Cinéma

Freddie Mercury célébré dans «Bohemian Rhapsody» en avant-première [VIDÉO]

LONDRES - «Bohemian Rhapsody», un biopic sur la vie du chanteur britannique Freddie Mercury, est présenté en grande pompe et en avant-première mardi à Londres, reflétant l’engouement persistant pour le groupe Queen et son légendaire leader, 27 ans après sa mort.

La projection est organisée à la Wembley Arena, une salle de 12.500 places à côté du stade où le groupe avait livré une performance exceptionnelle lors du concert caritatif Live Aid en 1985.

L’engouement pour Freddie Mercury et l’influence du groupe Queen n’ont cessé de croître après la mort du chanteur, à 45 ans, d’une pneumonie liée au sida, en 1991. La majorité des ventes d’albums du groupe a d’ailleurs été réalisée après cette date.

Le film, qui sort le 31 octobre en France et le 2 novembre en Amérique du Nord, est l’aboutissement d’un projet entamé il y a huit ans. Il explore l’identité complexe de l’artiste, bisexuel, bête de scène à la voix puissante devant son public et personnage réservé en privé.

Il fait la part belle aux compositions de Queen et à certains titres mythiques tels que «We Will Rock You», «We Are The Champions» et bien sûr «Bohemian Rhapsody», encore régulièrement classée parmi les meilleures chansons de rock.

L’acteur américain d’origine égyptienne Rami Malek s’est attiré des critiques élogieuses pour son interprétation d’un Freddie Mercury suivant un parcours sinueux vers la gloire.

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Cinéma

Guillermo del Toro réalisera un nouveau «Pinocchio» pour Netflix

LOS ANGELES — Guillermo del Toro va écrire, produire et réaliser pour la plateforme Netflix un «remake» du dessin animé «Pinocchio», sous forme d’une «comédie musicale» mettant en scène des marionnettes, a annoncé Netflix lundi.

L’adaptation du célèbre conte pour enfants, popularisé par Disney en 1940, sera la première œuvre d’animation que Guillermo del Toro, dont La forme de l’eau a reçu quatre Oscars cette année, signera en tant que réalisateur.

Pour l’aider dans sa tâche, le cinéaste mexicain s’est notamment adjoint les services de la Jim Henson Company, la société fondée par le père des marionnettes du Muppet Show et de Sesame Street.

«Aucune forme d’art n’a davantage influencé ma vie et mon travail que l’animation, et Pinocchio est le personnage avec lequel je me sens le plus étroitement lié», assure Guillermo del Toro dans le communiqué de Netflix.

«Dans notre histoire, Pinocchio est une âme innocente, délaissée par son père, qui se perd dans un monde qu’il ne peut appréhender. Il se retrouve embarqué dans un voyage extraordinaire qui lui laissera une compréhension très nette de son père et du monde réel. J’ai toujours voulu faire ce film, d’aussi loin que je me souvienne», explique-t-il.

Guillermo del Toro a choisi de replacer l’histoire dans l’Italie des années 30, une période marquée par l’emprise du fascisme et la dictature de Mussolini.

S’il s’agira du premier film d’animation réalisé par del Toro, celui-ci a déjà l’habitude de ce genre cinématographique puisqu’il a notamment produit pour les studios DreamWorks Le chat potté ou Kung Fu Panda 3, et a créé récemment pour Netflix la série Chasseurs de Trolls. La suite de cette trilogie, 3Below, devrait être disponible à partir du 21 décembre sur la plateforme.

Cinéma

«Halloween» fait frissonner le box-office

HOLLYWOOD — Alors que citrouilles et toiles d'araignée factices ont envahi commerces et jardins, le nouvel opus du film d'horreur «Halloween» a fait une entrée terrifiante au box-office nord-américain, avec 77,5 millions de dollars pour son premier week-end d'exploitation, selon des chiffres préliminaires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

D'après le site spécialisé HollywoodReporter.com, ce chiffre fracassant hisse le film des studios Universal au deuxième rang des meilleurs lancements au mois d'octobre, derrière Venom, qui avait récolté 80 millions de dollars à sa sortie il y a deux semaines.

Cinéma

Prix Lumière 2018: Jane Fonda récompensée à Lyon

LYON — Le Prix Lumière 2018 a été remis vendredi soir à l'actrice et productrice américaine Jane Fonda, «pure rebelle» dans la vie comme à l'écran et fil rouge de la 10e édition du Festival Lumière de Lyon.

«Les deux choses les plus formidables, c'est la lumière et l'amour», a déclaré dans un français parfait la lauréate «très émue» devant le public du Centre des Congrès.

«On bouffe formidablement partout à Lyon où tout a commencé pour le cinéma», a-t-elle ajouté.

Âgée de 80 ans, Jane Fonda, est la deuxième femme à recevoir ce prix qui récompense une personnalité du 7e art après Catherine Deneuve en 2016. C'est le réalisateur franco-grec Constantin Costa Gavras qui lui a remis le trophée, qu'avait reçu l'an dernier le cinéaste chinois Wong Kar-waï.

Pour cette 10e édition, qui a débuté samedi, une large place a été dédiée à la filmographie de la star francophile, des Félins de René Clément (1964) à Stanley et Iris de l'Américain Martin Ritt (1990) en passant par Barbarella de son ex-mari Roger Vadim (1968).

Au programme également, le documentaire américain Jane Fonda en cinq actes, qui retrace la carrière de la fille de l'acteur Henri Fonda, et son militantisme contre la guerre au Vietnam mais aussi pour la cause féministe ou les droits civiques dans son pays.

«Jane Fonda incarne quelque chose de rare, un mélange de classicisme et de modernité», explique dans un entretien à l'AFP l'incontournable Thierry Frémaux, directeur du Festival Lumière.

«Elle fait partie des grandes femmes indépendantes d'Hollywood. Une pure rebelle. Jane Fonda n'est pas la seule artiste à s'être engagée dans les années 60 mais c'est d'elle dont on se souviendra comme l'ayant fait, à une période qui n'était pas facile», estime encore celui qui est également délégué général du Festival de Cannes.

Plus tôt vendredi, lors d'une classe de maître dans un illustre théâtre lyonnais, l'actrice aux deux Oscars (pour Klute en 1972 et Le Retour en 1979) est revenue longuement sur cet épisode de sa vie, parmi d'autres, assurant qu'«elle était devenue meilleure actrice à cause de [son] activisme».

«Quand on est ignorant, on peut être pardonné. Mais une fois qu'on sait des choses, on ne peut pas tourner le dos.»

Lancé en 2009 par l'Institut Lumière, le festival et son marché du film classique se dérouleront jusqu'au 21 octobre dans les salles de cinéma de l'agglomération lyonnaise.

Cinéma

Le film maudit d’Orson Welles ressuscité

LYON — Des ennuis de production, puis des démêlés judiciaires avaient empêché Orson Welles de l’achever avant sa mort : «The Other Side Of The Wind», film maudit du cinéaste américain, a été ressuscité et sera diffusé par Netflix, plus de 40 ans après son tournage.

Tournée entre 1970 et 1976, cette œuvre abstraite bouillonnante, se déployant à un rythme effréné entre couleur et noir et blanc, plonge le spectateur dans la truculente fête d’anniversaire d’un réalisateur hollywoodien déchu, de retour au pays avec un nouveau film après des années d’exil.

Visuellement, Orson Welles avait tenu à s’éloigner du classicisme de ses oeuvres précédentes pour signer un long métrage «sans aucune intrigue», ni préceptes de réalisation imposés par l’industrie américaine. Avec un objectif : faire de The Other Side Of The Wind son «grand film».

Satire virtuose d’Hollywood, cet ovni aux accents autobiographiques mis en musique par le compositeur français Michel Legrand — et dans lequel Welles ironise sur le cinéma émergent de l’époque et ses icônes —, offre une mise en abîme très dense, à l’érotisme inédit, dans la psyché du réalisateur de Citizen Kane.

Au total, une décennie a été nécessaire pour achever The Other Side Of The Wind et raviver sa mythologie, des négociations engagées autour des droits, finalement acquis en 2014 au montage du long métrage, dont 30 % avaient déjà été réalisés par Orson Welles jusqu’au début des années 1980.

«Le voyage a été long pour faire renaître le film. Aucun studio n’a voulu se jeter dans l’aventure jusqu’à ce que Netflix — qui a déboursé 7,5 millions $ — se propose en sauveur. Nous avons eu carte blanche», a détaillé l’un des deux producteurs Filip Jan Rymsza lors du festival Lumière de Lyon (centre-est), où il était projeté.

Pour boucler le long métrage, la production a fait appel au monteur Bob Murawski, qui s’est appuyé sur la quarantaine de minutes de scènes montées par Welles avant sa mort, en 1985, mais aussi sur des notes d’intention très précises et plusieurs versions du scénario imaginé par le maître avec sa dernière compagne, l’actrice Oja Kodar.

Vaine bataille judiciaire 

Dans They’ll Love Me When I’m Dead, documentaire très fouillé de Morgan Neville sur la genèse du projet et les coulisses du tournage, une séquence montre le cinéaste se livrer à une série de confidences devant une poignée de journalistes un après-midi de 1966.

Installé en Europe depuis plusieurs années après s’être senti «trahi» par l’industrie américaine, Welles expose publiquement pour la première fois son désir de réaliser un film sur Hollywood «sous la forme d’un documentaire, et dans lequel se produiraient des accidents divins car les acteurs improviseraient».

Dès 1970 et durant cinq années, le réalisateur s’attèle en dépit de difficultés de financement à tourner des scènes du long métrage sans cesse réécrit, sans savoir qui interprètera le personnage du réalisateur Jake Hannaford, et donne lui-même hors champs la réplique à ses acteurs.

Il confie finalement le rôle principal à son ami John Huston, magnifique dans son interprétation de cette caricature «wellesienne». Sur le plateau, Orson Welles justifie sa réputation de génie autoritaire et perfectionniste en épuisant ses troupes. «C’était un cirque d’âmes éparpillées», racontera une collaboratrice de l’époque.

Après les premiers problèmes de financement apparus durant le tournage, le film est définitivement stoppé en 1979 après que Medhi Bushehri, beau-frère du Shah d’Iran impliqué dans la production, décide de bloquer les négatifs. Welles sauva une partie des centaines d’heures de rushs et tenta jusqu’à sa mort de gagner contre le financier la bataille judiciaire, en vain.

«S’il m’arrive quelque chose, promets-moi de terminer le film», avait demandé le cinéaste à Peter Bogdanovich, qui endosse dans le film le costume d’un jeune réalisateur prometteur, ce qu’il était à l’époque.

L’acteur et réalisateur fut d’ailleurs le premier, après la mort de Welles en 1985, à approcher les ayants droit pour tenter de démêler leur querelle d’héritiers et finir le film pour tenir sa promesse.

«Ce film est celui d’une triste ordure. [...] Il est la conclusion tragique à Citizen Kane», dira Orson Welles, déprimé et obèse, alors que le long métrage est à l’arrêt.

The Other Side Of The Wind et They’ll Love Me When I’m Dead, le documentaire qui lui est associé, seront diffusé le 2 novembre sur Netflix.

Arts

La liste: 5 œuvres fumeuses sur le cannabis

1. Faut trouver le joint (Lou Adler, 1978)

Faut trouver le joint (Up in Smoke) est le premier de la demi-douzaine de longs métrages des hurluberlus Cheech et Chong. Et un classique du genre. Le duo de comédiens s’est inspiré de l’époque hippie et de la contre-culture pour ces films qui se résument à les voir chercher de l’herbe et à la fumer. C’est du moins mon souvenir embrouillé... Éric Moreault

2. Ent’ deux joints (Pierre Bourgault et Robert Charlebois, 1973)

Cinéma

«Au poste!»: délicieusement absurde ***1/2

CRITIQUE / Quentin Dupieux fait partie de ces réalisateurs originaux qui font du cinéma autrement. Avec «Au poste!», le réalisateur français livre une comédie policière délicieusement absurde, portée par deux acteurs qui s’en donnent à cœur joie: Benoît Poelvoorde et Grégoire Ludig.

Le film se déroule un soir, dans un poste de police parisien. Le commissaire Buron (Poelvoorde) interroge Louis Fugain (Ludig), qui a découvert un corps en bas de son immeuble. 

Lorsque le policier sort de la salle, il confie la surveillance de son suspect à une recrue. Peu après, celui-ci trébuche et meurt, l’œil transpercé par une équerre! Fugain, paniqué, cache son cadavre dans le placard…

À son retour, Buron ne s’aperçoit pas de l’absence de son jeune collègue et reprend son interrogatoire comme si de rien n’était. Le dialogue va prendre une tournure insolite.

L’exercice peut s’avérer particulièrement déstabilisant, car Dupieux ne fait pas que jouer avec les mots (ses personnages ont, notamment, un tic langagier qui leur fait constamment dire «c’est pour ça»), il s’amuse aussi avec des décloisonnements spatiotemporels. Exemple: pendant que Fugain raconte à Buron ce qui, dit-il, s’est passé ce soir-là, scène que le spectateur voit, le commissaire apparaît soudainement sur les lieux… Des moments surréalistes, il y en a plusieurs de cet acabit.

Dupieux fait parfois éclater le huis clos, très théâtral dans sa forme, on pense à Beckett, en illustrant ce dont les personnages discutent, notamment la voisine de Fugain qui surveille ses allées et venues.

De toute évidence, le réalisateur se fait un plaisir de brouiller les pistes. Ainsi, le mobilier de la salle d’interrogatoire semble tout droit sorti des années 1960-1970 (Buron tape sur une dactylo rose) alors qu’une policière mentionne avoir trouvé de l’information sur Internet…

Dans ce face à face déjanté, Poelvoorde (Le tout Nouveau Testament) et Ludig (Bonne pomme) sont comme deux poissons dans l’eau. Les acteurs sont imperturbables, même dans les moments les plus bizarroïdes.

Au poste! est rondement mené (moins d’une heure quinze). S’il ressemble parfois à un exercice de style, en hommage appuyé à Buñuel et à Bertrand Blier, le petit film nous plonge dans l’univers délirant et la douce folie de Dupieux.

On en prendrait plus souvent, des œuvres comme ça.

Cinéma

La chevauchée fantastique des Frères Sisters ***1/2

CRITIQUE / Jacques Audiard est, sans contredit, l’un des plus grands cinéastes français actuels. Doué et iconoclaste. Mais de là à croire que le gagnant de la Palme d’or 2015 avec «Dheepan» irait tourner un western avec la crème des acteurs américains… Sans réinventer le genre, «Les frères Sisters» («The Sisters Brothers») se distingue néanmoins par la réalisation stylisée de cette chevauchée sanglante et incandescente, qui est aussi une étude sur la fraternité et la banalité de la violence.

Le roman du Canadien Patrick deWitt ayant connu beaucoup de succès, Audiard avançait sur un terrain miné. Sauf qu’il tournait avec une distribution toutes étoiles: Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed.

Les deux premiers incarnent les frères du titre, des tueurs à gages impitoyables aux tempéraments radicalement opposés. Charlie (Phoenix) est un belliqueux sans états d’âme alors que son aîné Eli (Reilly), protecteur, porte la fraternité comme un fardeau, rêvant d’une vie rangée.

Le duo est chargé par le Commodore de tuer Hermann Kermit Warm (Ahmed), un chimiste qui a trouvé une formule pour facilement détecter l’or dans les cours d’eau. Sous la garde de John Morris (Gyllenhaal), parfois narrateur pour les envolées littéraires, il réussit toutefois à convaincre le détective de l’accompagner dans sa fuite. Warm lui fait miroiter l’utopie d’une nouvelle société plus égalitaire et spirituelle qu’ils pourraient fonder avec leurs gains.

Car nous sommes en Oregon, en 1851, en pleine ruée vers l’or. Comme d’habitude, les deux paires se dirigent vers l’Ouest dans une course-poursuite ponctuée de rencontres surprenantes et de violence exacerbée. On est chez Audiard: cette violence est cruelle, mais jamais sensationnaliste. Le réalisateur se tient, la plupart du temps, à une saine distance.

Cinéma

Tom Volf dans l’intimité de Maria Callas

Avant de se lancer dans la réalisation d’un documentaire sur Maria Callas, Tom Volf ne connaissait absolument rien à l’opéra. «Je savais à peine que ça existait. C’était une autre planète.» Jusqu’à ce soir de janvier 2013, à New York, où le hasard a voulu qu’il achète un billet pour une représentation de «Marie Stuart», au Metropolitan Opera.

«Ç’a été le premier coup de foudre. Le deuxième est survenu quand je suis rentré chez moi et que j’ai découvert Maria Callas. La première chose qui est apparue quand j’ai tapé ‘‘bel canto’’ dans Google, c’est elle.»

Bouleversé par cette voix, le jeune étudiant en médecine se lance alors dans une quête afin de mieux connaître la femme derrière la diva assoluta. Après quatre ans d’une recherche qui l’a mené dans plusieurs pays, auprès de parents et d’amis de la cantatrice, il en résulte le documentaire Maria by Callas, un portrait intime de cette star méconnue, construit à partir d’images d’archives inédites, de films super 8, de captations de spectacles et autres lettres intimes.

«Mon objectif de départ était de faire un film entièrement dans ses propres mots, de ne pas trahir son souvenir avec toutes sortes d’interviews ou en ayant recours à une narration», explique le cinéaste, rencontré le mois dernier, à l’occasion de son passage au Festival de cinéma de la ville de Québec.

Confronté à «un immense puzzle», Volf doit faire un tri. La première version de son film fait presque quatre heures. Il lui faudra couper de moitié. «Je suis fier d’avoir réussi à garder la quintessence à la fois des images et des épisodes de sa vie et, surtout, de toutes les facettes de sa personnalité d’artiste et de femme. Le film est assez équilibré entre Maria et la Callas. On passe d’une à l’autre en permanence.»

Rumeurs et légendes

À l’écran, la diva apparaît dans toute sa force, mais aussi dans toute sa fragilité. La petite fille d’immigrés grecs de New York devenue une icône planétaire est filmée, triomphante, sur les plus grandes scènes du monde, pourchassée ici par les journalistes, là dans des moments plus intimes, par exemple sur le yacht de l’amour de sa vie, le milliardaire Aristote Onassis, qui la laissera pour épouser Jackie Kennedy.

Seul accroc à l’absence de narration souhaitée par son auteur, la voix de Fanny Ardant, qui donne vie à quelques extraits de ses mémoires, dont une lettre adressée à Onassis. «J’aime à penser qu’on oublie très rapidement que c’est Fanny Ardant. On a plutôt l’impression que c’est sa voix. Je tenais à ce point de vue interne omniprésent.»

À travers son film, Volf déboulonne quelques rumeurs et légendes autour de la personnalité soi-disant difficile de son idole, décédée en 1977, à l’âge de 53 ans. Ses recherches l’incitent à épouser une version plus nuancée de certains épisodes houleux de sa carrière.

Cinéma

Affaire Weinstein: le procureur reconnaît une nouvelle erreur

NEW YORK — Nouvelle erreur embarrassante pour le procureur de Manhattan dans le dossier Weinstein : il a reconnu mercredi qu’un détective de la police new-yorkaise avait conseillé à l’une des accusatrices du producteur de cinéma d’effacer de son téléphone portable tout ce qu’elle jugerait gênant.

Dans une lettre datée de mardi et envoyée à l’avocat d’Harvey Weinstein, la procureure-adjointe responsable de ce dossier emblématique du mouvement #MeToo a reconnu que le détective avait fait cette recommandation à l’une des deux accusatrices à l’origine des cinq chefs d’inculpation restants contre M. Weinstein, correspondant à un viol présumé en 2013 et une accusation de fellation forcée en 2006.

«Mon bureau avait demandé à la plaignante de fournir tous les téléphones portables qu’elle avait utilisés du temps où elle était en relation avec l’accusé», explique la procureure-adjointe Joan Illuzzi-Orbon dans cette lettre communiquée aux journalistes.

Mais lorsque la plaignante s’est inquiétée de voir des messages «privés» transmis au procureur à cette occasion, le détective qui dirigeait alors l’enquête pour la police new-yorkaise, Nicholas DiGaudio, lui a conseillé «d’effacer tout ce qu’elle ne voulait pas qui soit vu avant de remettre les téléphones», reconnaît la procureure-adjointe, citant la plaignante.

Si Mme Illuzzi-Orbon assure que la plaignante a finalement livré l’intégralité du contenu de ses téléphones au procureur, cet aveu fragilise encore un peu plus le dossier de l’accusation, qui a déjà dû abandonner jeudi dernier un des chefs d’inculpation contre le producteur de 66 ans.

«Ce nouveau développement sape encore plus l’intégrité d’un acte d’accusation déjà déficient», a réagi l’avocat d’Harvey Weinstein, Ben Brafman, cité par sa porte-parole.

Le célèbre avocat, qui avait obtenu l’abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Sofitel en 2011, demande depuis août l’abandon de toutes les poursuites contre M. Weinstein, et attend la décision du juge.

La prochaine audience a été fixée au 20 décembre.

Bien que M. Weinstein ait été accusé d’abus sexuels par quelque 80 femmes, son inculpation au printemps dernier reposait sur les allégations de trois femmes seulement.

Depuis jeudi, il ne reste plus que les accusations de deux femmes. La troisième, Lucia Evans - la seule dont le nom était connu - a été jugée non crédible après qu’un témoin eut indiqué qu’elle lui avait confié avoir accepté de faire une fellation à M. Weinstein, dans l’espoir qu’il lui donne un rôle.

L’abandon du volet lié à Mme Evans, qui accusait Harvey Weinstein de l’avoir forcée à une fellation en 2004, découlait déjà partiellement d’une erreur du détective DiGaudio, qui aurait omis de communiquer au procureur l’existence de ce témoignage contredisant la déposition de Mme Lucia Evans, selon certains médias américains.

Interrogée sur ces informations, la police new-yorkaise, cité par le Los Angeles Times, a refusé de parler du détective, assurant que le dossier contre Harvey Weinstein restait «solide».

Un représentant syndical cité par le New York Post a accusé le bureau du procureur de charger le détective pour «cacher sa propre incompétence».

Pour compliquer encore la tâche du procureur, deux des membres de son équipe responsable du dossier Weinstein ont démissionné en septembre, lorsque les premières erreurs du détective ont fait surface, selon le New York Post.

On ignore cependant si leur départ était lié aux difficultés du dossier.