Christine Beaulieu, actrice et dramaturge 
Christine Beaulieu, actrice et dramaturge 

Christine Beaulieu, actrice et dramaturge

«Quand tout ça est parti, nous étions en tournée pour J’aime Hydro en France. Les 10, 11 et 12 mars, je jouais à Nantes devant 900 personnes. Le 13, tout était fermé. On a écourté notre tournée et on est rentré à la maison. Le confinement a débuté.»

«J’étais censée être en vacances au mois d’avril et voyager en Asie. J’ai tout annulé. Je suis à la campagne et on dirait que c’est plus fort que moi, je ne suis pas capable d’être seulement en vacances. Je me suis mise en mode : comment je peux aider? J’ai des amis qui ont une ferme pas loin d’ici et qui font des paniers bio. J’ai toujours voulu les aider, j’ai travaillé longtemps à la ferme quand j’étais jeune, à partir de 11 ans. C’est le fun, travailler dehors. Ça me fait beaucoup bien. 

«Ma sœur Patricia réalise Ça va bien aller avec Fabien Cloutier et Marie-Soleil Dion. Je lui ai fait un topo de moi qui travaille à la ferme pour inviter les Québécois à s’informer s’il n’y a pas des fermiers près de chez eux qui ont besoin d’aide.

«Après, je suis aussi ambassadrice auprès des attraits touristiques de Trois-Rivières. J’ai appelé ma gang là-bas pour savoir ce que je pouvais faire pour aider. [On a lancé] une campagne de sociofinancement pour venir en aide aux restaurateurs. Les gens veulent être solidaires et attendent juste pour poser des gestes. Je trouve ça beau. 

«On va être beaucoup en situation précaire pour un bout de temps : on ne tourne pas, on ne travaille pas. Honnêtement, j’ai aucune idée quand je vais recommencer. J’étais censée reprendre le 8 mai le tournage de la saison 2 de Cérébrum et un long métrage, Crépuscule pour un soir, avec Éric Bruneau. Mais tout ça est sur pause.

«Le milieu théâtral va être un de ceux qui seront les plus affectés. Avant que les gens s’assoient dans une salle pleine… pfff. C’est très inquiétant pour plusieurs de mes collègues et très difficile d’évaluer comment le milieu du spectacle va se remettre de tout ça.

«[…] Ce qui est intéressant, c’est que c’est rare que tous les humains de la planète soient affectés par la même chose à peu près en même temps. Y a nulle part au monde où c’est simple. C’est très particulier que nous soyons tous attaqués par le même mal. Autrement, autour de moi, il y en a pour qui c’est difficile, mais pour certains, ça vient arrêter le rythme effréné dans lequel, pour plusieurs, nous étions pris. C’est comme une occasion pour remettre les choses en place : qu’est-ce que je fais dans la vie? À quoi ça sert? Quelles sont mes priorités? 

«Peut-être que chacun, à l’intérieur de nous, ça va avoir changé un petit quelque chose. Enfin, j’espère.»