Chléa Giguère en Clara, entourée de Marcin Kaczorowski et Ryo Shimizu dans le Casse-Noisette des Grands Ballets canadiens en 2018

Chléa Giguère: rêves de ballerine

Pour la deuxième année, Chléa Giguère interprète Clara, le personnage central du ballet «Casse-Noisette», avec les Grands Ballets canadiens. La jeune danseuse née à Gatineau a déjà une feuille de route impressionnante, avec des participations aux émissions «Révolution» et «La France a un incroyable talent».

Sa dernière performance à l’émission française, diffusée cette semaine, a été vue plus d’un million de fois. Rien pour enfler la tête de la demoiselle de 13 ans, qui a répondu de manière articulée, réfléchie et enjouée à nos questions sur son parcours.

Qu’est-ce que ça représentait pour toi d’obtenir le rôle de Clara?

«C’était vraiment un moment fantastique. J’allais voir Casse-Noisette chaque année, c’était une tradition. C’était un rêve de faire ce rôle. En plus je l’ai eu une deuxième fois cette année. Je suis vraiment enthousiaste.»

Que faut-il pour obtenir ce rôle, selon toi?

«Il faut avoir de la passion et beaucoup d’expressivité. Ils veulent voir que tu vas travailler. Évidemment, il faut avoir un peu de technique, mais c’est surtout la manière de s’exprimer, de réagir, qui compte.»

Oui, parce que Clara danse peu, n’est-ce pas? Est-ce parfois difficile pour toi, qui est une excellente danseuse?

«Il y a de petits moments de ballet, mais ce n’est pas très difficile, parce qu’ils veulent que Clara conserve son côté petite fille qui vit un rêve. Même si je ne danse pas beaucoup, en arrière-scène, j’essaie d’apprendre les pas des danseurs professionnels. Je leur demande comment faire telle variation ou telle danse. Je connais déjà plusieurs parties.»

Quel rôle aimerais-tu jouer si tu refais ce ballet dans quelques années?

«Évidemment, la Fée dragée, parce que ce qu’elle danse est tellement beau. Mais j’aime aussi beaucoup les cuisinières.»

Y a-t-il un moment dans le spectacle qui te fait rire ou qui t’a surprise?

«Je trouve ça drôle lorsque je dors avec le Casse-Noisette et que, tout à coup, j’entends les petits pas de souris. La première fois, ça m’a surprise, parce que je ne connaissais pas encore le ballet de l’intérieur. C’est adorable et inattendu, alors j’ai eu envie de rire.»

À l’école supérieure de ballet

Comment es-tu entrée au programme professionnel de l’École supérieure de ballet du Québec?

«Je suis entrée en 6e année et c’est maintenant ma troisième année. Mes parents ne nous avaient pas vraiment dit qu’on [sa sœur cadette Hailey et elle] allait faire une audition. Nous étions encore à Toronto et ils n’étaient pas encore sûrs qu’on allait déménager à Montréal. Ils nous ont simplement filmées en train de danser. On a été acceptées. J’étais super contente parce que j’ai toujours voulu être une danseuse professionnelle, pas seulement une danseuse compétitive, et avoir une vraie formation de ballerine. Maintenant je peux le faire tous les jours.»

Vous êtes deux ballerines dans la famille? Vos parents dansent-ils?

«Oui, ma sœur Hailey, qui a un an de moins que moi, en est aussi à sa deuxième année dans Casse-Noisette. Elle joue un ange, alors on va danser ensemble, j’ai vraiment hâte. Mes parents, eux, dansent parfois dans le salon avec nous. Ils n’ont pas vraiment de technique, mais on peut voir la passion!»

Tu fais aussi partie de la 2e saison de Révolution. Comment ça s’est passé?

«C’est enregistré en avance, tout a déjà été tourné. J’ai été invitée à la dernière finale, mais je n’ai pas pu y aller parce que j’avais un examen de ballet le lendemain et les tournages finissent parfois à 1h du matin. Je voulais être reposée, parce que c’est comme une classe normale, mais sans arrêt, avec deux jurés, la directrice de l’école et d’autres professeurs très reconnus.»

Lors du tournage de la première saison de l’émission Révolution (elle a aussi participé à la seconde).

Qu’est-ce que tu aimes dans la compétition?

«C’est très amusant, parce que ça nous apprend à être sur scène, à faire des solos, à danser devant les caméras, avec beaucoup de personnes autour. Ça aide aussi pour apprendre à gérer le stress, à se concentrer et à nous préparer pour d’autres performances dans le futur.»

Tu as aussi tourné à Paris pour participer à l’émission La France a un incroyable talent. Qu’en as-tu retenu?

«J’ai toujours voulu aller visiter et en plus j’allais pouvoir danser à Paris! J’ai pu aller voir l’Opéra de Paris. C’était une belle expérience, parce que j’ai travaillé avec plusieurs chorégraphes qui m’ont aidée à me rendre à la compétition. Ce sont ces rencontres-là qui comptaient surtout pour moi.»

Que veux-tu faire plus tard? Comment imagines-tu ta carrière?

«Je veux évidemment être une danseuse professionnelle. Je voudrais faire du contemporain et du ballet, parce que je ne peux pas choisir entre les deux. De toute manière, de plus en plus, les compagnies font les deux. J’aimerais aller autour du monde en dansant. Le New York City Ballet, les Grands Ballets canadiens… il y a plein d’endroits où je voudrais travailler.»

Le ballet Casse-Noisette des Grands Ballets canadiens sera présenté du 5 au 8 décembre 2019 au Grand Théâtre de Québec. Le rôle de Clara y est tenu en alternance par Chléa Giguère et par Victoria Villegas, qui l’incarne pour la première fois.