Pascal Plante
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«C’est comme une bombe»: Pascal Plante sélectionné à Cannes pour Nadia, Butterfly

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
Nadia, Butterfly, du réalisateur Pascal Plante, fait partie de la sélection officielle du 73e Festival de Cannes, annulé par la pandémie. Le seul film québécois, canadien même, retenu pour cette édition fantôme 2020 aurait été projeté aux côtés des longs longs métrages de Wes Anderson, François Ozon, Noami Kawase, Steve McQueen, deux fois plutôt qu’une, Thomas Vinterberg, Maïwenn, Lucas Belvaux, Emmanuel Mouret…

«C’est tourné par un homme, mais on a le sentiment qu'on vit avec cette femme du début à la fin. Et c’est tout à fait formidable», a commenté le délégué général Thierry Frémaux en dévoilant la liste des films retenus.

Pascal Plante a appris seulement mardi en fin de journée, alors qu’il revenait de jogger, que Nadia, Butterfly était retenu. «C’est comme une bombe», explique en entrevue téléphonique le réalisateur originaire de Québec. Mercredi, à 5h30, le jeune homme était debout «excité comme une puce» pour resserrer une pré-bande-annonce, enchaîner les réunions, les interviews, etc. 

Cette sélection prestigieuse le comble même s’il n’arpentera pas la Croisette. «C’est que du bon. C’est une vraie sélection et on sait que ça pave le terrain pour plein de belles choses qui vont suivre. On est encore confiant de le présenter en salle en 2020 — sous toutes réserves. […] C’est la bonne nouvelle qui arrive à un moment bizarre.»

Ardent cinéphile et biberonné aux films de Cannes, «il y a un sceau qui est inégalable. On y rêve tous. Mais tu ne peux pas être déçu de ne pas être choisi. C’est ma philosophie.» Le cinéaste avait au moins reçu un courriel de la Quinzaine des réalisateurs lui indiquant son film était considéré pour cette section. «On n’y croyait plus tant que ça [pour la sélection officielle], mais, en même temps, on n’était pas refusé… Je prends ça avec beaucoup d’humilité.»

Cela dit, Pascal Plante espère seulement projeter Nadia, Butterfly sur grand écran plus tôt que tard. «Ce ne peut être que virtuel. J’ai besoin du contact des gens et on a hâte de le montrer.» La nageuse olympique Katerine Savard, qui joue le rôle principal, et le reste de l’équipe ne l’ont même pas encore vu! «Même ma famille.» 

Katerine Savard dans <em>Nadia, Butterfly</em>.

Peut-être au prestigieux Festival de Toronto (TIFF) qui, pour l’instant, doit se dérouler comme prévu en septembre, tout comme Venise fin août et bien d’autres. «Ça va donner des ailes au film.»

Tourné à l’été 2019, il raconte le parcours de Nadia (Savard) jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo (reportés en 2021 en raison de la pandémie de COVID-19), sa dernière compétition avant la retraite.

Nadia, Butterfly évoque ses dérapages, ses doutes, mais aussi une histoire d'amitié entre la protagoniste principale et Marie-Pierre (Ariane Mainville), une autre nageuse.

Pascal Plante s’est fait remarquer avec Les faux tatouages, son premier long métrage de fiction, lauréat du Grand prix Focus Québec/Canada au FNC de Montréal 2017 et sélectionné à la Berlinale 2018.

Le Festival de Cannes dévoilait mercredi une liste de 56 films constituant sa «sélection officielle», qui bénéficieront de cette appellation en l'absence de festival cette année, annulé en raison de l'épidémie de coronavirus.