La cinéaste Catherine Martin a planté sa caméra devant sept amis qu’elle admire, comme la marionnettiste Louise Lapointe.

Certains de mes amis: zénitude et abandon ***

CRITIQUE / Ne cherchez pas le début de la moitié de l’ombre d’une image nerveuse ou syncopée dans Certains de mes amis, de Catherine Martin. La réalisatrice de Trois temps après la mort d’Anna (2010) renoue avec le documentaire avec une approche tout ce qu’il y a de plus zen, en complète opposition avec la frénésie qui caractérise notre époque.

La cinéaste a choisi de fixer sa caméra devant sept amis qu’elle admire. Sept amis chers à son cœur. Ils sont peintre, neuroscientifique, photographe, marionnettiste, musicien, documentariste et preneur de son. «Des gens d’exception parce qu’ils sont comme tout le monde», comme le dit si bien l’auteure. Dans leur atelier ou leur milieu de vie, ils se dévoilent, parlent de leur art, de leur engagement, de leur présence au monde.

La durée des plans, parfois excessive, cherche à coller au plus près du geste créatif. Si l’approche risque d’en rebuter plus d’un, en revanche, les adeptes de la contemplation, capables de s’abandonner complètement à ce rythme , en retireront une grande satisfaction. Le maître mot est dit : s’abandonner.

Du groupe des sept, Hugo Brochu se démarque par sa résilience. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2009 qui l’a laissé aphasique, le quadragénaire est touchant dans sa volonté de réécrire péniblement les poèmes de son père.

Par sa façon de filmer à contre-courant, dans le dépouillement et la lenteur, le cinéma de Catherine Martin a quelque chose qui relève de la subversion. Dans notre monde formaté, ce n’est pas rien.

AU GÉNÉRIQUE

Cote: ***

Titre: Certains de mes amis

Genre: documentaire

Réalisatrice: Catherine Martin

Classement: général

Durée: 1h55

On aime: l’approche zen, la diversité artistique des personnages, la résilience de Hugo Brochu

On n’aime pas: la durée excessive de certains plans