèle, sans filtre et à cœur ouvert, les secrets de son succès, son absence de nostalgie pour le Québec, son enfance avec une mère malade qui l’a formée... Entrevue avec une artiste pleine et entière.

L’occasion était belle, à quelques jours de ses 50 ans, de dresser un bilan. «Non, j’ai horreur de ça.» Elle passe sous silence son anniversaire, ne fête Noël que le fusil sur la tempe et fait l’impasse sur le jour de l’An. «Être assis à table avec des gens qu’on n’aime pas, qu’on embrasse, ça va me porter la poisse. Je préfère ne rien faire.»

Cinéma

Le film de la semaine: Portrait de la jeune fille en feu *** 1/2

CRITIQUE / Portrait de la jeune fille en feu a créé un véritable engouement dès sa première mondiale au Festival de Cannes, où il a permis à Céline Sciamma de repartir avec le Prix du scénario. Avec raison : le drame intimiste évoque avec une rare sensibilité une passion interdite entre deux femmes. Mais il s’agit surtout d’un récit qui dépeint avec acuité un amour naissant et l’irrépressible montée du désir qui en découle.

La réalisatrice s’attaquait à un défi de taille, celui de la pertinence, puisqu’elle a décidé d’en situer l’action à la fin du XVIIIe siècle. Elle l’a relevé avec brio en adoptant une approche résolument contemporaine de ses personnages et en proposant une distribution entièrement féminine.

Cinéma

L'appel de la forêt: Super Buck ** 1/2

CRITIQUE / Les créateurs de L’appel de la forêt (Call of the Wild) ont trop pris au pied de la lettre le concept de «moderniser» le classique roman d’aventures de Jack London, publié en 1903. Ce n’est pas parce qu’on peut tout obtenir avec les images générées par ordinateur (CGI), notamment animer un chien du museau à la queue, que c’est une idée que vaut de l’or. Même avec des prises de vues réelles, le tout s’avère beaucoup trop artificiel pour y croire. 

Parlant du métal précieux, l’action se situe à la fin du XIXe siècle alors que des centaines d’hommes se précipitent au Yukon. Plusieurs d’entre eux ont besoin de chiens de traîneau pour pouvoir tirer le matériel nécessaire à la prospection.

Et où il y a une demande, il y a des escrocs pour en profiter. L’un d’eux kidnappe Buck, mélange de saint-bernard et de colley, qui coule des jours heureux en Californie. Du jour au lendemain, l’imposant chien malhabile et estomac sur pattes se retrouve en Alaska. 

Acheté par le Québécois Perreault (Omar Sy), qui livre le courrier jusqu’à Dawson, Buck va vite démonter ses pouvoirs de super-chien, notamment en sauvant Françoise (Karen Gillan), la copine du facteur, d’une mort certaine.

Cette première moitié du récit, ponctuée de courses animées, nous montre un Buck trop heureux de s’épivarder dans cette nature fantasmée (ou le gibier et le poisson abondent à n’en plus finir). Et sert à mettre la table pour son adoption par John Thornton (Harrison Ford), un homme endeuillé qui a fui son foyer pour oublier la mort de son fils.

Le duo va partir en expédition pour atteindre le bout du monde (le bon vieux mythe de la frontière). Sans se douter qu’ils ont à leurs trousses un chercheur d’or déboussolé qui est convaincu que l’homme et l’animal cherchent un butin… 

Sa présence est non seulement caricaturale, mais ses diverses apparitions sont nettement tirées par les cheveux. Comme beaucoup de choses dans ce scénario qui flirte ouvertement avec le conte.

On veut bien y croire, mais on atteint nos limites quand le réalisateur Chris Sanders et ses acolytes redéfinissent le concept d’anthropomorphisme, cette tendance qui consiste à attribuer aux animaux des propriétés humaines. Surtout avec des plans de réaction du chien qui véhiculent des émotions, surlignés par une musique sirupeuse.

Imaginez Buck aller jusqu’à démontrer de l’empathie. Bien sûr, sur l’échelle du cuteness, on se retrouve tout en haut. Mais une fois passé le petit pincement au cœur, même ceux et celles qui aiment s’attendrir vont avoir de la difficulté à y croire…

Le déroulement de l’action serait demeuré plus crédible si Sanders s’était contenté d’épouser le point de vue du canidé en plaçant sa caméra, comme il le fait parfois, à la hauteur des genoux des humains qui entourent Buck.

Bien sûr, L’appel de la forêt se veut un divertissement familial, plutôt bien formaté, avec la morale habituelle à la clé — il faut suivre son instinct pour trouver sa vraie nature.

Mais les artisans à Hollywood devraient apprendre à faire un peu plus confiance à des acteurs en chair (en poils) et en os. Le résultat serait sensiblement meilleur.

Cinéma

L'assistante: La femme invisible *** 1/2

CRITIQUE / L’assistante (The Assistant) arrive à point nommé à l’ère post-#MoiAussi. Le très bon drame psychologique décrit le malaise grandissant de la verte Jane (Julia Garner) lorsqu’elle découvre que ses collègues préfèrent fermer les yeux sur les agressions du puissant patron d’une boîte de production cinématographique new-yorkaise…

Libre à chacun d’y voir une allusion claire aux agissements du producteur Harvey Weinstein. À mon avis, l’intérêt loge ailleurs.

Cinéma

L’amour tout simplement: À deux, c’est mieux ***

CRITIQUE / L’amour de Joan et Tom est un long fleuve tranquille. Jusqu’à ce qu’elle découvre une bosse sur son sein gauche en prenant sa douche… L’amour tout simplement (Ordinary Love) brode sur le thème usé du couple uni qui passe à travers une épreuve dramatique sans rien y apporter de transcendant. Mais les performances des deux acteurs extraordinaires que sont Lesley Manville et Liam Neeson valent le détour.

Le long métrage débute le lendemain de Noël et se conclut au même moment, un an plus tard. Entre les deux, le duo aura eu à composer avec le diagnostic de cancer de Joan.

Arts et spectacles

FCEQ: 44 films pour la famille

Le Festival de cinéma en famille de Québec (FCEQ) accueillera pas moins de 44 films pour sa 9e édition, qui se déroulera du 29 février au 8 mars.

En plus des projections, pas moins de 23 ateliers et activités prendront place dans les deux cinémas Le Clap, à Loretteville et à Sainte-Foy, ainsi qu’au Musée national des beaux-arts du Québec. Le FCEQ présentera pas moins de 35 premières. 

Outre 100 kilos d’étoiles, Away, Terra Willy — Planète inconnue (en ouverture), La fameuse invasion des ours en Sicile, les petits cinéphiles auront droit à une présentation spéciale d’un film en cours de production, Felix and the Treasure of Morgäa, du studio de Québec Production 10e Ave. Des cinés brunch, concert et société sont aussi dans la programmation. Pour information : www.fceq.ca. 

Cinéma

Un «vrai» cinéma de quartier dans le centre-ville de Québec

Une nouvelle salle de diffusion consacrée au cinéma verra le jour dans le centre-ville de Québec, un projet mené et désiré par Antitube depuis de nombreuses années. «Il y a un gros manque à combler au centre-ville de Québec, c’est une frustration pour les cinéphiles. On veut ramener le cinéma de quartier», entend le directeur de la programmation, Jason Béliveau.

Le Circuit Beaumont ouvrira dès l’hiver 2021, lorsque les travaux de réfection et de réaménagement dans la coopérative artistique Méduse seront achevés. Le nom du cinéma est d’ailleurs un clin d’œil à l’histoire de la diffusion en salle; Edmond Beaumont était propriétaire de plusieurs salles de cinéma à Québec dans la première moitié du XXe siècle.

Cinéma

Antigone et Kuessipan récoltent plusieurs nominations aux Prix écrans [VIDÉO]

Deux films québécois, Antigone et The Twentieth Century, sont finalistes dans la catégorie du meilleur film pour les prix Écrans canadiens, en plus de récolter plusieurs nominations. Kuessipan et Acadiana sont aussi en lice pour des prix.

Antigone, adaptation libre de la tragédie de Sophocle, est en nomination dans sept catégories, notamment pour la réalisation et l’adaptation de Sophie Deraspe, pour l’actrice Nahéma Ricci et l’actrice de soutien Nour Belkhiria. The Twentieth Century obtient huit nominations, notamment pour la réalisation et le scénario de Matthew Rankin, mais aussi pour la direction artistique, les costumes et les coiffures dans cette allégorie expressionniste sur le jeune Mackenzie King.

Le Chant des noms, de François Girard, obtient neuf nominations, mais pas dans les catégories du meilleur film ou de la meilleure réalisation. Il pleuvait des oiseaux, chant du cygne de la comédienne Andrée Lachapelle, est en lice dans cinq catégories, dont l’adaptation du roman de Jocelyne Saucier par la réalisatrice Louise Archambault; les acteurs Gilbert Sicotte et Rémy Girard ont aussi droit à une nomination.

Kuessipan est en nomination dans trois catégories, notamment pour l’adaptation du roman de Naomi Fontaine par la réalisatrice Myriam Verreault; on souligne aussi l’interprétation de Douglas Grégoire et de Yamie Grégoire. Sympathie pour le diable est aussi salué pour l’adaptation du récit du journaliste Paul Marchand. Marc-André Grondin est par ailleurs finaliste pour son interprétation dans Mafia inc. — la seule nomination décrochée par le nouveau film de Podz.

The Body Remembers When the World Broke Open, récit d’une amitié naissante entre deux femmes autochtones, récolte huit nominations, notamment dans les catégories du meilleur film, de la réalisation, du scénario original et des actrices principales. Les deux autres productions en nomination dans la catégorie du meilleur film sont Anne at 13,000 ft et White Lie.

Acadiana, des réalisateurs de Québec Guillaume Fournier, Samuel Matteau et Yannick Nolin, concourra pour le prix du court métrage documentaire. 

L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision décerne aussi ses prix Écrans aux artisans de la télévision en anglais — les productions francophones reçoivent des prix Gémeaux au Québec. Mais certains artistes et artisans québécois sont en nomination du côté anglais, notamment deux actrices dans des premiers rôles: Karine Vanasse (Cardinal) et Caroline Dhavernas (Mary Kills People).

Le gala des prix Écrans canadiens, qui aura lieu à Toronto le 28 mars, sera diffusé en direct sur les ondes de la télévision anglaise de Radio-Canada.

Cinéma

Une accusatrice montréalaise d’Harvey Weinstein trouve sa force dans le groupe

Pendant des années, l’actrice montréalaise Erika Rosenbaum a porté un «secret» qu’elle croyait être uniquement sien.

Mais à l’automne 2017, elle a découvert que sa lutte privée était peut-être partagée par un certain nombre de femmes, qui accusaient le producteur hollywoodien Harvey Weinstein de harcèlement sexuel et d’agression.

Et c’est ainsi, dit-elle, qu’elle est s’est jointe à un groupe de femmes qui ont contribué à stimuler le mouvement  #MeToo ( #moiaussi).

Alors que 12 jurés se préparent à délibérer mardi sur le sort juridique d’Harvey Weinstein dans un palais de justice de New York, Erika Rosenbaum affirme qu’elle et les autres «briseuses de silence» se sont regroupées comme une force pour la justice, qui transcendera tout verdict contre l’homme qui les a réunies.

«J’ai vraiment l’impression que nous, en tant que communauté de femmes et en tant que communauté de survivantes, avons changé la donne», a confié l’actrice de 39 ans. «Ma vulnérabilité est devenue une force incroyable.»

Comme de nombreux aspirants acteurs, Erika Rosenbaum a confié qu’elle était habitée d’une «confiance irrationnelle» lorsqu’elle est débarquée à Hollywood.

Dès l’âge de 19 ans, elle a fait des allers-retours entre Los Angeles et son Montréal natal pour passer des auditions afin de convaincre les magnats du divertissement qu’elle était «la prochaine grande vedette».

Quand elle a rencontré Harvey Weinstein dans une fête, au début de la vingtaine, elle affirme s’être sentie comme si quelqu’un validait sa vision pour la première fois.

En public, le producteur n’en avait que pour les affaires, et il avait de grands projets pour elle, se souvient Erika Rosenbaum, qui se rappelle qu’Harvey Weinstein lui avait dit qu’elle était la «prochaine Sandra Bullock», car elle savait comme elle donner dans la comédie autant que dans le drame.

«Quand je l’ai rencontré, c’était comme si quelqu’un me voyait enfin. Quelqu’un voit enfin ce que je vois», a expliqué Erika Rosenbaum. «Ce qui a été doublement difficile dans ce qui s’est passé derrière des portes closes est que, tout d’un coup, cette idée que vous aviez de vous-même est brisée.»

Erika Rosenbaum affirme qu’Harvey Weinstein lui a fait des avances sexuelles agressives lors de trois réunions distinctes, il y a environ 15 ans.

Elle raconte que lors de leur troisième rencontre - dans une chambre d’hôtel pendant le Festival international du film de Toronto au milieu des années 2000 - Harvey Weinstein l’a tenue par la nuque et s’est masturbé en se tenant derrière elle.

Harvey Weinstein a nié à plusieurs reprises tout acte répréhensible, affirmant que toute activité sexuelle était consensuelle.

Guérison auprès de sa famille

De retour à temps plein à Montréal, Erika Rosenbaum a trouvé la guérison auprès de son mari et de leurs quatre enfants.

Bien qu’elle n’ait jamais abandonné ses ambitions d’actrice, elle dit avoir essayé de mettre son expérience hollywoodienne derrière elle.

Mais en octobre 2017, tout lui est revenu lorsqu’elle a vu les accusations contre Harvey Weinstein faire la une des journaux.

Erika Rosenbaum a dit qu’elle n’avait jamais prévu parler à qui que ce soit de ce qu’elle avait vécu, car elle se sentait «complice»: elle ne l’a pas frappé; elle ne l’a pas dénoncé à la police; elle a essayé d’«être gentille» pour le bien de sa carrière, dit-elle.

Mais en voyant toutes ces actrices populaires mettre leur carrière en jeu alors qu’elles avaient «beaucoup plus à perdre», selon elle, elle a eu l’impression que ce qu’elle considérait comme une «faiblesse» personnelle s’était transformé en une source de force collective.

À la veille du procès pénal d’Harvey Weinstein, Erika Rosenbaum faisait partie d’une vingtaine de «briseuses de silence» qui ont juré dans une déclaration qu’elles «continueraient à s’exprimer jusqu’à ce que cet agresseur impénitent soit traduit en justice».

Le producteur déchu a plaidé non coupable à des accusations liées au viol d’une femme dans une chambre d’hôtel à Manhattan en 2013 et à de la violence sexuelle sur une autre femme en 2006.

Bien qu’elle ait choisi de ne pas poursuivre le producteur en justice, Erika Rosenbaum a déclaré qu’elle soutiendrait les femmes qui l’ont fait de toutes les manières possibles.

Parallèlement, elle et d’autres «briseuses de silence» travaillent à l’extérieur des tribunaux pour créer un monde plus équitable pour les femmes grâce à différentes initiatives.

L’actrice montréalaise se porte également volontaire pour parler aux étudiants et aux jeunes du consentement et des relations sexuelles respectueuses.

«Quel que soit le résultat (du cas de Weinstein), j’ai l’impression que le mouvement ne pourra plus s’arrêter», a-t-elle déclaré. «Ce mouvement principalement formé de femmes qui défendent des femmes.»

Cinéma

Départ en trombe pour Sonic au box-office 

LOS ANGELES — Défiant les pronostics, une boule bleue ultra-rapide a secoué le box-office nord-américain : pour sa sortie, Sonic le hérisson est arrivé en tête de la course dans les cinémas ce week-end, selon les chiffres provisoires publiés dimanches par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le long-métrage dédié au hérisson du groupe japonais Sega, l'un des personnages de jeux vidéo les plus célèbres au monde, a engrangé 57 millions de dollars de recettes de vendredi à dimanche aux États-Unis et au Canada, pour sa première semaine. Un chiffre qui s'élève à 68 millions en comptant la journée de lundi, fériée aux États-Unis.

Cinéma

Harvey Weinstein considérait ses victimes «jetables», selon l'accusation

NEW YORK — Harvey Weinstein se croyait si puissant qu'il s'imaginait pouvoir s'en tirer en dénigrant de jeunes actrices plongées dans un monde où les magnats d'Hollywood les considéraient comme «entièrement jetables», a déclaré vendredi une procureure au jury dans sa plaidoirie.

L'ex-producteur de cinéma déchu subit un procès pour viol à New York.

«L'univers est dirigé par moi et elles n'ont pas l'option de se plaindre lorsqu'elles se font marcher dessus, cracher dessus, rabaisser et, oui, violer ou abuser par moi - le roi», a déclamé Joan Illuzzi-Orbon en imitant l'accusé.

À l'aide d'un écran de télévision installé près des jurés, les procureurs ont fait défiler des photos de l'actrice Annabella Sciorra et de cinq autres victimes alléguées ayant témoigné contre Harvey Weinstein. Joan Illuzzi-Orbon a affirmé au jury qu'à l'exception de Mme Sciorra, toutes les autres étaient «entièrement jetables». «Elles ne feraient jamais partie de son monde».

La procureure a également montré deux séquences. L'une du témoignage d'Annabella Sciorra, dans les années 1990, et l'autre de l'actuelle accusatrice dans ce procès.

Dans la première vidéo, Mme Sciorra relate la scène où elle a confronté celui qu'elle accuse de l'avoir violée. «Ses yeux sont devenus noirs et j'ai cru qu'il allait me frapper», décrit-elle.

Dans la deuxième séquence, l'accusatrice du procès en cours raconte la réaction de Harvey Weinstein, en 2013, lorsqu'elle lui a annoncé qu'elle avait un conjoint.

«Ses yeux ont changé et il n'était plus là. Ils étaient noirs et il m'a démolie», a-t-elle déclaré.

À certaines occasions, l'accusé s'est appuyé au fond de sa chaise en regardant l'écran devant lui qui reproduisait les mêmes images montrées au jury durant cette plaidoirie de trois heures.

La veille, la défense avait offert sa propre version épique d'une plaidoirie dans laquelle elle qualifiait le dossier de la poursuite de «conte sinistre» dénué de preuves prouvant la culpabilité de Weinstein.

L'avocate Donna Rotunno, qui défend Harvey Weinstein, avait reproché à la poursuite de créer «un univers parallèle» qui «prive les femmes adultes de tout bon sens, d'autonomie et de responsabilité». Elle avait ajouté que «le regret n'existe pas dans ce monde, les regrets ont été renommés "viols"».

Le jury a été libéré pour la fin de semaine et les délibérations doivent commencer mardi.

Harvey Weinstein, 67 ans, est accusé d'avoir violé une femme dans une chambre d'hôtel de Manhattan, en 2013, et d'avoir posé de force des actes de sexe oral sur une autre victime.

Cinéma

Le film de la semaine: Mafia inc. *** 1/2

CRITIQUE / Podz nous a habitués à sa prise de risques — et pas seulement dans l’audace et la maîtrise de sa réalisation originale —, de la violence trouble de La loi du talion ou 10 1/2 au plan-séquence de King Dave. Mais le cinéaste prodige aurait facilement pu se casser les dents sur Mafia inc., une ambitieuse fresque réussie qui dépeint l’ascension et la chute d’un jeune Québécois auprès de la famille régnante dans la province.

La très libre adaptation de l’enquête journalistique d’André Noël et d’André Cédilot sur la présence des Rizzuto au Québec se situe en pleine guerre des motards, en 1994. Vince Gamache (Marc-André Grondin), antihéros et électron libre, se trouve au Venezuela pour un coup fumant.

Cinéma

Céline Sciamma: Le désir amoureux au féminin

PARIS — Portrait de la jeune fille en feu a causé une forte impression lors de sa première mondiale au Festival de Cannes, où Céline Sciamma a d’ailleurs obtenu le Prix du scénario. Film au féminin, sensuel et lumineux, son récit met en scène une peintre (Noémie Merlant) et son modèle (Adèle Haenel) qui succombent à l’amour (interdit) au XVIIIe siècle. N’eût été des «Misérables», le long métrage aurait probablement représenté la France aux Oscars. La cinéaste n’en a cure. Avec 11 nominations aux Césars, dont meilleurs film, réalisation et scénario, la belle histoire se poursuit.

Q César 2017 de la meilleure adaptation pour Ma vie de courgette, Prix du scénario à Cannes pour Portrait de la jeune fille en feu, vous être une sacrée scénariste!

Cinéma

Noémie Merlant: Incarner toutes les femmes oubliées

PARIS — Petite, Noémie Merlant rêvait d’être chanteuse. Puis danseuse. Un article lu par son père sur le Cours Florent, une célèbre école de théâtre, va infléchir sa trajectoire. La Française de 31 ans, qui n’avait jamais songé à devenir actrice, va réussir à vaincre sa timidité : «une véritable révélation». Après une nomination aux Césars en 2017 comme meilleur espoir, elle brille dans Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. Ce qui lui vaut, cette fois, de concourir comme meilleure actrice. Rencontre.

Des lourdes robes de son habit de peintre du XVIIIe siècle au look contemporain pour l’entrevue, le contraste saisit. Celle qui fut mannequin un temps arbore élégamment pantalons de cuir noirs, blouson noir et blanc sur chemise rouge à motifs.

Cinéma

Isabelle Nanty: Sauver le monde une action à la fois

PARIS — Isabelle Nanty a joué dans plus d’une soixantaine de longs métrages, dont plusieurs films emblématiques (Tatie Danielle, Les visiteurs, Amélie Poulain…). Mais la blonde actrice de 58 ans, malgré son talent évident, est souvent reléguée aux seconds rôles. Comme dans Fahim, bientôt sur nos écrans, où Gérard Depardieu lui fait de l’ombre. La battante n’en a cure. Le Soleil s’est entretenu avec cette femme attachante et articulée qui n’a pas peur de brasser la cage.

Q Pierre-François Martin-Laval a écrit ce rôle pour vous. Mais au-delà de ça, qu’est-ce qui vous a séduite dans cette histoire inspirée du destin fabuleux du jeune Fahim Mohammad qui, parti du Bangladesh, devient champion de France aux échecs en 2012?

Cinéma

Steve McQueen expose ses films d’art à la Tate Modern [VIDÉO]

LONDRES — Le réalisateur britannique Steve McQueen expose au musée londonien Tate Modern une série de films courts axés sur des expériences souvent liées à l’identité noire, invitant à une exploration sensorielle.

Installé entre Londres et Amsterdam, McQueen, qui a été le premier réalisateur noir à gagner l’Oscar du meilleur film avec Esclave pendant 12 ans, en 2014, milite pour la diversité, en particulier dans le monde du cinéma.

À la Tate Modern, Static accueille le visiteur, film de la statue de la Liberté à New York tourné au plus près, scrutant sous tous les angles cette statue familière et symbolique, sur fond sonore assourdissant du bruit de l’hélicoptère de prise de vue.

«Ce qui intéresse Steve, c’est notre vision du monde, comment les humains essaient de représenter la liberté», explique Fiontan Moran, commissaire adjoint de l’exposition.

7th Nov 2001 montre le plan fixe d’un corps pendant que le cousin de Steve, Marcus, raconte en voix hors champ comment il a accidentellement tué son frère, une expérience particulièrement traumatisante.

Dur également Western Deep, une installation immersive donnant à ressentir l’expérience de mineurs en Afrique du Sud, les suivant au fond de la mine avec une recherche sur la lumière et le bruit.

Ashes est un hommage à un jeune pêcheur de la Grenade, île d’origine de la famille de Steve McQueen, filmé sur son bateau, des images de beauté et de douceur tragiquement inversées sur l’autre face de l’écran de projection, qui montre la construction d’une tombe commandée par McQueen pour le jeune pêcheur, Ashes, tué par des trafiquants de drogue.

Poésie

Militant, End Credits est un hommage au chanteur afro-américain, acteur et défenseur des droits civiques Paul Robeson (1898-1976), mis sous surveillance par le FBI. Le film voit défiler pendant 5 heures des documents censurés du FBI sur cette surveillance, lu par une voix hors champ.

«Il teste les limites de la façon dont on peut recueillir des informations sur les gens en ces temps de surveillance de masse», souligne Fiontan Moran.

Toujours dans une veine militante, l’exposition figure une unique sculpture, Weight, une première fois exposée dans la prison d’Oscar Wilde à Londres. Elle représente une moustiquaire dorée drapée sur un sommier de prison en métal, abordant le thème de l’enfermement et le pouvoir de l’imagination permettant d’en sortir.

L’exposition se déroule en même temps que celle de la série de portraits géants de classes d’écoliers de Londres, Year 3, réalisée par McQueen, dont bon nombre ont été exposés dans les rues de Londres l’an dernier.

«Je me souviens de ma première visite à la Tate quand j’étais un tout jeune écolier de 8 ans, c’est vraiment le moment où j’ai commencé à comprendre que tout était possible», a souligné McQueen à l’occasion de l’exposition, ajoutant que la Tate Modern «est l’endroit où mon parcours d’artiste a commencé».

Il expliquait ainsi récemment au Financial Times la différence entre ses films d’art et ses longs métrages : «Les uns sont de la poésie, les autres un roman. La poésie est condensée, concise, fragmentée. Le roman est une longue histoire.»

L’exposition se poursuit jusqu’au 11 mai.

Cinéma

La direction de l’académie des Césars démissionne en bloc

PARIS — La direction de l’académie des Césars, les Oscars du cinéma français, a annoncé jeudi soir sa «démission collective», à 15 jours de la prochaine cérémonie annuelle, sur fond de crise entre dénonciation de l’opacité de la gestion de cette institution et polémique autour de Roman Polanski.

«Pour honorer celles et ceux qui ont fait le cinéma en 2019, pour retrouver la sérénité et faire que la fête du cinéma reste une fête, le conseil d’administration de l’Association pour la Promotion du Cinéma (Académie des Arts et Technique du Cinéma) a pris la décision à l’unanimité de démissionner», explique l’Académie présidée depuis 2003 par le producteur Alain Terzian.

«Cette démission collective permettra de procéder au renouvellement complet de la direction», poursuit le communiqué des Césars.

Une assemblée générale se déroulera après la 45e cérémonie prévue pour le 28 février et sera l’occasion d’élire «une nouvelle direction pour préparer ainsi, sous l’égide du CNC (Centre national du cinéma), les modifications des statuts fondateurs de l’Association pour la Promotion du Cinéma et mettre en œuvre les mesures de modernisation annoncées».

Cette annonce-choc survient après une tribune parue lundi soir dans le journal Le Monde, où quelque 400 personnalités du cinéma dont Omar Sy, Bertrand Tavernier, Michel Hazanavicius, Jacques Audiard, Marina Foïs et Agnès Jaoui ont réclamé une «réforme en profondeur» de l’Académie des Césars.

Parmi leurs griefs, des «dysfonctionnements», une «opacité des comptes» et des statuts qui «n’ont pas évolué depuis très longtemps» et reposent sur «la cooptation».

La liste des membres de l’Académie, constituée de 4700 professionnels du cinéma, est confidentielle. L’Académie est elle-même régie par l’APC, dont les membres sont les professionnels ayant reçu un Oscar, les anciens présidents et plusieurs autres personnalités, soit 47 membres. 

Parmi lesquelles, le réalisateur franco-polonais Roman Polanski, visé par des accusations de viol et en tête des nominations avec son film J’accuse, ce qui passe très mal auprès des féministes et de l’opinion publique.  

Cinéma

Rose McGowan fustige la «comédie» féministe de Natalie Portman aux Oscars

LOS ANGELES — L’actrice américaine Rose McGowan, l’une des premières à avoir dénoncé les atteintes sexuelles présumées d’Harvey Weinstein, a vivement critiqué sur Facebook la «comédie» féministe jouée selon elle par Natalie Portman lors de la cérémonie des Oscars dimanche soir.

Sur le tapis rouge, Natalie Portman était revêtue d’une cape noire sur laquelle elle avait fait inscrire les noms de plusieurs réalisatrices qui avaient selon elle été injustement écartées de la sélection 2020, où aucune femme ne figurait. Brodés en lettres dorées, se trouvaient les noms de Lorene Scafaria (Queens), Lulu Wang (L’Adieu), Greta Gerwig (Les Quatre Filles du Docteur March), Mati Diop (Atlantique), Melina Matsoukas (Queen & Slim) et Céline Sciamma (Portrait de la jeune fille en feu).

«Je voulais souligner de manière subtile les femmes qui n’ont pas été reconnues pour leur travail incroyable cette année», avait justifié Mme Portman.

Rose McGowan n’a de son côté pas choisi la subtilité dans le message publié sur sa page Facebook pour fustiger «ce genre de protestation célébrée par les grands médias pour son courage».

«Courageux? Non, loin s’en faut. Plutôt une actrice qui joue la comédie et se fait passer pour quelqu’un d’engagé. Comme tant d’autres», poursuit Rose McGowan, qui juge «insultant pour tous ceux d’entre nous qui agissons vraiment le genre de militantisme de Portman».

Et elle interpelle directement sa collègue : «Natalie, tu as travaillé avec deux réalisatrices au cours de ta très longue carrière — l’une d’entre elles, c’était toi. Tu as une société de production qui a employé précisément une réalisatrice, toi.»

Rose McGowan exhorte ensuite Natalie Portman et les autres actrices de «l’élite» à «changer le monde» au lieu de «faire semblant» d’être du côté des autres femmes.

Natalie Portman, lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice en 2011 pour son rôle dans Le cygne noir, a répondu plus sobrement, reconnaissant dans un communiqué qu’elle ne méritait pas d’être qualifiée de «courageuse», un terme qu’elle préfère réserver aux victimes qui ont récemment témoigné à New York au procès d’Harvey Weinstein.

Elle reconnaît également ne pas avoir travaillé avec autant de réalisatrices qu’elle aurait voulu. «J’ai eu quelques expériences où j’ai aidé des réalisatrices à être engagées sur des projets qu’elles ont ensuite été forcées d’abandonner en raison des conditions de travail qu’elles subissaient», affirme l’actrice.

«Je veux dire que j’ai essayé et que je continuerai», ajoute-t-elle.

Cinéma

Les avocats de Weinstein demandent son acquittement

NEW YORK — Les avocats d’Harvey Weinstein ont appelé jeudi les jurés à acquitter l’ex-magnat d’Hollywood accusé d’agressions sexuelles, même si c’est «impopulaire», après trois semaines de procès durant lesquelles se sont posé les questions de la contrainte et du consentement de ses deux accusatrices.

Dans sa plaidoirie finale, Donna Rotunno, principale avocate du producteur, a accusé les procureurs d’avoir créé «un univers alternatif» dans lequel le producteur aux plus de 80 Oscars s’attaquait à de jeunes actrices, sans fournir les preuves de la culpabilité de celui qui est à l’origine de l’émergence du mouvement #MeToo.

«Il était innocent quand il a franchi cette porte. Il était innocent quand les témoins ont commencé à déposer. Et il est innocent, assis devant vous maintenant», a-t-elle lancé aux 12 jurés du tribunal de Manhattan.

«Les médias ont fait du zèle, l’accusation a fait du zèle [...] Vous êtes appelés à prendre une décision impopulaire» et à «ignorer l’agitation» médiatique autour de ce dossier, a souligné l’avocate, qui a jusqu’ici obtenu l’acquittement de la quasi-totalité des hommes accusés d’agression sexuelle qu’elle a défendus.

«Ne laissez jamais vos émotions brouiller votre réflexion. Utilisez votre bon sens new-yorkais, il vous mènera à la bonne réponse», a-t-elle ajouté.

Le producteur de 67 ans, qui fut le premier à découvrir le talent de Quentin Tarantino et produisit des succès comme Shakespeare et Juliette ou L'Artist, risque la perpétuité en cas de condamnation.

Six femmes ont, depuis le 22 janvier, témoigné pour l’accusation, affirmant que l’ex-magnat d’Hollywood, devenu un paria pour l’opinion publique, les avait sexuellement agressées.

Si M. Weinstein a été accusé de harcèlement ou d’agression sexuelle par plus de 80 femmes depuis octobre 2017, son avocate Donna Rotunno a cependant rappelé aux jurés qu’il n’était jugé à New York que pour deux agressions présumées : un viol supposé sur une aspirante actrice, Jessica Mann, en 2013, et un cunnilingus forcé sur une ex-assistante de production, Mimi Haleyi, en 2006.

Courriels nombreux

Or dans ces deux cas, la notion-clé de consentement s’avère plus floue que dans la plupart des procès pour agressions sexuelles.

Les deux femmes ont en effet reconnu au cours du procès avoir eu avec M. Weinstein au moins un rapport sexuel consenti après l’agression supposée.

La défense a présenté de nombreux courriels semblant montrer que les accusatrices étaient restées en bons termes avec le producteur après leur agression présumée.

«La vérité laisse des traces», a affirmé Mme Rotunno.

Cinéma

«The Hunt», film fustigé par Trump, sortira finalement

LOS ANGELES — «The Hunt» («La Chasse»), un film mettant en scène des «élites» traquant pour le plaisir des «Américains ordinaires», dont la sortie avait été annulée l'an dernier après une vive polémique, sera finalement dans les salles américaines le 13 mars.

Le film devait initialement sortir en septembre dernier, mais il avait scandalisé une partie des républicains, dont le président Donald Trump lui-même, et les studios Universal avaient fini par renoncer à l'époque.