L’actrice Eliza Dushku

CBS verse plusieurs millions à une actrice qui se disait harcelée

NEW YORK — La chaîne américaine CBS a versé, à titre de dédommagement, 9,5 millions de dollars à l’actrice Eliza Dushku, écartée de la production de la série «Bull» après s’être plainte d’avoir été harcelée verbalement par l’acteur principal.

Dans une déclaration transmise vendredi à l’AFP, CBS a confirmé l’existence d’un accord amiable, révélé initialement par le New York Times, mais pas le montant de l’indemnisation, rapporté par plusieurs médias américains.

En 2017, la star de la série, Michael Weatherly, a fait, devant des membres de l’équipe de production, plusieurs remarques ou plaisanteries déplacées, faisant allusion au physique d’Eliza Dushku ou à connotation sexuelle, selon une enquête interne mentionnée par le New York Times.

Le comédien a d’ailleurs reconnu la plupart de ces plaisanteries, assurant qu’il ne s’agissait pas d’avances sexuelles.

Eliza Dushku avait fait part à la production de son malaise face à ces réflexions répétées, puis s’en était ouverte à Michael Weatherly sans que la situation n’évolue pour autant.
Quelques jours plus tard, l’actrice apprenait qu’elle avait été écartée du scénario, alors que la production lui avait dit envisager de faire de son personnage un rôle récurrent dans la série.

Après avoir envisagé d’attaquer CBS en justice, Mme Dushku, 37 ans, a eu recours à une médiation qui a abouti à l’accord amiable. L’indemnité de 9,5 millions de dollars correspond à ce qu’elle aurait perçu si elle était allée au bout de son contrat.

Dans une déclaration transmise au New York Times, Michael Weatherly, qui a joué durant 13 saisons dans la série NCIS, s’est dit «désolé». «Je regrette la douleur que j’ai pu causer à Eliza.»

Michael Weatherly

Aucune sanction n’a néanmoins été prise contre celui qui incarne Jason Bull, psychologue conseillant des avocats lors de procès, depuis le lancement de Bull en 2016.

«Les accusations de Mme Dushku montrent que malgré notre engagement à créer un environnement de travail sûr, ouvert à tous et respectueux de tous, notre travail est loin d’être achevé», a indiqué CBS.

Début septembre, le PDG de CBS, Leslie Moonves, avait été licencié après une série de témoignages, publiés par le magazine New Yorker, l’accusant de harcèlement et d’agressions sexuelles.

Le New Yorker avait affirmé, sur la base des témoignages, qu’il existait au sein de CBS une culture qui favorisait le harcèlement, citant notamment le cas du présentateur vedette Charlie Rose, débarqué en novembre 2017 après que huit femmes l’eurent accusé de harcèlement et d’attouchements.