La gracile Charlotte Cardin a chanté devant un public conquis et hyper enthousiaste, dans un parc de la Francophonie plein à craquer.

Charlotte Cardin crée l'événement

CRITIQUE / Le phénomène Charlotte Cardin a attiré du monde, beaucoup de monde, vraiment beaucoup de monde, mardi soir, au parc de la Francophonie. À telle enseigne que plus d’une demi-heure avant le début du spectacle, l’endroit était rempli au bouchon. Plusieurs centaines de personnes, la déception au cœur, ont été contraintes de la regarder sur l’écran géant.

De toute évidence, la jeune star était trop populaire pour un endroit aussi restreint que le parc de la Francophonie. Son show aurait-il dû être programmé sur les Plaines? Un classique du Festival, comme dirait la collègue Geneviève…

Avec quelques minutes de retard, devant une foule hyper enthousiaste qui scandait son prénom, la gracile chanteuse de 24 ans a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements.

Aussi à l’aise en anglais qu’en français, elle a livré coup sur coup, en ouverture, Big Boy, Paradise Motion et, ô bonheur, la magnifique Les échardes qui a bercé la foule à l’unisson. Un moment magique.

«Oh. My. God. C’est complètement débile. On n’a jamais eu une crowd aussi vaste, n’importe où. C’est complètement fou», a lancé celle qui a fait récemment une tournée aux États-Unis.

L’ex-participante de La Voix en 2013 a enchaîné plusieurs chansons à paraître sur son prochain album, dont Blackened Eyes et Sin 7. Son interprétation de Sous les jupes lui a donné un peu de fil à retordre, avec une voix qui en a arraché une bonne partie de la soirée, mais la foule lui a vite pardonné. 

La zone de spectacle était trop restreinte pour accueillir la totalité des admirateurs de la jeune chanteuse.

Belle surprise, à mi-parcours, avec l’entrée en scène du chanteur Aliocha Schneider qui avait assuré la première partie de la soirée. Le duo a livré un Why un tantinet country, avec une belle complicité. Idem pour la très tendre Flash in the Pan. C’était le festival du iPhone tendu bien haut au bout du bras qui se balance.

«J’ai le cœur qui bat à deux millions à l’heure…» a avoué la chanteuse avant d’y aller de sa nouvelle chanson California, composée là-bas, dans un moment d’ennui de son coin de pays. Puis, après avoir demandé le maximum d’éclairage, la jeune star a pris un selfie pour immortaliser cette soirée à marquer d’une pierre blanche dans son fabuleux début de carrière.

C’est sur Main Girl qu’elle a quitté la scène, avant de revenir pour un prévisible rappel, avec une version revisitée de Wicked Games (popularisée par Chris Isaak en 1989) et Faufile. «Pour celle-là, j’ai besoin de vous parce que je perds la voix...» a conclu la nouvelle coqueluche du public québécois.

The Spencer Lee Band

The Spencer Lee Band

En guise d’amuse-gueule, les festivaliers ont eu droit à une prestation particulièrement énergique du Spencer Lee Band. Avec leurs sonorités rock funk, le chanteur originaire du Kansas et ses cinq comparses ont chauffé la foule avec plusieurs tounes accrocheuses, dont une reprise particulièrement appréciée de With a Little Help from my Friends, des Beatles.

Dany Placard

Pendant une heure, Dany Placard a offert un heureux mélange de rock folk costaud et de chansons plus douces.

Deux heures auparavant, avec le soleil couchant en pleine figure, Dany Gauthier, alias Dany Placard, a fait vibrer la scène de l’Assemblée-Nationale, devant un parterre plutôt dégarni. Au bout d’un moment, le barbu chanteur a demandé à la poignée de spectateurs de se rapprocher, histoire de ne pas se sentir trop seul avec ses trois musiciens.

Pendant une heure, l’auteur-compositeur-interprète originaire de Laterrière a offert un heureux mélange de rock folk costaud et de chansons plus douces, au gré de thématiques pas toujours jojo. Les notes souvent plaintives qu’il a fait sortir de sa guitare l’ont rappelé à souhait. Son solo sur Dis-moi, de l’album Démon vert, était particulièrement inspiré.

L’artiste a aussi livré avec brio son solide Full Face, sorti l’an dernier, sans oublier la lancinante toune Relaxe, de l’époque de Plywood ¾. «Chu tombé en amour avec une machine» vous tourne en boucle dans la tête un bon moment…